"Les Nouveaux Sauvages" de Damián Szifron : assez de moments intenses pour faire notre bonheur
Le titre français de "Relatos Salvajes", "les Nouveaux Sauvages", a introduit une fausse référence dans l'esprit des cinéphiles français, celle des "Monstres" et "Nouveaux Monstres" de l'âge d'or de la comédie italienne. Contre-sens assez grave à mon sens, même si "l'italianité" de la culture argentine peut prêter à confusion, puisque, alors que Risi faisait dans la critique sociale, voire politique, ce n'est nullement le propos de Damián Szifron, qui nous offre plus modestement une série de sketches à la fois dérangeants et jouissifs, combinant une justesse psychologique impressionnante - on est donc loin de la pantalonnade italienne, aussi drôle soit-elle - avec une démesure dans la violence très actuelle, qui louche évidemment du côté de Tarantino (pour le meilleur), voire de Guy Ritchie ou Matthew Vaughn. Quand ça marche, c'est tout simplement remarquable, comme lors du sketch mettant en scène brillamment le combat à mort de deux automobilistes. ou comme lors du magnifique mariage final, grand moment de perdition et de désespoir vraiment sauvage. Bien entendu, ça ne fonctionne pas toujours, le pire étant atteint avec le segment interprété par le grand Ricardo Darín, segment que l'on peut facilement accuser de poujadisme anarchisant vu de France, tandis que Szifron semble en perdre sa maîtrise et nous fait un peu n'importe quoi avec sa caméra. Même si par sa nature de film à sketches, "Relatos Salvajes" est donc inégal, il propose assez de moments intenses pour faire notre bonheur.
