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Le journal de Pok
8 août 2026

"Obsession" de Curry Barker : la raison de l'obsession...

Je n'avais pas très envie d'aller voir cet Obsession, pour une raison tout à fait stupide : il portait le même titre que l'un des premiers films de Brian De Palma, qui fait partie de mon panthéon personnel ! Et puis, forcément, à force de le voir s'éterniser à l'affiche, au delà des durées "standard", d'en parcourir de bonnes critiques écrites par des gens dont j'admire les goûts cinématographiques, de lire un peu partout qu'il s'agissait d'un triomphe mondial pour un film à petit budget (bon, c'est une production Blumhouse...) j'ai fini par craquer. Et, en sortant de la salle, passablement choqué par certaines scènes (non, pas de celles - finalement assez rares - de violence physique !), et peut-être plus encore par l'interprétation viscérale offerte par Inde Navarette, une inconnue qui devrait aller loin, j'étais plutôt satisfait d'y être allé.

Non pas qu'Obsession soit un "grand film", non ! Car ses tonalités "indies", visibles dans les scènes de dialogues d'introduction et au cours de quelques autres passages "réalistes", s'avèrent certes sympathiques, mais assez maladroites. Mais surtout car son fameux propos, mis en exergue par la majorité de ses admirateurs, me semble en fait assez confus. Avons-nous affaire à une dénonciation de la "culture du viol", à travers la peinture vivace de la lâcheté d'un mâle frustré qui se moque bien du "consentement" de l'objet de son désir, consentement qu'il contourne sciemment grâce à un "vœux magique ? Oui, mais ne regardons-nous pas aussi, à l'inverse, une peinture de l'emprise, exercée par une femme folle d'amour, sur va "victime", avec ses accès de violence et ses plages de séduction / soumission, ses chantages et ses menaces ? Cela semble clair, et ce d'autant que, au final, Obsession perpétue les clichés que l'on sait scientifiquement ineptes, sur l'hystérie féminine. Cette confusion, paradoxale, entre deux points de vue "dénonciateurs", rend le film difficilement défendable, contrairement à ce qu'affirment ses laudateurs. Bottons en touche et regardons-le plutôt comme une illustration du piège qui se referme sur les deux membres d'un "couple parfait", de plus en plus isolé du reste du monde, que la passion conduit à s'auto-dévorer sous le regard consterné de leurs proches. C'est dans ce sens que la plus belle scène du film, celle de la soirée "jeux" entre copains, frappe vraiment fort (aussi bien moralement, mentalement que... physiquement).

Admettons plutôt qu'Obsession a une grande qualité : son efficacité, ceci sans avoir recours aux procédés habituels du film d'horreur, et en prenant tout son temps pour nous conter cette histoire d'amour déviante, étape par étape, lui conférant une indéniable crédibilité psychologique (sans d'ailleurs tomber dans les travers du film de "possession" que certains ont, curieusement, cru voir)... et un impact extrêmement fort sur ses spectateurs.

Je suis prêt à parier que la raison la plus probable de son succès universel est le fait que, totalement au premier degré, il embarque son public dans une heure cinquante minutes d'une histoire dont on n'arrive pas à se défaire, un piège total qui absorbe toute notre attention et notre énergie. Et qui nous marque pour un bon moment. Ce qui, quelque part, est le rôle du cinéma, la caractéristique d'un vrai "bon film".

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