"Faute de Preuves" : en dépit de tout, l'un des Coben les plus passionnants...
"Faute de preuves" est l'un des meilleurs Coben à date, et ce, en dépit d'une écriture de plus en plus bâclée : si Coben a toujours mal écrit, on atteint désormais les sommets en matière de nullité (bon, je lis ses livres en français, la traduction y est peut-être pour quelque chose). Ce qui séduit pourtant dans le livre, c'est l'empilage parfaitement exécuté de trois intrigues qui se superposent pour créer cet improbable thriller à la fois complexe et pourtant logique. Mais ce qui passionne vraiment, c'est la peinture - sans doute involontaire - que l'ultra-réac Coben nous offre d'une société américaine piégée par son conformisme, sa soumission au double impératif du politiquement correct et de la bigoterie. Cette société-là, qui tue ses enfants en croyant les protéger, fait vraiment peur, et si ce n'est clairement pas le but de Coben de s'en faire le critique, il a le mérite de nous en parler avec plus de justesse que, par exemple, bien des films hollywoodiens qui sont produits par une gauche éclairée, bien pensante, loin de la réalité de "l'intérieur" des USA. On souhaite que Coben continuera à travailler cette veine, disons sociale, bien plus riche que ses habituels thèmes "familiaux".