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Le journal de Pok
19 mars 2017

Elliott Murphy au New Morning le samedi 18 mars

2017 03 18 Elliott Murphy New Morning (23)Il ne faut pas avoir peur de le répéter pour ceux qui, une fois encore, n’étaient pas là avec nous au New Morning, et ont donc manqué deux heures quarante (une fois de plus) de très haute volée : autour d’Elliott, d’Olivier et de leurs musiciens, on retrouve à chaque fois une petite famille (bon, pas si petite que ça, la famille). Avec excitation, avec joie – et un peu de peine cette fois -, on vient de Barcelone, de Bruxelles, de Suède, du Mexique, de New York et de Rouen bien entendu pour témoigner avec Elliott que le Rock’n’Roll ne mourra jamais… même si la liste des disparus s’allonge chaque année.

« Naked telephone poles can't describe / The way I'm feeling about you tonight ».

Il est 21h20, et Elliott et Olivier attaquent la soirée en duo, avec une version dépouillée de Last of the Rock Stars. Elliott a mis une belle veste rouge par-dessus son habituelle tenue noir et blanc, malgré la chaleur. Olivier est certes un peu moins svelte qu’il y a quelques années, mais il reste le meilleur guitariste jamais né en France (et dans pas mal d’autres pays) : comme le dira Elliott, dans son français qui s’améliore mais reste difficile (« pas encore l’accent parisien », non, Elliott !), « Olivier Durand + Elliott Murphy, c’est la meilleure collaboration jamais vue entre la France et les Etats Unis »…

Un joli hommage à Dylan et son prix Nobel, et deux classiques magnifiques enchaînés à la suite pour notre plus grand plaisir, avec l’apport non négligeable du violon de l’Australienne Melissa Cox : You Never Know What You’re In For et le bouleversant On Elvis Presley’s Birthday, que nous dédions tous silencieusement à nos pères disparus, et qui nous manquent.

« This Is an unreal city / You can be anybody / When you’re alone »

2017 03 18 Elliott Murphy New Morning (64)Premier grand frisson de la soirée. Elliott et Olivier quittent la scène… et nous laissent patienter une petite demi-heure avant de revenir avec quatre autres musiciens : outre le fidèle Alain à la batterie, le fiston Gaspard semble être devenu un membre à part entière de la bande (il tient une étrange basse à 6 cordes avec laquelle il remplace l’ami Laurent), Melissa Cox au violon et un organiste virtuose qui vient étoffer le son du groupe, et qui a un look early-Bad Seeds des plus sympathiques. Bref, moi qui me suis plaint occasionnellement du son trop acoustique de Murphy, ces dernières années, le voici de nouveau avec un groupe qui peut rendre hommage au son original des classiques des années 70… et le prouve d’emblée avec une version puissante de A Touch of Mercy :

« I was walking down Main Street just the other day / Thinking about Brian Jones and the final getaway »

Elliott vient de publier un nouvel album, "Prodigal Son", et nous en offrira cinq extraits, tous assez bluffants, qui montrent que, à la différence de bien de ses pairs, Elliott n’a rien perdu de son inspiration. On remarquera particulièrement l’énergie de Alone in my Chair et la mélodie accrocheuse de Hey Little Sister (… comme si composer des mélodies accrocheuses faisait encore du sens en 2017 ! Merci, Elliott…). Joli moment aussi avec Let Me In, dédié à sa femme Françoise :

« You know you’ll always be my beauty and I’m your anxious man / And those wrinkles rond your eyes there / Make me love you more… »

2017 03 18 Elliott Murphy New Morning (71)Nous sommes entrés dans la phase de conclusion "feel good" du set principal, avec un jubilatoire A Touch of Kindness, hit en Belgique (« enfin dans l’Ouest de la Belgique… »), le fantastique And General Robert E. Lee, qui gagne clairement en importance au fil des années, et… enfin, ce que j’attends depuis des années, une version de Diamond By The Yards fidèle à l’originale de "Night Lights", où piano et violon font des merveilles :

« Midnight I surrender / I live beneath your ancient spell / You've been my lover since I can't remember / You save my life with the stories you tell… »

Je suis extatique… et en face, un copain photographe me mitraille. Immortalisé dans une phase de romantisme nostalgique suraigu !

Le set se termine avec l’inévitable medley Last of the Rock Stars / Shout : le rituel.

Le rappel débute avec l’immortel riff de basse de Walk on the Wild Side, dont Elliott livre une belle version dépouillée, et sur lequel il évoque avec son humour toujours impeccable sa dernière rencontre avec Lou Reed, au Plazza Athénée à Paris : « Some things do work out… » aura été le commentaire de l’ours new-yorkais, en découvrant la nouvelle vie d’Elliott en France et en Europe. Il est alors temps de conclure ce concert, plutôt composé de titres moins connus et de nouvelles chansons, par l’impeccable carré d’as de "Just a Story from America » : Drive All Night, Anastasia, Just a Story from America et Rock Ballad.

Alors qu’on pense tous à plier les gaules – minuit a sonné depuis longtemps -, Françoise monte sur scène et souffle quelques mots à l’oreille de son mari, qui reste stupéfait. « Chuck Berry is dead ! ». Bon dieu, la faucheuse continue son très sale boulot. Rien d’autre à faire désormais que de continuer à célébrer le rock’n’roll : ce sera Roll Over Beethoven (avec une petite tentative de Johnny B. Goode par Gaspard, qui ne semble pas trop maîtriser les paroles…).

Voilà, il est minuit vingt, et les lumières de la nuit, eh bien, elles nous tiennent encore chaud, quarante et un ans plus tard. Elliott vient de fêter avec nous ses 68 ans, et c’est désormais sûr : Rock’n’roll will never die…

Commentaires
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Bonjour Eric. Un petit coucou de Xavier de Rouen qui a été enchanté de te rencontrer samedi dernier. Rien à redire à ton compte-rendu. Après plus de 40 ans de carrière, Elliott Murphy est toujours au créneau au niveau des prestations scéniques. Je rejoins ton avis sur le dernier album de l'auteur de Diamonds by the Yard (à mon avis, l'un des meilleurs soli de guitare dans toute l'histoire du rock). Contrairement à tant de ses pairs, Elliott Murphy paraît à l'abri de la panne d'inspiration ou de la redite. Bref! Des retrouvailles heureuses en sa compagnie. Cordialement. :)<br /> <br /> <br /> <br /> ps: c'est hors sujet mais les Buzzcocks à Rouen m'ont également bluffé mercredi dernier. Ils étaient en bien meilleure forme qu'à Vauréal, l'année dernière.
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