"Miss Peregrine et les Enfants Particuliers" de Tim Burton : Mr Burton et ses Films Particuliers...
Depuis une bonne dizaine d'années, de film médiocre en plantage complet, on a fini par perdre notre foi en Tim Burton, lui qui nous fut tellement essentiel à ses débuts. De bonnes critiques sur ce "Miss Peregrine", apparemment une adaptation de l'un de ces sinistres ouvrages anglo-saxons pour ados, que certains s'acharnent à qualifier encore de "livres", nous ont ramené dans une salle, alors que depuis longtemps un visionnage distrait en vidéo d'un film de Burton nous suffisait bien. Mal nous en a pris, car la banalité - je n'ose dire la médiocrité - est toujours là, aveuglante (à moins de se laisser aveugler justement par la beauté stupéfiante d'Eva Green - dans un rôle outré et purement décoratif -, comme d'aucuns...). Pourtant, nous avions bien envie de retrouver les merveilleuses sensations de jadis devant les enfants perdus et les monstres touchants que Burton rendait inoubliables : las, passé une longue introduction intrigante qui maintient l'espoir en nous, nous n'aurons finalement droit ici qu'à des clichés de blockbuster hollywoodien - on est très, mais alors très près desX-Men, ça frôle même le plagiat -, ou au mieux à des esquisses maladroites de personnages qu'on aurait autrefois qualifiés de "burtoniens", en effet, mais qui n'arrivent jamais à s'incarner en quoi que ce soit d'intéressant, de touchant ou même de simplement crédible. Il faut avouer à la décharge du vieux Tim que le scénario qu'on lui a "confié" est sacrément pourri, entre une histoire abracadabrante et inutilement compliquée (tout ça pour "justifier" des monstres invisibles gobeurs d'yeux...!), des boucles et des paradoxes temporels pitoyablement incohérents, et des scènes d'action ridicules, qu'il aura bien du mal à faire tenir debout (je pense au lamentable combat général sur la jetée de Blackpool, un moment vraiment embarrassant pour tout le monde), lui qui n'est justement pas du tout un metteur en scène de "spectacle". Bref, nous sortons de ce "Miss Peregrine" largement consternés, et jurant - mais un peu tard - qu'on ne nous y reprendrait plus.
