Revoyons les classiques du cinéma : "Miami Vice" de Michael Mann (2006)
L'enthousiasme que j'ai ressenti à revoir "Miami Vice", qui me pousse aujourd'hui à réévaluer encore le film - le mettre au niveau de "Collateral", sans doute -, vient du sentiment profondément réjouissant d'assister à l'adéquation parfaite d'une technique hors pair (Michael Mann est sans doute aujourd'hui, à égalité avec Wong Kar-Waï, le réalisateur le plus "plastiquement" brillant du cinéma) avec son sujet, c'est à dire la transformation du monde en terrain de jeu virtuel et glacé. Lorsque plus rien n'a de sens, le pouvoir et l'argent ayant anihilé la moindre bribe d'humanité d'une société croulant sous la richesse, la corruption et les abus divers (ceci suggéré par Mann sans la moindre trace de morale, heureusement, on n'est pas ici pour prendre des leçons), le cinéma peut-il faire autre chose que nous montrer de brillantes et vaines trajectoires (de balles, de bateaux, de corps) dans la nuit ? On sort de "Miami Vice" à la fois accablés (une sorte de gueule de bois) et profondément ravis.
