Miossec à Rock en Seine le Vendredi 28 Août
A la fin du set de FFS, nous nous concertons pour savoir où aller maintenant, en attendant l’heure de Kasabian, qui clora cette première journée de Rock en Seine. Miossec à la Scène de l’Industrie ou Offspring sur la Grande Scène ? Offspring paraît a priori plus prometteur, mais plus nous approchons (en pataugeant pas mal dans la boue restant du déluge qui s’est abattu sur Paris la veille), plus ce que nous entendons nous refroidit : des clichés « punk américains », du gros son caricatural, un manque flagrant d’énergie, tandis que sur les écrans géants, on est obligé d’admettre que le temps a fait son œuvre sur les musiciens. On se rabat donc sur Miossec…
… Sauf que ça sera Miossec ET Offspring en même temps, vu l’orientation inappropriée de la Scène de l’Industrie et le niveau sonore des Américains, recouvrant régulièrement le son plus maigrelet du groupe du Breton ! C’est quand même assez désolant, d’autant que, maudissant régulièrement les « vieux punks » et leurs « skates », Miossec semble s’obstiner à maintenir un climat intimiste, et ne lancera que peu son groupe à l’assaut des cimes sonores. Voici donc un contexte assez déprimant, mais ce ne sera pas le plus grave : car en fait, Miossec, que je n’ai pas revu personnellement sur scène depuis ses débuts (et une prestation assez regrettable à Strasbourg où il avait abondamment insulté les Alsaciens, ce qui n’est pas le mieux pour se mettre le public dans sa poche), reste un chanteur horriblement limité et un personnage finalement peu sympathique sur scène, avec son « humour » (??) assez pitoyable. Incapable de chanter ses propres chansons - la voix est inexistante, le ton est souvent faux, le résultat est accablant - Miossec ne peut que faire le malin en se riant (??) de Offspring ou des statues du parc (pourquoi ? j’avoue que je n’en sais rien). Curieusement, avec son feutre, son physique émacié, sa posture perpétuellement voutée, et son orchestre un poil "classique" (cordes, contrebasse), Miossec me fait penser à un Leonard Cohen, mais un Cohen à qui il manque la sagesse des années - remplacée par la brûlure des excès d'alcool ? - et, justement, la voix. Je frissonne de tristesse sur une version lamentable de Regarde Un Peu la France, un morceau que je me souviens avoir beaucoup aimé, à l’époque de "-boire-". Je dois par contre reconnaître, par honnêteté, qu’il y a eu au cours du set quelques moments intéressants, comme A l’Attaque, morceau pendant lequel Miossec réussit enfin à nous faire passer quelque chose de sa rage, de son malaise. J’ai toutefois eu l’impression que le set fut écourté, sans doute du fait de l’impossibilité de rivaliser avec Offspring, et nous n’eûmes droit qu’à une seule chanson en rappel, Brest, qui aura sans doute contenté les nombreux Bretons présents. Personnellement, je me serai déjà rabattu sur mon sandwich à la raclette (pas très bon non plus).