Cat Power au Popload Festival (Audio Club - São Paulo) le samedi 29 novembre
Le problème avec l'organisation un peu à la bonne franquette du Popload Festival, c'est que le programme n'était pas disponible à l'avance, et que quand j'entre dans la grande salle de l'Audio Club, que je ne connaissais pas, et qui est assez superbe, je dois dire (scène à la bonne hauteur - enfin - et, comme à la Cigale par exemple, ballustrade sur le côté qui permet aux retardataires comme moi d'avoir une vue parfaite sur la scène à partir du côté gauche de la salle, tout en bénéficiant pleinement de la sono), Cat Power en est déjà plus qu'à la moitié de son set solo. Dommage, car j'avais envie de redécouvrir cet artiste sur laquelle j'avais fait l'impasse après un premier album qui ne m'avait pas enchanté plus que ça... Dommage parce que j'entends est très bien, en effet : seule à la guitare électrique, Chan Marshall égrène des chansons douloureuses et élégantes, avec une sincérité évidente, par moment même bouleversante. Pas forcément facile de s'accrocher à des mélodies, et ce d’autant qu’elle interrompt les chansons pour se lancer dans de longs monologues pas toujours intelligibles, vu qu’elle parle loin du micro... Non, ce sont plutôt les textes et la manière dont ils sont offerts au public, dans une sorte de sacrifice permanent, mélancolique en diable, qui arrête le coeur. Le pire - ou le meilleur - sera d'ailleurs la fin du set, lorsque les roadies des Lumineers commencent à organiser la scène, alors que Cat Power a visiblement décidé de continuer à communiquer avec son public envoûté : « Vous pouvez enlever le piano, mais moi je reste là à parler avec eux », jettera-t-elle aux roadies. La douleur – mais aussi un certain état de confusion mentale - que l'on perçoit dans la voie de Chan alors qu'elle se voit forcée de terminer son set n'est pas feinte, et est presque embarrassante ! Elle nous quitte donc en distribuant des roses blanches à des jeunes femmes du premier rang, et sur quelques conseils vaguement new age "d'auto ajuda" comme on dit ici (« Prenez soin des gens qui vous aiment, pas seulement de ceux que vous aimez... »). Très américain quand même, tout ça. Mais une artiste clairement "à vif" (était-elle particulièrement bouleversée par sa grossesse ? Non, il semble que Chan soit toujours comme ça...) qu'il faudra que je suive.
