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Le journal de Pok
2 octobre 2014

Franz Ferdinand à l'Espaço das Américas (São Paulo) le Mardi 30 Septembre

2014 09 Franz Ferdinand Espaço das Américas (4)

Il nous faut patienter jusqu'à 22h15 pour voir nos chers Franz Ferdinand. Démarrage sur les chapeaux de roue avec Right Action, le dernier slogan (« Right Thoughts, Right Words, Right Actions ») du groupe élégamment reproduit sur les amplis. Tout de suite, on se rend compte que le son ne sera malheureusement pas du niveau de celui de QOTSA la semaine dernière, beaucoup plus brouillon, avec pas mal de saturation sur la voix d'Alex Kapranos. D'un autre côté, ce dernier étant loin d'être le chanteur du siècle, il n'y a pas vraiment de drame ! Les guitares sont heureusement mixées en avant et bien tranchantes, et l’énergie passe. A la différence de QOTSA, Franz Ferdinand ont autorisé que le concert soit filmé et re-projeté sur les grands écrans vidéo latéraux pour le confort de ceux qui sont derrière (même si la salle n’est pas complètement remplie...), et nous verrons donc de beaux gros plans en Noir & Blanc pendant tout le set. Noir & Blanc ? Oui, ce seront les deux couleurs dominantes ce soir, depuis les éclairages jusqu’aux projections « arty » derrière le groupe, en passant par les vêtements des musiciens : Franz Ferdinand continue d’avoir du style, à l’image de ses fameuse pochettes !

On continue à fond la caisse avec un No You Girls qui me rappelle pourquoi j’avais – à la différence de beaucoup – tant aimé « Tonight », l’album « dance » du groupe. Il est intéressant de noter combien les morceaux ont évolué, ou plutôt combien ils sont joués avec suffisamment de modifications par rapport aux versions originales pour paraître à nouveau « frais », mais sans non plus devenir méconnaissables et frustrer l’envie que nous avons tous de chanter en choeur. Dark Of The Matinée, l’un de mes 3 morceaux favoris du groupe, assez différent, est une belle illustration du fait que, le succès aidant et les années passant, Franz Ferdinand sonne moins comme le groupe Indie typique qu’il était en 2004, et plus comme une machine de guerre pour grandes salles, voire pour stades. Cela pourrait être péjoratif dans ma bouche, ça ne l’est pas, car les musiciens semblent avoir conservé leur enthousiasme juvénile, leur générosité bon enfant, ce qui fait que la dimension plus spectaculaire donnée au set ne le transforme pas en un cirque artificiel et pompeux, comme c’est souvent le cas à cette étape de la vie d’un groupe à succès. Do You Want To me paraît par contre trop lourd, contredisant cette analyse, mais un magnifique Lucid Dreams (malheureusement privé de sa partie instrumentale) rattrapera vite les choses : premier sommet de la soirée...

2014 09 Franz Ferdinand Espaço das Américas (57)

Une chose est claire : avec quatre albums excellents remplis de hits et de chansons dansantes irrésistibles, la setlist d’un concert de Franz Ferdinand ne peut être que d’une redoutable efficacité, mais il y a aussi indéniablement un risque de saturation dans l’enchaînement de ces mini-hymnes speedées. Risque identifié par le groupe, qui casse l’élan du set pour varier les ambiances : d’abord, avec un curieux morceau synth-pop chanté par Nick McCarthy (Erdbeer Mund), ensuite par le singalong de l’irrésistible Walk Away, puis par une superbe version très pop, très fine, de Brief Encounters (« Car Keys ! Car Keys ! »).

On approche l’heure de concert, tout le monde a un coup de barre, mais c’est le moment de l’accélération finale : Take Me Out est un peu excessif, mais le merveilleux Ulysses est ensuite proprement miraculeux (mon second morceau préféré du groupe, et le plus beau moment de la soirée, à mon humble avis). L’enchaînement avec le tubesque Love Illumination est un vrai bonheur, et on clôt le set avec un Outsiders très rock qui se termine par le traditionnel pilonnage de batterie, les quatre musiciens frappant en même temps le kit de Paul Thomson. Efficace au pays du maracatu !

Rappel-plaisir, avec une version « extrême » de Jacqueline, qui reste le souvenir de notre première rencontre avec Kapranos & Co., un faux adieu avec le joli Goodbye Lovers & Friends (qui pinte quand même les limites vocales de Kapranos !), avant un final « stadium rock » avec This Fire, qui perd un peu de sa folie d’antan pour se transformer en singalong consensuel.

1h35 en tout, rien à dire, Franz Ferdinand est toujours en haut, parmi les grands, même si l’irrésistible excitation des débuts a fait place à un professionalisme généreux. Ce n’était en fait que la troisième fois que je voyais le groupe, et il est clair que ce ne sera pas dernière ! Pourquoi se refuser ce genre de plaisir ?

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