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Le journal de Pok
3 avril 2013

Lollapalooza Brasil 2013 - Kaiser Chiefs - Dimanche 31 Mars 2013

2013_03_KC_Lollapalooza_Dia_3_Jockey_Club_SP_05817h15 : C’est un extrait du Quadrophenia des Who qui annonce l’entrée de Kaiser Chiefs... les positionnant clairement dans la lignée du rock anglais le plus pur et dur. Pourquoi pas ? Et c’est alors que quelque chose de complètement inattendu va m’arriver... Mais qui est donc ce chanteur sur le devant de la scène ? Ce n’est sûrement pas Ricky Wilson ! Il y a bien quelque chose – la blondeur, la taille, le jeu de scène, la voix même (Wilson n’a jamais eu une voix particulièrement originale...), mais sinon, rien : maigre au lieu d’être un peu corpulent, la longue mèche sur les yeux au lieu de la coupe bien nette, un look assez relâché... et puis ce visage, quand on le voit de bien près sur les écrans géants... Non, ce n’est pas Ricky ! Le batteur aussi a changé, alors que Nick Hodgson était un élément tout-à-fait fondamental de Kaiser Chiefs, co-compositeur, producteur... Je me sens complètement désemparé, comme trahi par ce groupe que j’aimais tant voici 3 ou 4 ans... Du coup, je passe complètement à côté des deux premiers morceaux, Never Miss a Bit et ...Average Nowadays, de jolis classiques de la meilleure période de Kaiser Chiefs pourtant, joués à cent à l’heure, avec une violence inédite pour Kaiser Chiefs, que j’ai toujours considéré plus comme faisant de la brit pop musclée pour les stades que du punk rock.2013_03_KC_Lollapalooza_Dia_3_Jockey_Club_SP_081

Je questionne mon voisin, un fan du groupe visiblement, qui me certifie que c’est bien Ricky Wilson qui officie sur scène, mais je vais encore mettre plusieurs morceaux pour l’admettre (et encore !). Je dois dire que je suis sérieusement perturbé par cette maigreur (régime Dukan ? Drogues ?) qui a complètement transformé le frontman jovial du groupe en une sorte de pile électrique déjantée... Na Na Na Naa est alors assénée dans une version surspeedée qui met tout le monde sur les genoux. Le public de Lollapalooza est en transe, ça pogotte et ça saute dans tous les sens, je suis heureux d’être arrimé au premier rang. Oui, Kaiser Chiefs, ça le fait toujours... ! Même moins pop, même plus radicaux, le plaisir est encore intact. Les nouveaux morceaux trahissent une nouvelle orientation plus rock du groupe (la citation des Who fait sens...) mais déçoivent un peu...

2013_03_KC_Lollapalooza_Dia_3_Jockey_Club_SP_098Ricky (?) a le geste élégant de lire une courte lettre en portugais au public brésilien, ce que je trouve vraiment classe et chaleureux, quand on pense que quasi tous les autres groupes auront visiblement ignoré le fait qu’ils ne jouaient pas dans un pays anglophone ! Et puis arrive l’acmé du set, qui le propulse vers les cimes que peu de groupes populaires peuvent atteindre : The Angry Mob, avec son long final repris en choeur par des dizaines de milliers de personnes, alors que Ricky (?) a escaladé l’une des tours techniques au milieu de la foule, toujours plus téméraire, suivi par les cameramen hallucinés... Et puis le plaisir régressif de Ruby qu’on hurle à pleins poumons ! Dieu, que c’est bon ! Ricky fait alors acclamer alternativement les noms de The Hives (qui joueront ensuite sur une autre scène) et de Kaiser Chiefs, ce qui est, encore une fois, joliment élégant (et puis démontre qu’il a bon goût, le bougre...). Oui, j’adore toujours autant Kaiser Chiefs, même si le temps des grandes compositions est derrière eux, et qu’ils ont maintenant un drôle de chanteur... On finira bien sûr 50 courtes minutes avec le magnifique, l’éternel Oh My God, une vraiment grande chanson qui soulève l’âme...

C’est fini, et c’était juste parfait.

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