"I Am A hero 1" de Kango Hanazawa : comment renouveler le thème des morts-vivants ?
"Comment renouveler l'éternel thème de l'invasion des morts-vivants, par rapport aux "standards" incontournables établis par George Romero ?", c'est la question qui, clairement, parcours le travail de Hanazawa dans ce premier tome de "I am a hero" - a priori clin d'oeil au chef d'oeuvre de Richard Matheson, qui justement proposait un point de vue alternatif quant aux récits "classiques" de contamination et d'affrontement. Le choix - intéressant, même s'il n'a rien conceptuellement de révolutionnaire - est ici d'inscrire le récit apocalyptique au sein d'une peinture triviale de la réalité la plus ordinaire, la "menace" restant dans ce premier tome bien moins importante pour le personnage principal que ses problèmes amoureux et professionnels ("Shawn of the Dead" sans l'humour anglais ?). Ces 200 pages consacrées au quotidien vaguement répugnant d'un post-ado attardé, hanté par des fantasmes régressifs et accablé par une sexualité minable (remarquables scènes "amoureuses", assez touchantes, avec Tekko) et un boulot exténuant peu compatible avec ses rêves de célébrité, sont tout bonnement passionnantes, dans un registre ultra-réaliste très original. On appréciera aussi la description ironique du travail des mangakans, et, avec la rupture des dernières pages, on attend la suite avec impatience.