"Je Suis Au Paradis" de Thomas Fersen : un album bien dur à aimer !
Même pour un adepte "historique" de l'impayable Thomas Fersen, ce "Je Suis Au Paradis" est dur à aimer : la faute d'abord à une production d'une médiocrité accablante, entre violons "variéteux", flûtes et pipeaux dignes des pires "bretonneries" et (rares) guitares électriques calamiteuses... une production qui rend l'écoute de plusieurs morceaux littéralement horripilante. Ensuite, il y a la décision pour le moins malvenue de notre cher Thomas d'essayer de chanter, lui qui, avouons-le, chante justement comme une casserole, et est bien plus à l'aise dans son traditionnel rôle de "narrateur" : sans être particulièrement un puriste de la technique de chant, il faut reconnaître que ce que nous pond Fersen ici est parfois réellement embarrassant. Enfin, et c'est plus grave, il y a ici une grave panne d'inspiration mélodique : la plupart des morceaux sont des mid tempos un peu sirupeux, sans réel caractère, loin, bien loin en tous cas des fabuleuses chansons d'un "4", par exemple. Evidemment, ce qui sauvera toujours n'importe quel disque de Fersen, ce sont ses textes, brillants d'inventivité, follement originaux et toujours réjouissants. Et ce talent-là, tout-à-fait exceptionnel dans le paysage de la chanson française, rend "Je Suis au Paradis" parfaitement écoutable, en dépit de toutes ses faiblesses.
PS : Belle pochette de Blain, un peu sombre toutefois... même si c'est plus l'univers d'un Sfar que les textes de Fersen évoquent.