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Le journal de Pok
16 juillet 2026

« La Bataille de Gaulle – L’âge de fer » d’Antonin Baudry : attention, projet "casse-gueule" !

La Bataille De Gaulle est le genre de projet qui ne suscite guère d'enthousiasme chez la plupart des cinéphiles, puisque la célébration hagiographique des grandes figures d'une nation a très rarement donné lieu à du cinéma passable. Et puis, il y a le contexte politique français actuel, avec le dérapage de plus en plus sévère de certains partis loin du gaullisme et vers l'extrême-droite, qui peut faire lire le film comme un message aux électeurs, quant à l'importance de se souvenir des valeurs fondatrices de la droite française. Entre vénération d'une statue du commandeur et discours politique, il y avait de grande chance que le cinéma ne sorte pas gagnant de cette affaire.

Le fait qu'Antonin Baudry avait déjà réalisé un excellent thriller militaro-politique, le Chant du loup, pouvait partiellement nous rassurer quant au savoir-faire technique de l'équipe, mais, paradoxalement, c'est plutôt de ce côté-là que la première partie de la Bataille De Gaulle (l'âge de fer) pèche. On ne pourra en effet guère reprocher au film une idéalisation du personnage du "Général", tant il le dépeint ici comme un véritable sociopathe monomaniaque, totalement démuni d'empathie, de sens politique, voire même de sens commun : le meilleur du film est incontestablement ses aspects profondément comiques, grâce à une accumulation de scènes bien menées montrant l'incrédulité de Churchill, et des Anglais en général, devant ce personnage ubuesque, déterminé envers et contre toute raison, à se proclamer représentant de la "France libre".

Rassurés sur ce point - pas d'hagiographie ici, donc - il nous reste à déplorer que le reste du film prenne l'eau sur bien des points : l'histoire romantique de nos jeunes résistants parisiens mettant le feu aux poudres frôle la niaiserie (même si, dans la dernière ligne droite, sa conclusion la leste d'un poids historique notable), l'absence quasiment totale de représentation de la guerre, hormis via quelques scènes dénuées de force et de sens, déréalise les faits racontés, tandis que, d'une manière générale, l'interprétation manque de crédibilité, et même de profondeur, comme si Baudry avait eu d'autres chats à fouetter que de diriger ses acteurs (ce qui est d'ailleurs possible, avec un projet d'une telle complexité à gérer).

Du côté positif, on ne pourra qu'apprécier que le film place les colonies françaises en Afrique au centre de l'échiquier - cette rectification par rapport aux récits des livres d'histoire est bienvenue -, ainsi qu'une belle représentation, poignante quant à elle, de la bataille de Bir-Hakeim.

De quoi nous préparer à une deuxième partie qui (spoiler !) va s'avérer bien meilleure.

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