"Chers parents" d'Emmanuel patron : parents pas chers
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Pour quelqu'un comme moi qui n'a plus l'habitude - perdue depuis des années -, d'aller voir des "comédies françaises populaires", la rencontre avec quelque chose comme ce Chers parents est presque un choc.
Si le sujet me semblait a priori passionnant - le délitement des relations familiales lorsque la question de l'Argent devient centrale -, si la perspective de revoir un André Dussollier, qui fut un immense acteur avant de ne plus trouver de rôles à sa mesure, était séduisante, il faut bien reconnaître que le film, sans être totalement nul, est largement consternant.
D'abord, Chers parents, dont le fonctionnement repose avant tout sur des dialogues pétillants - théâtraux, certes, puisque c'est son origine -, est plutôt mal interprété : correction, il est mal dirigé, les compétences du casting n'étant sans doute pas le problème. Il faut voir pour le croire le manque de crédibilité des personnages des deux enfants interprétés par Arnaud Ducret (dont la personnalité caricaturale fluctue de manière aléatoire au fil des scènes) et surtout par Pauline Clément, qui rate complètement une scène qui aurait dû être pivotale dans l'histoire, celle du fusil.
Mais le pire est que le scénario, relativement malin dans les trois premiers quarts du film, part complètement "aux fraises" dans la scène finale de poursuite des amis. Il échoue alors à nous dire quelque chose de signifiant, alors qu'on attend une conclusion - morale ou amorale, peu importe -, et il est de plus trahi par une mise en scène inexistante, qui décrédibilise une situation qui aurait exigé un peu plus d'intelligence dans le filmage (sans spoiler, l'accident "final" est tout simplement pitoyable).
Mais le plus triste (même si, j'avoue avoir souri à plusieurs reprises devant Chers parents) est le manque d'audace de cette histoire, dont on ne sait finalement pas si elle est pointe l'hypocrisie fondamentale des relations parentales, ou, au contraire, vante la résilience des sentiments parents-enfants dans des situations extrêmes.
Un comble.