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Le journal de Pok
31 janvier 2026

"Machos Alfa – Saison 4" d’Alberto et Laura Caballero : l’évolution d’une série aimée…

Dès sa première saison, on a vraiment beaucoup aimé Machos Alfa. Ce qui a engendré en nous pas mal de craintes : ces « Desperate Husbands » madrilènes, pour drôles, touchants, pertinents qu’ils soient comme source de réflexion sur la masculinité, le couple, la famille dans notre société actuelle, ne risquaient-ils pas de tourner vite en rond au milieu de situations frôlant parfois celles de la comédie boulevardière ? Il faut reconnaître qu’Alberto et Laura Caballero, et Daniel Deorador, ont réussi, au long des trois premières saisons de la série, à éviter l’usure. Ils ont même eu l’élégance de ne pas ajouter des condiments nouveaux dans leur soupe si goûteuse : pas de tentation d’injecter du « thriller », de changer de cadre, d’introduire de nouveaux personnages principaux, d’élargir leur sujet. La validation d’une quatrième saison matérialisait la confiance de Netflix – et du public – dans la possibilité de poursuivre sur la même lancée.

Pourtant, quand on découvre que cette nouvelle saison n’est composée que de 6 épisodes, au lieu des 10 habituels, il est impossible de prétendre que rien n’a changé. Mais quoi, exactement ? Est-ce là un indice sur la manière dont les plateformes veulent aujourd’hui piloter ces comédies-là, en adoptant le format court qui réussit si bien aux séries TV britanniques ? Est-ce au contraire l’honnêteté / la lucidité des show runners, préférant faire court plutôt que de « délayer » ? Pour les scénaristes, le format réduit les oblige-t-il à simplifier, à se concentrer sur leur sujet, ou révèle-t-il au contraire les automatismes d’écriture, une fois l’histoire dépouillée de tout ce qui l’entoure ? Machos Alfa a-t-elle gagné en efficacité (plus facile à « bingewatcher ») ce qu’elle a forcément perdu en densité ? On laissera chaque téléspectateur répondre à ces questions – déterminantes pour la poursuite ou non de la série – en fonction de son ressenti.

Ce qui est appréciable dans ces six nouveaux épisodes, ce n’est pas seulement le fait que la saison ait un centre extraordinairement réussi (enchaînant des scènes d’une drôlerie inédite), qui est le récit de l’enrôlement de nos « mâles déconstruits » dans un camp quasi-militaire où ils sont sensés retrouver leur virilité. C’est aussi les deux nouvelles pistes thématiques du scénario : d’une part, la recherche d’un progrès, l’invention de nouvelles manières d’approcher la paternité, sur des modèles différents de relation dans le couple, et de fonctionnement vis à vis de l’enfant ; de l’autre, le fantasme régressif d’abandonner le couple et la famille, pour retourner à l’amitié vue comme refuge, à une vie entre copains « célibataires » dans un appartement secrètement « co-loué » à cet effet. Les va-et-vients de nos quatre « ex-machos », entre une nouvelle identité à construire et la nostalgie d’une masculinité un peu « rance », franchement rétrograde, constituent les points les plus intelligents de ces six nouveaux épisodes. Au point que (était-ce ce que les showrunners cherchaient ?) l’on trouve que la saison s’arrête trop vite, cette fois, sans avoir réellement apporté les réponses qu’on attendait.

Y aura-t-il une cinquième saison ? Ou bien Machos Alfa a-t-elle rempli son rôle pour Netflix, du fait de son succès, aussi bien commercial qu’artistique ? Si elle continue, étant devenue un format exportable et adaptable à d’autres cultures (il y en a maintenant une version française…), n’est-elle pas désormais un objet culturel “standardisé” ? Et ne court-elle pas le risque de devoir changer sa manière de choquer et de faire rire, au risque de se perdre ? La suite au(x) prochain(s) épisode(s)… s’il y en a…

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