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Le journal de Pok
7 mars 2021

Poussières d'étoile : "The Man Who Sold the World" de David Bowie (1970)

The Man Who Sold the World

Ah, "The Man Who Sold the World", voilà un album qui est un "problème" dans la discographie, déjà complexe, de David Bowie. Un album, qui lorsque nous l'avons découvert début 1973, dans la foulée de "Ziggy Stardust", réédité avec sa superbe (aussi) pochette en noir & blanc, nous a littéralement "laissés sur le cul" : ce "free hard rock" façon Cream avec la guitare de Mick Ronson qui n'a jamais ensuite été aussi impressionnante, ce phrasé provocateur de Bowie qui n'avait pas encore trouvé "sa voix", mais qui en avait déjà l'intuition, cette sonorité incroyable perdue depuis (nous avions trouvé le vinyle RCA "Dynaflex" en import US, avec un son littéralement inouï...)... Un album que, certains jours, emportés par l'enthousiasme que génère toujours, soixante ans plus tard (!), un morceau aussi monstrueux que l'épique et déviant "The Width of a Circle", on a toujours envie de classer dans le Top 3 de Bowie.

Et puis, aussi, un album qui, lorsqu'on le réécoute "à froid", laisse apparaître un certain nombre de vraies béances : pas mal de titres assez faibles, ou du moins qui ne restent pas vraiment en mémoire, en particulier sur une seconde face bien inférieure à la première (qui est littéralement colossale, admettons-le). Et aussi un manque de cohérence stylistique qui en fait une véritable exception dans la carrière de Bowie, lui qui a toujours su, même pour le pire, réaliser des albums qui étaient plus qu'une simple collection de titres disparates.

L'explication de tout ça, on la trouve plus ou moins dans l'histoire de la création de "The Man Who Sold the World" : voilà un album sur lequel Bowie a partagé - ce qui ne s'est jamais reproduit ensuite ? - la conception avec son guitariste, le brillant (et sous-estimé) Mick Ronson, et son producteur - et bassiste pour l'occasion -, le brillant (et estimé) Tony ViscontiRonson a complété les chansons typiquement "bowiennes" - les meilleures, comme "The Man Who Sold the World", "All the Madmen", "After All", "The Supermen" - par des morceaux nettement moins structurés, plus rock, plus échevelés, qui emportent la disque vers... autre chose. Et Visconti a produit le tout avec une inventivité unique, même dans sa longue carrière.

Le résultat est à la fois, on l'a dit, bancal et magistral. Donc peut-être encore plus touchant que le chef d'œuvre qui allait suivre, seulement quelques mois plus tard, "Hunky Dory", et que plusieurs chansons, dont le thème tourne autour de l'instabilité mentale, annoncent...

Album longtemps négligé dans la discographie de Bowie, "The Man who Sold the World" aura eu la chance d'être redécouvert grâce à l'amour que lui portait Kurt Cobain, qui ne se contenta pas seulement de faire une belle reprise déchirante de la chanson éponyme, mais adopta aussi régulièrement la robe (provocatrice) portée par Bowie sur la pochette originale.

 

 

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