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Le journal de Pok
31 octobre 2016

"In May" de The Divine Comedy : l'album caché...

In May"In May" est un album "caché", ignoré par la critique, offert clandestinement (aucune mention promotionnelle de son existence sur la pochette) avec le brillant "Foreverland", de The Divine Comedy. Qui se risquera à l'écouter - en s'attendant probablement comme moi à de quelconques démos sans intérêt - tombera avec surprise sur une oeuvre à la fois marginale et, osons le dire, absolument majeure de Neil Hannon. Lecture chantée (je me comprends : Neil chante - et magnifiquement - le texte, mais il n'y a pas véritablement de mélodies au sens habituel, pop, du terme) de lettres adressées par un jeune cancéreux à son père au cours des derniers mois de sa vie, "In May" est construit comme un enchaînement envoûtant d'ambiances - parfois brèves - construites sur la combinaison "classique" (et souvent inspirée) d'un piano et de cordes. Et le résultat est très impressionnnant, parfois bouleversant (bon, il faut comprendre l'anglais...), et en tout cas rassurera les fans de Divine Comedy parfois décontenancés par la légèreté joueuse de "Foreverland", dont "In May" constitue le jumeau noir. Car on comprend alors que Neil Hannon a enfin matérialisé la schizophrénie de sa musique : à "Foreverland" l'humour, les mélodies enchanteresses, et à "In May" la profondeur émotionnelle, l'ambition "littéraire" et musicale. C'est la combinaison de ces deux albums, aussi excellents l'un que l'autre alors qu'ils ne sauraient être plus différents, qui révèle une fois encore le talent hors du commun de Neil Hannon, et la rare complexité de son oeuvre à une époque de facilité ou de bluff généralisés. Terminons par pointer ce fait - étonnant mais indéniable : c'est la Mort (que l'on craint, que l'on trompe, que l'on pleure...) qui est le sujet de trois des albums les plus importants - et les plus réussis - de 2016, "Blackstar", "Skeleton Tree" et "In May". Doit-on s'en réjouir ?

PS : pour plus d'informations, visitez le website inmay.co.uk

Commentaires
R
Dès la première écoute j'ai été moi aussi touché par le ton, l'ambiance de cet album "caché" ; quelque chose de très personnel, presque intime.
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