"Game of Thrones - Saison 5" : un (petit) problème de rythme et de structure...
Alors que les critiques ont été nombreuses de ma part des fans de George R. R. Martin du fait de l'éloignement grandissant entre la série et les livres, quel est en fait le vécu d'un téléspectateur lambda qui ne connaît pas les livres (et se fiche donc éperdument des "puristes" sur un sujet qui ne vaut clairement pas de tels embrasements de passion !) ? Eh bien, le problème fondamental de cette cinquième saison n'est aucunement le scénario, assez intelligent, mais plutôt le rythme et la structure de la saison. On assiste en effet à une mise en place extrêmement minutieuse des divers arcs narratifs, qui rendent les quatre premiers épisodes terriblement fastidieux. Puis vient une montée en puissance des différentes intrigues qui ont le tort de toutes culminer plus ou moins simultanément dans les trois derniers épisodes - évidemment extrêmement excitants et addictifs - et donc se conclure dans un feu d'artifice de sensations un tantinet excessives dans le 10ème et dernier. Voilà une gestion de l'intérêt des téléspectateurs pour le moins curieuse, pas forcément très "performante", puisqu'on passe de la disette à la saturation. Ceci posé, la saison 5 de "Game of Thrones" ne mérite certes pas les critiques qu'elle a affronté : elle nous permet de voir enfin cette fameuse armée des morts conduites par les White Walkers - cinq ans qu'on l'attend, cela devenait une sorte d'Arlésienne ridicule -, et surtout, surtout, elle met en scène assez brillamment la montée du totalitarisme religieux dans une société lorsqu'il est encouragé par les politiques (qui croient y voir un moyen de mieux contrôler leurs ennemis), totalitarisme qui finit par engloutir les apprentis-sorciers qui ont présidé à son ascension : pour la première fois, "Game of Thrones" nous parle de notre époque, et ce n'est pas un mince exploit des scénaristes, n'en déplaisent à ces fameux "puristes". Et qu'on en arrive ainsi à plaindre la belle Cersei - alors qu'on n'aurait jamais plaint Bush et consorts -, c'est l'un des petits miracles de la fiction télévisée !