Réécoutons les classiques du Rock : "One Foot In the Grave" de Beck (1994)
Alors même que le très jeune Beck triomphait avec son single "slacker" "I'm a Loser", bien dans l'air du temps, il affichait son indépendance avec cet album, qui nous le faisait découvrir sous un autre angle, et composait un portrait de l'artiste (ou plus justement du futur artiste) en digne héritier du folk /blues le plus traditionnel, ne s'arrêtant qu'occasionnellement pour brailler avec ses copains des minis brûlots hardcore. 20 bonnes années plus tard, alors que Beck s'est - logiquement - assagi, "One Foot in the Grave" demeure le superbe témoignage d'une jeunesse ardente, certes légèrement déjantée (slacker un jour...), mais clairement inspirée : car une bonne partie des seize chansons - courtes, sèches, minimalistes - qui composent l'album tiennent plutôt bien la route. Pas très bien jouées, pas formidablement enregistrées (l'esthétique lofi, déjà... à moins que cela ne soit du folk punk, ce qui me va bien aussi), bringueballant et grinçantes, ces chansons ne nous caressent pas dans le sens du poil, mais elles respirent une liberté et une détermination - derrière leur allure faussement j'menfoutiste - qui fait réellement plaisir à entendre. Si "One Foot in the Grave" n'est pas le chef d'oeuvre que certains célèbrent, il est néanmoins l'un des premiers pics de la discographie d'un musicien qui en compte un certain nombre.