"Happy Valley - Saison 1" de Sally Wainwright : Fargo en Yorkshire
Le point de départ de "Happy Valley" n'est pas d'une originalité foudroyante, puisque nous avons affaire à une copie extrêmement fidèle du scénario de "Fargo" (le film), transposé de l'Amérique profonde à l'Angleterre profonde : même cause, mêmes effets, dans un cadre tout aussi brutal, puisque le délabrement social du Yorkshire s'accompagne de vices tout aussi extrêmes : cupidité, toxicomanie, violence et perversions diverses, nous ne sommes pas vraiment dépaysés (c'est encore une fois noir de chez noir..) par rapport au thriller des Coen Bros, même avec l'accent typique du Nord de l'Angleterre qui vient replacer celui des bouseux du Dakota. La particularité de cette première saison, c'est néanmoins une construction assez originale, puisque le climax du thriller se situe dans le quatrième épisode - très éprouvant -, et que les deux derniers épisodes se focalisent sur l'impact psychologique et familial du drame, offrant au téléspectateur une redescente d'adrénaline un peu surprenante. Ce n'est néanmoins pas un véritable problème, "Happy Valley" s'attachant, à la manière Loach, pourrait-on prétendre, à décrire par le menu et les interactions sociales dans la petite ville qui sert de cadre à l'action, et le fonctionnement des différents couples et structures familiales impliqués dans l'affaire. Il est clair que le pessimisme que dégage "Happy Valley" ne sera pas du goût de tous, et que, par rapport à "Broadchurch" auquel on pourrait la comparer, voici une série nettement plus radicale.