Séance de rattrapage : "Marguerite" de Xavier Giannoli
Voici un film que je n'aurais pas cru aimer, tant je suis normalement réfractaire à ce genre de cinéma propre sur lui et largement confié aux soins des décorateurs. Il faut néanmoins admettre qu'il se passe quelque chose de l'ordre du Cinéma - du vrai - dans "Marguerite", même si, bien sûr, Giannoli gâche tout à trop tirer sur la ficelle, à allonger son film plus qu'il n'est raisonnable, à multiplier personnages et intrigues secondaires, et surtout à effectuer sur la fin un virage surprenant et inutile vers les clichés de la folie, qui défait la construction - jusque là fort intelligente - d'une illusion bouleversante entretenue tour à tour par l'hypocrisie de tous (le côté satirique du film) et par l'affection de quelques uns (son côté, plus discutable, "feelgood" à l'américaine). Qui trop embrasse mal étreint : un format plus court, avec un scénario plus obstiné à creuser le passionnant sillon de la passion et de l'incompétence, de l'illusion et de sa puissance, aurait pu faire de "Marguerite" un vrai grand film. Ceci dit, il faut également souligner que ces moments de "vrai cinéma" mentionnés plus haut sont la plupart du temps redevable au talent de Catherine Frot, bouleversante d'enthousiasme et de passion. Finalement, ce n'est pas si mal...