"Rainy Sunday Afternoon" de The Divine Comedy : le cœur est un chasseur solitaire
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Rainy Sunday Afternoon est donc le nouvel album à moitié raté de Neil Hannon après la déception de Office Politics, il y a six ans déjà... mais dans un genre très différent, beaucoup plus classique pour The Divine Comedy. Il semble pourtant avoir rencontré son public, et connaît en France un succès critique et commercial assez exceptionnel (au niveau qui est celui de Divine Comedy, bien entendu, ce qui n'est d'ailleurs pas si mal). On en est plus que ravis, tant Neil est un artiste non seulement important, mais aussi très près de notre cœur, et ce depuis le coup de foudre de Liberation, en 1993, il y a plus de trente ans.
Il reste que l'on s'ennuie vaguement à l'écoute d'un disque assez pauvre en mélodies mémorables - ce que l'on peine à croire venant de Neil Hannon -, mais également très chiche en fantaisie : Down the Rabbit Hole est la tentative la plus claire dans le genre, mais ne fonctionne pas aussi bien que d'habitude, étouffé par ses excès en dépit de sa courte durée, et il ne reste guère que le charmant All The Pretty Lights pour nous enchanter. Pire, Neil paraît désormais obsédé par la nostalgie de la jeunesse, et par l'accablement de la vie qui s'en va. Ce thème est certes important autant qu'il est logique : il traduit une nouvelle phase de la vie puisque Neil a maintenant 55 ans, et qu'il a perdu son père alors que sa grande fille quitte le nid familial. Le problème est que l'émotion nait cette fois avant tout des textes (comme sur Invisible Thread, sa chanson d'amour à sa fille), et non de la musique, qui reste sur la plupart des titres assez convenue, presque prudente, voire donnant ça et là un sentiment de ressassement qui ne laisse pas d'être préoccupant.
Il reste néanmoins au milieu de cette tiédeur vaguement déprimante (même en admettant que la dépression est une composante désirée du programme !) une grande chanson, une chanson qui touche au sublime : The Heart is a Lonely Hunter. Ce sont 4 minutes et 48 secondes littéralement prodigieuses...
... Mais une chanson sur onze, c'est quand même peu !