"Marty Supreme" de Josh Safdie : Quelques réflexions pas très profondes sur un film superficiel et fatigant...
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Il me faut admettre d'emblée que le "succès annoncé" de Marty Supreme, le déluge de critiques dithyrambiques célébrant le "nouveau Scorsese / Coppola" ou l'interprétation de Chalamet, m'ont braqué contre le film avant même de le voir. Au point que je m'étais même promis de ne pas gâcher deux heures et demies de mon temps pour "ça". Et puis, même si je ne suis pas très "acheteur" de l'hystérie des frères Safdie, je porte sufisamment d'estime au travail de Chalamet (la preuve par exemple avec son incarnation récente du "young Bob Dylan") pour avoir finalement rompu ma promesse. Et avoir vécu cet interminable Marty Supreme dans une succession d'états assez contradictoires, avant d'en sortir mi-figue, mi-raisin : j'ai violemment détesté la première heure du film, inutilement confuse au point de frôler le mensonge et la manipulation de spectateurs, j'ai réussi à piquer un petit roupillon d'une dizaine de minutes sans avoir eu le moindre sentiment ensuite d'avoir loupé quelque chose... ce qui en soit prouve bien que le scénario de Marty Supreme, derrière son apparence de train emballé surchargé d'informations, de micro-histoires et de détails croustillants, ne raconte pas grand chose de conséquent ! Ou en tout cas, rien qui n'aurait pas pu être raconté de manière (bien plus) convaincante en une heure trois quarts.
Et puis, finalement, je me suis laissé prendre au jeu de l'accumulation démentielle de péripéties gratuites, de cette course d'obstacles absurde que livre un jeune pongiste prodige qui essaie d'échapper à ses origines, son milieu, sa judéité. Jusqu'à en arriver à une fin tellement "programmatique" (la victoire sur son adversaire nippon, la joie de la paternité) qu'elle n'est pas loin de couler la crédibilité du film tout entier.
Au sortir de ce marathon plus éreintant qu'autre chose (n'est pas Scorsese qui veut, souvenons-nous que même un réalisation du calibre de PTA s'est emmêlé les pinceaux, à ses débuts, à vouloir s'y risquer), je n'avais aucune envie de réfléchir à ce que Safdie avait voulu me dire, et encore moins d'écrire une critique profonde et intelligente sur un film qui, fondamentalement, distille un plaisir superficiel et pas très malin.
Alors disons que, en dépit de quelques scènes en effet brillantes, qui doivent beaucoup au talent d'un Chalamet n'ayant pas grand chose de consistant à jouer cette fois, j'ai du mal, beaucoup de mal à avaler la "réflexion" très creuse sur la culture juive - et ne parlons pas de la scène infecte, car privée de véritable sens, du miel dans le camp de concentration -, et encore plus l'indifférence (frôlant le mépris par instants) avec laquelle les deux femmes - pourtant passionnantes, elles - de l'histoire sont représentées.
Mais ça, c'est mon "vécu" du film, non pas basé sur une quelconque réflexion - puisque, comme je l'ai dit, Marty Supreme épuise chez son spectateur le désir de réflexion -, seulement sur des sensations "physiques" de spectateur que, fondamentalement, le film n'a pas intéressé plus que ça.