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Le journal de Pok
25 novembre 2025

"Dossier 137" de Dominik Moll : une plongée au cœur de l’IGPN

La filmographie de Dominik Moll, révélé en 2000 par le coup de force de Harry, un ami qui vous veut du bien, a plutôt un profil de montagnes russes, dont la Nuit du 12 constitue à date le sommet le moins discutable. Pas d'inquiétude néanmoins, avec Dossier 137, Moll n'a pas amorcé une descente en piqué : il a eu l'intuition de reprendre la forme qui lui a réussi pour son film précédent, celle d'un récit d'enquête s'attachent au réalisme du travail policier, en particulier en ce qui concerne les aspects procéduriers et la frustration résultant inévitablement des jeux politiques. Le tout en s'appuyant sur une interprétation minutieuse et réaliste, au plus près de la vérité humaine, même si cela joue contre les codes classiques du thriller, tellement à la mode aujourd'hui.

La difficulté supplémentaire que pose Dossier 137 est qu'il traite d'un sujet politique inflammable et clivant, celui des violences policières, en particulier dans le contexte de manifestations. Stéphanie (Léa Drucker, très bien comme toujours), l'héroïne du film, fait partie de la Police des polices et enquête sur les excès de violence ayant conduit un jeune manifestant à l'hôpital dans un état grave. Bien qu'inspiré de faits réels, le film se présente comme un réquisitoire un tantinet manipulateur, avec pour objectif de révéler ce que tout le monde sait, qu'il y a des policiers qui sont des brutes dangereuses, tout en rassurant le spectateur quant à l'intégralité morale du corps policier dans son ensemble (...enfin tant que les politiques ne s'en mêlent pas !).

Bref, tout le monde devrait être satisfait à la fin du film, conforté dans ses convictions par un film qui ménage la chèvre et le chou. Au siècle dernier, le film de Dominik Moll aurait été qualifié de film pour l'émission les Dossiers de l'écran, tant il expose proprement tous les aspects de son sujet polémique, où il servirait parfaitement d'introduction à un grand "débat".

Mais il n'est pas certain que le cinéphile y trouve autant son compte, car si toute la partie du travail mené par Stéphanie est passionnante, exemplaire presque, Dossier 137 ne manque ni de maladresse ni de lourdeurs : la plupart des scènes consacrées à Roubaix - les relations familiales de Stéphanie, la filature dans le supermarché, les interactions avec la famille de la victime - sonnent faux, et l'on sent qu'elles sont seulement de "fausses bonnes idées de scénariste" pour préparer la conclusion du film.

De même, la confrontation de la policière avec la violence sociétale contre le prolétariat immigré (l'épisode de la femme de ménage) est trop superficielle pour apporter quoi que ce soit de consistant au film, et prend l'aspect d'une diversion un peu bien-pensante (surtout si l'on se souvient de l'Histoire de Souleymane, par exemple).

Quant à la scène finale, tire-larmes et quasiment caricaturale, elle constitue une ultime erreur, gâchant injustement un film qui ne manque pourtant pas de qualités.

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