"Évanouis" de Zach Cregger : Les armes en peine...
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Au milieu de la belle moisson de films de genre réussis sortis ce mois d'août, Évanouis (Weapons en VO, un titre plus intéressant qu'il aurait été pertinent de traduire en français), a recueilli de nombreux suffrages, du fait sans doute de son casting plus reconnaissable (Josh Brolin et la merveilleuse Julia Garner) que ses concurrents. Le film, écrit et réalisé par Zach Cregger (un relatif nouveau venu dans le cinéma de genre, dont je n'ai pas vu le film précédent, souvent apprécié, The Barabarian), a beaucoup d'atouts pour lui : un thème fascinant (la disparition inexplicable de toute une classe en pleine nuit, au même moment !), des acteurs plutôt coutumiers du cinéma "mainstream" (il paraît que Pedro Pascal a été un moment considéré pour le rôle tenu par Brolin), et une construction intéressante, avec des chapitres offrant le point de vue "à la Rashomon" de différents personnages, avant une conclusion synthétique de ces approches.
Mais là où Cregger se positionne plus clairement que ses concurrents comme un "auteur" à part entière, c'est que son film se dévoile dans sa première moitié comme une chronique réaliste, juste et très touchante, de l'Amérique ordinaire, en proie à toutes ses contradictions, et ses dérèglements. Quelque part, on est assez proche de ce que fait Ari Aster dans Eddington... mais en bien plus réussi. Dans cette partie, presque irréprochable, on regrettera l'usage occasionnel de jump scares et autres techniques fatiguées du cinéma horrifique, qui n'ont vraiment rien à voir ici.
C'est quand Weapons devient (enfin ?) un film fantastique que la critique est plus divisée : certains déplorent la facilité artificielle avec laquelle le scénario donne des réponses un peu bâclées aux mystères de l'histoire, d'autre n'arrivent pas à avaler les tonalités burlesques, cartoonesques des scènes de violence. C'est à notre avis se tromper fondamentalement sur le projet de Cregger, qui ne livre pas ici un film fantastique "réaliste", "sérieux", mais qui poursuit dans sa démarche de nous offrir un point de vue quasi-polémique sur l'état des USA, explosant finalement dans un délire baroque, entre sorcellerie WTF (joli numéro d'Amy Madigan, dont il me semble avoir lu qu'elle était nominée aux Oscars !) et destruction à la Tex Avery de la banlieue américaine bien rangée.
Bref, là encore, une démarche similaire à celle d'Ari Aster,... en plus réussi !