Aucun autre choix » de Park Chan-wook : ... Si, le choix de moins en faire !
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A-t-on le droit de dire, lorsqu'on est cinéphile, qu'on a préféré l'adaptation du roman de Westlake, le Couperet, réalisée par l'assez médiocre Costa-Gavras il y a 20 ans, à cette nouvelle version proposée par Park Chan-Wook, certainement l'un des plus grands metteurs en scène contemporains ? Certes, José Garcia n'est pas non plus un acteur du même calibre que Lee Byung-hun (inoubliable dans A Bittersweet Life)... Il est également indéniable que la pertinence de la violente critique sociétale qui est au cœur du sujet (un homme ayant perdu son emploi liquide les plus probables concurrents au prochain poste qu'il convoite) est encore plus forte relocalisée dans la Corée contemporaine, et constitue toujours le gros point fort du scénario de Aucun autre choix.
Malheureusement, il semble que Park Chan-Wook, dont on appréciait la nouvelle (quasi) légèreté - depuis Stoker, tout son travail, y compris celui, remarquable, réalisé en format Série TV (The Little Drummer Girl, The Sympathizer), "respirait" plus librement - soit retombé dans ses excès d'antan : sa mise en scène est certes virtuose, multiplie les idées originales, les coups d'éclat, le "jamais vu" durant les longues 2h20 du film, mais c'est au point d'accaparer excessivement l'attention du spectateur.
Et toute cette "esbrouffe" vient qui plus est d'ajouter à un scénario qui a "enrichi" de manière démesurée l'histoire originale. Au point de tomber dans la "sur-description", parfois caricaturale lorsqu'il s'agit de dépeindre le comportement toxique de l'entreprise multinationale moderne (on qualifie de caricaturale la description des faits, pas les faits eux-mêmes, tristement réalistes). Et surtout, en ajoutant sur une multitude de sous-intrigues pour approfondir les vies (toutes finalement médiocres, évidemment) des protagonistes, même secondaires, le film se transforme en un long parcours labyrinthique qui, régulièrement, se révèle... ennuyeux !
Trop en faire, on le sait depuis toujours, c'est l'opposé de bien faire, et Aucun autre choix en est l'exemple parfait. Réduite à deux heures, en retirant une bonne partie des sous-intrigues qui n'ajoutent rien, et en limitant les effets de virtuosité aux scènes clés qui doivent rester les plus mémorables, cette nouvelle adaptation du Couperet aurait été bien, bien meilleure.