"Happy! - Saison 1" de Grant Morrison et Brian Taylor : copulation d'insectes...
"Happy!" a tout de la fausse bonne idée : de la provocation trash à la louche, de la violence graphique et décomplexée, une nouvelle rencontre entre personnages "de dessin animé" et prises de vue réelles. Et l'excellent Christopher Meloni en roue libre, fascinant pendant le pilote - à fond la caisse - et épuisant au fil des sept longs, longs épisodes qui suivent. En fait, "Happy!" aurait fait un excellent film de 2 heures, mais allonger ainsi la sauce a deux conséquences néfastes : d'abord, il faut constamment en rajouter dans la surenchère pour tenir les promesses initiales, et on atteint rapidement les limites de la patience du téléspectateur quand on fait revenir sous forme de zombie un mort grâce à un plat italien assaisonné au sang menstruel de la doyenne de la famille mafieuse… Bon, OK ! Ensuite, et c'est finalement là le pire, il est vite clair que derrière les apparences "punks" des personnages, il nous sera impossible d'échapper à la mièvrerie consensuelle du divertissement standard américain (notre héros destroy se découvre finalement la fibre paternelle, bouhouhouh), ce qui dégonfle salement la vilaine baudruche que se révèle être "Happy!". Une fois qu'on a compris que rien de mal ne peut arriver au héros (qui triomphe des balles, des chutes, des poignards, et même de crises cardiaques à répétition), qu'on a compris que l'histoire des "amis imaginaires" est un repompage complet des thèmes de "Toy Story", on s'occupe tant bien que mal à identifier les quelques idées vraiment intéressantes qui surnagent, comme les enfants vêtus et emballés comme des jouets, ou les stupéfiantes scènes que l'on qualifiera faute de mieux de "copulation d'insectes" qui introduisent enfin une véritable étrangeté dans une série qui joue beaucoup, beaucoup trop la facilité.