"Paradise – Saison 1" de Dan Fogelman : 24 heures chrono dans le Silo ?
Un POTUS est assassiné, son plus fidèle agent de sécurité enquête. Rien de vraiment nouveau ? Si, parce que la "réalité" dans la quelle se déroule Paradise est "uchronique", et que les États-Unis y sont désormais réduits à une petite ville "paradisiaque" de 25.000 habitants, cachée au cœur d'une montagne évidée à cet effet.
Paradise, c'est en fait "24 meets Silo", mais écrit par Dan Fogelman, le créateur de la série US "populaire", This Is Us. Ce qui signifie une primauté donnée à la psychologie des personnages, passant avant l'aspect policier de l'intrigue. On pourra trouver le temps long jusqu'à la moitié de la saison, d'autant que les scénaristes tentent de faire patienter le téléspectateur en jouant sur des mini coups de théâtre en fin d'épisodes assez gratuits, et pour le moins artificiels.
Heureusement, l'écriture est soignée, y compris une utilisation intelligente des flashbacks, les acteurs sont talentueux et bien dirigés - avec une mention particulière à l'inattendu James Marsden, qui incarne un président humain et régulièrement touchant.
La seconde partie devient clairement plus palpitante, sans que les aspects humains soient négligés pour autant, le tout culminant avec un épisode 7 (The Day) remarquable de tension, engendrant qui plus est une saine réflexion chez le téléspectateur sur les défis moraux liés aux situations extrêmes à l'écran. Et le huitième et dernier épisode de cette première saison offre une résolution totalement inattendue, mais plutôt pertinente à l'énigme de l'assassinat, puisque introduisant de nouveaux dilemmes moraux autour de la construction de ce "paradis" qui est loin d'en être un.
On regrettera, du coup, que Paradise s'embarque à la fin sur la voie d'une seconde saison qui court le risque de la banalité post-apocalyptique tellement à la mode aujourd'hui (on espère échapper à une déclinaison de The Last of Us !). Mais sinon, c'est vraiment du tout bon, intelligent, fin, généreux.