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Le journal de Pok
21 décembre 2025

« Avatar : de feu et de cendres » de James Cameron : de la polémique Avatar

On est habitués : c'est comme ça depuis 2009 et la sortie d'Avatar. Il y a ceux qui adorent et ceux qui détestent... Les arguments des premiers (dont je fais partie) : c'est beau, c'est immersif, c'est une critique bien vue du passé (et du présent) colonialiste des USA, avec la collusion militaires + ultra capitalisme, et c'est bien réalisé. Les arguments des seconds : c'est une histoire simpliste, c'est écolo-new age et donc naïf, et finalement c'est une apologie de la guerre comme moyen de résoudre les problèmes, comme dans tous les film de Cameron. Dans le fond, tout le monde a raison, personne n'a complètement tort. Et le plaisir ou l'ennui que l'on ressent devant Avatar, Avatar - La Voie de l'eau et Avatar - De Feu et de Cendres dépend directement de l'importance de chacun de ces facteurs pour le spectateur.

Avatar - La Voie de l'eau avait été une petite déception, même pour les fans d'Avatar, et même si nous avions assez honteusement refusé de l'admettre : le film était répétitif et trop long, et reprenait le même schéma que le premier sans aller de l'avant. Du coup, les critiques qui n'ont même pas vu Avatar - De feu et de cendres reprennent sans imagination ces mêmes arguments, au point qu'on se demande s'ils ont même vu le film, ou si être assis 3h15 avec des lunettes 3D en compagnie du vulgum pecus n'était pas une épreuve insurmontable pour eux. La vérité est qu'Avatar - De feu et de cendres est beaucoup plus différent de ses deux prédécesseurs qu'on l'admet en général.

Ne perdons pas de temps à argumenter sur le nouveau saut technologique effectué par Cameron et son équipe. Avatar - De feu et de cendres est bien plus beau encore, plus immersif, plus époustouflant au niveau "expérience", et nul - même parmi ses détracteurs - ne le nie. Mais l'un des principaux progrès est la reprise bien plus fine, bien plus juste, des expressions faciales des acteurs, qui ajoute (enfin) ce petit plus de crédibilité émotionnelle dans les nombreuses scènes de discussions et de conflits familiaux et autres. La différence est notable, les sentiments sont (enfin) plus exprimés par les visages que par les mots, et cela change profondément l'empathie que dégage le film. Finalement, quelle que soit leur beauté - et nous y sommes habitués - les paysages de Pandora sont cette fois moins intéressants que les personnages extra-terrestres.

Avatar - De feu et de cendres a surtout un énorme avantage sur ses prédécesseurs, c'est l'ajout d'une remarquable antagoniste, Varang la sorcière rouge, incarnée brillamment par Oona Chaplin, fille de Geraldine Chaplin et petite-fille de Charlot, qui semble avoir hérité du talent et du charisme familial. C'est simple, elle vole littéralement chaque scène du film où elle apparaît, même si c'est agréable de retrouver Neytiri (Zoe Saldaña) en guerrière plutôt qu'en maman, et de voir que le scénario prend acte de la transmission de la résistance des parents aux enfants. C'est sur ce dernier point que Cameron innove par rapport à sa filmographie : apparaissant lui-même dans ses déclarations fatigué et désabusé, l'ex-King of the World semble admettre qu'il est temps de passer le relais à une jeune génération de personnages, mais sans doute aussi d'acteurs et de réalisateurs. Nous noterons quand même l'ironie du fait que le jeune personnage le plus impressionnant, et le plus intéressant, Kiri, est incarné par Sigourney Weaver (76 ans !)...

Ce qui est intéressant aussi, dans un film qui fonctionne parfaitement en dépit de sa durée, et dont la lisibilité totale témoigne du savoir-faire bien connu de Cameron en tant que metteur en scène, c'est de se dire qu'il témoigne désormais non pas d'un cinéma du futur - comme quand le premier Avatar est apparu, avec la grande illusion du cinéma en relief, qui aura fait long feu -, mais bien au contraire d'un vrai classicisme, et donc d'une poursuite (condamnée à plus ou moins court-terme) d'un geste cinématographique du passé.

Très réussi, oui (et peut-être qu'une fois les effets polémiques habituels passés, certains réfractaires en conviendront), Avatar: Fire and Ash est probablement l'un des derniers témoignages d'une forme cinématographiques appelée à disparaître. James Cameron ayant plus ou moins décidé de laisser tomber ses projets de suite, vues les contraintes financières, il est probable qu'il n'y aura pas d'Avatar 4. Et que, du coup, Avatar: Fire and Ash aurait été bien plus beau s'il avait assumé son destin crépusculaire. Et aurait été bien plus bouleversant, s'il avait accepté de nous raconter la destruction de Pandora et de ses héros sous les coups de boutoir de l'impérialisme terrien / US.

Comme dans la vraie vie.

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