Neverwhere

Il n'y a guère qu'une chose à dire sur ce pensum, qui m'est tombé des mains à de nombreuses reprises avant que j'arrive à le terminer : "Neverwhere" dégage un profond ennui. Après une introduction amusante, avec son personnage inadapté qui devient "transparent", et avant une conclusion correcte - un peu d'action, certes stéréotypée, autour de la révélation, pas trop inattendue, de l'identité du "grand méchant" - , il faut avaler des pages et des pages sans aucun intérêt sur l'interminable ballade de freaks caricaturaux, réduits par l'auteur à quelques caractéristiques simplistes, dans un univers "parallèle" vaguement steampunk et surtout gratuitement glauque.

Si l'on arrive à imaginer ça, entre un concept malin (l'envers de notre monde en dessous de notre monde) mais creux (so what ?), une accumulation paresseuse d'idées ramassées un peu partout, un peu d'humour sensé conférer du second degré à un récit qui, fondamentalement, ne veut rien dire, et des personnages présentés comme hauts en couleurs mais sans aucune substance, c'est un peu du Terry Gilliam littéraire : c'est dire le niveau de médiocrité !

Il semble que Neil Gaiman ait travaillé et retravaillé plusieurs fois ce livre pour en arriver à cette version "définitive" : il devait être conscient que la faiblesse de "Neverwhere", mais, à notre humble avis, il aurait mieux fait de laisser tomber. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas..."