2019 06 03 Peter Perrett Café de la Danse (2)21h : La première idée qui vient à l’esprit quand Peter Perrett (… et non, ami français facétieux, rien à voir avec notre vieil amuseur national, Pierre Perret et son “zizi”…) se plante derrière son micro juste devant nous, c’est : « Mon dieu, qu’il est petit !! ».  Immédiatement suivi de « My god, how old does he look !! ». Mais à quoi nous attendions-nous, donc ? A 67 ans, une vie d’excès et une santé précaire vont difficilement vous faire paraître dix ans de moins que votre âge, même si vous vous teignez les cheveux en noir ! Mais qu’importe le physique, quand on a le talent de compositeur de Peter, et que cette voix sexy et narquoise, qui distinguait les Only Ones du reste de la foule “new wave” de ces années-là, semble absolument inchangée ? Le set démarre de façon parfaitement envoûtante avec un Baby Don’t Talk en crescendo de puissance, datant de la première tentative de réapparition de Peter sous le nom de “The One”. Trois minutes parfaites, et c’est gagné : on sait qu’on ne sera pas déçus, ce soir !

Peter enchaîne alors les chansons de son album précédent, “How the West was Won”, ce qui permet de faire le point sur toute cette aventure : d’abord, le Café de la Danse est rempli de fans, de vrais, qui connaissent leur songbook de Peter Perrett, ce qui garantit une ambiance parfaite de complicité ; ensuite, Peter a la chance de pouvoir désormais s’appuyer sur un groupe magnifique, centré sur ses deux fils, Jamie en brillant guitar-hero, et Peter Jr. à la basse (tous deux ont fait partie d’ailleurs d’une version des Babyshambles…), un groupe qui conjugue énergie tranchante et classe folle. Enfin, Peter lui-même semble désormais la parfaite incarnation du “British Gentleman”, humour pince sans-rire et élégante légèreté comprise.

2019 06 03 Peter Perrett Café de la Danse (22)Une petite parenthèse avec deux titres des Only Ones (From here to Eternity et surtout The Whole of the Law), et la seconde partie du set sera consacrée aux chansons du nouvel album qui sortira à la fin de la semaine, que le public ne connaît donc pas, mais qui vont se révéler d’une parfaite efficacité : intro avec un Once is Enough très rock, moment absolument enchanteur sur un Heavenly Day qui sera probablement pour tous le sommet de la soirée, puis grand moment d’excitation avec un Master of Destruction, qui est d’ailleurs surtout une chanson de et par Jamie. War Plan Red clôt le set dans une belle ambiance (logiquement) rougeoyante.

On attend le rappel, un peu stressés par l’horloge qui tourne, en sachant que 22h30 est l’heure du “strict show curfew”, et on ne sera pas déçus : l’ultra-classique (en fait LE titre de gloire des Only Ones) Another Girl, Another Planet débouchera sur un The Beast encore plus accrocheur, avant la cerise sur le gâteau, une belle (on aurait aimé dire une “longue”…) jam sur le What Goes On du Velvet, déchirée par de superbes éclats de guitare offerts par Jamie, décidément en pleine forme ce soir et responsable des meilleurs moments du concert.

Une heure et demie fort sympathique qui nous rappelle ce que la “classe Rock” signifie, une heure et demie qui remet Peter Perrett à sa juste place dans l’histoire de notre musique, sans doute trop tard pour qu’il connaisse le moindre succès commercial, voire même trop tard pour que la postérité retienne son nom... Mais, en le voyant sur scène ainsi, visiblement heureux d’être entouré de ses fils, et de pouvoir nous proposer de nouvelles et excellentes chansons à nous, qui lui sommes restés fidèles, on est prêts à parier que Peter n’a aucun regret.