Le journal de Pok

19 mai 2013

"Monster - Volume 13 : Evasion" : de l'Urasawa grand cru !

monster_13Le 13ème volume de "Monster" représente presque un condensé de ce qui fait la suprématie d'Urasawa en matière de narration : introduction de nouveaux personnages secondaires complexes, ambigus, et donc passionnants (le jeune avocat Verdeman, et le roi de l'évasion, Milch), évolution subtile des personnages principaux (Tenma bascule ici complètement, Runge a des doutes, Eva vacille...), scènes d'action et de suspense parfaitement menées, comme celle de l'évasion "paradoxale", et surtout capacité de nous toucher en plein coeur en quelques pages avec une intrigue secondaire (l'amour désolé entre deux petites frappes...) qui n'apporte rien à "Monster", si ce n'est de l'épaisseur humaine. Si l'on retourne aux premiers volumes, qui étaient loin d'avoir la même efficacité que ce treizième tome, on se rend compte aussi combien c'est au cours de la réalisation de "Monster" que le style graphique d'Urasawa s'est réellement accompli, et a atteint une sorte de maturité et de perfection dans la lisibilité et la finesse. Oui, un grand cru !

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18 mai 2013

"Girls - Saison 1" : "a grower", comme ils disent...

girls_season_1Quand on attaque les premiers épisodes de "Girls", une série à la réputation grandissante, on se demande un peu ce qu'on fait là, à perdre son temps devant ce qui semble une citation / reconstruction de "Sex and the City", actualisé mais surtout trivialisé. L'humour "slacker" de Lena Dunham nous arrache certes quelques sourires, mais la galerie de "freaks" et les intrigues assez ineptes qui semblent constituer le coeur de "Girls", pas particulièrement non plus bien réalisé par Dunham elle-même, génèrent plus de l'irritation que de l'enthousiasme (sans même mentionner la vision assez déprimante du sexe que semble véhiculer "Girls")... Ce serait poutant une grave erreur d'abandonner là la série, parce que le plan de Dunham (soutenue par Apatow, ce qui est quand même une sacrée référence, non ?) est beaucoup plus retors qu'il n'y paraît : au fil de scènes soit banales, soit ridicules, on assiste - assez médusés - à la construction minutieuse (et brillante d'intelligence) de personnages complexes, ambigus, qui dépassent peu à peu les stéréotypes barrés qu'ils semblaient destinés à illustrer. C'est particulièrement vrai bien sûr des personnages masculins - je pense à Adam, dont la relation avec Hannah (Lena) s'enrichit de manière stupéfiante, interprété par un Adam Driver réellement fascinant, ou encore à Ray, hilarant dans son cynisme, qui se révèle assez surprenant -, mais  les quatre filles elles-même finissent, même si c'est à travers une sorte de "rupture générale", par trouver le chemin de notre coeur en dépit (ou à cause) de leurs déficiences émotionnelles profondes, exactement comme les héroïnes de "Sex and the City" l'avaient fait. Les derniers épisodes de cette première saison sont très impressionnants, et nous laissent à la fois saisis et irrémédiablement touchés, prouvant que Lena Dunham savait parfaitement ce qu'elle faisait.

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16 mai 2013

"Understated" de Edwyn Collins : le tout meilleur album de sa carrière ?

UnderstatedIl y a logiquement, un Edwyn Collins d'avant son accident cérébral, et un Edwyn Collins d'après. Et en tout bien tout honneur, et avec tout le respect que l'on doit à cet artiste talentueux et relativement méconnu, il est permis, après plusieurs écoutes - enchantées - de "Understated", de préférer le second. Cet Edwyn qui ne peut plus jouer de la guitare (et son jeu était brillant, ne l'oublions pas !), qui articule avec difficulté, qui même chante désormais un peu faux. Qui n'est plus que l'ombre du performer brillant qu'il était... Oui, cet Edwyn Collins qui reste un compositeur exceptionnel (il y a au moins ici quatre morceaux qui mériteraient de devenir des classiques !), et a appris à regarder la vie comme un miracle permanent. Qui a remisé son célèbre cynisme, son arrogance de jeune artiste talentueux, pour chanter désormais le plus franchement possible la simple beauté d'être vivant, de respirer, de pouvoir travailler, aimer. Ça parait simple, simpliste même, mais l'Edwyn Collins d'aujourd'hui nous touche au coeur comme jamais : avec le même mélange que naguère de rock expansif et de soul lumineuse, "Understated" pourrait bien être le tout meilleur album de la carrière de l'ex demi-dieu de Orange Juice. Définitivement redevenu mortel, horriblement blessé, péniblement "re-né" au monde, Edwyn le magnifique nous importe désormais comme jamais.

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15 mai 2013

Séance de rattrapage : "21 Jump Street" de Phil Lord et Chris Miller

21_Jump_StreetIl y a des films qui commencent bien, promettent beaucoup, et se terminent lamentablement, nous laissant cruellement frustrés, maudissant l'incompétence qui a conduit à une telle déroute. "21 Jump Street" restera longtemps l'un des pires exemples qui soit en la matière. S'ouvrant sur de judicieux clins d'oeil, nous faisant hurler de rire avec ces blagues grossières mais irrésistibles qu'Apatow a popularisées dans ses premiers films, "21 Jump Street" nous intrigue avec son regard à la fois ironique et pertinent sur les changements de notre société - contaminée par le politiquement correcte et pourtant de plus en plus déviante, le film dérive peu à peu vers une intrigue policière stupide et un déchaînement de violence assez pénible...  Avant de se clore sur des scènes stéréotypées et grotesques qui nous ramènent au tout venant de la production hollywoodienne du plus bas niveau (buddy movies, etc.). On sort de la vision de "21 Jump Street " exténués par tant d'agitation frénétique pour rien, et tragiquement déçus, une fois de plus, par l'incapacité des studios à produire une vraie comédie qui tienne la route.

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14 mai 2013

"Orchestral Reworkings from Union Chapel (Holy Ghosts)" de Ian McCulloch : on en attendait tant, et puis...

Holy_GhostsComme Ian McCulloch lui-même l'écrit sur la pochette de "Holy Ghosts" aux aspects auto-promotionnels assez lourds, il était évident que nombre de chansons des Bunnymen appelaient un traitement orchestral, classique (mais n'était-ce pas de toute manière le cas sur le meilleur album du groupe, le parfait "Ocean Rain" ?). En 2012, Mac s'est donc payé son trip "crooner" dans le site "habité" de l'Union Chapel, qui a déjà vu bien des réussites en termes d'expériences musicales originales : les heureux qui ont pu assister au spectacle évoquent généralement un moment béni, où l'émotion a submergé de nombreuses fois l'audience. Sur disque, le moins que l'on puisse dire, c'est que cette supposée "transcendance" est cruellement absente, signe sans doute que la magie des grands concerts ne se transmet que difficilement une fois ceux-ci enregistrés. Oui, le disque déçoit, parce que cette fameuse "ré-interprétation orchestrale" manque vraiment d'audace, parce qu'on y trouve que exactement qu'on y attendait : de grandes chansons et d'autres moins grandes (pas mal d'extraits des albums solos du Mac, plus dispensables), traitées fidèlement avec quelques cordes, et basta. Quant au Mac, il suit avec excès la pente de ses inclinaisons les plus récentes, soulignant ce qui n'était jadis qu'élégamment ébauché, dans une sorte de chantage à l'émotion presque indigne. Lui qui se dit disciple de Cohen devrait pourtant savoir qu'on obtient souvent l'impact maximal en en faisant le moins possible ! Ici, avec sa voix de plus en plus marquée par les cigarettes et l'alcool, Ian McCulloch semble exprimer avant tout sa propre anxiété devant l'éternelle absence de succès qu'il rencontre, et qui devient sans doute de plus en plus insupportable alors que le temps fuit entre ses doigts. Mac va vers la lumière (des spotlights ?) avec une urgence qu'on peut certes confondre avec une sorte d'emphase poétique, mais qui me semble surtout de plus en plus superficielle, à l'image de la musique de moins en moins troublante d'Echo & The Bunnymen.

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13 mai 2013

Séance de rattrapage : "De Rouille et d'Os" de Jacques Audiard

De_Rouille_et_d_OsJ'ai un rapport difficile avec le cinéma de Jacques Audiard, que je trouve systématiquement trop préoccupé par des idées de mise en scène certes brillantes, mais rarement au service de la fiction et des personnages : styliste maniéré, poseur, extrêmement manipulateur (ce qui clairement fonctionne, vu l'enthousiasme avec lequel ses films sont toujours reçus), Audiard a en plus la mauvaise idée de traiter souvent des sujets sans intérêt et d'utiliser de acteurs qui symbolisent pour moi le cinéma français le plus superficiel (Duris, Cassel, Kassovitz). Bien sûr, le magnifique "Prophète" avait permis de reconsidérer cet a priori négatif, mais "De Rouille et d'Os", sans retomber complètement dans les travers d'antan, est un clair pas en arrière pour Audiard : la prétention (auteuriste...) avec laquelle Audiard aborde un sujet qui aurait fait merveille chez les Dardenne a tendance à dé-réaliser l'impact du jeu impressionnant des deux acteurs principaux, tous deux magnifiques (Marion Cotillard livre ici sa meilleur interprétation à date). De même, la description, assez juste au demeurant, d'un monde marginal dont la brutalité fait écho à "l'horreur économique" dont tous sont victimes, n'offre pas le contre-point "social" espéré à ce qui n'est qu'un finalement qu'un mélodrame assez classique. A trop jouer l'émotion, tout en se positionnant "au-dessus de la mêlée" par ses trucs de magicien-metteur en scène, Audiard fait l'impasse sur la profondeur qui aurait transformé "De Rouille et d'Os" en un film réellement consistant, marquant même. Alors, au final, même si l'on a été impressionné et ému, on a le sentiment curieux de n'avoir fait qu'effleurer les personnages et les situations au cours des deux heures du film.

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12 mai 2013

"The Drop" de Michael Connelly : une idée curieuse pas forcément bien exploitée...

The_DropOn doit tous admettre que Connelly n'est plus que l'ombre de lui-même depuis bien des années, et qu'on ferait sans doute mieux de "laisser tomber et passer à autre chose". On reste client de la maison parce qu'il y a encore dans ces polars - désormais un peu "piétonniers" - une part de réalisme saisissant dans la description d'un monde judicio-policier pris dans des procédures et des jeux politiques de plus en plus inextricables : il est clair qu'à la différence de nombre de ses collègues, Connelly sait de quoi il parle, et cela apporte à ses livres une force des plus convaincantes. Le problème est qu'écrire est devenu chez lui une sorte de routine, et on sent que la machine à fiction tourne de plus en plus à vide : ici, il y a une idée curieuse, originale peut-être, celle d'inclure dans "The Drop" (traduction française pas encore parue, à ma connaissance, et le titre original est un jeu de mots qui fait sens quand on lit le livre) deux enquêtes policières menées en parallèle, que rien ne relie entre elles... et qui ne se rencontreront jamais, contrairement à ce que le lecteur habitué aux fictions actuelles pourra évidemment attendre. "The Drop" consiste donc en deux histoires de Harry Bosch réunies en un seul roman, ce qui, du point de vue réalisme, n'est sans doute pas stupide (on imagine bien que la police doit conduire plusieurs affaires en même temps, contrairement à ce que Hollywood nous fait normalement croire...), mais que Connelly n'exploite absolument pas : pas de résonnance particulière entre les deux courants, pas d'impact particulier sur Bosch qui passe d'ailleurs ici une phase de sa vie pas très passionnante et que Connelly a du mal à animer, bref, on a le sentiment que rien ne sert vraiment à rien dans "The Drop". Comme en plus, l'une des enquêtes paraît d'une facilité déconcertante (le serial killer est découvert par hasard), tandis que le l'autre n'est pas réellement conclue, on ne peut éviter le sentiment que Connelly n'est pas très concerné désormais par la qualité de ses livres ! Ce que l'on peut - quand même - tirer d'intéressant de "The Drop", c'est - une fois encore - la description de la contamination par la politique (petit "p") des sociétés humaines, et surtout une sorte "dégénérescence" de Bosch, l'âge venant, puisqu'il ne résout réellement rien ici, tout à la fois manipulé qu'il est par les autres et les événements : l'idée - amusante - de passer le flambeau à sa fille alors que la retraite se dessine paraît alors bien logique !

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10 mai 2013

Rufus Wainwright à la salle HSBC Brasil (São Paulo) le jeudi 9 mai

2013_Rufus_Wainwright_HSBC_Brasil_SP_01« C’est un truc que j’ai toujours redouté, et qui ne m’est arrivé qu’une paire de fois au cours de mon existence de fan de musique « live » : entrer dans la salle pour découvrir qu’il n’y a qu’un instrument ou un ampli sur la scène, signe incontournable que l’on va avoir droit à un concert « solo »... Raaah ! Et ce soir, c’est bien cette douche froide à laquelle nous avons droit en pénétrant – quasi les premiers – dans la superbe salle HSBC Brasil : un splendide piano à queue au milieu de la grande scène, un pied de micro, et basta ! Moi qui rêvais de voir reproduite sur scène la prolifération décadente du magnifique « Out Of The Game », me voici réduit à attendre maintenant le genre de prestations qui, à de très rares exceptions près (Neil Young ? Neil Hannon dans ses bons jours ?), m’ont toujours laissé froid, voire mort d’ennui... Bon, on est là, on a payé, on ne va quand même pas repartir tout de suite, non ? Quelques amuses-gueules et une bonne bouteille de Chardonnay sur notre table (car, je vous le rappelle, il y a généralement des tables (!!!) dans cette salle) au troisième rang, et on prend notre mal en patience.

2013_Rufus_Wainwright_HSBC_Brasil_SP_0822h10 : Rufus Wainwright s’assied à son piano et entame... une chanson que je ne connais pas (The Art Teacher, a priori) ! Il faut dire que je n’ai écouté que le premier – décevant (en 1998, largement oublié depuis...), et le dernier (le septième) album – magnifique, je l’ai déjà dit – de « l’icône gay ». Physiquement, Wainwright fait beaucoup moins jeune que sur ses pochettes de disques, signe d’une vanité quasi féminine qu’il cultive d’ailleurs avec un indéniable sens de la provocation : nous aurons droit durant les 90 minutes qui suivent à de nombreuses remarques sur le fait qu’il se trouve encore très beau, qu’il veut que les lumières soient sur lui pour qu’on le voit bien, etc. etc. Musicalement, et dès le premier morceau, pas de surprise : on est dans cette musique baroque, très opératique qu’il adore (quelqu’un a qualifié son style de « popera », je crois...), avec sa voix de ténor particulièrement impressionnante, son jeu de piano en arpèges plutôt virtuose, et ses chansons baroques et complexes (trop ?).

Avec le son parfait de l’auditorium HSBC, nous allons donc assister à un « récital » quasi-classique d’un artiste en pleine maîtrise de son art, avec des moments stupéfiants, en particulier au niveau vocal : je dois admettre que Rufus est sans doute le chanteur le plus impressionnant techniquement que j’ai vu sur scène (avec Ana Calvi...), du fait de sa technique parfaitement assimilée, bien au-dessus de ce point de vue par exemple d’un Jeff Buckely auquel il est facile de le comparer ! Ah oui, Jeff Buckley... Rufus y va de sa petite anecdote, racontant avec humour sa jalousie envers le succès rapide de ce dernier, puis sa rencontre avec Jeff, quelques semaines seulement avant sa mort tragique. Et il nous interprète Memphis Skyline, composé pour lui, avant d’enchaîner avec une superbe version – légèrement accélérée – du classique de Cohen, Hallelujah (rappelons aux étourdis que la version de Buckley, plus théâtrale, plus lyrique, est inspirée de celle de John Cale !). Ce sera la seule reprise de la soirée, et je m’arroge le droit d’y voir un hommage au grand-père de sa fille...

2013_Rufus_Wainwright_HSBC_Brasil_SP_28Ma plus forte déception quant à ce set, je l’avoue, au delà de l’absence de musiciens pour conférer plus de dimension à la musique, est le choix de Rufus de survoler l’ensemble de sa carrière plutôt que se consacrer à l’interprétation de son dernier album. Il me faudra me contenter ce soir de Out of The Game, Jericho (tous deux à la guitare acoustique), puis du magnifique Montauwk, et, pendant le rappel, d’une version « samba » de Candles, avec l’accompagnement musical du public, Rufus ayant distribué divers instruments de percussion (batterie, maracas, etc.) à des spectateurs : au vu du résultat, assez spectaculaire, je dois bien admettre que c’est le genre de risques que l’on peut prendre dans un pays aussi « musical » que le Brésil. Je me souviens encore de la catastrophe quand Cocoon s’était livré au même exercice à la Maroquinerie en distribuant des instruments au public parisien !!! Ceci dit, le sommet de la soirée aura été pour moi le très beau Going To A Town, avec une parfaite combinaison de paroles fortes (« Im so tired of you America... ») et d’une excellente mélodie.

Bon, il faut admettre que les 90 minutes m’ont quand même semblé longues, d’autant que j’en ai eu un peu assez du cinéma « grande folle gay, gay, gay » que Rufus se sent obligé de faire entre ses chansons. Je suppose qu’une bonne partie du public, composée de couples d’homos, appréciait ce genre de « déclaration d’intention », et j’apprécie la détermination politique de Rufus en faveur des droits des homosexuels... mais ça m’a quand même paru assez lourd, au bout du compte.

Nous sommes sortis de la salle HSBC sceptiques, je dois le reconnaître, mais le public n’a jamais non plus déliré autour de nous, ce soir. Le lendemain, Rufus devait jouer à Porto Alegre, ville où la communauté gay est particulièrement importante, et je lui souhaite un triomphe plus clair qu’à São Paulo. »

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09 mai 2013

"Le Mentaliste - Saison 5" : on est scotchés !

Le_Mentaliste_5Je dois avouer que je considérais "le Mentaliste" comme une série divertissante, mais vaguement mineure, comme "CSI" par exemple. Et puis, au fil des saisons, l'énigme Red John s'est fait de plus en plus passionnante, de plus en plus obsédante, jusqu'à aujourd'hui enflammer (une partie de) la blogosphère... au point qu'il devient dur de se dire qu'on va devoir attendre un an avant que Bruno Heller daigne nous livrer la solution de ce brillant mystère ! La cinquième saison du "Mentaliste" est de fait plutôt réussie, avec un approfondissement du personnage du mentaliste - un Patrick Jane qui laisse de plus en plus apparaître des zones "obscures" - et de sa relation avec Teresa Lisbon, quelques épisodes bien sentis autour de l'enigme Red John, et aussi pas mal de bons sujets au cours des enquêtes "individuelles" qui constituent toujours 80% du contenu : l'affrontement entre Tommy Volker et le CBI est une vraie réussite, et l'épisode révélant le mystère de JJ LaRoche particulièrement divertissant. Bien entendu, et cela confirme que nous n'avons quand même pas affaire ici à un vrai "chef d'oeuvre", la saison a quand même nombre de faiblesses : certains épisodes assez anodins, voire ennuyeux, l'apauvrissement des intrigues parallèles avec une équipe du CBI qui passe largement au second plan ici, avec en particulier le retrait d'une Van Pelt sacrifiée du fait de la grossesse de l'actrice qui l'incarne, et un Heller s'embourbe entre la fameuse poignée de main révélatrice, la liste de suspects qui en découle, et un finale de saison assez loupé. Tout cela n'est néanmoins pas dramatique, et on attend avec frénésie la conclusion. D'ici un an !

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08 mai 2013

"Pro Patria Mori (Holy Ghosts)" de Ian McCulloch : son quatrième album solo, et son plus faible à date...

Pro_Patria_MoriAlors que Echo a perdu une bonne part de sa crédibilité au cours de la dernière décennie, avec des albums de plus en plus insignifiants, on pouvait espérer que ce retour en solo de l'attachant Ian McCulloch allait marquer le redressement tant attendu de la part d'un artiste / un groupe que je considère toujours comme le plus important de la vague post-punk. "Pro Patria Mori" s'avère sur ce point une indiscutable déception : on y retrouve à l'identique les mêmes faiblesses que sur "The Foutain" par exemple, une tendance à la simplification excessive des mélodies, loin des ambiances fascinantes d'autrefois, une recherche systématique - et régulièrement maladroite - de gimmicks accrocheurs, et une absence cruelle d'idées nouvelles. Prises une par unes, les chansons de "Pro Patria Mori" sont agréables, efficaces ; l'écoute de l'album tout entier à la suite se révèle par contre lassante, voire irritante... Ce qui est indéniable, c'est que Mac traverse une phase de remise en question profonde, et qu'il se dénude peu à peu de sa carapace de provocateur cynique, pour atteindre à des émotions plus vives, plus sincères sans doute : le paradoxe - cruel - est que Mac n'est pas Cohen, son idole ultime, et qu'il manque clairement de profondeur lorsqu'il en vient à exprimer des angoisses qui, pour être universelles, n'en paraissent pas moins banales.

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