Le journal de Pok

19 janvier 2018

"Borgen - Saison 2" de Adam Price : la maîtresse du Haut-Château

Borgen S2 jaquetteNous voilà devant un dilemme au moment d'évaluer la seconde saison de "Borgen" : d'un côté, on est tentés de juger que plusieurs faiblesses de la série ont été corrigées, en particulier parce que certains sujets politiques traités sont plus profonds, plus pertinents (l'engagement en Afghanistan, l'ambigüité entre intérêts économiques et idéalisme humanitaire). D'un autre, la saison souffre d'encore plus d'épisodes ronronnants et consensuels, brossant littéralement le public dans le sens du poil, à la manière des shows télévisés démagogiques du monde entier. Sans réelles aspérités, beaucoup trop gentil, ressassant des poncifs inoffensifs sur le rôle de la presse et sur l'usure du pouvoir et des idéaux sans jamais en faire grand chose, "Borgen" nous indiffère à force de faire appel toujours aux mêmes grosses ficelles scénaristiques, et se sauve in extremis du purgatoire des séries médiocres grâce à de bons moments presque "soap", la plupart dûs à l'excellent Pilou Asbaek et son personnage de spin doctor à la fois enfantin et torturé, qui est la meilleure raison de terminer le visionnage de "Borgen".

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18 janvier 2018

Les films d'Eric Rohmer passeront-ils l'épreuve du temps ? "Les Nuits de la Pleine Lune" (1984)

Les Nuits de la Pleine Lune afficheAvec ses "Nuits de la Pleine Lune" (qui rencontrèrent un certain succès populaire, pour une fois...), Eric Rohmer avait atteint une sorte de classicisme épuré, sans pour autant abandonner sa méthode si particulière de regarder, et de filmer l'amour et son époque. Avec ses personnages, comme toujours, vaguement irritants et prisonniers de leur propres déclarations péremptoires, se débattant dans l'une de ces crises vaguement absurdes qui font pourtant nos vies, il s'agit peut-être du film le plus moral de Rohmer, qui est sans pitié pour ses personnages, mais ne tombe jamais dans le mépris ou la dérision facile..

Il est aussi - a posteriori - le film le plus nostalgique des "Comédies et Proverbes", magnifié qu'il est par la présence princière et narcissique de Pascale Ogier (très crédible dans un rôle finalement assez difficile de fille superficielle, égarée dans son propre monde), pour qui l'amour et la mort seraient finalement une seule et même chose... Mais ce fut sans doute la découverte de Fabrice Luchini, très drôle et encore inconnu du grand public, qui, à l'époque, marqua le plus les esprits et contribua au succès du film !

"Les Nuits de la Pleine Lune" part donc du récit d'une banale crise de couple pour déboucher sur un portrait doux-amer, mais assez implacable, d'une époque aussi superficielle que chatoyante : trente ans plus tard, et même si ce n'était certainement pas le projet de Rohmer, voici donc une touchante évocation des nuits branchées de la capitale... On y danse dans les légendaires "120 Nuits", et on y voit Elli Medeiros se trémousser sur sa propre musique au cours d'une party très parisienne !

A noter pour finir que plusieurs scènes frôlent ici le sublime, comme cette mystérieuse ellipse sur Luchini dans le café, totalement magique !

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17 janvier 2018

"Better Call Saul - Saison 3" de Vince Gilligan et Peter Gould : la scène classique de procès...

better-call-saul-S3-key-art-logo-400x600Avec sa narration enchaînant directement sur le final de la saison précédente et ses deux premiers épisodes minutieux qui demandent au spectateur de retrouver rapidement ses marques dans le dédale de ses deux récits "parallèles", la troisième saison de notre bien aimée "Better Call Saul" démarre de manière un peu moins grandiose que les deux précédentes. La mise en scène - surtout quand Peter Gould est aux manettes - reste brillante d'intelligence, et Odenkirk incarne toujours avec une douceur confondante et une tristesse infinie l'un des plus beaux anti-héros de la Série TV contemporaine. "Chicanery", avec sa scène classique de procès est certainement l'un des sommets de toute la série à date, et le final qui règle les comptes de manière tragique de la relation entre Jimmy et Chuck est un véritable crève-coeur... Mais dans son ensemble cette troisième saison, dont le grand sujet semble être avant tout la mélancolie que provoque en nous la découverte que nos propres manipulations fonctionnent si bien, et que le monde est bien décevant, s'avère un peu moins impressionnante (peut-être à cause de la relative faiblesse cette fois de la partie "policière" tournant autour de Mike et surtout de Nacho). Le périple introductif à "Breaking Bad" étant d'ailleurs à peu près bouclé, on peut même se demander à quoi servira une quatrième saison, à part prendre le risque inutile de gâcher l'enchantement paradoxal qu'a provoqué en nous "Better Call Saul" jusqu'à présent.

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16 janvier 2018

"Patti Smith - Horses" de Véronique Bergen : Célébration philosophique d'un brasier

couvPATTISMITHDans la belle collection Discogonie, voici une célébration poético-philosophique de "Horses", le premier et mythique album de Patti Smith, l'immortelle pythie de la renaissance du Rock comme engagement politique et moral en 1975. 93 pages très courtes et très denses, parfois un peu ardues du fait de l'érudition de Véronique Bergen, qu'on lira de préférence en écoutant pour la 1001ème fois le disque, de préférence en format vinyle bien entendu (le livre a l'élégance d'offrir deux pages noires de pause pour nous laisser retourner la galette sacrée...).

Le livre ne commence pas forcément bien, la célébration extatique de Patti comme vecteur d'une révolution musicale (le punk rock, pour faire simple) paradoxalement liée à la célébration des tous jeunes Anciens (Hendrix, Dylan, Morrison) semblant un tantinet forcée, tant elle semble refuser le moindre bémol critique. On ne peut alors s'empêcher de craindre le panégyrique béat, la vénération quasi religieuse, alors que, ayant lu "Just Kids" de Patti, on sait bien que la sublime ambition de la jeune poétesse était emprunte d'une toute simple et bien saine foi adolescente en un avenir meilleur.

Heureusement, cette introduction exagérément emphatique laisse place à un décorticage passionnant de chaque chanson de l'album, qui conjugue d'une manière parfaitement équilibrée analyse de texte (et dieu sait que la poésie de Patti le mérite, voire le nécessite !), description plutôt savante du travail musical, et références littéraires indispensables pour situer le travail de Patti au sein de son œuvre toute entière, mais aussi dans le contexte de sa culture et de ses modèles. Dans ses meilleurs moments ("Gloria", "Birdland"), le texte de Bergen éclaire notre compréhension du morceau tout en en accompagnant merveilleusement le rythme et le flux. Dans ses moins bons, on se dit que la (légère) prétention des références n'est finalement que le juste écho des circonvolutions parfois un peu pénibles de la pensée "mystique" de Patti ("Land", que Bergen célèbre comme le sommet de l'album, ce que questionneront ceux qui ne goûtent pas forcément les Cut-ups de Burroughs ou les trips hallucinés au peyotl...).

Bref, ce petit ouvrage est une franche réussite, très loin et très au-dessus intellectuellement des habituelles critiques de disques que nous ingurgitons depuis des décennies. Il constitue surtout un parfait accompagnement à l'écoute éclairée de l'un des albums majeurs de l'histoire du Rock, parce qu'il en retrouve parfois la grandeur hallucinée et la foisonnante complexité. Ce n'est pas un mince exploit !

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15 janvier 2018

Les films d'Eric Rohmer passeront-ils l'épreuve du temps ? "L'Ami de mon Amie" (1987)

L Ami de mon Amie afficheEric Rohmer boucla donc en 1987, avec cet "Ami de mon Amie" sa série des "Comédies et Proverbes", soit l'observation amusée - mais cruelle - des comportements des jeunes Français de son époque. Dans le cadre élégant et froid d'une "ville-nouvelle", on voit évoluer ces "jeunes professionnels des années 80" dont les valeurs sont avant tout matérielles, dont les idées ont été définies par la culture dite populaire, et qui ne semblent jamais très profonds. Rohmer leur applique ses règles habituelles du marivaudage et de la confusion des sentiments, et nous fait bien sentir que le drame est justement que le drame ne puisse jamais survenir dans ces vies policées et harmonieuses... Comme si l'on arrivait effectivement au bout d'un cycle, et que les mécanismes que l'on croyait éternels, des jeux de l'amour et du hasard, avaient fini par s'user et par fonctionner à vide.

Il faut dire que dans "l'Ami de mon Amie", Rohmer a "chargé la barque", multipliant concepts géométriques (les trajets des personnages, leur parcours amoureux, la topographie de la ville) et symbolique un poil systématique des couleurs, occasionnant, même chez ses fans les plus fidèles, un léger doute : trop de calculs au monde des bureaucrates de l'aménagement du territoire et des centraliens de l'EDF ?

Et puis voilà, à mi-film, on marche le long de l'Oise sur un chemin de halage, on s'allonge dans une clairière un jour d'été qui évoque, par exemple, ceux du Lac d'Annecy, et l'émotion survient. Bouleverse tout. C'est la naissance de l'Amour, et tous les concepts et symboles passent dessus bord. Rohmer redevient le GRAND Rohmer, on respire. A la fin du film, il nous offre même l'une de ces scènes de malentendu absurde qui nous enchantent, comme un dernier cadeau à nous qui aimons les comédies et les proverbes.

On ne saura jamais vraiment si ce film d'une grande simplicité dissimulait en fait une profondeur déconcertante, et si son romantisme souriant et un peu niais rachetait l'absence cruelle de chaos dans la ville nouvelle bien lisse et ordonnée de Cergy-Pontoise. Nous, les fans, nous nous sommes un peu écharpés pour savoir si "l'Ami de mon Amie" était ou pas une autre réussite de Rohmer. Mais nous sommes nous aussi partis en vacances. Et nous sommes passés à autre chose, aux quatre saisons par exemple.

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14 janvier 2018

"Le Bonhomme de Neige" de Jo Nesbo : serial writer...

Le Bonhomme de Neige

"Le Bonhomme de Neige" est un excellent thriller basé sur une intrigue passionnante, avec des personnages hauts en couleurs et attachants (les bons comme les méchants), propulsé par un certain nombre de twists vigoureux, et bénéficiant d'une construction - avec flashbacks malins et impressionnants - et d'une narration particulièrement habiles. Bref, du nanan pour l'amateur standard de polars, et j'oserais dire, un peu le minimum syndical de la part d'un auteur aussi doué que Jo Nesbø. Les plus exigeants d'entre nous regretteront l'absence des tourments existentiels habituels à l'inspecteur Harry Hole, ici relativement équilibré malgré l'attaque de champignons particulièrement agressifs... mais surtout la relative transparence du contexte géographique / social / politique que Nesbø néglige et qui font que "le Bonhomme de Neige" revêt une certaine universalité passe-partout un peu fade (pas surprenant que Hollywood ait cru pouvoir l'adapter en film, avec le résultat désastreux que l'on sait, d'ailleurs ! )...

... non, j'ai plutôt envie de mentionner quelque chose qui m'a frappé en refermant ce livre, quelque chose qui est finalement rare dans les "séries", qu'elles soient littéraires, télévisuelles ou cinématographiques, c'est la capacité étonnante qu'a Nesbø de préparer et faire vivre ses intrigues à travers plusieurs ouvrages : on l'a déjà vu lorsque le conflit entre Hole et les policiers corrompus s'est étalé sur trois tomes en parallèle avec les intrigues principales, mais c'est encore bien plus fort ici puisqu'on pourrait penser que le thème du "Bonhomme de Neige" a été minutieusement préparé par Nesbø depuis quatre ou cinq volumes, ce qui rend son impact sur le lecteur fidèle des aventures de "Dirty Harry" encore plus profond. La question est donc de savoir si Nesbø a ainsi en permanence plusieurs coups d'avance sur ses lecteurs ou si, au contraire, il est capable de construire des énigmes parfaitement serrées et cohérentes à partir des fils assez lâches qu'il a laissé traîner dans ses livres précédents. Dans les deux cas, c'est impressionnant...

Et du coup, le dernier paragraphe du "Bonhomme de Neige" nous fait saliver à l'avance quant à ce que Nesbo pourra faire de son fascinant personnage de "désinfecteur" !

A suivre, donc, forcément...

 

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13 janvier 2018

"La Promesse de l'Aube" d'Eric Barbier : guacamole...

La promesse de l aube affichePour qui n'a pas (encore) lu le célèbre livre de Romain Gary, "la Promesse de l'Aube" est avant tout un film comme un autre, que l'on jugera sur son scénario, sa mise en scène, sa direction d'acteurs, son interprétation. De ce point de vue-là, sans donc être influencè par l'ombre gigantesque jetée par une œuvre phare de la littérature française, l'évaluation du film d'Eric Barbier est forcément nuancée : impossible de prétendre qu'il s'agit de "grand cinéma", tant le film oscille sans jamais convaincre entre des genres finalement assez archétypaux : de la chronique d'une enfance tourmentée en Pologne aux accents héroïques d'une aventure aérienne pendant la Seconde Guerre Mondiale, de la comédie vaguement burlesque à la tragédie en passant par le drame psychologique plutôt lourd, Barbier ratisse large, et abandonne rapidement et cohérence formelle et clarté de son discours. Pourtant, pourtant, impossible de nier que l'histoire qui nous est contée ici, même maladroitement, est passionnante, voire même parfois saisissante. Et impossible de nier que Charlotte Gainsbourg (choix discutable pour interpréter cette mythomane russe hystérique), pourtant souvent à côté de la plaque, et Pierre Niney, lui absolument impeccable, dégagent une furie émotionnelle incendiaire durant tout le film, et justifient pleinement de passer plus de deux heures devant ce "grand film" à demi raté. Pas sûr qu'on sorte de là avec l'envie de retourner voir un film de Barbier, mais on lira certainement, et d'urgence, le livre de Romain Gary.

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12 janvier 2018

"Il s'appelait Ptirou" de Verron et Sente : devoir de mémoire

Il s appelait PtirouJe suis d'habitude suffisamment critique vis à vis des adaptations du personnage de Spirou par des auteurs modernes pour ne pas célébrer avec enthousiasme les rares réussites dans un genre aussi difficile. "Il s'appelait Ptirou" est sans aucun doute la plus belle œuvre de la série depuis le formidable "Journal d'un Ingénu" d'Emile Bravo : s'il s'agit à nouveau ici de revenir aux sources d'un personnage mythique de la BD franco-belge du XXème siècle, Yves Sente et Laurent Verron ont préféré nous raconter la genèse du personnage du groom roux, qu'ils situent lors de la rencontre (imaginaire, on suppose) entre son créateur Rob-Vel et un petit mousse du paquebot transatlantique Ile-de-France. Et nous voici partis dans une belle et sombre "histoire de l'Oncle Paul" (encore une mise en abyme, joliment pertinente par ailleurs) qui nous raconte, à nous petits enfants émerveillés, une grande histoire d'amour, de lutte des classes, de maladie et de mort lors d'une traversée mouvementée. Le dessin et la mise en couleurs sont une réussite, mais c'est l'histoire, complexe, poignante, très "adulte" puisqu'elle finira en tragédie (qu'on dissimulera pudiquement aux yeux des enfants...), qui soulève ici un enthousiasme quasiment sans réserve : quasiment, parce qu'on sent une certaine précipitation a avancer dans un récit qui aurait bien mérité une trentaine de pages de plus pour se déployer en toute majesté. Voici en tout cas un splendide hommage à l'un des plus beaux héros de la Bande Dessinée, qui se double d'un émouvant travail de mémoire vis à vis du prolétariat de la première moitié du XXème siècle qui n'avait que le droit de servir les puissants, et ce jusqu'à la mort.

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11 janvier 2018

"Paddington 2" de Paul King : l'homme qui a vu l'ours...

Paddington 2 afficheJe dois l'avouer, j'ai beaucoup de mal avec le personnage de Paddington, dont l'épuisante gentillesse et l'inébranlable foi en l'humanité fait renaître en moi des élans képons que je croyais bien enfouis depuis mes 20 ans. Nonobstant l'abjection absolue que représente l'idée d'ingérer des tartines de marmelade, il y a dans ce "Paddington 2" une accumulation de fautes impardonnables qui devraient valoir au dénommé Paul King douze mois au moins de travaux d'intérêt général, comme le nettoyage à la brosse à dents électrique de la fosse aux ours du London Zoo : l'absence de scénario décent dans un film pour enfants est certes une caractéristique trop commune pour être encore relevée, ainsi que la lourdeur avec laquelle la moindre "idée" est assénée par une narration pourtant totalement incohérente, mais l'humiliation systématique de bons (Hugh Grant, Sally Hawkins), voire de grands (Brendan Gleeson) acteurs est un crime contre le Cinéma et l'amour que nous portons à ces acteurs. Et si la laideur colorée de l'image fait régulièrement monter le vomis dans la gorge du père de famille qui voit en un peu plus d'une heure tous ses efforts pour éduquer esthétiquement sa progéniture réduits à néant, que dire de la manière dont l'énergie multiculturelle londonienne est réduite ici à un consensus mou autour du vivre ensemble entre voisins séniles d'un quartier riche ? Et, finalement, ne peut-on pas attendre d'un film européen (il est vrai qu'Hollywood a déjà bien abusé du lieu...) un minimum de respect de la géographie sud-américaine et des centaines de kilomètres qui séparent le Pérou des chutes d'Iguaçu ?

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10 janvier 2018

"Borgen - Saison 1" de Adam Price : La Vie de Château

Borgen S1 jaquetteOn aborde forcément "Borgen" avec un niveau d'attente stratosphérique : entre notre passion pour "Forbrydelsen" et pour "The West Wing", il y a logiquement la place pour une nouvelle série favorite... La déception provoquée par les premiers épisodes s'avère du coup particulièrement sévère : il y a en effet quelque chose de furieusement simpliste dans le récit de l'accession au pouvoir d'un premier ministre femme , centriste, au Danemark, et la crédibilité de ces jeux de pouvoir en souffre. Au point qu'on a plutôt le sentiment d'assister à un téléfilm français de bas niveau qu'à la série scandinave inspirée par le modèle (indépassable certes) "sorkinien". Et puis, d'épisode en épisode, les scénaristes trouvent le ton juste, complexifient (légèrement) les dilemmes qui se posent à Birgitte Nyborg (Sidse Babett Knudsen, très jolie mais pas toujours très convaincante), et finissent par nous intéresser. Certes, ces histoires pas très originales de négociations entre partis alliés dans une fragile coalition, de services rendus et de bras de fer entre politiques et journalistes, et surtout - la grande faiblesse de cette première saison - d'impact sur la vie privée des protagonistes de leur travail et de sa médiatisation ne brillent ni par leur originalité ni par leur intelligence, mais "Borgen" nous embarque dans sa routine formatée d'une autre époque (un episode, une intrigue qui se résout à la fin...). Finalement, s'il y a un vrai problème de fond dans "Borgen", c'est que la série conforte la vision contemporaine de la Politique, dénuée de toute idéologie, de toute aspiration "supérieure", et réduite à la gestion technocratique des affaires courantes et surtout à des jeux machiavéliques (au sens premier du terme) indispensables à l'exercice du pouvoir.

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