Le journal de Pok

17 septembre 2014

Revoyons les classiques de la série TV : "The Sopranos - Saison 5"

Sopranos 5 jaquette

Plutôt mal reçue à l'époque de sa diffusion, la cinquième saison des "Soprano" avait paru marquer un palier, avant que David Chase retrouve le meilleur de son inspiration pour boucler son grand'oeuvre. 10 ans plus tard, on se demande bien pourquoi on avait pu être déçus, tant on reste ici dans la continuation de la quatrième et excellente saison : l'apparition d'un nouveau personnage, ambigu et donc passionnant, subtilement incarné par Steve Buscemi (jusque là uniquement réalisateur occasionel), bouleverse l'équilibre perpétuellement précaire de l'univers de Tony Soprano, empêtré dans ses affaires de "famille" (la sienne, et puis celle de la "Mafia") et de plus en plus solitaire, de plus en plus aux prises à ses bouffées de violence ou d'angoisse. Si la noirceur de ton, qui est devenue la marque de la série au fil des épisodes, au point de frôler le malaise métaphysique, n'est pas tenue de bout en bout, si certains épisodes - en particulier ceux tournant autour de la vie familiale et amoureuse de Tony - n'ont pas la même force, la dernière partie de la saison, lorsque tout s'envenime, se crispe, et lorsque les réflexes les plus durs, voire les plus ignobles ressurgissent, prouve que le pire - donc le meilleur pour le téléspectateur envoûté - est toujours certain.

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16 septembre 2014

"Neil Young - Journeys" de Jonathan Demme (2011) : un concert exceptionnel !

Journeys affiche

Lors de la sortie de "Le Noise", peu d'entre nous avaient vraiment écouté cet album solo et bruitiste, qu'il était tentant de considérer comme une autre de ces fantaisies inconséquentes dont le Loner a toujours été capable... Entendre pour la première fois une interprétation "live" de plusieurs titres de "Le Noise" nous oblige à réévaluer le travail de Neil Young à cette époque facilement négligée : mêlés à divers classiques ("Ohio", "Down By the River", "I Believe In You", etc.), tous réinterprétés au gré de l'humeur de Neil, tous "frais" comme s'ils avaient été composés hier, les titres de "Le  Noise" montrent que le talent du vieux cheval fou est resté intact, ou que, tout au moins, la rage qui l'habite est toujours là, lui permettant de transcender sans peine les outrages des ans... comme cette voix, qui peine et qui souffre, mais n'en est que plus bouleversante. Pour le reste, malheureusement, le travail de Jonathan Demme, à la réputation pourtant impeccable en la matière ("Stop Making Sense" bien entendu, mais aussi "Heart of Gold"), est très, très criticable : son petit voyage en Ford Crown Victoria 1956 à côté de Neil est des plus anecdotiques, voire inutilement complaisant, alors que son filmage du concert, insistant sur l'impact visible de l'âge sur le corps de Neil, ne sert guère la beauté saississante de la musique. Bref, un film assez médiocre qui nous montre tout de même un concert exceptionnel.

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15 septembre 2014

Séance de rattrapage : "Triple Alliance" de Nick Cassavetes

Triple-alliance-Affiche

On savait que Nick Cassavetes n'a jamais eu le talent de son père, ni même son désir de faire des films "hors système"... mais on ne s'était pas encore rendu compte de l'étendue de son incompétence "technique". "Triple Alliance" est une comédie totalement désastreuse sur un sujet sympathique (l'alliance de trois femmes trompées par le même homme, soit a priori un excellent thème pour une comédie), avec deux actrices dont on connaît l'abattage comique (Cameron Diaz et surtout l'excellente Leslie Mann) : c'est donc une sorte d'exploit de ne jamais arriver à nous faire rire (à peine sourire), et même de nous ennuyer au point que les dernières 45 minutes du film deviennent un calvaire sans nom. Car Cassavetes n'a aucun sens du rythme - ce qui est mortel dans une comédie, on le sait - et, pire, n'arrive pas à diriger ses actrices qui, en roue libre, en arrivent même à se ridiculiser, ce qui, on l'avouera, est une hérésie par rapport au sujet du film. La seule chose qui puisse nous aider à passer le temps est de réfléchir au destin tragique des actrices hollywoodiennes si rapidement mises sur la touche par de plus jeunes, lorsqu'on voit Cameron Diaz reluquer avec envie - et jalousie - Kate Upton qui la substitue, dans le film comme dans la vie réelle : et si Nick Cassavetes avait voulu ici réaliser son propre "Sils Maria" ? Non, je plaisante...

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14 septembre 2014

"Lost in the Dream" de The War On Drugs : Shut Up and Drive !

The-War-On-Drugs-Lost-In-The-Dream

Liquidons tout de suite les sujets qui fâchent : pour aimer vraiment ce "Lost In The Dream", il faut sans doute n'avoir jamais entendu ni Bob Dylan ni Bruce Springsteen. Éviter de qualifier The War on Drugs de Dire Straits alternatif. Ne pas comparer la voix de Adam Granduciel avec celle de Stephan Eicher... Il faut oublier toutes ces références qui empoisonnent tant de disques de nos jours, et glisser ce CD dans le lecteur de la voiture, vider son esprit et essayer de rouler une bonne partie de la nuit à vitesse moyenne sur des échangeurs illuminés par des néons orange, en attendant une pluie qui ne viendra pas (si l'orage éclate, je recommande toujours de passer aux "Riders On the Storm" des Doors, imbattable !). Il faut revenir à une manière plus simple d'écouter notre vieille musique usée par les années (le Rock a 60 ans, déjà !), pour le pur plaisir des sensations les plus élémentaires, que ce disque qui n'a peur de rien, et surtout pas du ridicule,  illustre parfaitement. Engourdissement lié au sommeil, dérive dans des rêves soyeux, sourdes montées d'angoisse, puis relâchement progressif des nerfs. Et on repart pour une cavalcade presque héroïque qui donne envie d'enfoncer la pédale d'accélérateur. Et les vieux réflexes reviennent. Comme en 1974... au hasard. Born to Run ? Pitié,  pitié, soyons tous amnésiques ce soir, le temps d'un disque. Nous l'avons bien mérité, non ? Shut Up and Drive !

 

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13 septembre 2014

Et maintenant, la BD originale : "The Walking Dead - 6 : This Sorrowful Life"

Walking Dead T6

Sans doute faut-il que l'intrigue du comic book soit le plus distante possible de celle de la série TV (que j'ai malheureusement vue avant de lire les livres) pour que l'esprit puisse se libérer de l'épuisant jeu des comparaisons, et que l'on puisse mieux savourer l'oeuvre de Kirkman et Adlard... Ce sixième tome de la saga "Walking Dead" m'a semblé du coup l'un des plus intéressants à date, grâce à deux moments-clé (pas vraiment présents dans la série TV, ou du moins bien différents) vraiment forts : d'abord cette "fameuse" scène où Michonne torture le Governor de manière pour le moins extrême, et ensuite l'exécution du "traître" Rodriguez... Deux moments où les héros de la série sont clairement "au delà" des limites généralement admises, et donc deviennent réellement intéressants, et ce d'autant plus que leurs actes questionnent l'humanité du lecteur, qui doit se positionner moralement (ou pas) par rapport à ces excès. On espère donc que la saga continuera dans cette direction passionnante, qui exploite (enfin) pleinement le potentiel du thème fondamental de "Walking Dead", la disparition - ou pas - de ce qui fait notre humanité face à la situation la plus extrême qui soit, l'anéantissement de l'organisation sociale. 

PS: Rien de neuf toujours par contre du côté graphique,  le point faible du comic.

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12 septembre 2014

"Les Terriens" de Têtes Raides : des guitares !

Les Terriens

Se fatiguerait-on des Têtes Raides, après tant d'années d'excellence ? En tout cas, Christian Olivier était sans doute fatigué,  lui, de la (superbe) formule "anarchie + accordéon" - qui nous a encore donné, il y a un an, le puissant "Corps de Mots". Pour "les Terriens", c'est décidé, ce sera plus direct,  plus pop, plus "consumer friendly", avec des guitares électriques en avant, et même du rockabilly gras du bide. Et forcément,  même si les Têtes Raides d'hier commençaient à tourner en rond, on ouvre de grands yeux et on fait un peu la gueule devant ce nouveau genre qui ne craint plus l'évidence, pour ne pas dire la banalité. Et, forcément,  là où on accroche le plus, c'est quand l'accordéon repointe son nez, quand les vieilles habitudes du "surréalisme poétique" d'hier ressurgissent au détour d'une valse lente qui nous emballe à nouveau, comme au tout premier jour. On se rend compte au fil des écoutes qu'on les aime encore, ces Têtes Raides qui nous baladent encore là où elles veulent, que ce soit sur le fil du rasoir ou au milieu de la route. 

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11 septembre 2014

"Les Combattants" de Thomas Cailley : Se battre !

Les Combattants affiche

Toute la première partie des "Combattants" a ceci de remarquable qu'elle nous plonge dans un ravissement et une excitation que peu de comédies, françaises ou autres, ont récemment réussi à créer en nous : deux beaux personnages à la singularité profonde, qui ne doivent rien aux habituels stéréotypes du genre, et la construction d'une histoire d'amour à partir d'une histoire de fascination, le tout au sein d'un portrait doux dingue - mais finalement assez réaliste - de la France telle qu'elle est en 2013, voilà de quoi redonner foi en la validité du cinéma comme portrait d'un pays, d'une génération, d'une époque... Une époque où l'inquiétude, voire la paranoïa, règnent (comme à la télé, oui), sans qu'il y ait pour autant de quoi en faire un drame : se battre, même si c'est contre des moulins à vent, ou contre soi même, est une belle forme d'existence, voilà ce que nous dit Thomas Cailley. Il est alors bien dommage que le film ait un coup de barre sévère à partir du moment où nos deux héros partent en stage commando : l'humour sonne alors moins juste, ou en tous cas plus convenu, et la relation entre nos deux "amoureux" se trivialise un peu, ce qui fait que quand Cailley finit par nous balancer son coup de force scénaristique, justification paradoxale des obsessions de notre héroïne, on est déjà "démobilisés". Conclusion un peu légère également que ce renouvellement final du pacte de croyance entre Madeleine et Arnaud, qui donne le sentiment que l'on a fait du surplace pendant 1h40. Bref, malgré l'énergie du film et de ses deux beaux interprètes, on passe juste à côté du grand film espéré. 

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10 septembre 2014

L'Osaka, restaurant de cuisine nikkei à São Paulo

osaka_restaurant

Fan de la cuisine Nikkei, ce mélange savant et savoureux entre gastronomie japonaise et tradition péruvienne, je suis allé à l'Osaka en espérant y trouver certains plats exceptionnels dégustés au Pérou ou au Chili, sans en connaître le nom. Impossible malheureusement de m'y reconnaître dans le très riche menu de ce restaurant paulistano réputé (mais à la renommée faiblissante, il faut bien l'admettre...), il ne nous restait plus qu'à suivre les conseils éclairés du garçon : dégustation de ceviches (plutôt bien, même si c'est loin d'être les meilleurs que j'aie jamais mangés, avec les morceaux de poisson trop petits et pas toujours abondants), puis deux plats délicieux de saumon et de thon en lamelles (la fameuse sauce Osaka mérite sa réputation), avant un assortiment de fruits de mer sautés qui, comme toujours au Brésil, souffre de la relative fadeur de ces derniers. Cadre luxueux et superbe malgré une obscurité un peu exagérée, service attentionné et efficace, bonne carte des vins, prix élevés au final, même si on s'y attendait forcément (comptez R$150 par personne). Pas tout à fait le nirvana espéré, mais une bonne adresse pour les amoureux de la mer et des saveurs sophistiquées.

Rua Amauri, 234 - Itaim BibiSão Paulo - Tel: +551130730234

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09 septembre 2014

"Sils Maria" d'Olivier Assayas : Histoires d'Actrices...

Sils Maria Affiche

Qui se souvient de l'apparition de Juliette Binoche dans "Rendez-Vous", écrit par le même Assayas qui réalise, 30 ans plus tard, ce "Sils Maria" faisant affronter à la même Binoche les outrages des ans, se sentira forcément englouti par la tristesse, voire l'amertume qui suinte du film, et en particulier de son épilogue qui sonne comme la condamnation définitive de notre époque. De là à dire que "Sils Maria", avec sa critique d'Internet et sa musique classique qui semble avoir balayé la culture Rock d'Assayas, est un film de vieux con, il n'y a qu'un pas... que nous empêche de franchir le rôle et l'interprétation de Kristen Stewart, au moins aussi épatante ici que Binoche l'était à ses débuts. Bien entendu, l'intelligence aiguë d'Assayas, c'est d'avoir construit son film en interpénétrant d'une manière inextricable la réalité et la fiction (ce qu'on sait de Stewart, ici reporté sur le personnage de Moretz), et d'avoir mis un double tour de vis en faisant répéter à ses actrices une pièce de théâtre faisant écho à leur situation réelle : soit un jeu diabolique, assez jouissif, qui fait que l'on ne décroche jamais du film, malgré la prétention indiscutable de ces "histoires d'actrices". S'il y a ici un défaut majeur, c'est en fait la faiblesse de cette pièce de théâtre qui en est le sujet central : un texte ridicule auquel on a du mal à croire, et c'est bien dommage. S'il y a une force qui sauve "Sils Maria", ce sont les intuitions brillantes d'Assayas, comme la remarquable disparition d'un personnage, hommage possible à Antonioni, mais aussi solution indiscutable à l'équation posée par le film.

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08 septembre 2014

"Poussière Tu Seras" de Sam Millar : le fantôme d'un grand polar...

Poussière Tu Seras

Il y a dans "Poussière tu Seras" tous les éléments d'un grand polar, ou plutôt "Poussière tu Seras" est le fantôme d'un grand polar. Avec un sujet fort - l'impact sur une ville irlandaise, deux décennies plus tard, de l'horreur vécue par des enfants dans un orphelinat abandonné par la bonne société et la justice -, des personnages profonds et complexes - je pense à la magnifique description de la relation sadomasochiste au sein du couple de meurtriers -, et surtout une atmosphère originale que devrait lui envier la majorité des thrillers américains qui recyclent depuis longtemps les idées de quelques pionniers, dans la littérature comme au cinéma. Il y a en plus un vrai style d'écriture, direct, urgent, mais jamais simpliste. Pourtant, quelque chose manque, on a l'impression de passer à côté de tout un tas de choses capitales que Millar n'a pas pris la peine de nous conter. Ce n'est pas seulement une incroyable ellipse au milieu du livre - stylistiquement impeccable mais narrativement maladroite - qui nous prive d'une scène émotionnellement importante, mais aussi la manière dont Millar court circuite l'enquête de son personnage principal, lui permet l'accès à la solution de l'énigme complexe qu'il affronte sans aucun effort. Comme si tout cela allait de soi, alors que justement, le sujet de "Poussière tu seras" est beau parcequ'il échappe aux lieux communs... Finalement, c'est comme si Millar était pressé d'en arriver à la fin de son histoire, et n'avait plu l'énergie nécessaire pour affronter toutes les circonvolutions qu'il avait prévues au départ. Certes, cela nous change des auteurs qui "tirent" à la ligne, mais ça reste diablement frustrant !

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