Le journal de Pok

23 mars 2017

"Little Fictions" de Elbow : petites frictions...

Little_FictionsAprès la terrible déception qu'avait constitué l'écoute de l'ultra plat "The Take of...", peut-on affirmer que Elbow est réellement sorti du marasme créatif dans lequel l'un des groupes les plus singuliers de ce début de siècle semblait enlisé ? "Little Fictions" n'apporte malheureusement pas de réponse claire : si l'album commence joliment avec un "Magnificent (she says)" au fort pouvoir émotionnel, puis avec quelques morceaux conjuguant intelligemment atmosphère flottante et percussions obsédantes, Guy Garvey et sa bande ont à nouveau du mal à maintenir notre attention éveillée jusqu'au bout d'un album soit trop long, soit trop uniforme. L'ambitieux morceau justement intitulé "Little Fictions" propose certes une tentative réussie de faire du prog rock sans sombrer dans la virtuosité, le pompier ou le maniérisme, mais notre sensibilité s'est émoussée au fil d'essais assez répétitifs de déclencher les mêmes réactions en nous. Bref, Elbow reste un groupe "qui cherche", c'est juste qu'il semble "trouver" beaucoup moins qu'à sa grande époque. Il faudrait maintenant aller voir sur scène si l'alchimie miraculeuse réalisée par Guy Garvey fonctionne encore, ou si la panne d'inspiration de Elbow est désormais certifiée.

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22 mars 2017

Revoyons les classiques de la SF : "eXistenZ" de David Cronenberg (1999)

existenzAlors qu'on est bien forcés d'admettre que David Cronenberg, en virant "mainstream", n'est plus un metteur aussi intéressant qu'il le fut dans toute la première partie de sa carrière - la plus scandaleuse et la plus féconde - revoir "eXistenZ", qui fut un peu sous-estimé à sa sortie, est à nouveau un sacré direct au foie. Voici un film qui est peut-être encore plus pertinent aujourd'hui qu'il y a 20 ans, tant les interrogations sur les dangers (politiques, mentaux) du développement des univers virtuels sont devenues cruciales. Bien sûr, "eXistenZ" n'est pas un chef d'œuvre, car on s'égare un peu - et ce, non sans délices - dans les méandres de son scénario multipliant les twists : du coup, le film perd pas mal de son impact initial au fur et à mesure qu'il progresse. Cronenberg a toutefois le grand mérite ici de nous proposer une alternative conceptuelle aux habituels scénarios SF à la "Matrix", tant il se gausse élégamment de la différence entre réel et virtuel. Dans ses meilleurs moments, "eXistenZ" peut donner l'illusion d'un film presque interactif, d'une expérience où le spectateur ne peut que s'identifier aux deux personnages égarés, et cesse d'être passif pour chercher avec eux la solution (mais quelle solution ? On sait bien qu'il n'y en a jamais chez Cronenberg…). Pour finir, pointons une évidence, mais l'une des facettes du film qui l'élève au dessus du simple "genre", aussi intelligent soit-il : la vision cronenbergienne d'une sexualité anale, "sale" et dangereuse, aussi jouissive que vaguement répugnante, couplée aux hauts-le-cœur provoqués par l'ingestion de batraciens graisseux, offre au spectateur des instants pour le moins radicaux.

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21 mars 2017

Célébrons éternellement le génie d'Hergé : "Tintin T12 - le Trésor de Rackham le Rouge"

Le trésor de RLROh, qu'il est bizarre, ce "Trésor de Rackham le Rouge" ! Le premier Tintin sans aucun méchant, sans course poursuite, sans en fait tout ce qui faisait l'essence de l’œuvre de Hergé jusque là. On pourra justifier ce pas de côté, un peu déstabilisant pour le fidèle lecteur, par l'ambiance anxiogène de l'époque (les Allemands enregistraient leurs premières défaites et l'occupation se crispait ; Hergé lui-même avait trop facilement travaillé dans des journaux de "collabos" pour ne pas craindre pour son avenir...), ou bien au contraire, positivement, par une formidable intuition, qui allait révolutionner "les Aventures de Tintin" : Tintin n'allait plus être seul, il se formerait autour de lui une "famille recomposée", et il aurait même une "maison", ce mini-Cheverny du Plat Pays appelé le Château de Moulinsart. Et tout serait différent, pour toujours. L'apparition sublime du Professeur Tournesol, grand sujet du "Trésor de Rackham le Rouge", la cristallisation géniale du langage du Capitaine Haddock dont l'alcoolisme deviendrait un tantinet moins gênant, la transformation des Dupondt en side kicks burlesques, tout cela relevait du pur génie, on s'en rendrait compte dans les albums suivants. Ici, on rit beaucoup (pour oublier la guerre et le malheur ?), comme on riait chez Chaplin : on rit des chutes, des gaffes, des maladresses, comme dans un retour inespéré de la magie du cinéma muet au sein de l'Art de la BD. Oui, "le Trésor de Rackham le Rouge" est un livre qui distrait, non, qui rend heureux. Qui donne aussi envie de plonger, d'explorer la mer, de se battre contre des requins à coup de bouteilles de rhum. D'ailleurs, quand j'ai été "grand", le premier sport qu'il m'est venu à l'esprit de faire de moi-même fut la plongée sous-marine... comme quoi ! Tiens, ce Tintin-là me fait penser au merveilleux film de Wes Anderson, "la Vie Aquatique" : même équipe de bras cassés, qui peuvent quand même devenir efficaces par miracle, même quête inutile qui ne mènera à rien, sinon à la construction d'une famille. Et même conclusion "merveilleuse", la récompense de toute cette souffrance étant la certitude qu'on a gagné un chez soi. Oui, Wes Anderson a lu Tintin, et je crois bien qu'il l'a mieux compris que l'ami Spielberg !

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20 mars 2017

"Baby Boss" de Tom McGrath : Baby Pixar

Baby Boss afficheS'il y avait une chose que je n'attendais pas des studios Dreamworks, c'est bien un film qui aille rivaliser avec les classiques Pixar sur leur propre terrain, c'est-à-dire celui des films "à fort concept", et qui en plus s'en sorte aussi bien (même s'il reste encore pas mal de scories sous-forme d'humour référentiel soi-disant à destination des parents, qui est la plus grande tare du studio - on appréciera même le clin d’œil à l'intro du premier Indiana Jones, matinée d'une référence au "Mission : Impossible" de De Palma...). Et pourtant, dès les premières scènes, vraiment épatantes d'inventivité et de profondeur, on sent que "Baby Boss" cherche à jouer dans la cour des grands : à partir d'un scénario aussi absurde que habile, il s'agit ici de modéliser les conflits familiaux traditionnels liés à la venue d'un bébé (ou à l'adoption d'un chiot, en fait...) et de les confronter aux codes du monde du business, pour finalement renvoyer dos à dos des comportements "standardisés", dont on aura bien ri. Bien sûr, on est dans un film américain, donc il s'agit de faire l'éloge de la "vraie émotion", de "l'amour qui est infini et peut donc être partagé", et toutes ces niaiseries qui viennent gâcher les 10 dernières minutes du film... Sauf qu'un dernier plan montrant l'oncle capitaliste distribuant les billets verts prouve qu'on n'est pas complètement dupe d'un happy end codifié. Voici donc une petite réussite réjouissante, qui fait également le pari de la simplification graphique, et d'un univers fantasmagorique plus proche du dessin animé traditionnel, et refuse donc de participer à "la course à la technologie" pour faire office de production modeste. Oui, un Dreamworks intelligent : tout arrive !

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19 mars 2017

Elliott Murphy au New Morning le samedi 18 mars

2017 03 18 Elliott Murphy New Morning (23)Il ne faut pas avoir peur de le répéter pour ceux qui, une fois encore, n’étaient pas là avec nous au New Morning, et ont donc manqué deux heures quarante (une fois de plus) de très haute volée : autour d’Elliott, d’Olivier et de leurs musiciens, on retrouve à chaque fois une petite famille (bon, pas si petite que ça, la famille). Avec excitation, avec joie – et un peu de peine cette fois -, on vient de Barcelone, de Bruxelles, de Suède, du Mexique, de New York et de Rouen bien entendu pour témoigner avec Elliott que le Rock’n’Roll ne mourra jamais… même si la liste des disparus s’allonge chaque année.

« Naked telephone poles can't describe / The way I'm feeling about you tonight ».

Il est 21h20, et Elliott et Olivier attaquent la soirée en duo, avec une version dépouillée de Last of the Rock Stars. Elliott a mis une belle veste rouge par-dessus son habituelle tenue noir et blanc, malgré la chaleur. Olivier est certes un peu moins svelte qu’il y a quelques années, mais il reste le meilleur guitariste jamais né en France (et dans pas mal d’autres pays) : comme le dira Elliott, dans son français qui s’améliore mais reste difficile (« pas encore l’accent parisien », non, Elliott !), « Olivier Durand + Elliott Murphy, c’est la meilleure collaboration jamais vue entre la France et les Etats Unis »…

Un joli hommage à Dylan et son prix Nobel, et deux classiques magnifiques enchaînés à la suite pour notre plus grand plaisir, avec l’apport non négligeable du violon de l’Australienne Melissa Cox : You Never Know What You’re In For et le bouleversant On Elvis Presley’s Birthday, que nous dédions tous silencieusement à nos pères disparus, et qui nous manquent.

« This Is an unreal city / You can be anybody / When you’re alone »

2017 03 18 Elliott Murphy New Morning (64)Premier grand frisson de la soirée. Elliott et Olivier quittent la scène… et nous laissent patienter une petite demi-heure avant de revenir avec quatre autres musiciens : outre le fidèle Alain à la batterie, le fiston Gaspard semble être devenu un membre à part entière de la bande (il tient une étrange basse à 6 cordes avec laquelle il remplace l’ami Laurent), Melissa Cox au violon et un organiste virtuose qui vient étoffer le son du groupe, et qui a un look early-Bad Seeds des plus sympathiques. Bref, moi qui me suis plaint occasionnellement du son trop acoustique de Murphy, ces dernières années, le voici de nouveau avec un groupe qui peut rendre hommage au son original des classiques des années 70… et le prouve d’emblée avec une version puissante de A Touch of Mercy :

« I was walking down Main Street just the other day / Thinking about Brian Jones and the final getaway »

Elliott vient de publier un nouvel album, "Prodigal Son", et nous en offrira cinq extraits, tous assez bluffants, qui montrent que, à la différence de bien de ses pairs, Elliott n’a rien perdu de son inspiration. On remarquera particulièrement l’énergie de Alone in my Chair et la mélodie accrocheuse de Hey Little Sister (… comme si composer des mélodies accrocheuses faisait encore du sens en 2017 ! Merci, Elliott…). Joli moment aussi avec Let Me In, dédié à sa femme Françoise :

« You know you’ll always be my beauty and I’m your anxious man / And those wrinkles rond your eyes there / Make me love you more… »

2017 03 18 Elliott Murphy New Morning (71)Nous sommes entrés dans la phase de conclusion "feel good" du set principal, avec un jubilatoire A Touch of Kindness, hit en Belgique (« enfin dans l’Ouest de la Belgique… »), le fantastique And General Robert E. Lee, qui gagne clairement en importance au fil des années, et… enfin, ce que j’attends depuis des années, une version de Diamond By The Yards fidèle à l’originale de "Night Lights", où piano et violon font des merveilles :

« Midnight I surrender / I live beneath your ancient spell / You've been my lover since I can't remember / You save my life with the stories you tell… »

Je suis extatique… et en face, un copain photographe me mitraille. Immortalisé dans une phase de romantisme nostalgique suraigu !

Le set se termine avec l’inévitable medley Last of the Rock Stars / Shout : le rituel.

Le rappel débute avec l’immortel riff de basse de Walk on the Wild Side, dont Elliott livre une belle version dépouillée, et sur lequel il évoque avec son humour toujours impeccable sa dernière rencontre avec Lou Reed, au Plazza Athénée à Paris : « Some things do work out… » aura été le commentaire de l’ours new-yorkais, en découvrant la nouvelle vie d’Elliott en France et en Europe. Il est alors temps de conclure ce concert, plutôt composé de titres moins connus et de nouvelles chansons, par l’impeccable carré d’as de "Just a Story from America » : Drive All Night, Anastasia, Just a Story from America et Rock Ballad.

Alors qu’on pense tous à plier les gaules – minuit a sonné depuis longtemps -, Françoise monte sur scène et souffle quelques mots à l’oreille de son mari, qui reste stupéfait. « Chuck Berry is dead ! ». Bon dieu, la faucheuse continue son très sale boulot. Rien d’autre à faire désormais que de continuer à célébrer le rock’n’roll : ce sera Roll Over Beethoven (avec une petite tentative de Johnny B. Goode par Gaspard, qui ne semble pas trop maîtriser les paroles…).

Voilà, il est minuit vingt, et les lumières de la nuit, eh bien, elles nous tiennent encore chaud, quarante et un ans plus tard. Elliott vient de fêter avec nous ses 68 ans, et c’est désormais sûr : Rock’n’roll will never die…

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18 mars 2017

Revisitons le cinéma pervers de Polanski : "Le Couteau dans l'Eau" (1962)

Le_Couteau_dans_l_eau afficheRoman Polanski est certes un personnage discutable, mais c'est indiscutablement l'un des grands metteurs en scène de la fin du XXème siècle, à la tête d'une filmographie certes irrégulière, mais toujours passionnante. Se pencher sur les premiers films de Polanski est donc incontournable pour tout cinéphile qui se respecte, et "le Couteau dans l'Eau", bien que co-signé par le génial Jerzy Skolimowski; sera forcément jugé à l'aune de l’œuvre qui suivra. Premier film remarqué à l'époque de sa sortie, alors que le "cinéma moderne" était en pleine éclosion à travers l'Europe, il s'agit toutefois d'une oeuvre maladroite, et relativement frustrante : si le travail formel est absolument remarquable, la plupart des plans étant absolument magnifiques, et témoigne de l'aspect "exercice de style" d'un jeune homme qui sortait juste - me semble-t-il - d'une École de Cinéma, le propos du "Couteau dans l'Eau" témoigne d'une confusion qui empêche vite l'adhésion du spectateur. Car finalement, sommes-nous devant une critique sociale, qui pointe la déliquescence morale d'une société polonaise où les rapports entre individus sont uniquement des rapports de force ? Ou devant un jeu pervers d'un couple fatigué s'amusant à se faire peur en invitant un tiers au milieu de leurs ébats et de leurs conflits ? D'un thriller avorté (le fameux "couteau" du titre, promesse non tenue de violence) ? D'un conte moral faisant écho au travail d'un Rohmer en France ? Un peu de tout cela à la fois sans doute, et c'est bien là le problème... Du coup, malgré la virtuosité de Polanski, on s'ennuie un peu devant ces péripéties qui ne mènent pas à grand chose, jusqu'à une conclusion certes symbolique (le film s'arrête devant une décision non prise, une voiture arrêtée à un carrefour devant un panneau indicateur), mais témoignant surtout de l'indécision de Polanski et de Skolimowki, plus que d'une véritable ambigüité fertile.

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17 mars 2017

Le futur du Cinéma est Asie : "My Sassy Girl" de Kwak Jae-Young (2001)

My_Sassy_Girl_PosterLe goût pour le comique d'Extrême-Orient est vraiment ce que les anglophones qualifient de "acquired taste" (pas quelque chose de "naturel" pour l'Occidental moyen comme moi...). Bien que nourri au cinéma de Hong-Kong, Chine, Japon ou Corée depuis 25 ans environ, j'avoue avoir toujours beaucoup de mal quand on veut me faire rire avec une fille ivre qui vomit sur la perruque d'un type dans le métro, ou bien avec un jeune homme qui découvre que sa conquête d'un soir utilise un urinoir à côté de lui au restaurant. Bref, les tentatives comiques de "My Sassy Girl" m'ont laissé de marbre, voire légèrement consterné... sans même parler de l'air ahuri assez systématiquement arboré par un Cha Tae-Hyun peinant à nous faire comprendre le pourquoi de sa résilience masochiste. Si "My Sassy Girl" fait quand même le taff, c'est avant tout grâce au charme fou de Jun Ji-Hyun, qui fait, elle au contraire, passer comme une lettre à la poste les petites cruautés absurdes d'une jeune fille blessée par la vie. Mais, si le film est beaucoup trop long et teste notre patience, si le travail de Kwak Jae-Young à la mise en scène est parfois maladroit (... mais aussi inspiré à d'autres moments), c'est quand "My Sassy Girl" abandonne la romcom ado gentillette pour prendre un virage mélodramatique à la limite du fantastique, dans sa dernière partie, qu'il nous passionne : le savoir-faire coréen en matière de mélange des genres reste inégalé, et nous sortons de "My Sassy Girl" charmés par son originalité et son culot, et prêts à lui pardonner ses grossièretés et son sucre.

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16 mars 2017

"Transparent - Saison 2" de Jill Soloway : Une rupture et une évolution

Transparent 2 afficheLa seconde saison de notre série préférée marque à la fois une rupture et une évolution ambitieuse par rapport aux brillants débuts de "Transparent". Car il s'agit cette fois de contempler l'impact du coming out de Mort / Maura sur la vie sexuelle et amoureuse de ses proches, qui semblent tous entraînés dans une sorte de frénésie émotionnelle, qui les amènera à explorer leurs fantasmes pour mieux affronter leurs fêlures : en empilant les expériences, en célébrant ce que nombre de téléspectateurs considéreront peut-être parfois comme des "déviances", "Transparent" s'aventure hors de son territoire original de l'hypersensibilité et prend le risque de l'accumulation que l'on pourra juger forcée. Mais ce qui passionne cette fois, c'est la description sans complaisance (souvent très drôle), et pourtant très empathique, des mouvements LGBT ou féministes actuels tournant autour du questionnement du genre. En construisant un flashback étonnant - et très vite bouleversant - sur les origines familiales dans l'Allemagne nazie, Jill Soloway ajoute une perspective historique, mais également psychanalytique et symbolique, stimulante à ce qui pourrait passer autrement soit pour une simple chronique familiale déjantée, soit pour un pamphlet provocateur un peu branché. Et il y a toujours bien sûr ces pics miraculeux d'émotion qui élèvent la série au dessus de toute la concurrence.

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15 mars 2017

"The Paris Concerts : Eldorado 1981 (Like Boats Against The Current)" d'Elliott Murphy : flashback...

Elliott Murphy Eldorado 1981Qu'il est sympathique de tomber ainsi par hasard sur une enregistrement intégral d'un (beau) concert auquel on a soi-même assisté, il y a... 35 ans ! Bon, ce "The Paris Concerts : Eldorado 1981", faisant partie des "archives" (un peu confidentielles, mais quand même) du grand et trop méconnu Elliott Murphy, n'est pas publié sous forme physique, malheureusement, mais il a le mérite d'exister sous forme digitale, pour le plus grand plaisir des fans du troubadour new-yorkais exilé à Paris... Si le son en est un peu rudimentaire, le rendu "acide" de la voix et de la guitare acoustique d'Elliott ne trahit finalement pas le sentiment que j'avais eu à l'époque d'un set aussi fragile, un peu amateur que furieusement passionné, qui avait vu Elliott emporter le morceau dans un Eldorado bien rempli, à la force de sa conviction et de sa générosité. Flashback, donc : en 1981, Murphy se relevait d'avoir été proprement largué par sa maison de disques, faute d'avoir atteint les scores commerciaux qui étaient attendus de son talent mélodique (la plupart des morceaux ici sont à tomber par terre !) et de son charisme "fitzgeraldien" : il entamait une traversée du désert qu'il devait imaginer bien courte, mais dont il ne sortirait finalement jamais. L'ex-baladin électrique qui avait fait la une des journaux suscitait encore une indéniable curiosité, et ce qui passait alors pour un "exercice acoustique" allait avec le temps s'avérer la norme, devant un public qui allait devenir de moins en moins nombreux, mais aussi de plus en plus fidèle et passionné. Ce qui est évidemment remarquable ici, c'est l'intensité ludique avec laquelle Murph' investit ses chansons, et les transforme en une offrande frémissante à son public : du coup, le set s'apparente vite à un tour enivrant sur les montagnes russes, chaque virage serré, chaque montée de tension et chaque descente éperdue produisant son lot de sensation fortes. Le tout déjà à l'époque épicé d'une dose d'humour et de sympathie qui annihilent la traditionnelle distance entre l'artiste et son public... 35 ans plus tard, on sait qu'Elliott gagnera de l'assurance et de la profondeur sur scène, que sa voix embellira avec l'âge qui lui conférera une profondeur qui n'existait pas encore en 1981, et que le plaisir que nous ressentions alors devant ces chansons aux mélodies enchantées et aux mots inspirés (rappelons que Murphy fut, et reste encore, un très bel écrivain) n'était pas près de s'effacer.

Note : ma chronique de ce concert : http://www.uneviedeconcerts.com/archives/2009/12/18/16240627.html

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14 mars 2017

"Meurtre dans un Jardin Français" de Zidrou et Van Liemt : Dressed to Kill

Meurtres dans un Jardin FrançaisDémarré sur les chapeaux de roue avec un "R.I.P. Ric" original et de belle facture, le reboot de Ric Hochet déçoit malheureusement dès son deuxième tome, cette fois du fait d'une intrigue manquant furieusement de dynamisme malgré des prémisses sympathiques (la baiser qui tue, le Jardin du Luxembourg en hiver, l'ambiance mai-soixante-huitarde qui va bien...). Oui, le récit se traîne mortellement au fil de péripéties qui n'en sont pas, avec un Ric Hochet qui ne fait pas grand chose, pour déboucher sur une révélation du coupable qui ne surprendra personne et arrivera sans aucun suspense digne de ce nom. On s'ennuie, on compte les invraisemblances, on s'ennuie encore, et ce d'autant que le dessin de Van Liemt est sévèrement bâclé, frôlant même le catastrophique lors de la scène de poursuite automobile (l'ami Tibet au trait si élégant doit se retourner dans sa tombe...). Ce n'est qu'in extremis que Zidrou rattrape (partiellement) le coup en inscrivant son intrigue farfelue dans un cadre historique et politique plus que notable (les essais nucléaires effectués par la France dans le Sahara algérien...). Comme dans la premier tome, cette connotation réaliste est certainement la meilleure idée du reboot, et on espère que Zidrou poursuivra dans cette direction (et ce d'autant que "Meurtres dans un Jardin Français" laisse suspendue l'une de ses fictions, avec le curieux personnage du Nyctalope, dont on espère entendre parler à nouveau au prochain tome...). Mais par contre, et encore une fois : s'il vous plaît, changez de dessinateur !

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