Le journal de Pok

26 mai 2012

Avis aux mélomanes : les Nits seront à Paris le 29 Novembre 2012 au Café de la Danse

Nits_MalpensaDepuis 1974, nos amis hollandais des Nits (d'abord The Nits, puis Nits tout court...) nous enchantent avec des albums à la fois inspirés mélodiquement et très impressionnants formellement, mais surtout avec des concerts auxquels on ne peut qu'associer le mot (un peu facile, mais bon...) de "magique". Voir les Nits sur scène, c'est toucher du doigt pendant une paire d'heures le bonheur absolu, celui que la meilleure musique fait naître dans le coeur des hommes (et des femmes !). Depuis 1974, les années ont passé, les corps ont vieilli, les visages se sont ridés, mais quelque chose de la pureté originelle du groupe est demeuré, sans doute grâce au mélange d'ambition musicale démesurée et de modeste générosité de Henk et ses potes. Bien sûr, il y a eu des tournées plus impressionnantes, plus marquantes que d'autres - celles qui ont suivi "In the Dutch Mountains" et "Ting" sont les deux qui m'ont le pls marqué, personnellement -, et nul ne saurait dire comment le dernier album, "Malpensa" - qui personnellement m'a déçu, mais ce n'est pas grave - influencera le set : place à l'imagination, place à la musique, place aux Nits, de toute manière. J'espère que vous serez au Café de la Danse le 29 Novembre prochain, je ne pourrai pas y être, mais vous me raconterez !

Posté par Excessif à 07:52 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , ,


25 mai 2012

"Weeds - Saison 6" : il y a quelque chose qui a profondément changé dans "Weeds"

Weeds_6Sans doute conscients de l'impasse dans laquelle la cinquième saison de "Weeds" - et sa noirceur - avait engagé cette grande série politico-farfelue, les scénaristes remettent une seconde fois les compteurs à zéro dans cette sixième saison, jetant la famille Botwin sur les routes américaines, et faisant un peu feu de tout bois quand il s'agit de confronter nos délinquants à l'Amérique profonde la plus réactionnaire : le résultat est souvent très drôle, les messages politiques "de gauche" de la série sont assénés avec une force contondante (qui peut quand même à l'occasion manquer de finesse, c'est certain...), et on ne peut pas dire qu'on s'ennuie un instant. Reste que ce parti pris de "road movie", d'errance, donne régulièrement l'impression qu'il n'y a plus guère de fil narratif, et on est du coup, soulagé par les épisodes de conclusion, et en particulier, par le dernier, magnifique, qui ramène la fine équipe au coeur du sujet (le trafic de drogues, les choix immoraux et leurs conséquences). Finalement, la pire faiblesse de "Weeds" désormais, c'est le peu de sympathie qu'inspire désormais le personnage de Nancy Botwin, qui a évolué maladroitement au fil des saisons de "bonne mère qui prend les mauvaises décisions" à "mauvaise mère et garce sans scrupules" : c'est clairement moins subtil, mais aussi moins ambigu, et cela nous prive de la richesse de ces dilemmes moraux et éthiques qui faisaient l'audace de la série. Ceci dit, on est quand même très heureux de retrouver Richard Dreyfus, dans un petit rôle à la fois amusant et touchant...

Posté par Excessif à 07:08 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : ,
24 mai 2012

"Blunderbuss" de Jack White : A condition d'oublier les White Stripes...

BlunderbussOublions les albums fantastiques des White Stripes, qui ont vu Jack White réinventer l'éternelle urgence rock en revenant aux sources. Oublions aussi tout le reste, les Raconteurs, les Dead Weather, les collaborations ci et là avec des gens plus ou moins importants, rien de tout cela n'a été vraiment intéressant. "Blunderbuss" sera comme un nouveau départ pour Jack White, les pendules remises à zéro : d'ailleurs, l'instrument-roi de cet album, c'est le piano, électrique ou non, c'est dire. La guitare est réduite à la portion congrue, ce qui nous frustre un peu, mais est cohérent avec ce projet "nouveau". Les chansons sont presque toutes formidables, à la fois profondément ancrée dans la tradition du Sud et en même temps regardant "ailleurs", vers un futur que seul Jack White peut voir. Du coup, l'album impressionne, séduit parfois, mais conforte l'idée que nous avons tous sur Jack White : un musicien important, un défricheur qui n'oublie pourtant pas ses racines, etc. etc. Seul bémol : nous ne ressentons plus cet enthousiasme béat qui nous saisissait quand nous glissions un nouveau White Stripes dans notre platine... Mais nous avions promis d'oublier les White Stripes !

Posté par Excessif à 07:47 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : ,
23 mai 2012

"Les Gouttes de Dieu - Tome 15", avec un excellent chapitre "policier"...

Les_Gouttes_de_Dieu_15Après la conclusion de la recherche du 4ème apôtre, fort élégante d'ailleurs - à chacun sa perception de ce qu'est un "premier amour" -, ce quinzième tome des "Gouttes de Dieu" se poursuit avec les désormais habituels épisodes qui permettent d'enseigner / expliquer certains aspects de la "culture du vin" de manière non didactique : nous avons droit cette fois à un chapitre sentimental qui reprend le thème du vin comme vecteur de messages et de sentiment au sein du couple, mais cette fois de manière tellement exagérée que ça en devient presque risible, puis à un excellent chapitre "policier" - une nouveauté pour ce manga - où il s'agit de débusquer un coupable sur la base de sa connaissance du vin, chapitre fort réussi. A noter aussi la conclusion très "humaniste", très japonaise en fait, qui fait du pardon et de la réparation la meilleur finalité possible de la découverte d'un criminel. 

Posté par Excessif à 07:30 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : ,
22 mai 2012

"L'Art Brut" de Wraygunn : Canada Dry plutôt que whisky...

LArt_BrutWraygunn est une entreprise éminemment sympathique, qui semble se dédier à la célébration des musiques "hantées" en leur insufflant une élégance et une mélancolie toutes portugaises. Mes amis me disent en outre que Paulo Furtado sait faire "déménager" tout cela de belle manière sur scène. Malheureusement, "L'Art Brut" (beau titre, belle pochette...) loupe systématiquement toutes ses cibles, et se révèle l'équivalent du Canada Dry pour un whisky : on y trouve bien tous les bons principes du blues cramé à la manière Nick Cave,  mais complètement... délavés, sans odeur ni saveur. On passe ainsi par toutes les étapes de la ferveur et de la passion, sans rien ressentir de particulier, ou à la limite un léger amusement, parce que le mieux qu'on puisse faire, c'est se sentir complice de la petite bande de Furtado, des gens talentueux et bien sympathiques. Pour ce qui est de la fureur, de l'extase, du coeur et des tripes, il n'y a rien de tout cela ici !

Posté par Excessif à 07:22 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags :


21 mai 2012

"Suite(s) Impériale(s)" de Bret Easton Ellis

Suites_ImperialesComment ne pas être un peu déçus par le dernier Bret Easton Elis, "Imperial Bedrooms" après le merveilleux "Luna Park" ? On a en effet l'impression d'un pas en arrière dans cette "revisite" des thèmes de son classique "Less Than Zero" : rien de bien neuf ici, si ce n'est le choix - jouissif - de transposer l'habituelle désespérance existentielle de personnages vidés de leur humanité - qui ne fonctionnent plus dans la société cruelle qui est la leur que comme des prédateurs - dans le cadre et les codes du roman noir tel que défini par Chandler et Hammett. Le style de BEE reste extraordinaire, conciliant comme personne l'efficacité narrative - qui fait que le livre se dévore en quelques heures - et intelligence suprême en matière de "dé-réalisation" des situations. Ce qui nous donne un déstabilisant "double effet", entre une énigme a peu près aussi incompréhensible que celle des classiques de Chandler, construite sur des dialogues sybillins qui ne sont que poncifs grotesques et esquives : c'est évidemment très brillant, intellectuellement, mais cela désorientera certainement les lecteurs qui cherchent ici l'excitation d'un polar "traditionnel". Le véritable problème de "Imperial Bedroom(s)" (référence musicophile - comme "Less than Zero" - à Costello, mais cette fois à un album, très émotionnel,  de la maturité, plutôt qu'à une chanson, assez enragée, des débuts, le choix du titre soulignant clairement le projet littéraire de BEE), c'est donc l'impression de "déjà vu", de déjà traité plutôt, du sujet et des circonstances : il est clair qu'on attend avant tout - sans doute injustement - d'un écrivain aussi exceptionnel que BEE qu'il continue d'avancer, tout en régénérant régulièrement cette fascination très déstabilisante que son écriture brillante exerce sur nous. On sait néanmoins - et BEE a toujours été clair sur ce point - qu'il n'écrit pas pour nous, mais bien uniquement par besoin vital de traiter ses propres doutes, ses propres tourments : on pariera que, sur ce plan, "Imperial Bedroom(s)", oeuvre hyper-paranoiaque et finalement supra-lucide, avec sa dernière phrase tellement clicheteuse et pourtant irrémédiablement et douloureusement sincère ("je n'ai jamais aimé personne et j'ai peur des gens"), aura permis à BEE de passer un nouveau cap. Ou au moins de ne pas se tirer une balle dans la tête. Ou même de ne pas massacrer sa voisine de palier avant de dévorer ses entrailles. Ce n'est déjà pas si mal !

Posté par Excessif à 07:15 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : ,
20 mai 2012

Séance de rattrapage : "Chronicle" de Josh Trank

Chronicle"Chronicle" est construit sur une bonne, une très bonne même, idée : faire se rencontrer de la manière la plus réaliste, voire la plus crue possible, la mythologie un peu usée des super-pouvoirs avec les tourments de l'adolescence. Un peu comme une version trash (Seattle, la pluie et la grisaille, le père qui cogne, les beaufs qui cognent aussi, la mère qui agonise, etc.) de l'apprentissage de Peter Parker dans le "Spiderman" de Raimi : malin, drôle et poignant, parfois brillant... Sauf que, pour injecter une dose supplémentaire de réalisme, les auteurs se sont crus obligés de réutiliser un autre poncif - plus récent mais déjà fatiguant -, celui de la caméra vidéo qui enregistre tout en live, un effet qui ne marche plus que par intermittence, tant il est évidemment difficile de justifier ce filmage quasi continu : d'ailleurs, quand le film se termine avec le traditionnel gigantesque baston destructeur, filmé façon "Cloverfield", ce sont les caméras de contrôle et celles de la police ou de la télé qui ont pris de relais... évoquant cette fois le "Redacted" de De Palma, sans l'intelligence théorique de ce dernier. Mais bon, si l'on excepte ce parti pris un peu irritant (qui n'exclut pas cette fois une certaine mise en scène, la caméra étant libérée de la pesanteur par les pouvoirs du filmeur...), "Chronicle" est un petit film étonnant, voire régulièrement sidérant (le talent show, les confrontations avec le père, l'escalade sordide de la violence...), le genre de mini-OVNI qui nous réconcilie de temps à autre avec le cinéma.

Posté par Excessif à 17:10 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : ,
17 mai 2012

"Nouveau Départ" de Cameron Crowe : un film gentil, dans le bon sens du terme

Nouveau_D_partIl y a aussi des films "gentils" - pas ceux de Besson, si l'on se souvient que, fatigué des critiques, celui-ci appelait ainsi à l'indulgence envers son oeuvre : Cameron Crowe, à la cote bien dévaluée, nous en offre un - et oserais-je dire un très beau, très touchant - avec ce "Nouveau Départ" à la frontalité candide et désarmante. Faux film familial (animaux farceurs et enfants frondeurs, enfin presque...), "Nouveau départ" nous propose une nouvelle version de cet éternel travail de deuil qui hante tout un pan du cinéma - le plus ambitieux, en fait : comment faire revivre les morts, et comment vivre avec eux ? La solution de Crowe, ce n'est pas (ou du moins pas seulement) travailler dur et croire en l'avenir (éternel rêve américain), c'est la foi en les images - les photos du Mac qui s'animent sur les lunettes du toujours impeccable Matt Damon - et aussi en le récit : raconter l'amour, c'est permettre au miracle d'advenir, comme dans cette fin magique, aussi évidente que culottée. Oui, "Nouveau Départ" est un beau film, envers et contre toute attente.

Posté par Excessif à 07:52 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , ,
16 mai 2012

"Astrid & Gastón", la gastronomie péruvienne à Madrid

astridgastonLa gastronomie péruvienne, ça existe ? C'est clairement la mission que s'est donnée la chaîne de restaurants gastronomiques "Astrid & Gastón", que de prouver au monde incrédule que l'on peut composer une belle cuisine à partir des éléments traditionnels péruviens (poissons, leche de tigre, papas, etc.). Dans une ambiance sophistiquée de gastronomie internationale, on nous propose donc des plats à la fois complexes dans l'assemblage des saveurs - qui fait la part belle aux influences japonaises - et un tantinet répétitifs... Le Pérou, ce n'est ni l'Italie ni la France, et on fait vite le tour des spécialités locales ! Mais ce n'est là qu'un petit bémol par rapport au plaisir que nous offre le Menu Dégustation de "Astrid & Gaston", un menu fort bien composé et équilibré - du cebiche de sardines tout en légèreté au riz aux fruits de mers au parfum bien soutenu -, qui se termine joliment sur les saveurs acides de la maracuja enrobant des truffes au chocolat. La carte des vins, par contre, chère pour Madrid, ne m'a pas paru bouleversante, mais ce n'est sans doute qu'une première impression. Service impeccable, à la fois professionnel et chaleureux (on sent la fierté du personnel péruvien...), et décor moderne  - je l'ai déjà dit - d'une belle élégance. Pas surprenant que ce restaurant original soit désormais considéré comme l'un des musts de Madrid ! Comptez quand même entre 80€ et 100€ par personne.

Astrid & Gastón - Paseo de la Castellana, 13 - 28046 Madrid - Tel : +34 917 02 62 62

Posté par Excessif à 07:32 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : ,
15 mai 2012

Révisons nos classiques : "Don Juan DeMarco" de Jeremy Leven (1995)

don_juan_demarco"Don Juan deMarco" est un drôle de film, puisqu'il est honnêtement assez peu défendable avec son atmosphère kitsch, très "Collection Harlequin", et qu'il se révèle pourtant absolument irrésistible avec son romantisme échevelé et de sentimentalisme sans retenue. A priori, il bénéficie d'un sujet impeccable, qui, en des mains plus expertes, ou avec un producteur plus ambitieux, aurait pu donner un grand film conceptuel : l'affrontement entre la réalité - incontournable mais mortifère - et les rêves - facilement risibles, mais finalement salvateurs - passe par la croyance - ou non - en la légèreté et en le triomphe des sens. Le (seul) coup de génie de Jeremy Leven, c'est le casting, impeccable : le jeune Depp, icône sensuelle qui ne craint pas le ridicule, et virevolte comme une réincarnation d'Errol Flynn, entraînant dans son irrésistible sillage le massif Marlon Brando - qui ne sait d'ailleurs pas trop quoi faire de ce rôle inhabituel et minaude sans vergogne, tandis que Faye Dunaway bouleverse en femme vieillissante qui irradie une lumière purement cinématographique. Quand "Don Juan deMarco" se termine, sur une scène aussi ringarde (on s'enlace et on danse dans le soleil couchant sur la plage, le genre...), on est surpris de se sentir profondément touché, prêt à renouveler notre croyance aveugle - non pas aux forces du romantisme - mais en celles du cinéma.

Posté par Excessif à 12:32 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : ,