Le journal de Pok

22 septembre 2017

"Villains" de Queens of the Stone Age : manque d'audace...

VillainsDepuis le temps qu'il se tenait fièrement campé sur le seuil du succès planétaire, reconnaissons que tout cela était prévisible : Josh Homme allait bien avoir envie un jour de goûter un peu à la célébrité. Est-ce l'impact critique et aussi populaire de son excellent travail avec Iggy Pop l'année dernière qui lui a fait penser que son heure était venue ? C'est bien possible, d'autant que l'on retrouve parfois dans ce "Villains", par exemple dans "Domesticated Animals" ou dans "Fortress", des échos bienvenus de "Post Pop Depression"... Alors voilà le deal désormais : on engage un producteur à la mode (Mark Ronson) chargé d'arrondir (mais pas trop quand même... pour ne pas trop désespérer les vieux fans) les angles. On met la bonne bouille de bébé Presley de Homme sur la pochette (très réussie, d'ailleurs...). On pousse légèrement le curseur vers le côté pop déjà bien établi de la musique de Queens of The Stone Age. On réserve les plus grandes salles pour la tournée. On donne des interviews funambulesques mêlant humilité et ambition. Et puis je suppose qu'on croise les doigts... Bien entendu, le talon d'Achille du plan de conquête de Josh Homme, c'est l'album lui-même. Non pas qu'il soit mauvais, bien loin de là, il est sans doute meilleur que son prédécesseur, le confus "... Like Clockwork": simplement, il ne choisit jamais son camp. "Vilains", c'est un peu "Rated R" pour les chansons malignes et les mélodies sparadrap, qui deviennent bien vite addictives et vous obséderont une bonne partie de la journée, mais sans l'effet de surprise, et avec un petit coup de mou. Sans une seule hymne incontournable qui transcende en trois minutes le truc et qui fasse dire à l'auditeur bluffé : "Ah ! Là... oui, quand même !". Un album qui n'est finalement ni vraiment pop ni assez sauvage. Le témoignage indiscutable que, au final, Homme n'a pas su, n'a pas voulu choisir. Qu'il a eu peur de le faire, ce dernier pas, qui était peut-être quand même un trop grand saut. QOTSA reste donc un groupe à fort potentiel, comme on dit, qui ne sera peut-être jamais réalisé. Bon, ce n'est pas non plus très grave : on se consolera quand même en écoutant en boucle la plupart des morceaux de "Villains", et surtout ceux de la "deuxième face", les plus singuliers, les moins aimables peut-être pour les fans de la première heure : il y a des synthés qui clapotent ("Unreborn Again"), la voix de Josh qui va chercher des tons nouveaux ("Hideaway", très réussi, et généralement haï par la critique bien pensante), et surtout il y a une certaine volonté baroque ("Villains of Circumstance") qui démontre que, oui, QOTSA en a encore sous la pédale, qu'ils peuvent aller "ailleurs". N'a manqué pour cette fois que l'audace.

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21 septembre 2017

"120 battements par minute" de Robin Campillo : le retour du combat politique au cinéma

120-battements-par-minute afficheBon je vais être conspué, mais j'ai eu une fois de plus le sentiment d'avoir affaire avec "120 battements par minute" à un film à la fois porté et desservi par l'une de ces désormais classiques "hystéries cannoises", dédoublée par l'enthousiasme d'une certaine critique parisienne y retrouvant ses clans et ses codes : du coup, ce film absolument notable mais loin d'être complètement réussi, souffre d'un niveau d'attente disproportionné par rapport à ses qualités, certaines mais plus humbles. Personnellement, je me suis passionné pour ces longues scènes de débats au sein d'Act Up, qui retrouvent non sans magie un certain "esprit de Mai" (les plus jeunes citeront la "Nuit Debout") et réinjectent le combat politique dans notre époque désabusée : c'est beau, c'est excitant, c'est un retour festif d'un certain cinéma militant qu'on avait bien oublié. Bien sûr, on peut immédiatement faire une réserve en déplorant que le combat célébré et immortalisé ici est un combat passé, une bataille (contre le mépris, contre l’indifférence) désormais largement gagnée. Mais ça reste du p... de cinéma : excitant, vivant, drôle souvent, poignant parfois. Et ces débats sont formidablement prolongés par les scènes (urgentes, stressantes) d'intervention, qui ont pour fonction de matérialiser la parole, de la poursuivre. Maintenant, Campillo a eu l'ambition un peu folle d'équilibrer son portrait de groupe par un portrait de couple dévasté par le SIDA, puis par la Mort. C'est indiscutablement pertinent, cela nous rappelle qu'il n'y a de combat politique vraiment juste que quand il s'agit de vie ou de mort, et cela installe une oscillation puissante entre société et individu. Malheureusement, il s'agit aussi de la partie du film la plus conventionnelle : l'émotion indéniable qui s'en dégage a quelque chose de plus convenu, de moins brûlant, comme si le film limitait alors les risques pour conquérir un public plus large. C'est là un bémol important à la force de "120 battements par minute", mais ce n'est pas non plus une raison suffisante de se priver du reste. En tous cas, Campillo confirme ici sa singularité et son talent, et ça, c'est formidable, sans aucun bémol.

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20 septembre 2017

Le cinéma enchanté de Hong Sang-Soo : "la Femme est l'Avenir de l'Homme" (2004)

La_Femme_est_l_Avebir_AfficheAu sein de la désormais longue filmographie du grand Hong Sang-Soo, "la Femme est l'Avenir de l'Homme" est un film qui désoriente certains des plus grands fans du maître coréen, de par sa trivialité sexuelle assumée : ces deux fellations réclamées sans ambages et exécutées sans rechigner par deux jeunes femmes différentes (évidemment superbes, mais bon, là n'est pas le sujet) sont décidément difficiles à avaler si l'on veut s'en tenir à la réputation - à mon sens erroné - de disciple d'Eric Rohmer qu'a acquis en France Hong Sang-Soo. C'est que le sujet du film, sans doute moins caché qu'à l'habitude, est la répugnante vulgarité, la superficialité égoïste et radicale des hommes, et Hong Sang-Soo n'y va pas par quatre chemins pour nous peindre une paire de héros à la limite de l'abjection, entre lâcheté et aveuglement. Cette radiographie sombre des relations amoureuses - même si cette succession de drames immobiles est baignée cette fois d'une lumière superbe - confirme toutefois une maîtrise remarquable de la concision dans la narration, et de la délicatesse dans la mise en scène (oui, même lorsqu'il s'agit de filmer des scènes de sexes assez crues…). "La Femme est l'avenir de l'Homme" est donc un autre film sans concession mais sans excès, qui peut par instant évoquer les débuts de la Nouvelle Vague, sans l'énergie de cette dernière, mais avec en plus une indéniable maîtrise de la construction scénaristique (ah, ces flashbacks déroutants !) ainsi que de la représentation de la banalité du quotidien. Suivant son humeur, on trouvera cela terriblement déprimant, peut-être même ennuyeux, ou on se laissera captiver - voire enthousiasmer - par ces désordres pitoyables noyés dans l'alcool.

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19 septembre 2017

Classiques et nouveautés de l'Anime : "Dans un recoin de ce monde" de Sunao Katabuchi (2016)

Dans_un_recoin_de_ce_monde_affiche

Entre la longue domination, au moins vu de l'occident, des Studios Ghibli, et la prolifération d'animes pour adolescents construits à partir de shonens au succès planétaire assuré, on peut parfois oublier en France que l'animation japonaise est une forme de cinéma à la fois adulte et richissime. En se penchant sur la vie "ordinaire", - soit un qualificatif qui revient souvent, et de façon admirative à propos de Suzu -, d'une très jeune femme mariée contre son gré et vivant dans des conditions rudimentaires dans la montagne pas très loin d'Hiroshima (le film se passe d'abord un peu avant, puis pendant la seconde guerre mondiale...), "Dans un recoin de ce monde" propose un voyage d'abord délicieux puis, inévitablement (?), terrible, à travers une époque désormais lointaine où les tâches quotidiennes, de plus en plus difficiles à accomplir alors que la Guerre se rapproche, constituaient le seul horizon de l'existence féminine. Certes, le scénariste et réalisateur, Sunao Katabuchi, n’est pas un novice : il a d’ailleurs fait ses classes chez Ghibli au côté de Miyazaki, et a déjà remporté divers prix au cours de sa carrière. Mais il choisit ici avec beaucoup d’audace de réduire la fiction à son strict minimum, en s’attachant de manière quasi documentaire à la description patiente des gestes du quotidien, et en dédramatisant d’une façon exemplaire jusqu’aux scènes les plus atroces de la dernière partie du film. Katabuchi fait le choix du réalisme, ce qui se manifeste dans le dessin de décors soigneusement basé sur des photographies de l’époque, et fait preuve jusqu’au bout une détermination remarquable. Ainsi, si la liberté offerte à son héroïne par son talent de peintre et de dessinatrice offre un temps une échappatoire à son existence difficile, la perte de son bras au cours d'un épisode éprouvant la ramènera cruellement à sa condition : là encore, Katabuchi "n'en fait "pas un drame", et choisit encore et toujours la douceur. C'est qu'on est ici plus proche de l'épure stoïque à la Ozu, ou à la limite du mélodrame retenu à la Naruse, que des représentations contemporaines typiquement extraverties ou spectaculaires. Même le final, bouleversant, qui évoquera inévitablement le merveilleux "Tombeau des Lucioles", reste heureusement bien en deçà de ce que le sujet pouvait faire craindre. "Dans un recoin de ce monde" est un film qui fait du bien à l'âme en refusant le pathos, en évitant tout excès lacrymogène : il finit par nous imprégner de la certitude, exprimée avec élégance tout au long du film par un dessin magistral, faussement simpliste, et surtout une mise en scène limpide, voire sereine, que, quoi qu'il arrive, la vie continuera.

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18 septembre 2017

"Les Nouvelles Aventures de Lapinot Tome 1 : Un Monde un peu Meilleur" : Back from the Dead !

Un Monde un peu MeilleurUn bon héros est un héros mort. Et ressuscité bien sûr. Ou bien encore vivant dans un monde parallèle, aussi. En fait ce n'est pas très grave, d'ailleurs Trondheim expédie toute justification en deux lignes de dialogues, avant de reprendre les "Aventures de Lapinot" (l'un des personnages les plus emblématiques, à mon humble avis, de la BD contemporaine...) plus ou moins là où on en était resté... il y a 13 ans quand même. Et en 13 ans, beaucoup de choses ont changé, pas forcément en bien : on a les terroristes islamistes, on a les applications de rencontres, on a une société de plus en plus mercantile et ignoble (bonjour les laboratoires pharmaceutiques !). Et en plus Nadia a largué Lapinot, et Thierry a chopé le cancer. Bref tout cela fait un scénario roboratif, qui passe très vite d'un gag absurde à une critique virulente des médias comme des anti-médias. Trop vite ? Je ne trouve pas, car on rit beaucoup, beaucoup au cours de la lecture de ces 48 pages presque parfaites : l'humour de Trondheim a retrouvé son efficacité décalée - alors que son travail récent pouvait nous faire croire à un peu d'usure - et son dessin reste toujours aussi magnifique, aussi faussement simple que dramatiquement juste. La bonne nouvelle de "Un monde un peu meilleur", c'est qu'on peut revenir d'entre les morts en pleine forme (... mais quand même, n'essayez pas ça à la maison...).

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17 septembre 2017

Les films d'Eric Rohmer passeront-ils l'épreuve du temps ? "Conte d'Automne" (1998)

conte-d-automne afficheJe me souviens avoir salué à l'époque de sa sortie le seul "Conte des Quatre Saisons" à renouer avec la veine des meilleurs Rohmer, celle du marivaudage amoureux et des mensonges maladroitement manipulateurs? Le revoir près de 20 ans est un petit choc, tant se succèdent les moments de grâce absolue, tant le plaisir du spectateur est immense devant l'Art exquis du grand réalisateur quand il s'agit de traquer la vérité dans la parole dissimulatrice, de lire derrière la façade des yeux de ses personnages. Si nous ajoutons ici une ample et sensuelle peinture de la nature (sublime vallée du Rhône, gâchée par Tricastin) qui porte le film vers une beauté formelle finalement inhabituelle chez Rohmer, le charme de ce "Conte d'Automne" est absolument irrésistible. Maintenant, il convient de pointer les singularités du film, puisque pour la première fois, Rohmer abandonne ses jeunes gens pour peindre une sorte de "crise de la cinquantaine" (à travers le retour touchant de deux de ses actrices emblématiques, Béatrice Romand et Marie Rivière, toutes deux parfaites), ce qui teinte le film d'une gravité, voire d'une légère angoisse qui lestent une fin assez douloureusement suspendue. On pourra aussi remarquer que, fidèle aux principes de la cinéphilie originelle de la "Nouvelle Vague", Rohmer ne tranche pas ici entre Hitchcock et Hawks, se plaçant tour et tour dans la lignée de l'un et de l'autre : la double intrigue retorse génère un joli suspens, tandis qu'on admirera une femme forte qui parle avant tout de son travail, qui est sa raison d'être… Et si "Conte d'Automne" était aussi une leçon de cinéma ?

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16 septembre 2017

Séance (tardive) de rattrapage : "Jeux de Pouvoir" de Kevin MacDonald

State of Play afficheAdaptation d'une série télévisée anglaise, "Jeux de Pouvoir" a néanmoins tout du film de divertissement hollywoodien standard - et ronronnant : l'intrigue politique complexe sur les juteux contrats de privatisation de la Défense américaine laisse finalement la place aux ressorts usés du thriller le plus conventionnel, le tout mis en scène et filmé dans un anonymat total. Pas une scène du film pour surprendre le spectateur et le sortir de son confort douillet de stéréotypes et de certitudes lénifiantes. Bon, il n'y a rien de honteux non plus dans "Jeu de Pouvoir", même si on se serait bien passé du dernier twist et de certaines explications capillotractées (oh, ce besoin des "scénaristes professionnels" de préférer la surprise à la crédibilité, même en jouant contre le sujet du film !). Mais, soyons honnêtes, ce n'est guère que le méga charisme de Russell Crowe, et son talent d'acteur exceptionnel qui nous font avaler une pilule aussi insipide !

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15 septembre 2017

Célébrons éternellement le génie d'Hergé : "Tintin T21 - Les Bijoux de la Castafiore"

Les Bijoux de la CastafioreIl est inutile de dire que la lecture des "Bijoux de la Castafiore" quand on a à peine dix ans et qu'on est fan absolu des incroyables aventures de Tintin à travers la planète, voire dans l'espace, s'apparente à une terrible désillusion, et que l'incompréhension est totale. Bien entendu, une fois atteint l'âge adulte, et peut-être influencé par les critiques généralement dithyrambiques sur cet album "adulte" de Hergé - le seul véritablement "expérimental" dans son œuvre -, on apprend à, sinon apprécier, du moins comprendre ce que son créateur a voulu faire ici : peindre un monde (déjà) devenu trop petit, d'où l'Aventure et le mystère ont quasiment disparu, repoussés par la trivialité des médias, de l'affairisme égoïste, et surtout du désintérêt croissant manifesté par l'être humain envers son semblable. On peut aussi lire "les Bijoux de la Castafiore" comme la matérialisation de la dépression qui fut le fardeau de Hergé durant la majeure partie de sa vie : on ne communique plus, même au sein de "sa famille", on traîne à longueur de temps une vague tristesse qui pèse de plus en plus, on tourne en rond, et le moindre objet devient un obstacle au fonctionnement minimum de la vie quotidienne, voire même un danger. Dans "les Bijoux", si on tombe, on peut - pour la première - fois se casser le pied, et être condamné à la damnation de l'immobilité, qui empêche d'échapper à ses bourreaux. Tout cela serait déjà culotté de la part d'Hergé s'il ne nous proposait en outre une approche furieusement conceptuelle de la narration, puisque l'énigme policière est désamorcée en permanence, n'advient jamais au fil de fausses pistes et de coups de théâtre misérables, jusqu'aux dernières pages, où elle sera rapidement résolue et se révélera d'une trivialité absolue. Au milieu de cette Bérézina, Tintin reste une figure exemplaire, mais ici curieusement touchante, s'accrochant à la fois à la raison et à l'intuition, mais également à une position légèrement en retrait du chaos ambiant pour survivre au milieu des embûches répétées qui menacent tous les habitants de Moulinsart (sans même parler du fait qu'il brise le quatrième mur sur la couverture, mettant ainsi en perspective les pauvres péripéties d'une vie qui, quelque part, se termine... !). Bref, les "Bijoux de Castafiore" est un remarquable OVNI, qui ne fournit certes pas beaucoup de plaisir à son lecteur, mais lui offre par contre des abimes de réflexion. Quant à la morale de cette non-histoire, personnellement, je l'adore : "les oiseaux sont des salauds !".

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14 septembre 2017

"Seven Sisters" de Tommy Wirkola : Sept fois Noomi Rapace...

Seven_Sisters afficheLes scénaristes de "Seven Sisters" ont tellement misés sur le goût actuel des spectateurs pour les film "à fort concept" et pour les twists surprenants qu'ils ont oublié qu'un bon récit de SF se construit d'abord sur la crédibilité des hypothèses de départ ayant amené à la société décrite, et sur la cohérence même de cette description. Ce qui amène le spectateur un tant soit peu exigeant à passer une bonne partie du film à essayer de résoudre maintes questions de simple logique que le film pose, et donc à gérer sa propre incrédulité pour pouvoir s'immerger sans arrière-pensées dans le film. Pas très fin, le tâcheron norvégien Tommy Wirkola imagine de détourner l'attention de la partie la plus jeune de son auditoire en accumulant très vite et sans répit nombre de scènes de violence excessive, qui, c'est vrai, assomment tellement qu'elles limitent le niveau de réflexion dans la salle ! Si l'on ajoute une conclusion faiblarde (pour le twist, on repassera, quiconque avec un minimum de culture littéraire ou cinématographique l'aura anticipé), on pourrait être tenté de qualifier "Seven Sisters" de semi-nanar. Sauf qu'il y a au cœur du film l'excellente Noomi Rapace, qui est, logiquement, de quasi tous les plans, et qui, même si elle n'arrive pas tout-à-fait à incarner ces sept femmes différentes que l'on reconnaîtra surtout à leur coiffure, injecte dans le film un niveau d'émotion parfois suffocant, qui n'était probablement pas au programme initial de "Seven Sister". Noomi est ici passionnante, et justifie complètement qu'on s’inflige ce film globalement pas très intelligent et trop bruyant.

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13 septembre 2017

Les films d'Eric Rohmer passeront-ils l'épreuve du temps ? "Le Beau Mariage" (1982)

Le_Beau_Mariage"Le Beau Mariage" a un gros défaut : celui d'être un film un peu moyen logé au milieu de la collection de petites merveilles qu'est la série des "Contes et Proverbes". C'est d'ailleurs peut-être parce que le caractère exaspérant du personnage principal (ce qui n'est pas une nouveauté chez Rohmer, on le sait, mais Béatrice Romand est particulièrement brillante dans le rôle de la "ch..." et avait d'ailleurs reçu un Prix d'Interprétation à Venise) contamine le plaisir habituel que nous ressentons devant les jeux du "maître du marivaudage contemporain". Il y a néanmoins beaucoup de qualités dans "le Beau Mariage" qui permettent de passer outre ce désagrément : d'abord, il est remarquable de voir combien Rohmer - ce qui est un peu sa marque de fabrique, mais quand même - exclut la moindre "psychologie des personnages" (la plaie habituelle du cinéma français), pour nous perdre dans un labyrinthe d'affirmations absurdes et de discussions étourdissantes et vaines (et pourtant brillantes) sur l'Amour et le Mariage, mais aussi sur l'Art et sur la Création. Ensuite, la scène quasi finale du "refus du mariage" nous dévoile un Dussollier jeune mais déjà impressionnant, et atteint une intensité inhabituelle chez Rohmer. Enfin, "le Beau Mariage" nous dévoile pour la première fois (je crois) une Arielle Dombasle au charme fou, véritable trouvaille de la part de Rohmer, dont on ne peut que regretter qu'elle n'ait pas ici le rôle principal : "le Beau Mariage" en serait devenu un film complètement différent, sans doute moins retors, mais clairement plus plaisant.

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