Le journal de Pok

18 avril 2014

"Les Brasiers de la Colère' de Scott Cooper : colère et mépris...

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Une belle troupe d'acteurs hors du commun qui compose le portrait de famille idéal d'une Amérique prolétaire laminée, une louable application à retrouver la grâce d'un "Voyage au bout de l'enfer", au hasard, soit à peindre une réalité oubliée par le cinéma US, même indépendant, un indéniable talent à mettre en scène la noirceur et la dépression en utilisant efficacement tous les outils actuels du 7ème Art, et au final... Pas grand chose, c'est le moins qu'on puisse dire... si ce n'est l'affection que l'on ressent pour les personnages condamnés au pire par un scénario à la fois trop malin et trop prévisible. Le virage au milieu du film vers le thème usé, inutile, contre-productif même ici, de la vengeance individuelle dessert dramatiquement le propos de ces "Brasiers de la Colère", et démolit complètement le commentaire social qui justifiait la première partie : c'est alors de la colère et du mépris que l'on se met à ressentir contre Scott Cooper, cinéaste faux-jeton ou mal avisé, déjà responsable du maladroit "Crazy Heart" (film incroyablement surévalué d'ailleurs), trahissant son sujet à force de vouloir de le faire rentrer à l'intérieure d'une perspective déterministe, et finalement méprisante du prolétariat.

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17 avril 2014

"Dallas Buyers Club" de Jean-Marc Vallée : Matthew McConaughey est grand !

Dallas Buyers Club Affiche

D'abord, ne pas s'arrêter à la performance logiquement oscarisable de la perte de poids (ni d'ailleurs à celle du transformiste Jared Leto, presque aussi impressionnant...) : McConaughey, comme on le pressentait depuis quelques années et des films de plus en plus intéressants, est désormais GRAND ! Servi, il faut l'avouer, par des dialogues ciselés, à la fois totalement crédibles et bien écrits, McConaughey livre dans ce "Dallas Buyers Club" par ailleurs imparfait, une interprétation fine et bouleversante, évitant habilement les excès de pathos pourtant inhérents au sujet. Sinon, il faut bien reconnaître que Vallée loupe à moitié son biopic contestataire - contre la bureaucratie US et les multinationales de la pharmacie s'enrichissant sur le dos des sidaïques : une narration maladroite, qui ne permet pas de vraiment comprendre l'évolution (... "christique", inévitablement) de Woodroof qui passe rapidement de l'affairisme désespéré (on est aux USA, pour survivre, on monte un business profitable !) à l'altruisme militant. Même s'il reste plus léger que le réalisateur hollywoodien moyen, Vallée n'évite pas non plus tous les pièges de la démonstration manichéenne, en particulier à travers une diabolisation facile de l'ennemi (cowboys homophobes ou médecins corrompus). Mais bon, ces petits défauts restent mineurs en regard du plaisir que l'on prend à regarder McConaughey, qui n'a pas volé son oscar... malgré la concurrence de DiCaprio dans "le Loup de Wall Street", ce qui n'était pas rien...

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16 avril 2014

"Rio 2" de Carlos Saldanha : joli, mais anodin !

 

Rio 2 Affiche

N'ayant pas vu "Rio" - le film, hihi - je suis arrivé vierge comme la jungle amazonienne devant ce "Rio 2" lancé comme le top des studios Blue Sky, qui nous avaient amusés puis lassés avec leur série "Ice Age". Au crédit du film, citons une véritable crédibilité du Brésil montré dans le film, certes folklorique (on veut parler au monde entier) mais relativement bien croqué... ainsi que des numéros "dansés et chantés" qui intègrent correctement les véritables racines musicales du Nordeste et du Nord du pays... ce qu'on était quand même en droit d'attendre d'un réalisateur lui-même brésilien. La qualité technique - beauté des images et efficacité de l'animation - dépasse également les standards habituels de Blue Sky et constitue le principal atout du film, qui s'avère un véritable délice pour les yeux.  Pour le reste, rien ne va plus : multiplication de personnages inintéressants au possible et de sous intrigues qui s'éventent rapidement,  humour pas drôle, manque radical d'imagination... l'ennui guette à chaque instant. Si l'on ajoute un message écologique à l'optimisme bien naïf - on est loin de la réalité politique brésilienne quant à la déforestation de l'Amazonie -, un message que même la référence finale plutôt sympathique à "Avatar" ne sauve pas, il est bien difficile de défendre "Rio 2", film très joli mais terriblement anodin qui n'excitera - et encore, à peine - que les tous petits !

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13 avril 2014

"American Horror Story - Saison 2 (Asylum)" : un grand pas en avant !

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Le saut qualitatif effectué par Ryan Murphy (et Brad Falchuk) avec cette seconde saison de leur "oeuvre déviante", "American Horror Story", est tellement surprenant, et pour tout dire, inattendu, que voilà cette série tout d'un coup propulsée parmi les meilleures du moment : non que le principe, outrancier et grotesque, de l'accumulation hystérique des sujets / poncifs du genre ait été abandonné (non, on a droit ici à des E.T. abducteurs, un scientifique nazi se livrant à des expérimentations monstrueuses, une possession diabolique, des nonnes en chaleur, un serial killer dépeçant ses victimes, etc. etc.), mais il est transcendé par une vraie écriture qui donne une cohérence étonnante à l'ensemble, grâce à des personnages consistants, voire profonds, auxquels on s'attache bizarrement, certes, mais réellement. L'interprétation, globalement excellente, aide bien sûr beaucoup, même si c'est encore la sublime Jessica Lange qui emporte le morceau, jouant subtilement toute une palette d'émotions et de comportements contradictoires qui font de Sister Jude un magnifique personnage de fiction, portant avec lui toute la saison. On n'évite quand même pas le coup de barre en milieu de saison, quand les thèmes exposés avec brio au cours des premiers épisodes s'épuisent, et que les scénaristes doivent ouvrir leur oeuvre à de nouveaux arrivants - pas toujours réussis, comme le très raté personnage du Santa Claus killer, mal incarné par un Ian McShane décevant - et surtout nous faire quitter peu à peu les murs décrépis et répugnants de Briarcliff, nous privant ainsi d'un climax qu'on aurait aimé plus traumatisant, à l'image du début de cet "Asylum", qui restera néanmoins dans les mémoires.

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11 avril 2014

Arcade Fire - Dimanche 6 Avril - Festival Lollapalooza Brasil (Interlagos - São Paulo)

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Arcade Fire. 20h25. Sur les écrans géants, des images de « Orfeu Negro », premier hommage au Brésil d’un set qui va en comporter de nombreux. Vu l’enthousiasme délirant des dizaines de milliers de personne massées devant le Palco Skol et armés de tubes lumineux colorés, je dirais que, de toute manière, c’est déjà gagné pour les Canadiens !

Reflektor. Une dizaine de musiciens sur scène (avec l'ajout de percussions des Caraïbes), un son d'une amplitude magnifique. Win Butler entame le set le visage dissimulé sous un masque de mort. Cinq minutes plus tard, le masque retiré, il est déjà au contact avec les premiers rangs : clairement Win apprécie son nouveau statut de rock star planétaire, et l’artiste récalcitrant et compliqué des débuts laisse peu à peu place à un showman décomplexé (un peu ce qui était arrivé à Michael Stipe à l’époque, non ?). Mais le plus important, c’est bien que, même avec une musique différente, Arcade Fire n'a pas changé, et que, 10 ans plus tard, leurs concerts ont gardé la généreuse intensité des débuts... Une fois passé un Flashbulb Eyes réellement différent avec son ambiance dub / percussions, on retrouve notre Arcade Fire éternel, le groupe de "Funeral", album immense qui n’a pris une ride en 10 ans, et dont TOUS les grands morceaux vont être interprétés ce soir, avec la même folie que toujours... bouleversant littéralement le public dont la majorité assistent pour la première fois à un concert d'Arcade Fire. Rebellion (Lies), et tout le monde chante à pleins poumons. Ready to Start et je n'ai déjà plus de voix à force de hurler. No Cars Go, l'extase est générale, et à côté de moi mon voisin en est déjà réduit à pleurer de bonheur. Etc. Etc. Magnifique, tout simplement. Peut-être les meilleures 40 minutes de tous les sets d'Arcade Fire que j'ai pu voir jusqu’à ce jour.

Et puis, curieusement, la setlist nous propose, après ce rush inouï d’adrénaline, d’aller explorer d’autres contrées... puisque, après quatre albums, Arcade Fire a désormais plus d’un univers à nous proposer. La seconde partie du set sera donc plus mesurée, mais aussi plus théâtrale, avec des lumières et une mise en scène impressionnantes : on ne sait plus où regarder, entre les plaques de métal qui reflètent les lumières au dessus de la scène, les costumes bariolés de la troupe, la seconde scène avancée au milieu du public où apparait une drôle de créature toute entière vêtue de miroirs pendant Afterlife, et où Régine interprétera It’s Never Over. Une Régine à l’honneur ce soir, en particulier sur un Sprawl II boosté par les percussions qui est une sorte de symbole du virage « dance » d’Arcade Fire.

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Après ces longs - mais satisfaisants - moments plus introspectifs, il est temps de clore le set, et on sent le groupe un peu pressé par le temps (il est prévu de clore les hostilités à 22 heures) : le génial Normal Person enflamme à nouveau la foule qui pogotte éperdument, Here Comes the Night Time gravera ensuite sa ritournelle dans nos cervelets pour le reste de la nuit, et une version grandiose de Wake Up nous permettra de sortir de Lollapalooza repus, alors que les feux d’artifice de clôture explosent déjà dans le ciel... Malheureusement, l’horaire déjà dépassé, Arcade Fire n’aura pas eu le temps de jouer le trépidant Joan of Arc, que j’attendais avec impatience, mais tant pis, il me faudra retourner les voir !

A noter donc que durant le set, les références au Brésil ne manqueront pas, ce que l’on pourrait juger “démagogique” si le groupe ne manifestait pas constamment une telle gentillesse : références musicales d’abord, avec Régine qui interprète O morro não tem vez, de Tom Jobim et Vinícius de Moraes, avec un passage de Aquarela do Brasil, de Ary Barroso, alors que les « grosses têtes » de carnaval font irruption sur scène, et finalement, avec le Nine out of ten de Caetano Veloso en intro du magnifique, obsédant, Here Comes the Night Time... Références verbales ensuite, puisque Win mentionnera la « saudade » comme motif principal de ses chansons, ébauchera plusieurs phrases en portugais (le seul de la journée à avoir la politesse de communiquer dans la langue de son public, ce n’est pas rien !), et finalement promettra en cas de victoire du Brésil lors de la Coupe du Monde de revenir jouer avec le groupe tout entier vêtu des couleurs de la bandeira nationale...

Longue sortie des dizaines de milliers de personnes, à la fois hébétées et transportées par un concert ex-tra-or-di-nai-re, longue marche dans la nuit vers les taxis, les trains ou les voitures pour essayer de s’extirper le plus vite possible de la nasse qu’est devenue Interlagos... Mais peu importe, nous sommes ailleurs, nous avons vu et entendu Arcade Fire !

PS : le lendemain matin, la presse et le net brésiliens bruissent des commentaires extatiques des journalistes : Arcade Fire, le meilleur groupe du monde, la clôture parfaite de Lollapalooza, un spectacle inouï, etc. Tous les superlatifs y passent. Et moi, je me tais et je rigole, parce que cette suprématie des Canadiens sur le Rock, ça fait déjà 10 ans que ça dure. Et je n’ose pas vraiment y croire, mais j’ai très envie que ça dure encore un peu. Vous aussi, non ? 

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10 avril 2014

Pixies - Dimanche 6 Avril - Festival Lollapalooza Brasil (Interlagos - São Paulo)

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17h35 : Frank Black, Joe Santiago et David Lovering : Pixies ! Avec une nouvelle bassiste pour remplacer l'irremplaçable Kim Deal. Pixies ! Avec des nouvelles chansons pour nous faire croire / espérer que nous avons en face de nous un vrai groupe à nouveau. Des nouvelles chansons – qui figureront a priori dans le nouvel album (!) qui devrait paraître ces jours-ci - dans l'ensemble correctes, certaines même accrocheuses, mais nettement moins monstrueuses que les grands titres des années 90. Mais bon, l'intention est bonne, c’est plutôt sain de se remettre à composer et de ne plus être seulement un cover band de luxe de ses propres compositions... Et Pixies jouent plutôt bien ce soir leurs merveilles éternelles : Broken Face, Monkeys Gone to Heaven, Nimrod’s Son, Ed is Dead, Caribou, Holiday Song, Gauge Away etc. etc. Curieusement, ils feront l'impasse sur Debaser et sur Tame, et sur l’intégralité de « Bossa Nova », mais termineront un set de 1h10 avec un U-Mass puissant et un Planet of Sound qui me semble toujours aussi irrésistible, mais dont la violence radicale sembla passer au dessus de la tête du public,  qui avait - logiquement - surtout explosé sur les joyaux pop que sont Where Is My Mind et Here Comes your Man. Sinon, il n'y a toujours pas grand chose à voir sur scène, le groupe bougeant un minimum, et j'ai senti le manque de Kim Deal, ses sourires magiques, sa voix froissée qui faisait bien défaut aux choeurs, et sa basse ronde et joliment erratique. Mais bon, ce fut un beau set, marqué à mon avis par la guitare brillante de Santiago, un écho encore suffisamment excitant d'un groupe qui fut, voici 25 ans le plus radical - et novateur - de son époque.

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09 avril 2014

Ellie Goulding - Dimanche 6 Avril - Festival Lollapalooza Brasil (Interlagos - São Paulo)

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15h25 : Ellie Goulding, très attendue par toutes les ados présentes,  apparaît en maillot brésilien, et déchaîne logiquement les cris enthousiastes des minettes. Ellie n'a pourtant rien d'une pop star synthétique d'aujourd'hui. Elle ressemble plutôt à n'importe quelle jeune anglaise ordinaire, au physique ordinaire, sans charisme particulier, avec une bonne voix quand même. Sa musique, malheureusement, n'a rien de bien intéressant : de la pop r'n'b comme on n'appelle ça de nos jours, un peu plus rock certainement que la moyenne... Ellie ne sait pas trop danser d'ailleurs, mais elle a un tambour à côté d’elle pour s'occuper quand elle ne chante pas, elle a un groupe qui fait le show, des choristes pros et enthousiastes, et elle bénéficie de l'appui sincère du public. Du coup,  malgré la platitude terrible de sa musique, on arrive à ne pas s’énerver, et on s'ennuie juste doucement jusqu'aux 4 ou 5 derniers morceaux, un peu plus relevés. Le groupe s'amuse bien, c’est déjà ça, Ellie finit par quitter le maillot et apparaître en soutien gorge - délire général - puis agrippe une guitare pour faire un peu plus rock sans doute. Bon, ça commence à suffire au bout de 55 minutes. Et puis, bien sûr, nous sommes « le meilleur public qu'elle ait jamais eu de sa vie » ! Ben voyons... Un set réellement médiocre, qui n’avait rien à faire à l’affiche d’un festival comme Lollapalooza.

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05 avril 2014

"Sons of Anarchy - Saison 5" : peut-être une légère baisse dans l'une de nos séries préférées ?

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Les deux précédentes saisons de "Sons of Anarchy" étaient tellement réussies qu'on peut trouver légèrement plus faible cette cinquième livraison de la série américaine la moins "politiquement correcte" du moment. Cette fois, l'aspect "soap" inhérent au feuilleton - coucheries, jalousies, drames familiaux, amitiés trahies - semble prendre le pas sur les thèmes shakespeariens qui constituaient jusque là l'essence de "Sons of Anarchy", et surtout sur les manipulations sophistiquées qui en faisaient le sel. Même si l'excellence de la toute dernière partie de la saison lui permet de retrouver la grandeur passée, une poignée d'épisodes nous auront auparavant fatigués à force de faire du "sur place" avec des personnages prenant systématiquement les mauvaises décisions ou s'enferrant dans des mensonges qui semblent surtout nés de la fatigue des scénaristes. On pourra également trouver un peu rapide l'évolution du personnage de Jax vers une monstruosité que les précédentes saisons ne laissaient pas entrevoir, et déplorer des excès d'une violence un peu plus graphique qu'auparavant. Tout ceci reste néanmoins de légers bémols à apporter à notre évaluation d'une série trop sous-estimée malgré son originalité et sa force.

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03 avril 2014

"Forever Halloween" de The Maine : encore un groupe brillant injustement méconnu en France...

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Est-ce parce que leur power pop - qui louche d'ailleurs souvent vers le "classic rock" - est très américaine que l'Europe, et la France en particulier - ignore obstinément The Maine, jeune groupe au talent pourtant éclatant ? Enregistré "live" en analogique pur, ce qui ne se fait plus depuis longtemps, mais s'entend clairement, "Halloween Forever" aurait tout pour être le disque de la révélation : des mélodies solides et accrocheuses, des paroles certes encore un peu "ados" (le groupe est jeune, très jeune même) mais plutôt fines, un chanteur compétent à la voix remarquable, et même une pochette assez brillante, il faut bien le dire. Mais c'est surtout cette impression de sincérité indolente et juvénile qui distingue "Halloween Forever" de la masse de la production discographique actuelle, et fait que, malgré ses limites évidentes - il est vrai que tout cela sonne très "classique" -, il n'a guère quitté notre platine au cours des dernières semaines. Chaudement recommandé.

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30 mars 2014

Séance de rattrapage : "Cloud Atlas" de Lana & Andy Wachowski / Tom Tykwer

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Les Wachowski et Tom Twyker faisant un film ensemble ? Belle association de héros du passé, devenus nouveaux has beens ! Et si "Cloud Atlas", tout-à-fait monstrueux formellement, est une parfaite synthèse entre les visions révolutionnaires de la fratrie de "Matrix" et "V for Vendetta" et les obsessions (le temps, le hasard, etc.) du réalisateur de la Princesse et le Guerrier, le vieux fan trouvera bien des raisons de s'en réjouir. L'ambition du projet - aussi magnifique visuellement que difficile à suivre, avec son hyper-fragmentation du récit -, l'élégance de la mise en scène, à la texture véritablement musicale (sans doute la touche Tykwer...), et la réussite de nombre de scènes qui touchent au sublime, aideront sans nul doute le spectateur à pardonner la philosophie (?) indigeste qui tient lieu de thème au film ("Tout est lié" ? Ben, voyons !), et les excès de maquillage d'une petite troupe d'acteurs auxquels on a demandé de jouer une multitude rôles : ce qui semblait une bonne idée - illustrer les échos entre personnages vivant à différentes périodes en utilisant le même acteur - se retourne contre le film, le spectateur passant beaucoup de temps à essayer de reconnaître les stars incroyablement grimées... La palme revenant à Hugh Grant méconnaissable ! Au final, grâce à une dernière heure convaincante, "Cloud Atlas" s'ajoute à la liste des grands films malades, des échecs finalement plus passionnants que bien des réussites plus conventionnelles.

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