Le journal de Pok

27 janvier 2021

"Criminal : France" de George Kay et Jim Field Smith : et du côté des franchouillards...

Criminal France Affiche

On avait été séduits par le concept de "Criminal" dans sa déclinaison britannique, beaucoup d'ailleurs par la grâce d'une interprétation généralement magistrale, et par l'attention portée aux personnages, qui aidait largement à oublier certaines facilités scénaristiques créant des retournements de situation un peu trop commodes.

L'idée - originale il est vrai - de George Kay et Jim Field Smith était de décliner le même mécanisme dans plusieurs pays européens : Allemagne, Espagne et France, en utilisant le même décor - ce qui surprend au départ, mais fonctionne finalement bien, prouvant par la même que notre monde est devenu vraiment largement indifférencié -, mais en laissant des "locaux" apporter leurs sujets. Et c'est là, finalement, que se niche le plus intéressant du projet, même si cet effet est peut-être largement involontaire. Car ce qui ressort étonnamment de ces trois premiers épisodes "français", ce sont bien des préoccupations FRANCAISES : premier épisode sur l'attentat du Bataclan (un peu dur à avaler pour moi, ça ne m'a pas mis dans le bon état d'esprit pour la suite...) et spécifiquement les faux témoignages ; second épisode mettant en scène la haine bien franchouillarde de l'entreprise et des entrepreneurs, avant de basculer dans une sorte de réconciliation autour de... l'amour ; troisième épisode, la violence contre les homosexuels. Radiographie donc des problèmes sociétaux qui excitent les Français, "Criminal : France" nous peint un pays où les conflits de hiérarchie - la haine des "chefs" - et de pouvoir gangrènent même le professionnalisme des policiers : pas beau à voir !

Le gros problème de "Criminal : France", ce n'est même pas les (grosses) ficelles des scénarios, c'est plutôt une interprétation globalement à la ramasse du côté de l'équipe des policiers : jamais crédibles, régulièrement faux (Laurent Lucas est particulièrement mal à l'aise et insupportable !), les acteurs nous déconnectent régulièrement de ce qui pourrait fonctionner dans les histoires qui nous sont racontées : en face, Sara GiraudeauNathalie Baye et surtout Jérémie Renier, excellent comme toujours, ne déméritent pas.

 

 

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26 janvier 2021

Retour sur quelques albums écoutés mais non chroniqués en 2020 : "Vie Etrange" de Dominique A

vuie étrange

Comment expliquer la (petite) déception que fut en 2020 la parution de "Vie Etrange", alors que 4 des 10 titres de cet album ne sont rien d'autre que le sublime - je pèse mes mots - EP "le Silence ou tout comme" (avec lequel "Vie Etrange" partage d'ailleurs, étrangement, oui, la même pochette, très réussie dans sa manière très simple d'évoquer ce que fut notre réaction au premier confinement, en mars...) ?

Eh bien tout simplement parce que les 6 titres ajoutés par Dominique A sont loin de s'élever à la même hauteur : retour à une acoustique plus "classique" après l'électronique raide et bricolée du EP, léger relâchement de cette tension (du premier confinement ?) qui avait contribué à une sensation d'écouter un enregistrement réellement exceptionnel, et sans doute, moins d'inspiration aussi. A part le magnifique "les Eveillés", les autres titres sont bien, mais plus anecdotiques, et surtout clairement moins "sur le fil du rasoir".

Alors, "Vie Etrange", un album médiocre de Dominique A ? Bien sûr que non, on reste dans la droite ligne de "la Fragilité", c'st-à-dire dans une indéniable excellence de la chanson Rock française. Mais disons que, pour 2020, on préférera se souvenir du choc esthétique et émotionnel qu'aura été "le Silence ou tout Comme".

 

 

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25 janvier 2021

"The Crown - Saison 4" de Peter Morgan : la légende de Lady Di et les années Thatcher...

The Crown S4 poster

La nouvelle saison de "The Crown" était, forcément, la plus attendue de toutes, parce qu’avec l’entrée en scène de l’idole globale que fut Lady Di, ainsi que de Margareth Thatcher, monstre politique qui marquera son époque autant que Sir Winston Churchill la sienne, The Crown touchait cette fois à deux mythes quasi-contemporains, et que, par conséquent, le pari des showrunners devenait sensiblement plus risqué… Et il faut bien admettre que Gillian Anderson semble souvent trop dans l’effort, tant elle cherche, peut-être pénalisée par l’absence d’une vraie ressemblance physique, à trouver la vérité du personnage de Thatcher dans l’imitation de sa voix, de ses expressions, de sa gestuelle et de ses poses. Le même reproche peut être fait à Josh O’Connor, qui semble beaucoup moins à l’aise en Prince Charles que dans la saison précédente, avec ses regards fuyants et sa tête toujours baissée (… même si l’on veut bien admettre que la personnalité troublée et trouble du Prince justifie cette rigidité alarmante !).

A l’inverse, le choix de la quasi-inconnue Emma Corrin pour interpréter la Princess of Wales est une formidable réussite, tant la jeune femme irradie en permanence une lumière éblouissante et justifie pleinement à l’écran le culte universel que suscita dans la réalité la jeune princesse. Les 4 épisodes (seulement !) centrés sur elle (Episode 2 : "The Balmoral Test" ; épisode 3 : "Fairytale" ; épisode 6 : "Terra Nullius", et dans une moindre mesure l’épisode 9, "Avalanche"…) sont des réussites majeures, conjuguant éblouissement et douleur devant les souffrances d’une jeune femme aussi brillante, littéralement broyée par le comportement de son mari et par l’indifférence presque criminelle de la famille Windsor. La série s’élève alors à de telles hauteurs d’intelligence et de classe qu’on souffre un peu lorsque, à chaque fois, l’épisode suivant nous oblige à quitter l’intimité de Diana Spencer pour explorer d’autres aspects de l’histoire de la monarchie anglaise.

C’est la guerre

Certains ont regretté aussi que la série n’analyse pas plus l’impact socio-économique du leadership Thatcher sur la Grande-Bretagne, mais on veut bien admettre que ce n’est pas là le sujet central de The Crown. Et on leur rétorque que ce qui est montré de Margareth Thatcher est déjà singulièrement accablant : son mépris pour les classes laborieuses, paradoxalement combiné avec une haine sauvage envers l’aristocratie, son indifférence vis-à-vis de la misère qui s’étend sur le pays, la violence avec laquelle elle a lancé le pays dans la Guerre des Malouines (même si, en face, la junte des généraux tortionnaires argentins méritait bien cette leçon !), son racisme profond, exprimé sans réserve vis-à-vis des leaders des pays du Commonwealth, son indéboulonnable certitude en ses choix, même contre tout le reste du gouvernement… tout est bien ici, bel et bien montré, jusque dans le fait qu’Elizabeth, toute traditionnelle qu’elle soit, et confinée à son rôle sans autorité aucune, ne puisse plus supporter sa First Minister (voir le formidable huitième épisode 48 :1, grand moment d’abjection politique !).

La saison se referme de manière intense par un dernier épisode, le bien nommé "War", qui concentre en 54 minutes deux crises majeures : la rébellion des députés conservateurs contre Thatcher qui conduira au départ anticipé de celle-ci, et la véritable – et terrible – déclaration de guerre (et de haine !) du Prince Charles à son épouse, qui va entraîner les évènements dramatiques que l’on a encore en mémoire. Préparons-nous donc psychologiquement à la cinquième saison… qui, l’année prochaine, devrait a priori à nouveau opérer un remplacement des acteurs dans certains rôles principaux…

On en tremble à l’avance !

 

 

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24 janvier 2021

"Garderie pour Petiots (Donjon Parade niveau 6)" de Sfar / Trondheim / Nesme : Gags bêtes et méchants + splendeur graphique...

Garderie pour Petiots couverture

Au sein du "Donjon", la « série Donjon Parade » a toujours constitué le maillon faible de l’univers protéiforme – et de plus en plus assumé comme tel avec les nouvelles séries « Antipodes » - créé par Sfar et Trondheim : limités dans leurs ambitions (« des histoires humoristiques » situées entre les Tomes 1 et 2…), déclinés dans un format un peu bâtard de 32 pages seulement, peut-être plus destinés à la jeunesse, les 5 premiers tomes de "Donjon Parade" ont été sans doute ceux qui ont le moins marqué notre imaginaire, et que l’on s’est le plus empressés de ranger dans notre bibliothèque, sans envisager particulièrement de jamais les relire.

On aurait presque envie de dire que "Garderie pour Petiots" (le titre, déjà…) connaîtra le même destin, avec son scénario qui ne casse pas trois pattes à Herbert (pardon, à un canard), assemblage de gags moyens et de passages gore bien dans la tradition, à partir d’une histoire sans grande originalité. Sauf qu’il est difficile de ne pas s’arrêter sur le dessin réellement somptueux d’Alexis Nesme, qui nous donne envie de ralentir notre relecture pour savourer ses créations superbes, qui viennent ajouter une sorte de « chair » à l’univers parodique du Donjon.

Du coup, si l’on rira de bon cœur devant des gags puérils, voire bien « bêtes et méchants » grâce à l’apparente détestation des enfants ici véhiculée (ces « petiots » sont non seulement insupportables, mais ils sont aussi de parfaites ordures !), il y a fort à parier qu’on retiendra surtout de ce sixième (et dernier, aimerait-on espérer) volume de "Donjon Parade" la magnificence de sa mise en image.

Si l’on avait le droit de voter quant aux futurs collaborateurs de Sfar et Trondheim, on aimerait qu’ils remettent Nesme au boulot sur un livre plus ambitieux, plus métaphysique même peut-être.

Garderie pour Petiots Extrait

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23 janvier 2021

"Fargo - Saison 4" de Noah Hawley : black killers matter !

Fargo S4 affiche

Surprenant "décrochage" opéré par Noah Hawley pour sa formidable série "Fargo" : la quatrième saison prend place à Kansas City, loin de Fargo donc - qui sera quand même évoqué dans l'histoire - et retrace l'évolution de la mafia locale pendant les années 50. D'abord d'origine juive, puis irlandaise, et enfin italienne - au rythme des immigrations -, cette dernière organisation confrontée à une tentative de mise en place d'une organisation concurrente afro-américaine -, le crime organisé local va évidemment passer par nombre de péripéties sanglantes - et un tantinet absurdes, "Fargo" restant "Fargo"...

On appréciera, logiquement, ce parti pris "politique" de Hawley, à un moment où l'Amérique s'interroge sur la reconnaissance de la place de la population afro-américaine dans la société : et pourquoi les opprimés ne seraient-ils pas des gangsters aussi crédibles et professionnels que les blancs, on vous le demande ? Dans l'un des rôles principaux, Chris Rock s'avère particulièrement convaincant d'ailleurs, plus en fait que son homologue "italien", joué avec un peu trop de fantaisie sans doute par Jason Schwartzman.

Même si le contexte et le scénario sont assez différents de ce à quoi "Fargo" nous a habitué dans ses trois premières saisons, on retrouve suffisamment du même humour à la fois décalé et cruel pour ne pas perde totalement ses marques, en dépit d'un certains nombres de codes régissant les guerres des gangs qui semblent inchangés depuis "le Parrain" de Coppola.

Le plus intéressant de cette saison, si l'on excepte un magnifique épisode 9, très formaliste avec son image en Noir & Blanc, qui est un pur hommage au style et aux thèmes des Frères Coen, c'est peut-être en fait le personnage de l'infirmière psychopathe superbement interprétée par une Jessie Buckley qui, entre caricature déjantée et déviance inquiétante, confirme la très forte impression qu'elle nous avait déjà laissée dans "Je veux juste en finir" : le plaisir qu'on retire encore une fois de "Fargo" lui doit beaucoup.

 

 

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22 janvier 2021

"La Transgression selon David Cronenberg" de Fabien Demangeot : redéfinit notre rapport au monde...

Couv-La-Transgression-selon-David-Cronenberg

David Cronenberg a été sans aucun doute l’un des cinéastes, non, l’un des artistes les plus influents de sa génération : ses films ont marqué au fer rouge l’imaginaire du public, qui les jugeait généralement insoutenables. On entendait régulièrement de longs gémissements s’élever dans les salles de cinéma, lorsque Cronenberg demandait par exemple à ses spectateurs d’accepter la vision d’instruments d’obstétriques pour utérus trifides ("Dead Ringers"), de la chute des ongles et des oreilles d’un corps en mutation ("The Fly"), ou de la traite (la masturbation) de créatures extraterrestres pour recueillir leur précieux fluide apprécié comme drogue ("The Naked Lunch"). Sans images gore, sans effets de mise en scène, Cronenberg touchait aux limites du supportable : dans sa réflexion sur les mutations du corps, du cerveau, et dans son rejet de plus en plus extrême de toute morale, voire de toute psychologie, il bousculait ce qui était – et redevient d’ailleurs de plus en plus – commodément admissible sur un écran, et nous forçait à affronter nos pires craintes ou nos fantasmes les plus honteux.

Bien entendu, cette approche quasi iconoclaste – même si Cronenberg n’a jamais été, paradoxalement, un cinéaste provocateur – lui valut une avalanche d’analyses, et donc articles et ouvrages érudits se sont multipliés, tentant, non sans d’ailleurs quelque difficulté, de faire le point sur la « pensée cronenbergienne » (on se souvient par exemple du formidable "Entretiens avec David Cronenberg" de Serge Grünberg). Et puis le temps a passé, Cronenberg a effectué un étonnant virage à partir de "History of Violence" vers un cinéma plus mainstream, même si bon nombre de ses thématiques ont continué à survivre, comme une sorte de bruit de fond inquiétant, derrière des scénarios plus convenus. On pourrait presque dire qu’il a été oublié, et il est plus beaucoup fréquent d’entendre les jeunes cinéphiles d’aujourd’hui célébrer des cinéastes qui lui furent contemporains comme De Palma ou comme Carpenter que Cronenberg. La publication de "La Transgression selon Cronenberg", remarquable essai de Fabien Demangeot, enseignant et journaliste, arrive à point nommé pour nous rappeler et l’importance de ce réalisateur littéralement génial, ainsi que l’impact qu’il eut sur nous qui eûmes la chance de découvrir ses œuvres, une par une, à leur sortie en salle (et qui oublierait le scandale que provoqua la célébration à Cannes de son incroyable "Crash" ?).

Il n’est pas certain que Demangeot apporte quoi que ce soit que nous n’ayons « jamais lu » à propos de Cronenberg, mais son ouvrage a l’immense mérite de faire un point exhaustif sur les différentes analyses, en structurant les thématiques cronenbergiennes autour de 3 pôles : transgressions corporelles, transgressions sexuelles et transgressions psychiques (… même si la frontière n’est jamais aussi nette que ça entre ces trois différents domaines !). Il présente aussi l’intérêt d’intégrer les œuvres récentes du réalisateur, par la force des choses absentes des analyses des années 90-2000 : il est particulièrement passionnant de retrouver dans "Cosmopolis" ou dans "Maps to the Stars" des échos souterrains de la pensée de Cronenberg, et de réaliser que, oui, il y a bel et bien une continuité indéniable dans son œuvre.

S’il est néanmoins un aspect surprenant, décevant peut-être, dans "La Transgression selon David Cronenberg", c’est l’absence d’une approche plus « cinématographique » du sujet : nulle prise en compte par Demangeot de l’art de la mise en scène chez Cronenberg – pourtant régulièrement saisissant, en particulier en ce qui concerne sa fameuse approche de « film-cerveau » brouillant la perception du spectateur, ainsi que son talent pour déshumaniser – refroidir ? – les situations qu’il décrit. On aurait aussi apprécié une réflexion sur l’étonnant choix (et donc la direction) des plus grands acteurs cronenbergiens – James WoodsJeremy IronsPeter Weller… – étonnants doubles physiques de l’auteur.

Ce sera peut-être pour un prochain ouvrage, que l’on espère aussi passionnant – et troublant bien entendu – que celui-ci ?

 

 

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21 janvier 2021

"Walking Dead - Saison 10" d'Angela Kang : l'éternel retour des morts-vivants...

Walking Dead S10 poster

Alors que la dixième saison de l’une des très rares séries modernes vétéranes encore « en activité », The Walking Dead, s’est bouclée sur un seizième épisode retardé de près de 6 mois pour cause – ironie du sort – de pandémie globale, il est temps de faire le point. Si l’on ignore la partie de la population terrestre indifférente aux séries TV – des résistants dont le nombre décroit régulièrement – on peut clairement distinguer pour Walking Dead la horde des vrais fans – prêts à défendre à coups de morsures bien infectées leur série préférée, qui a en effet été l’une des plus regardées sur la planète – des autres, qui se sont peu à peu désintéressés d’une œuvre qu’ils estiment archi-commerciale, clairement peu ambitieuse, et dont la qualité générale (de narration, de mise en scène, d’interprétation) s’est avérée pour le moins variable – en restant gentils – au cours des 10 années s’étant écoulées depuis cette fameuse première saison, dirigée par Frank Darabont, qui avait à son époque causé un gros buzz.

Si le départ précipité de Darabont avait tout de suite généré des interrogations sur Walking Dead, les saisons 3 à 6 avaient réussi à continuer sur l’élan acquis, grâce à l’entrée en lice de personnages réellement iconiques, comme Michonne (Danai Gurira) ou Darryl (Norman Reedus), deux incontournables qui auront vaillamment soutenu la série, bon an mal an, sur leurs robustes épaules… Deux « nouvelles stars » qui auront réussi à compenser la faiblesse du personnage principal, Rick Grimes, talon d’Achille de Walking Dead, combinant pas mal de tares : d’un côté le manque de charisme redoutable de l’acteur Andrew Lincoln, de l’autre des variations psychologiques difficilement défendables (l’un des problèmes graves de l’écriture de Walking Dead, pour nombre de personnages, en fait).

Suivant l’adage de l’oncle Hitch, Walking Dead n’aura jamais été meilleur que son « bad guy », et il faut bien reconnaître que les sommets de la série ont toujours coïncidés avec le charisme maximal des grands antagonistes au groupe de survivants dont nous suivons la progression – ou plutôt le sur-place : le premier a été le formidable Governor (David Morrissey, impeccable, en particulier dans une remarquable Saison 3), puis est apparu le grand Negan – son perfecto et sa batte de baseball iconique -, à l’occasion de l’une des scènes les plus mémorables de tous les temps en fin de saison 6. Mais le charisme indiscutable du personnage s’est peu à peu dilué, à force de sur-jeu et de maniérisme de la part d’un Jeffrey Dean Morgan en roue libre avec ses mimiques clownesques… On a pataugé au long des désastreuses saisons 7 et 8, jusqu’au véritable « breakthrough » de la neuvième saison, qui a vu, suite à un changement radical de l’équipe aux commandes, l’apparition de la magnifique Samantha Morton dans le rôle d’Alpha, la leader impitoyable des Chuchoteurs, et le retour concomitant de Walking Dead à une certaine qualité.

Car les problèmes récurrents de la série ont toujours été sérieux : au-delà d’une écriture erratique des personnages, le thème de fond – qui est celui du comic de Robert Kirkman dont est inspirée Walking Dead – est quand même limité : en gros, on nous répète que « l’homme est un loup pour l’homme », et qu’une fois la société effondrée, le vrai danger viendra de l’autre), et, au bout de dix ans, cela ne surprendra plus personne. On y ajoute un point de vue assez nauséabond – Tea Party et NRA, extrême-droitiste si l’on veut – sur la nécessité du port d’armes et les bienfaits d’une justice expéditive « façon Wild West » pour préserver l’Amérique de cet « Autre », monstre forcément répugnant. On déplore aussi la propension des scénaristes à accumuler des problèmes psychologiques sans fin et à enfiler en de longs tunnels accablants des discussions oiseuses entre les protagonistes. On relève enfin l’insistance à filmer de façon très laide des paysages grisâtres et uniformes de forêts et de champs indifférenciés, aggravée par l’incapacité à bien mettre en scène des scènes de combat répétitives contre nos chers zombies (impeccablement caractérisés, eux, et c’est là l’un des vrais points forts de la série) : il faut bien admettre qu’il y aura eu longtemps peu de raisons valables de perdre son temps devant Walking Dead.

Et puis, et puis… voilà que l’on nous propose cette dixième saison, où toutes les pendules semblent avoir été remises à l’heure : après une introduction de 3 épisodes encore un peu flous, on nous raconte enfin une histoire intéressante – ces infiltrés de part et d’autre, ces surprises et ces révélations qui témoignent d’un véritable scénario, écrit pour impliquer émotionnellement les téléspectateurs -, on nous fait enfin vibrer à nouveau pour les personnages. Walking Dead est redevenu amusant, effrayant et même parfois palpitant : l’enchaînement des excellents épisodes 10, 11 et 12 est ce que l’on a vu de mieux depuis des années, et la bataille finale (Burning Down the House ! Merci de la part des fans des Talking Heads !) remarquable de tension en dépit des effets digitaux discutables de la dernière scène.

On nous a promis à partir de fin février, pour patienter avant une onzième saison qui devrait boucler la saga, 6 épisodes décrivant les parcours individuels des personnages-clé de la série. La rumeur bruisse sur le Net à propos de spin-offs possibles qui iraient explorer le monde de Robert Kirkman dans d’autres genres, en particulier sur le mode comique. Bref, on est loin d’en avoir terminé avec The Walking Dead, et on n’a pas fini de trembler… pour de bonnes mais aussi de mauvaises raisons…

En tout cas, nous, on a bien aimé cette dixième saison, c’est toujours ça de pris !

 

 

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20 janvier 2021

"Drunk Tank Pink" de shame : crise d'identité

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« Now what you see is what you get, / I still don’t know the alphabet » (Maintenant, ce que vous voyez est ce que vous avez, / je ne connais toujours pas l’alphabet)… Les premiers mots de "Alphabet", l’introduction provocatrice du second album de shame, ne pourraient guère être plus mensongers… car il va être clair au long des 11 morceaux de "Drunk Tank Pink" qu’on passe cette fois à des choses bien plus compliquées, et n’ayons pas peur de le dire, bien plus « intelligentes » que ce que contenait le brûlot intraitable – et peut-être excessivement fatigant, en tout cas c’est notre avis – du premier album, "Songs of Praise". Oui, comme ce fut le cas l’année dernière avec Fontaines DCshame va nous prouver qu’ils ont de la profondeur.

Non pas, rassurons-nous, que les « lads » aient décidé de faire les malins, ce n’est pas le genre de la maison, heureusement. C’est plutôt la fermeture du pub qui était comme « la maison » du groupe – l’effet Covid19 -, la fatigue résultant d’une intense activité scénique désormais interrompue, et, peut-être, même si les membres du groupe ne le formulent pas ainsi, de l’inévitable – et redoutable -maturité qui arrive, et qui génère son lot habituel de questions existentielles… Ce que semble confirmer le chanteur du groupe, Charlie Steen : « Le thème commun lorsqu’on se retrouvait avec les potes, c’était cette crise d’identité que tout le monde vivait », explique-t-il. « Personne n’a aucune idée de ce qui se passe, bordel ! ».

Si l’on considère que le problème fondamental du mouvement actuel étiqueté « post punk », c’est on le sait, ce sentiment qu’il dégage la plupart du temps de jeunes gens, certes sincères, mais surtout occupé à répéter les inventions, les intuitions géniales de prédécesseurs qui pourraient être – et sont, bien souvent – leurs parents. Finalement, aimer (et reproduire) la musique de gens aussi « géniaux » que Joy Division ou le Clash n’est certainement pas une tare, à condition de ne pas en rester là.

"Nigel Hitter", sur des guitares que ne renierait pas Andy Partridge, s’apparente à une déclamation funky qui renvoie aussi bien aux Talking Heads qu’à l’underground new-yorkais actuel. En introduisant dans l’album à la fois des synthés et une atmosphère d’émeute festive, il prouve que shame s’est ouvert sur le monde, et sur d’autres musiques. "Born in Luton" poursuit dans le même registre musical, cette fois pour une sorte de descente aux enfers émotionnelle, sans doute répandue dans notre univers quotidien de plus en plus pré-apocalyptique : « I’ve been waiting outside for all of my life / And now I’ve got to the door there’s no one inside / When are you coming back? » (J’ai attendu dehors toute ma vie / Et maintenant que je suis arrivé à la porte, il n’y a personne à l’intérieur / Quand est-ce que vous revenez ?). L’angoisse existentielle – même si elle est rejetée avec humour par le groupe, qui prétend miser sur le « rose » de la vie – nous prend aux tripes.

"March Day" est encore plus clairement sous influence XTC, mais la fantaisie et l’énergie déployées dissimulent encore un sérieux malaise : « Close my eyes / Take the pills / Now all I do is just lie still » (Je ferme les yeux / je prends les pilules / Maintenant, tout ce que je fais est rester immobile). Le phrasé ironique et agressif de Charlie Steen sur l’excitant "Water in the Well" peut évoquer The Fall, mais avec le même savoir-faire pour mettre le feu aux poudres que dans le premier album : registre émotionnel différent, musique différente, certes, mais shame reste shame.

"Snow Day" termine la première face de l’album par une déclaration / déclamation impressionnante sur un fond vaguement jazzy, déconstruit, qui peut évoquer tour à tour le travail de Baxter Dury et de The Streets. Pourtant, les 5 minutes et demie de "Snow Day" restent fondamentalement rock, rassurez-vous, grâce en particulier aux roulements de batterie continus de Charlie Forbes qui évoquent l’héritage de Keith Moon, et grâce à une conclusion des plus intenses, et, cette fois, pleine d’espoir et de positivisme : « And I’m not looking for anything / Well not really / You see I know what I need / I just haven’t got it yet / Well I just have to close my eyes / And I can almost taste it / The fresh of air of freedom / I just have to close my eyes / And then I fall to you… » (Et je ne cherche rien / Enfin pas vraiment / Tu vois je sais ce dont j’ai besoin / Je ne l’ai pas encore / Et bien je dois fermer les yeux / Et je peux presque le goûter / l’air frais de liberté / Je dois juste fermer les yeux / Et puis je tombe vers toi…).

Mais le meilleur reste à venir : "Human for a Minute" est sans doute le plus beau morceau de l’album, celui où shame choisit le plus clairement une nouvelle forme musicale, celui en tous cas où les influences sont les moins sensibles : il y a une mélodie, il y a une ambiance planante, il y a un texte, Charlie Steen crie moins et chante plus. Et bien. « I never felt human before you / I never felt human before you arrived / And I’m half the man I should be / Can’t you see » (Je ne me suis jamais senti humain avant toi / Je ne me suis jamais senti humain avant ton arrivée / Et je suis la moitié de l’homme que je devrais être / Est-ce que tu le vois ?) : le décollage final de la chanson, presque lyrique, est superbe. Et suggère que shame pourrait être demain un grand groupe.

Bon, comme « il faut pas déconner, les mecs ! », la déflagration punk de "Great Dog" ressemble furieusement à une manière un peu facile de se réhabiliter après avoir été un peu trop… sérieux… ! Et il faut quand même avouer que ça fait du bien ! On s’imagine bien pogoter au Bataclan en novembre prochain en gueulant : « I take another walk with you » quoi que ce soit que Charlie veuille dire à ce moment-là !

"6/1" est une imprécation d’autant plus redoutable qu’elle verbalise l’état de confusion mentale dans laquelle chacun d’entre nous est susceptible de se trouver en 2021 : « Cause I love what I hate / And I hate what I love / And I hate myself but I love myself » (Parce que j’aime ce que je déteste / Et je déteste ce que j’aime / Et je me déteste mais je m’aime). Touché ! Et "Harsh Degrees" continue sur le même sujet, avec un degré d’intensité encore supérieur, si c’est chose possible : Steen ne plaisantait pas en parlant de « crise d’identité ».

"Drunk Tank Pink" se conclut superbement par les près de 7 minutes de "Station Wagon", qui tient à la fois de la rumination consternée (« Happiness is only a habit and if that’s true then I’m habitually dependant on something I cannot control / Something I cannot touch, taste or tamper with / But nobody said this was going to be easy » – Le bonheur n’est qu’une habitude et si c’est vrai alors je suis habituellement dépendant de quelque chose que je ne peux pas contrôler / Quelque chose que je ne peux pas toucher, goûter ou modifier / Mais personne n’a dit que ça allait être facile…) et du chant d’espoir. Entre consternation devant l’absurdité de l’existence et optimisme naturel de la part de jeunes gens dont la vie ne fait que commencer, shame ne choisit pas. Ne veut pas choisir.

Comme chez les collègues de IDLES, l’album ne peut que se terminer dans un bruit abstrait : les rythmes binaires accélérés du Punk Rock sont impuissants à peindre le monde d’aujourd’hui, et le fait que shame sache aussi élégamment faire son deuil de son héritage pour affronter un futur incertain est une excellente nouvelle.

 

 

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19 janvier 2021

"Brassic - Saison 1" de Daniel Brocklehurst et Joseph Gilgun : Shetland spotting...

Brassic S1 affiche

Il faut bien admettre que "Brassic" commence assez mal : les deux premiers épisodes racolent sur le terrain bien stérile du regrettable "Trainspotting", avec moins de talent et de moyens. On sait bien qu'il ne manque pas de téléspectateurs prompts à se réjouir devant le spectacle souvent déplorable offert par une bande de bras cassés confrontés aux résultats de leur nullité, mais ce genre de "franche rigolade" épuise bien vitre notre bienveillance. Et là, ô joie, à partir du troisième épisode, quelque chose se passe : soit les responsables de la série ont réalisé qu'ils allaient vite tourner en rond, soit depuis le début, ils avaient un plan, qui avait toujours été d'enrichir leurs blagues douteuses de potaches de ce vieux fond de réalisme social et d'émotion "populaire" qui a toujours été le vrai fond de commerce du cinéma anglais.

A partir de là, avec bien entendu des hauts (vraiment hauts) et des bas (pas trop bas), "Brassic" a trouvé le ton juste : les personnages acquièrent une vraie profondeur - et en particulier Vinnie, le protagoniste central (interprété par Joseph Gilgun, co-créateur de la série), qui s'avère bien plus complexe que l'on pensait au début -, et le contexte social, voire politique d'une Angleterre de plus en plus dévastée par la pauvreté, d'un monde dont il devient de plus en plus difficile de se sortir, devient prégnant. On rit finalement plus devant les mésaventures de cette jeunesse perdue dont l'énergie est celle du désespoir, quand on saisit combien cette "punk attitude" est reflet nihiliste d'un vrai sentiment de "no future", bien plus cruel aujourd'hui qu'il y a cinquante ans.

Mais c'est quand Brocklehurst et Gilgun se frottent franchement à l'absurde que leurs plaisanteries nous touchent le plus, comme dans le délirant et magistral cinquième épisode, qui atteint un niveau d'excellence qu'on n'aurait pas cru possible en débutant le visionnage de "Brassic".

PS : à noter aussi la surprenante participation à cette sombre affaire de Dominic West, hilarant en psychologue déviant !

 

 

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18 janvier 2021

"Welfare Jazz" de Viagra Boys : la seconde petite pilule blues...

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Rappelons quelques faits, dans la mesure où nous allons chanter les louanges d’un groupe qui n’est pas encore très connu : Sebastian Murphy, natif de San Francisco, s’est exilé en Suède et y a formé Viagra Boys en 2015 : un nom de groupe gentiment provocateur, peut-être parce que le but de cette musique est, comme pour la célèbre pilule bleue, de provoquer en nous une excitation quasi incontrôlable ! Depuis sa création, le groupe s’est construit une solide réputation sur scène, même si l’étiquette post-punk, qui lui a été collée pour être « à la mode », ne lui rend absolument pas justice, et risque au contraire d’en détourner un public peu attiré à l’idée de voir répétées ad nauseam les formules inventées dans les années 80.

Après "Street Worms", publié en 2018, "Welfare Jazz" continue largement dans la même veine : une ambiance disco déglinguée, avec des vagissements d’un saxo pas très virtuose, du faux punk rock biberonné au blues et traversé d’électronique désaxée, sur une basse bourdonnante ; une voix qui va-et-vient en permanence entre ironie provocatrice et sincérité bouleversante ; des textes tantôt chantés, tantôt parlés, qui célèbrent les exclus, les miséreux, les rejetés… ; et, un peu comme chez Fat White Family, le sentiment d’un véritable danger qui rôde derrière cette musique fortement déséquilibrée.

« You can have me if you want me / All I need is a little strip money / I need a place for all the shit in my closet / I need a place to put all my electronics / I Ain’t nice » (Tu peux m’avoir si tu me veux / Tout ce dont j’ai besoin, c’est un peu de blé pour te faire un strip-tease / J’ai besoin aussi d’un peu de place pour toute ma merde dans un placard / J’ai besoin d’un endroit pour mettre tous mes appareils électroniques / Je ne suis pas gentil…) : l’intro belliqueuse mais cyniquement drôle de "Ain’t Nice" nous a rappelé un court instant la méchanceté décalée des Stranglers de "Black & White", mais on préférera taire cette référence pour ne pas, justement, battre une fois de plus le rappel des grands groupes punks. En tous cas, Sebastian Murphy, tatoué des pieds à la tête, quelque part entre Shane McGowan – pour les abus en tous genres servant de moteur à sa musique – et Sleaford Mods pour la défense du prolo moyen, n’est pas revenu pour être sympa… même s’il va, et c’est là, la grande force de "Welfare Jazz", nous dévoiler également son cœur de manière proprement stupéfiante.

"Toad" nous rappelle sur un rythme boogie synthétique combien la masculinité toxique est facilement relayée par les clichés rock’n’roll : « Well, I don’t need no woman tellin’ me / When to go bed and when to brush my teeth / Girl, if you ain’t my mother, please don’t try to be ! » (Eh bien, je n’ai pas besoin qu’une femme me dise / Quand aller au lit et quand me brosser les dents / Ma fille, si tu n’es pas ma mère, n’essaye pas de l’être !). Derrière l’ironie maniée de main de maître par Murphy, il n’est pas difficile de reconnaître des positions politiques pas si loin éloignées de celles d’un IDLES, par exemple…

"Into the Sun" évoquera à certains d’entre nous les moments les moins sages de Tom Waits, suspendu de manière improbable entre tradition et modernité. "Creatures" décrit clairement sur un beat et une mélodie très synth pop des plus ironiques, le grand sujet des chansons de Viagra Boys, cette part de l’humanité que l’on ne veut plus voir : « Way down under the water / We don’t have jobs, yeah, we don’t bother / To pay our bills or go to work or get to places on time / Yeah, we just float around close to the bottom / Looking for scrap metal and cans and bottles / We are content with laying on our backs » (En bas sous l’eau / On n’a pas de boulot, non, on va pas d’embêter avec ça / Pour pouvoir payer nos factures ou devoir aller travailler ou se rendre à certains endroits à l’heure / Ouais, on flotte tout près du fond / À la recherche de vieille ferraille, de canettes etde bouteilles / On se contente de se coucher sur le dos…). Plus loin, le rapidement déjanté "6 Shooter" rappellera forcément les délires stoogiens de la "Fun House"…

L’une des nouveautés importantes de "Welfare Jazz", c’est que Sebastian Murphy se dit désormais « clean », ce qui nous donne, par exemple, un "I Feel Alive" très blues, avec un vrai supplément d’âme grâce à un texte d’une simplicité et d’une honnêteté saisissante : « Jesus Christ, I feel alive / Just last week I thought that I was gonna curl up and die / I tell you what, I feel alive / Oh, Jesus Christ, I wanna cry / I no longer wanna die » (Jésus-Christ, je me sens vivant / La semaine dernière, je pensais que j’allais me recroqueviller et mourir / Je vais te dire, je me sens vivant / Oh, Jésus-Christ, je veux pleurer / Je ne veux plus mourir).

"Girls & Boys" continue d’ailleurs dans le même registre bouleversant, adressant la question du genre avec une bonne dose de colère en plus, qui en fait peut-être le sommet émotionnel du disque : « They always try to tie me down / (Boys) / This fucked up world keep spinning round’ / (Girls) / But one day i’ma burn it down » (Ils essaient toujours de m’attacher / Ce monde complètement foutu continue de tourner en rond / Mais un jour je vais y foutre le feu…)

Et ces fameuses influences americana, dont parle régulièrement Murphy ? La fin de l’album les célèbre, d’abord avec le très beau "To the Country", où la voix prend des accents à la Johnny Cash… et ensuite dans une étonnante conclusion « country punk » :v"In Spite of Ourselves" est construit sur une structure traditionnelle de dialogue masculin-féminin, avec l’aide d’Amy Taylor de Amyl & The Sniffers… mais avec aussi une touche « de grossièreté et d’humour » bien particulière : « He ain’t been laid in a month of Sunday / I caught him once, and he was sniffin’ my undies / He ain’t too sharp, but he gets things done / Drinks his beer like it’s oxygen » (ça fait une éternité qu’il n’a pas tiré un coup / Je l’ai attrapé une fois en train de renifler mes sous-vêtements / Il n’est pas trop malin, mais il fait ce qu’il y a à faire / Il boit sa bière comme si c’était de l’oxygène). Et pourquoi pas ?)

La seule chose à ajouter est que nos Viagra Boys sont avant tout un groupe à apprécier sur scène : en 2021, sans perspective de tournée, où est-ce que ça les place ? Dans notre cœur, au moins ça c’est sûr !

 

 

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