Le journal de Pok

30 janvier 2023

"Nos Soleils" de Carla Simón : un éblouissant crépuscule

Nos Soleils affiche

Une famille d’agriculteurs en Catalogne se voit forcée d’abandonner les terres sur lesquelles elle cultive des fruits – principalement des pêches – du fait d’absence de documents de propriété officiels. Les arbres fruitiers seront remplacés par un parc de panneaux solaires, dont le père refuse la gestion que l’on veut lui confier. Pendant ce temps, les jeunes enfants de la famille jouent dans la nature et les adolescents ont les désirs et les frustrations typiques de leur âge.

C’est tout ? Oui, c’est tout. Pas de suspense jusqu’au dernier plan, inévitable qui nous brise pourtant le cœur, pas de drame spectaculaire, juste des colères, des brouilles, des réconciliations, des fêtes, des moments de bonheur aussi, d’autant plus précieux que l’on sait que tout changera, tout cela est appelé à disparaître.

Cette vie que l’on contemple, à travers les regards de chacun des membres de la famille, mais particulièrement des enfants, cette vie que l’on partage pendant 2 heures avec eux, est dure – on se casse littéralement le dos à cueillir les fruits, surtout quand on ne peut même plus payer les travailleurs africains migrants qui attendent qu’on les embauche. Dure, mais belle, vraie : la modernité est là, les chorégraphies des ados copiées sur Tik Tok, la techno pour les plus vieux, et bien entendu, ces fichus panneaux solaires qu’on arrache dans un geste de colère de la grange, mais qu’on remet parce qu’il faut bien l’éclairer, cette grange, quand même. Et la modernité, c’est aussi les prix de vente des fruits qui s’effondrent sous la pression de la grande distribution, et les manifestations inutiles mais qui permettent de crier sa colère.

Nos Soleils est un film que Carla Simón a réalisé en hommage à sa propre enfance au milieu des pêchers. D’ailleurs son titre original est Alcarràs, le nom d’un village proche de Lerida, parce qu’il est fermement ancré dans la terre catalane. C’est un film magnifique parce qu’il n’essaie jamais de nous montrer de belles images d’une Catalogne qui pourrait sembler idyllique sous le soleil… Si on avait seulement le temps de la regarder quand on travaille aussi dur.

Nos Soleils parle du travail, du vrai, qui disparaît, et donc du crépuscule d’une époque qui a été la nôtre. Et aussi de la famille traditionnelle qui vacille, comme vacille et s’attriste le grand-père qui voit bien qu’il n’y a plus moyen de transmettre quoi que ce soit, maintenant qu’on ne possède plus rien et que nos souvenirs n’intéressent plus personne.

Nos Soleils n’est pas un film militant, pas un film politique, ni un film psychologique. Il ne donne aucune leçon, ne conduit aucune réflexion. Il montre, et nous offre ce faisant une douce intimité avec des êtres humains qui ne sont jamais des « personnages », et encore moins des protagonistes d’une fiction qui serait leur vie, mais qui sont simplement nos frères et sœurs d’humanité.

En regardant Nos Soleils, en nous laissant emporter par le flux des jours qui passent, on peut quand même se demander si ce n’est pas ça, exactement ça, le Cinéma. Et si Carla Simón ne serait pas déjà, à son second film, une grande, une très grande cinéaste ?

Posté par Excessif à 07:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


29 janvier 2023

"TÁR" de Todd Field : une expérience...

Tar affiche

TÁR est un film des plus curieux. Il semble dénoncer les abus - sexuels entre autres - commis par les artistes quand ils ont atteint une position de pouvoir, mais il le fait à travers un personnage féminin manipulateur plutôt qu'en représentant le mâle ciblé par les campagnes #MeToo. Il rappelle qu'il convient de ne pas se priver des œuvres de génies parce que l'on considère que l'artiste lui-même a eu des comportements que l'on rejette. Il montre la puissance des réseaux sociaux quand il s'agit de dénoncer et faire cesser ce genre de dérives tout en mettant en avant que les fakes y pullulent. Il prône une démarche avant-gardiste dans l'art à travers le refus du status quo (respecté par ces "robots" dénoncés par "l'héroïne" de cette histoire) tout en représentant l'humiliation ultime de son personnage à travers son obligation pour vivre à cachetonner dans le cinéma pour geeks en Asie.

TÁR commence par le générique de fin. Il prend ensuite de longues minutes à décrire de manière extensive un interview et un cours à l'université, où l'on parle de musique, pour ne nous en faire entendre que beaucoup plus tard. A l'inverse, il accélère ce qui est a priori le sujet et le centre du film, la chute de la perverse narcissique : sabrant des scènes entières, nous privant de contexte, d'explications, nous laissant tâtonner dans le noir, Todd Field nous oblige à recomposer nous-même une réalité qui nous échappera toujours (... et ce faisant, nous prive du confort du jugement péremptoire). Il évacue de son récit tout pathos, toute émotion. Il privilégie des images sombres, des couleurs ternes. Il précipite son héroïne au milieu de cauchemars et son spectateur à travers des scènes de tension ou d'angoisse qui ne présentent pas de sens particulier. TÁR est un film qui ne ressemble à pas grand-chose d'autre, qui impose de véritables épreuves à son spectateur : pourtant, ses plus de deux heures et demie passent comme un souffle.

Ce cinéma-là a beaucoup de choses à nous dire, mais il le fait en nous parlant de tout et son contraire : la manipulatrice est-elle réellement un bourreau ? ses victimes ne sont-elles pas finalement ravies de se faire manipuler ? On touche là à des sujets quasiment tabous de nous jours ! Mais peut-être que le but ultime de Field est bel et bien de ne rien nous dire du tout, en fait.

Certains disent que la grande, belle et surdouée Cate Blanchett, idole lesbienne depuis le Carol de Todd Haines, alors qu'elle, nous semble-t-il, hétérosexuelle, y trouve son meilleur rôle : elle est impressionnante à chaque seconde du film, mais la cruauté et la froideur figurées à ce point sont-elles réellement mémorables ? TÁR est un film sur les violences sexuelles sans sexe ni violence, un film sur la musique idéal pour ceux qui n'aiment pas la musique. C'est un très grand film qui ne fera aimer le cinéma à personne.

On va botter en touche et dire qu'on a affaire à une véritable expérience artistique. Et que Todd Field est décidément un drôle d'oiseau !

Posté par Excessif à 07:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

28 janvier 2023

“Echo 3” de Mark Boal : du fil à retordre pour les héros US !

Echo 3 affiche

Combien de fois avons-nous déjà vu cette histoire d’un ou d’une Américain(e), ou d’un groupe, détenus en otages dans un pays hostile – en général au Moyen-Orient ou en Amérique Latine, deux régions du monde clairement identifiées par les US comme « ennemies » – que les forces armées US (officielles ou non) vont libérer grâce à l’avance technologique ou / et aux compétences extraordinaires des états-uniens, sans même parler de leurs incomparables valeurs morales ? Combien de fois avons-nous haï cette représentation naïve, irréaliste, largement insultante, d’une supériorité US sur le reste du monde ? Pourquoi perdre notre temps et notre calme devant une autre histoire téléphonée de méchants terroristes, de victimes états-uniennes innocentes, et de braves soldats armés jusqu’aux dents.

Eh bien d'aboird parce que Echo 3 est une adaptation, un remake de When Heroes Fly, une série israélienne de 2018, et a conservé dans son ADN quelque chose de ses origines : sans déroger aux règles habituelles de droit d’ingérence US (une politique complètement revendiquée par le Mossad, on le sait) chaque fois que des nationaux sont en danger, Echo 3 adopte une approche un peu plus réaliste. C’est presque incroyable, mais on verra, au fil des x épisodes, des opérations US échouer – non pas une fois, mais plusieurs -, on entendra un mea culpa états-unien sur les méfaits de la CIA dans les années 70 sur le continent latino-américain, et on aura même droit au point de vue politique des sud-américains pas trop contents que leur pays soit le théâtre de ce genre d’opération (enfin, les Colombiens, car les Vénézuéliens restent l’ennemi absolu, pas question de les humaniser, la seule solution est de les mitrailler ! Il ne faut pas déconner, non plus !).

On appréciera l’inattendu épisode 4 (Upriver), qui confère à l’histoire une vraie pause, une vraie respiration, et permet aux habitants des régions parcourues par nos guerriers d’exister à l’écran plus que comme shooting targets. On appréciera un peu moins le dernier épisode (Heat) qui part d’un bon principe, continuer l’histoire après la « victoire », voir ce qui se passe après le mot « fin » (les conséquences politiques, les traumatismes qui ont résulté de toute cette histoire…) mais s’enlise dans une conclusion à la fois vide et lénifiante. On n’ira pas de toute manière jusqu’à prétendre que Echo 3 est une fiction « de gauche » : les gouvernements locaux restent fondamentalement corrompus ou impuissants, les journalistes manipulateurs, les hommes au premier plan dans leur rôle « primitif » de protéger les femelles (épouse ou sœur), les méchants sont de préférences homosexuels (on a droit cette fois à un couple de jeunes colombiennes lesbiennes très méchantes).

Echo 3 est le bébé de Mark Boal, scénariste et producteur de films majeurs – et très réussis – comme Zero Dark Thirty, Démineurs ou Detroit, et on remarque parmi les réalisateurs, le nom de l’Argentin Pablo Trapero (Mondo GruaCarancho) qui dirige ses 4 épisodes avec un talent indiscutable, élevant la série à un niveau de qualité totalement cinématographique. Echo 3 bénéficie aussi grandement en termes de crédibilité, d’un tournage sur place, en Colombie, de l’utilisation de la langue locale, mais aussi de moyens financiers importants qui rendent crédibles les (nombreuses) scènes d’opération militaire.

Bien sûr, même si la série est, on l’a dit, beaucoup plus réaliste que la majorité des histoires similaires, sa deuxième partie (les épisodes 5 à 9) est bien plus faible que sa première, entre une histoire abracadabrante d’enlèvement à Medellin, et un neuvième épisode (Scorched Earth) qui tombe dans un registre bourrin que la série avait évité avec succès jusque-là. On déplorera aussi une distribution, pas toujours au niveau des ambitions scénaristiques de la série : si Luke Evans, comme toujours, fait parfaitement le job, réussissant à concilier faiblesses humaines et quasi-invincibilité, les deux autres rôles principaux, celui d’Amber – la victime du kidnapping – et celui de Prince ont été confiés à deux acteurs (Jessica Ann Collins et Michiel Huisman) qui ne s’avèrent ni charismatiques, ni convaincants. Par contre, les petits rôles confiés à Martina Gusman (l’épouse de Trapero), à Bradley Whitford (toujours excellent en ordure complexe mais sympathique) et surtout à la trop rare Franka Potente ajoutent beaucoup au charme des scènes où ils interviennent.

Bref, loin des désastres fascisants que sont en général les films ou séries du genre, Echo 3 est le résultat appréciable d’un travail sérieux, tout en restant largement divertissant. Une nouvelle preuve de l’intelligence d’Apple TV+, même quand la plateforme s’aventure dans des genres douteux.

Posté par Excessif à 07:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

27 janvier 2023

“La Tresse” de Lylian et Algésiras : adapter un best-seller…

La Tresse couverture

Smita est fait partie de la caste des intouchables en Inde. Pour pouvoir donner une chance à sa fille que sa condition prive d’école, elle s’enfuit avec celle-ci dans le sud. Giulia est une jeune Sicilienne qui gère avec son père l’atelier familial de confection de perruques, jusqu’au jour où celui-ci est victime d’un accident grave. Sarah est une brillante avocate d’affaires à Montréal qui fait passer son métier avant sa famille. Mais un problème de santé inattendu va tout remettre en question.

Refuser les règles sociales de l’Inde, passer outre les traditions siciliennes qui limitent l’avenir d’une femme à un bon mariage, ou encore se défaire du miroir aux alouettes de la réussite professionnelle et l’attention nécessité de paraître jeune et en bonne santé pour réussir : trois combats bien différents, mais que vont réunir symboliquement la question de la chevelure, ultime symbole, universel celui-ci, de la féminité.

La Tresse est le premier livre de Laetitia Colombani, datant de 2017, qui a retenu l’attention à sa sortie de par sa manière métaphorique de “tresser” le destin de trois femmes bien différentes, mais luttant chacune à sa manière pour maîtriser leur destin, aussi bien contre les préjugés que contre les coups du sort. Une lecture réputée facile (tout le monde, laudateurs comme détracteurs, semble unanime sur ce point) au point qu’on le conseille aux lycéens, et un sujet malin et dans l’air du temps – la sororité dans un monde globalisé – l’ont transformé en un gros succès de librairie.

Même si l’on peut se demander ce qu’une transcription en BD peut apporter de plus, ou au moins de différent à un roman aussi populaire, il est possible de voir ce qui a attiré la scénariste Lylian et la dessinatrice Algésiras dans cette histoire permettant d’alterner les cadres géographiques, les enjeux psychologiques, sociaux et politiques. Grâce à l’extrême lisibilité d’un dessin moderne – faisant sans doute écho à la simplicité et l’efficacité du roman original – et à la clarté d’un scénario qui privilégie le message par rapport aux péripéties des trois récits tressés, la Tresse gagne une accessibilité supplémentaire pour d’éventuels lecteurs réfractaires à la version « traditionnelle ».

Il reste que l’on regrettera l’absence de réel obstacle sur le trajet des héroïnes, et la conclusion précipitée, qui privilégie les bons sentiments en un triple happy invraisemblable. N’ayant pas lu le livre de Laetitia Colombani, nous ne saurions dire s’il est aussi caricaturalement feelgood, mais il s’agit en tous cas d’une occasion manquée de transformer une histoire par trop lénifiante de manière plus forte, plus mémorable. On déplorera donc de ne pas avoir affaire à une œuvre plus militante et moins gentillette, pour mieux nous parler du monde.

La Tresse extrait

Posté par Excessif à 07:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

26 janvier 2023

'Gigi's Revovery" de The Murder Capital : le chemin de l’ombre à la lumière

Gigi s Recovery

En 2019, notre année Rock fut marquée par une double découverte : Fontaines DC et The Murder Capital, deux groupes étiquetés, comme une bonne partie des nouveaux groupes récemment apparus un peu partout dans le monde, comme Post-Punk, mais surtout venant tous deux de Dublin. En 2023, on sait combien les Fontaines DC ont grandi et mûri, et comment ils se sont imposés comme le fer de la lance du Rock contemporain, en se défaisant peu à peu de leur héritage des années 70-80 et en allant chercher d’autres manières d’exprimer leurs émotions et leurs convictions… Et The Murder Capital ? Eh bien, rien de vraiment notable depuis leur premier effort, When I Have Fears, à haut contenu dramatique mais vraiment trop inféodé aux codes stylistiques créés par Joy Division …

… Jusqu’à ce la parution de ce Gigi’s Recovery, un second album emballé dans une pochette étonnamment colorée, premier signe annonciateur d’une rupture avec les codes éternels du post punk, ce noir et blanc austère parfait pour accompagner des voix lugubres, des rythmiques martiales et des guitares grinçantes. Cette rupture n’est toutefois pas brutale, pas soudaine, mais est présentée par le disque comme un cheminement vers la lumière, de l’intro atmosphérique mais accablante de Existence jusqu’à la conclusion quasiment acoustique et plus apaisée de Exist, en passant par un Return My Head colérique qui évoquera encore un peu les débuts du groupe. Mais il est clair que, à part peut-être sur ce titre, The Murder Capital n’ont désormais plus grand-chose à voir avec le Post-punk…

Car si Gigi’s Recovery, avec ses douze morceaux, a pris deux ans et demi pour se faire, c’est bien que le groupe a longtemps cherché… et fin par trouver quelque chose d’autre que la proposition un peu standard d’un album de rock de 2023 : dans ce qui a parfois des allures de concept album, il s’agit de transmettre une vision – toujours pas très positive, certes – du monde, des choses, des êtres humains. Peu, voire pas de mélodies auxquelles se raccrocher – même si de jolies idées naissent par ci par là, sans jamais complétement se matérialiser. Un son bien spécifique, très similaire à celui du groupe sur scène, ce qui est un vrai plus, tant on sait combien The Murder Capital ont un impact fort en live. Et la voix de James McGovern très en avant, ce qui place une emphase particulière sur les textes. Il faut souligner que le chant pourra être l’un des points de désaccord quant à la qualité ou non de l’album, tant sur certains morceaux son baryton est efficace (pas si loin d’Iggy Pop parfois) alors que sur d’autres, McGovern prend beaucoup de risques, force un chant pas vraiment maîtrisé, et se plante.

Mais cette « approche musicale différente » sera certainement plus clivante : on est prêt à parier qu’une bonne partie des fans de la première heure lâcheront la rampe devant un virage aussi raide ? On espère que le groupe gagnera de nouveaux suiveurs, fascinés par sa capacité à véhiculer et de la tension, et des émotions paroxystiques sans suivre les règles bien établies du Rock ou de la chanson. Tout cela fait que Gigi’s Recovery demande une attention complète de l’auditeur, et même quatre à cinq écoutes répétées pour se révéler pleinement, pour dépasser une apparence initiale de manque de structure et d’inspiration limitée. Ce qui impressionne rapidement, néanmoins, c’est la capacité du groupe à faire monter la pression (Ethel, bouleversant, Gigi’s Recovery) pour atteindre ce que l’on ne peut guère qualifier que de moments orgasmiques !

On remarquera que l’un des titres le plus accrocheurs, peut-être l’un des plus différents de ce que Murder Capital était avant, est The Stars Will Leave Their Stage : sur un rythme de piano quasi primitif, voilà que McGovern se laisse aller à un romantisme sombre (« Just like ships in the night / promising to collide » (Tout comme des navires dans la nuit / promis à la collision). Il y a quelque chose des Stranglers dans la mélodie, la voix et la détermination avec laquelle cette sourde menace est affrontée.

On a déjà évoqué un trajet de l’obscurité à la lumière comme une définition possible de ce disque, mais ce parcours, tout en hauts et en bas, n’a rien de linéaire. Si Return My Head explique la nécessité vitale d’un changement (« I had to realign, to begin, to survive / I gaze to the satellites, no spare change in promise » – J’ai dû me réaligner, commencer, survivre / Je regarde les satellites, pas de promesse de petite monnaie), A Thousand Lives ne cache pas que l’Amour n’a rien d’évident (« I’d like to remind you of this / Beside you I die to exist / A thousand lives with you and I won’t be enough » – Je voudrais te le rappeler / A côté de toi je meurs pour exister / Mille vies avec toi et je ne suffirai pas). Et Only Good Things, peut-être la seule vraie chanson de tout l’album, avec une mélodie et un texte réellement chanté, est un aveu d’impuissance : « Show me to think only good things, only good things / How beautiful, how beautiful » (Montre-moi comment ne penser qu’à de bonnes choses, qu’à de bonnes choses / Comme c’est beau, comme c’est beau !). Il faut l’aide de l’autre, de l’être aimé, pour atteindre la lumière.

Il est difficile de prévoir quelle sera la réception de cet album, même s’il est presque certain que les outsiders de Dublin ne combleront pas leur écart avec Fontaines DC, cette fois-ci. Par contre, on se réjouit déjà à l’idée de voir joués sur scène ces titres flamboyants.

Posté par Excessif à 07:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


25 janvier 2023

"Histoires Courtes" de Junji Itō : merveilles de l’horreur du bout du monde

Histoires Courtes Couverture

Combien de fois nous, fans d’histoires fantastiques, n’avons-nous pas, devant un film, une série ou en lisant un roman, l’impression d’avoir déjà tout vu, tout lu, dans le genre. Ou peut-être aussi que les cauchemars inventés par des PoeLovecraftStokerShelley ou, plus près de notre époque, King étaient indépassables. Et que nous étions désormais, comme pour pas mal d’autres choses, dans une époque de recyclage, de ressassement mal dissimulé par un faux modernisme ou pire, par des excès technologiques… La solution à cette usure est pourtant simple, et est à portée de notre main : aller explorer d’autres cultures, aller voir ailleurs ce qui horrifie, ce qui terrifie, ce qui surprend, ce qui déstabilise...

Une longue introduction pour présenter Junji Itō, illustre mangaka et géant japonais du fantastique, dont la lecture des œuvres constituera un véritable électrochoc en matière d’horreur. Et quelle meilleure entrée en matière pour qui ne connaît pas encore ce “génie” (oui, allons-y avec les grands, les gros mots !) que ce bel ouvrage – agrémenté de nombreuses pages en couleurs et d’une galerie de dessins inédits du maître – regroupant ses “histoires courtes” ?

A partir de textes originaux du célèbre auteur japonais Edogawa Ranpo (la Chaise Humaine et Un Amour Inhumain) et de Robert Hichens (Le professeur Kirida possédé), mais surtout des scénarios personnels, voici 10 récits bouleversants, qui mêlent avec une perfection qui semble désormais oubliée en Occident concepts abominables et sentiments humains essentiels. Car ces histoires affreuses – dont nous ne dévoilerons absolument rien ici, pour laisser le plaisir du choc de leur découverte au lecteur – nous parlent avant tout de solitude, d’amour fou, de piété familiale, d’ambitions professionnelles ou artistiques. De toutes ces choses qui constituent encore l’essence de nos existences humaines. Et c’est au-delà de la force traumatisante de certaines images – que certains trouveront insoutenables, soyez prévenus ! -, ce qui rend la lecture de ces Histoires Courtes aussi marquante : elles questionnent profondément le sens même de notre existence.

On n’a pas encore parlé ici de la perfection du travail graphique purement classique de Itō, mais l’absolue lisibilité de chacune de ses images, la fluidité de sa narration et, avouons-le aussi sans honte, la beauté physique de ses personnages, masculins comme féminins, sont évidemment essentiels à la réussite de ces récits.

Sans aucun doute, une œuvre majeure du 9ème Art.

Histoires Courtes Extrait

Posté par Excessif à 07:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

24 janvier 2023

Stephan Eicher à la Cigale (Paris) le dimanche 22 janvier

2023 01 22 Stephan Eicher Cigale (22)

20h05 : Sur scène, un décor inhabituel, original : une grande table avec des bougies, des verres de vin, comme pour un repas entre amis. Derrière, des armoires, toutes fermées, dont une qui s’ouvre pour laisser entrer les musiciens, qui s’assoient autour de la table. Ils sont trois à accompagner Stephan Eicher, un guitariste (occasionnellement bassiste et responsable des percussions), un pianiste, et une jeune femme à la harpe.

Le concert est consacré au nouvel album, pas de surprise donc qu’il s’ouvre, comme Ode, sur Sans Contact ; il se refermera sur Eclaircie, et 10 titres sur les 12 seront interprétés, dommage pour ceux qui ne l’ont pas encore écouté ! Le son, excellent comme toujours à la Cigale, met la voix de Stephan en valeur, mais saura se faire plus puissant lorsque le groupe montera dans les tours, même dans une configuration que l’on peut qualifier de semi-acoustique, comme sur le Plus Léger au Monde, qui, comme sur l’album, décolle dans sa dernière partie en célébration de l’électricité et du Rock’n’Roll. Mais le premier vrai moment d'intensité naîtra avec l'électrique – et peu connu - Dans Tous les Bars (Eh, Stephan ! Pourquoi ne pas nous offrir un jour un vrai set rock, bruitiste et extrémiste ? Souviens-toi de tes débuts dans les années 80, beaucoup plus expérimentaux !). S’ensuit néanmoins une rupture bouleversante avec Prisonnière, l'un des grands titres du chef d'œuvre Homeless Songs.

Stephan aime agrémenter son set de plaisanteries et d’un dialogue mi-figue, mi-raisin avec le public. Bon, l’humour bernois ne saurait concurrencer l’humour anglais, mais nul n’est responsable de son lieu d’origine, après tout. On aura bien apprécié, même si ça n’a peut-être pas été du goût de tout le monde, quand Eicher interrompra le refrain de Pas d’Ami Comme Toi et son « Non, non, non ! » pour moquer le goût immodéré des Français pour le mot "Non" (une référence claire aux manifestations anti-réforme des retraites et anti-Macron, réélu pourtant sur son même programme…) ! Ou, dans un registre moins polémique, quand il se chicanera avec son jurassien de guitariste. Ou encore, à la fin du concert, quand il nous fera des tours de « mentaliste » (ou de menteur, plutôt).

Des Hauts et des Bas, seul extrait ce soir du magnifique Carcassonne, bénéficie du remplacement des guitares électriques et de la batterie originale, très années 80, par le piano et la harpe qui lui confèrent une légèreté bienvenue… un peu gâchée par l'habitude si française, et tellement déplacée, du public qui frappe dans ses mains – généralement à contre-temps ! - pour exprimer sa satisfaction. La mélodie du vieux, vieux tube, Combien de Temps, est entamée sur les verres de vins. Les coffres du décor s'ouvrent enfin, dévoilant un beau fatras d’automates musicaux, une boule à facettes et une sorte de décor blanc indiscernable (une ville blanche ?).

2023 01 22 Stephan Eicher Cigale (28)

Sur le final de Rêverie, s’élève la menace, répétée avec de plus en plus de force : « C'est un chant militaire qu'on entend monter, si bien qu'on doit faire attention ! », on se dit que, même si ce n’est pas leur créneau habituel, Djian et Eicher devraient bien ainsi monter plus souvent au créneau contre la bête immonde. Sur 1000 vies, c’est le pianiste qui se met à la batterie pour l'envol final du morceau, et avec Doux Dos, son allitération maline, sa guitare très électrique et sa batterie, on entre dans la dernière partie du set, plus enlevée, plus Rock. Eicher se lève enfin de sa chaise pour le très fort Autour de ton Cou... mais c’est pour se rasseoir dès qu’on lui rapporte sa guitare accordée !

Stephan, qui nous expliquera que « le monde est si merdique qu'il faut des magiciens ! », nous fait une bonne blague de mentaliste pour lancer son évident et incontournable Déjeuner en Paix, après un court clin d’œil à ses débuts punks dans Grauzone (Eisbär, nous semble-t-il…) : après une intro à la harpe (jouée par une jeune femme qui n'était pas encore née quand la chanson a été composée…), c’est une version très rock qui nous est offerte. L’enthousiasme est général, on peut enfin se lever et courir vers la scène pour assister à la fin du concert dans des conditions plus appropriées !

Un seul couplet de Ce Qui Me Peine, à la demande d’une spectatrice, et le set se boucle sur Tu Ne Me Dois Rien (avec un « tour de magie » malin qui permet de coordonner les sonneries des minuteurs des smartphones du public avec le break de la chanson !), puis avec le retour à la lumière, l’envol d’Eclaircie

Pour le rappel, en bonus, Stephan nous offrira la surprise du délicieux Né un Ver, avant la valse sombre de Djian's Waltz, qui prouve qu’on ne saurait clore cette heure quarante d’émotion sur une note trop positive.

« Les imbéciles se trompent / Et les autres font pire / … / Il n'y a rien à répondre / Il n'y a plus rien à dire… » : pas de happy end en 2023…

Posté par Excessif à 07:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

23 janvier 2023

“L’Ile de Silicium” de Chen Qiufan : notre avenir sera hybride ou ne sera pas…

L Ile de Silicium

Dans un futur relativement proche, où la technologie a continué à se développer à un rythme exponentiel, la pollution créée par les composants électroniques a généré une économie lucrative de recyclage, en particulier en Chine, où une île entière, rebaptisée l’Ile de Silicium, est dédiée à cette fonction. Mais comme le monde de demain est en gros le monde d’aujourd’hui en pire, ce nouveau business est basé sur l’exploitation outrancière d’une main d’œuvre misérable amenée des régions les plus pauvres de la Chine, et est contrôlé par des triades qui se livrent une guerre permanente. Quand une grosse multinationale US vient essayer de placer ses pions et de s’approprier ce gâteau appétissant, en utilisant comme cheval de Troie la législation mondiale en terme de protection de l’environnement, l’équilibre maintenu à grand peine entre les familles dominantes de l’île, mais aussi entre la population raciste et les ouvriers exploités, va se rompre. Au centre de l’échiquier, une jeune femme, Xiaomi, contaminée par un virus mystérieux, va se transformer en une entité indéfinissable : serait-elle le futur de l’humanité, le mariage entre organique et électronique ?

L’Ile de Silicium nous est présenté comme un écho-techno-thriller, ce qu’il est, mais s’avère surtout un livre de SF ambitieux, terrifiant et terriblement pessimiste, qui construit tout un univers cohérent sur des extrapolations crédibles de la technologie actuelle, et sur une analyse pertinente des modèles politiques et économiques contemporains. Chen Qiufan est l’un des auteurs de SF moderne les plus reconnus de nos jours, et semble avoir toujours été intéressé par les promesses (les menaces ?) d’hybridation entre humains et machines (et l’Intelligence Artificielle, bien entendu…). Il a aussi gagné sa renommée grâce à la qualité de son style littéraire (tout au moins pour peu qu’on puisse en juger à la lecture d’une traduction française tout à fait magnifique, mais la biographie de l’auteur nous apprend qu’il a fait des études de littérature et de Beaux-Arts), et au fait que, au-delà des qualités prophétiques de sa vision du devenir de l’humanité et de la société, il sait rendre ses récits empathiques en se concentrant sur l’impact psychologique des mutations sur ses personnages.

L’Ile de Silicium est donc l’un de ces livres multi-facettes, extrêmement complexes il faut le reconnaître, où alternent des digressions scientifiques (parfaitement crédibles), des considérations socio-politiques (passionnantes) et des scènes plus classiques de thriller psychologique. Suivant ses propres centres d’intérêt, le lecteur goûtera donc plus certains aspects du livre que d’autres, c’est à la fois la grande force du livre de Chen Qiufan et sa principale faiblesse !

Même s’il n’est pas court (450 pages environ), le livre se referme sur une impression de frustration, de promesse non complètement tenue par rapport aux défis posés d’emblée aussi bien par la fiction policière et psychologique que par la peinture sociale et les projections des théories scientifiques.

Ce n’est pas si grave : on ne peut pas dire qu’on s’est ennuyé un instant à la lecture de l’Ile de Silicium, mais on doit avouer qu’on en a même fait des cauchemars, et qu’on a maintenant très envie de découvrir les autres ouvrages de ce nouveau maître du genre.

Posté par Excessif à 07:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

22 janvier 2023

The Nomads à Petit Bain (Paris) le vendredi 20 janvier

2023 01 20 The Nomads Petit Bain (9)

20h55 : Avec un poil d’avance sur l’horaire prévu, les Suédois violents attaquent leur set par un Rat Fink a Boo-Boo, introduction instrumentale parfaite qui met tout de suite les choses au clair : The Nomads ne sont pas là pour faire de la dentelle. Nix donne ensuite de la voix sur deux extraits du dernier album, Solna, paru il y a déjà 10 ans : Miles Away et Hangman’s Walk, deux titres qui montrent combien les Hives doivent à leurs prédécesseurs ! Bon, les musiciens sur scène ne sont plus de première jeunesse, mais que pouvons-nous dire, nous qui dans la salle avons plutôt aussi des cheveux blancs ? On remarque que le batteur habituel du groupe (Nix nous expliquera qu’il a été victime d’un accident…) a été remplacé par le batteur du groupe de garage suédois (aux tendances plus hard rock quand même), The Hellacopters, qui fait un travail démentiel derrière ses fûts…

La setlist, en toute logique, revisite la longue carrière du groupe, sur quatre décennies, et sélectionne dans chacun des albums les titres les plus efficaces : on appréciera particulièrement la version puissante de Don’t Kill The Messenger, le romantisme noir de Where the Wolf Bane Blooms, eten conclusion, avant deux rappels généreux, la morgue stridente de Lowdown Shakin’ Chills, qui évoque clairement les exploits passés des Stooges.

Il faut noter que, en live, The Nomads sonnent nettement moins garage rock, moins mélodiques que sur les albums studios. Disons qu’avec un son compact, une approche musicale très carrée, on est plutôt dans une lignée Stooges / MC5, avec un soupçon de brutalité à l’australienne (The Saints des débuts ?). Le tout enrobé avec une efficacité et une rigueur typique de la patrie d’Ikéa (on rigole, mais vous voyez ce qu’on veut dire, non ?).

1h10 d’une musique sans concessions, avec un son particulièrement excellent, faite pour réjouir tous ceux pour qui le punk rock doit être joué avec sérieux – mais bonhommie, quand même – et sans concessions. On les reverra avec plaisir, en espérant qu’on n’aura pas à attendre une autre vingtaine d’années pour ça !

Posté par Excessif à 07:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

21 janvier 2023

"Late Developers" de Belle & Sebastian : l’objet de ton amour n’existe pas !

Late Developers

L’une des pires plaies dans la musique est directement liée à la force inégalable de cet Art, qui s’inscrit de manière quasi indélébile dans nos mémoires et conditionne non seulement nos souvenirs mais également nos attentes : la nostalgie de musiques ayant marqué des moments-clés de notre vie nous empêche d’être réellement ouverts à de nouvelles formes musicales, et même d’apprécier à sa juste valeur l’évolution d’artistes que nous avons tant aimés. Le fameux “c’était mieux avant”, si souvent entendu dans la bouche de mélomane immobilisés dans un passé qui tient désormais du fantasme…

Prétendre ici que Late Developers, le nouvel album de Belle & Sebastian, sorti par surprise cette semaine, est l’un des meilleurs depuis leurs débuts, va évidemment rendre enragés les fans qui ne se sont jamais remis de When I’m Feeling Sinister, une œuvre certes majeure de l’indie pop des années 90, mais qu’il convient de laisser à sa place : dans le passé. Bon, il y a quand même une bonne nouvelle pour les inconsolables de leur jeunesse disparue dans ce Late Developers : ça s’appelle Will I Tell You a Secret, c’est une chanson parfaite, qui aurait pu figurer sans problème dans n’importe lequel des deux premiers disques des Glasvégiens.

Ceci dit, il est peut-être temps de passer à autre chose, non ? Parce que les vraies surprises de ce disque, au-delà de sa parution inattendue, ce sont la variété des styles musicaux couvrant allègrement de nombreuses étapes de l’évolution de Belle & Sebastian ces trente dernières années, et le fait que quasiment toutes les compositions sont ici excellentes. Sans même parler du fait que le groupe semble avoir retrouvé cette énergie légère et ludique qui constitue leur plus bel héritage.

Mais pourquoi est-ce que ce Late Developers, pourtant constitué du reste des titres de séances d’enregistrement ayant donné naissance au disque précédent, le déjà très bon A Bit of Previous, lui est encore supérieur ? Parce qu’il est emballé dans une pochette superbe ? Parce que Stuart Murdoch, qui a dépassé la cinquantaine et sait clairement ce qu’il fait, lui a donné un titre génial, symbolisant parfaitement cet attachement au passé (le développement de photos argentiques) si caractéristique de sa génération de boomers, tout en reconnaissant justement le ridicule de ces fixations passéistes ? Parce que, tout simplement, Belle & Sebastian, qui sont un VÉRITABLE GROUPE, et plus seulement la chose d’un unique songwriter, aussi doué soit-il, ont trouvé cette fois spontanément un équilibre surprenant entre chacune des tendances musicales visitées ?

Il y a cette synth pop absurdement amusante de I Don’t Know What You See in Me, le premier et formidable single extrait de l’album, avec un refrain-sparadrap que lui envieront sans doute Two Door Cinema Club. Il y a de la pop à guitares électriques comme la Grande-Bretagne a toujours su en faire mieux que quiconque sur la planète (Juliet Naked, une ouverture d’album irrésistible !). Il y a de la superbe « blue eyed soul » typique de la scène écossaise de l’époque (The Evening Star). Il y a de la dance music souriante et facile à écouter (Do You Follow, et surtout When You’re Not With Me). Il y a des balades douces-amères qui consoleront ceux qui ne se remettront jamais vraiment des nombreuses « trahisons » du groupe, comme ce When We Were Very Young qui règle intelligemment son compte à la nostalgie (« When we were very young / We loved our selfish fun / … / Now we’ve got kids and dystopia » – Quand nous étions très jeunes / Nous aimions notre plaisir égoïste / … / Maintenant, nous avons des enfants et une dystopie). Il y a du folk raffiné et pourtant tellement sincère, ce genre intemporel où le groupe excelle (Will I Tell You a Secret, donc…). Il y a même une ou deux chansons bancales pour nous empêcher d’utiliser des termes trop excessifs pour célébrer ce disque (comme So In the Moment, un beau moment de délire pas très cohérent, mais tellement réjouissant !). Il y a pour finir des maracas et des trompettes qui nous transportent dans une Amérique Latine fantasmée (Late Developers). Mais l’important dans cette improbable salade, c’est qu’on y sent à chaque instant le frémissement d’un collectif inspiré, qui ne peut être que Belle & Sébastian. Et ça, c’est un pur bonheur.

Pour conclure, rappelons l’évidence : la meilleure manière pour que nos souvenirs du passé ne nous empêchent pas d’avancer, c’est de nous en faire de nouveaux, sur la musique que composent et jouent aujourd’hui nos fidèles amis de Belle & Sebastian. N’oublions pas cette phrase si sage, merveilleuse conclusion d’un album qui ne regarde pas en arrière : « The object of your love probably doesn’t exit » (l’objet de ton amour n’existe probablement pas). Pire, il n’a peut-être même jamais existé !

Vive la photographie digitale !

Posté par Excessif à 07:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,