Le journal de Pok

17 décembre 2014

Séance de rattrapage : "New York Melody" de John Carney

New york melody affiche

"Begin Again" - faisons l'impasse sur le titre "français" anodin et inapproprié - se présente a priori comme un feel good movie à forte teneur romantique, mais se révèle rapidement pour ce qu'il est vraiment, une réflexion légère sur la musique, comment elle fonctionne encore (plus ou moins) commercialement, et ce qu'elle peut changer dans la vie de ceux qui la font. Si l'on n'échappe pas aux clichés charmants sur l'artisanat (comme ces scènes idylliques d'enregistrements "live" dans les rues de New York), ni à la contestation gentillette du rôle des maisons de disques à l'âge de l'internet, on se rattrape largement avec les acteurs - Ruffalo impeccable pour la millième fois, Keira Knightley étrangement crédible dans son rôle de chanteuse - auteur de folk / dream pop - qui habitent le film avec conviction et charme. On notera deux très belles idées de cinéma, qui justifient à elles seules ce film que l'on qualifiera sans honte de "moyen" : la visualisation par Ruffalo de la production possible d'une chanson interprétée en solo par Knightley, et le message musical vengeur laissé sur le répondeur de l'ancien amant infidèle. Ce n'est peut-être pas grand chose, mais ça suffira certainement au bonheur de tout amoureux de la musique.

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16 décembre 2014

Costazul Seafood à Lima (Perou) ; une expérience mémorable !

costazul

L'une des meilleures Cevicherias de Lima, voilà l'excellente réputation de ce Costazul, petite taverne qui ne paye pas de mine située dans le quartier résidentiel de Miraflores. Quand on arrive, le moins qu'on puisse dire, c'est que l'endroit ne fait forcément "envie", des odeurs douteuses s'exhalant des toilettes, et de la musique rock sortant à volume plutôt élevé des hauts parleurs. Le restaurant, à la décoration et à l'ameublement basiques (on remarque quand même les dédicaces des clients satisfaits écrites à même les murs) se remplit assez rapidement, en grande partie de gringos, ce qui n'est pas non plus rassurant... On suit les recommandations du "serveur", qui doit être en fait le fils du patron, quant aux plats à commander pour découvrir les spécialités : ceviche, poulpe, "orgie" de fruits de mer, riz... du sur mesure... Sauf, que lorsque les plats commencent à arriver sur la table, assez lentement d'ailleurs, l'émerveillement promis est au rendez-vous. Tout cela est à la fois totalement simple, mais absolument divin : fraîcheur du poisson et des fruits de mer, équilibre parfait des goûts, rien à redire. Si nous ne sommes pas ici dans un lieu de haute gastronomie comme Lima en a beaucoup, nous sommes par contre confrontés à la parfaite illustration du savoir faire traditionnel péruvien en termes de préparation, non, de célébration des produits de la mer. C'est bien simple, comme le Pisco Sour est également idéalement exécuté, que le vin péruvien servi est très bon, on n'a plus envie de partir. Le patron vient tailler une bavette, très sympa et pas aussi envahissant que certains commentaires le laissait craindre, et, l'alcool aidant (un petit coup de pisco de rabe offert par le patron...), ce déjeuner au Costazul devient de fait une expérience mémorable. Du coup, on joint notre propre commentaire aux autres, sur les murs ! Bon, comme prévu, les prix sont assez salés, comptez US$50 par personne, mais pas question de regretter notre visite !

Berlin 899 - MirafloresLima - Perou

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15 décembre 2014

Séance de rattrapage : "Le Labyrinthe" de Wes Ball

Le Labyrinthe affiche

Faut il s'étonner, voire s'irriter (un peu...), que le retour du grand public à la SF "sérieuse" (on ne parle pas ici des space operas ou autres épopées d'heroic fantasy) se fasse à travers de ce machin à la mode qu'on appelle la littérature - et du cinéma - pour "young adults"? Ce "Labyrinthe" bien construit, bien interprété et bien mis en scène (sans parler de la force de l'univers créé ici) permet d'oublier les dérives idéologiques ou simplement bêtifiantes de bien des productions similaires et aux budgets plus conséquents, et donc d'espérer que la SF conceptuelle, ambitieuse, capable de proposer des futurs stimulants, regagnera peu à peu une place dans le cinéma adulte. On attend les successeurs de Kubrick ou Tarkovski, capables d'adapter Dick, Farmer, Silverberg, Brunner ou Priest pour le plaisir d'esprits adultes. En attendant, on aura passé un bon moment en compagnie des ados du "Labyrinthe"... malgré une incohérence gênante du concept qui en est la fondation, et qui est dévoilé dans la dernière partie du film. On aura par contre apprécié l'élégance avec laquelle le script évite ou évacue les lieux communs qui menaçaient, comme l'affrontement entre les deux groupes s'opposant sur la finalité de l'existence au sein de cet univers fermé, ou encore la romance rendue possible par l'apparition d'un élément féminin. On attendra donc avec intérêt la seconde étape du périple des survivants du "Labyrinthe" (spoiler ?)...

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12 décembre 2014

"I Never Learn" de Lykke Li : à la fois prétentieux et insignifiant !

Lykke_Li_-_I_Never_Learn

Lykke Li - et son petit succès - est, je l'avoue, une énigme pour moi. Après m'être passablement ennuyé sur "Wounded Rhymes" - hormis la réussite pop de "I Follow Rivers" -, j'ai voulu tenter l'expérience à nouveau sur ce "I Never Learn"... qui n'a, à mon avis que deux qualités, sa pochette de très bon goût et sa concision (30 minutes, ce qui devrait être le format obligatoire pour 99% des albums...). Pour le reste, qu'entend-on ici ? Des chansons peu inspirées, recyclant idées et mélodies ressassées depuis au moins trois décennies par bien des artistes plus novateurs que Lykke Li, une orchestration prétentieuse, oscillant entre minimalisme et pompe grandiloquente (oh, ces batteries surpuissantes qui m'évoquent un Steve Lillywhite 80's de sombre mémoire !), mais qui n'apporte pas grand chose aux dites chansons, et surtout une chanteuse sans qualité, à la voix certes singulière, mais rapidement lassante, voire même horripilante quand elle "se lâche" (prenez par exemple l'horrible "Love Me Like I'n Mot Made of Stone", inécoutable !). Bref ce disque réussit à être à la fois prétentieux et insignifiant, un record en la matière !

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11 décembre 2014

"Esquina Mocotó", pour faire l'un des meilleurs repas possibles à São Paulo

Esquina Mocoto

Évacuons d'abord le détail qui fâche : ce restaurant ex-tra-or-di-nai-re est situé très loin de toute les zones habituelles de restaurants à São Paulo, dans un quartier, Vila Medeiros, qui n'est pas non plus l'un des plus agréables. Une fois arrivés là, par contre, voici un véritable 10 / 10 : cadre simple, moderne, plaisant - service jeune mais attentionné, efficace et sympathique - cocktails renversants (l'une des meilleures caïpis que j'aie bues depuis très longtemps, avec 3 citrons différents et de l'anis) - et surtout, bien entendu, une cuisine innovante, construite à partir de la tradition nordestine, frôlant - et atteignant parfois - la perfection (je pense aux desserts, de loin les meilleurs que j'aie mangés au Brésil, dignes d'un étoilé en France)... le tout pour un prix qui ne dépasse pas la moitié de ce que vous payez dans un gastro médiocre à Itaim ou dans les Jardins. Classé cette année "meilleur restaurant Brésilien" par la Vejinha, avec 5 étoiles, le "Esquina Mocotó" mérite tous les hommages. Je vous recommande les petits dés de tapioca pour vous ouvrir l'appêtit, la Carne de Sol (Angus Black) accompagnée de Baião de Dois, et l'incroyable Umbuzada Panacota en dessert. Bon appêtit !

Avenida Nossa Senhora do Loreto, 1.108 - Vila Medeiros - Norte -Tel : (011) 2949-7049

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10 décembre 2014

Revoyons les classiques du cinéma : "The Barber" des Frères Coen (2002)

TheManWhoWasntThere

Ce fut une belle surprise en 2001 que de voir les frères Coen délaisser le confort du clin d'oeil et de la chronique formaliste, pour s'aventurer dans le désert du sens, et saisir la médiocrité américaine grâce à cette plongée en apnée dans un désespoir absurde et vaguement hébété. En sondant le gouffre existentiel et métaphysique d'un personnage qui semble s'être absenté du monde et ne parvient plus à rassembler les morceaux épars de sa personnalité (remarquable interprétation atone de Billy Bob Thornton...), ils réalisent l'un de leurs films les plus ambitieux, en tout cas les plus désenchantés : comme si la narration traditionnelle était déjà passée dans un au-delà (du post-modernisme, du baroque, du néo-classicisme, etc..) où sens et sentiments en sont à jamais égarés..."The Barber" est certes à la limite de l'exercice de style, ce qui en irritera beaucoup, mais qu'importe ! Avec son rythme à la fois funèbre et rêveur, et sa mise en scène d'une force et d'une sobriété étonnantes (plans longs, travail sur la profondeur de champ et le Noir et Blanc), voici sans doute l'un des tous meilleurs films de la filmographie pourtant riche en réussites des frères Coen...

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09 décembre 2014

Et maintenant, la BD originale : "The Walking Dead - Tome 8 : Made To Suffer"

Made_to_Suffer

N'ayant jamais été avare en critiques envers ce comic book à mon avis grandement surévalué, je ne pensais jamais arriver à en louer les mérites de manière aussi catégorique, mais l'honnêteté me pousse à reconnaître que ce huitième tome ("Made to Suffer" en version originale) est un vrai chef d'oeuvre. Que cela soit du fait de l'extrémisme d'un scénario qui sacrifie de nombreux personnages "principaux" dans la saga sans en faire tout un plat, ou bien de l'excellence de la narration qui joue entre plusieurs fils et ménage un suspens infernal, sans parler cette fois d'un découpage d'une redoutable efficacité, tout concourt à asphyxier le lecteur par une succession de scènes fortes, voire traumatisantes. Kirkman et Adlard semblent donc être arrivés exactement là où ils le souhaitaient, et parviennent finalement à justifier bien des circonvolutions pesantes qu'on leur a reprochées dans les précédents tomes : la morale, implacable, de "Walking Dead" (l'homme est un loup pour l'homme, ou quelque chose du genre) nous explose à la figure, et on n'en sort pas indemne. Le seul reproche que je puisse imaginer faire à ce livre exceptionnel, c'est de se conclure par "A Suivre", alors que le mot "Fin" aurait permis à "The Walking Dead" de se clore dans une remarquable apothéose.

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08 décembre 2014

Revoyons les classiques du cinéma : "Trois Enterrements" de Tommy Lee Jones (2005)

Trois-enterrements-Jones

"Trois enterrements" est un film qui supporte bien d'être revu, sans doute grâce à la complexité de sa thématique, qui confronte l'inhumanité de l'Amérique profonde actuelle (hébétude morale, misère autant matérielle qu'émotionnelle, inanité de la loi et de la justice) avec une nostalgie butée envers un mode d'existence qui fut meilleur (les cow boys, leur vie rude, la simplicité des échanges dépouillés de tout artifice social, la paternité comme refuge de l'amour). On soulignera la justesse de tous les interprètes, certes confinés par Tommy Lee Jones dans un mutisme - ou tout au moins une sobriété d'expression - assez systématique, mais toujours au service de personnages finement construits, et finalement encore peu vus dans le cinéma moderne américain (je pense par exemple au shérif joué par Dwight Yoakam, à la fois répugnant et hilarant, mais finalement touchant...). Mais "Trois Enterrements" est surtout un film qui questionne, à la manière des grands Eastwood, la disparition - et la conservation, même à coup d'anti-gel, - du western, en le confrontant à nos dérives contemporaines : la haine de l'étranger (l'immigré clandestin Mexicain), le vide abrutissant de la vie moderne (le shopping comme seul ancre), la solitude infinie que l'on ressent dans un désert de communication (des 2 côtés de la frontière, on écoute la langue de l'autre sans la comprendre, fasciné par cette altérité). Très dur et pourtant très drôle, voici un film qui réussit le miracle de conjuguer la beauté élégiaque d'un rendez-vous avec la mort et la mémoire - qui n'aura pas tout-à-fait lieu, comme les plus beaux rendez-vous -, avec la trivialité d'une chronique contemplative de vies ordinaires.

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07 décembre 2014

"Closing Time" de Erland & The Carnival : disque de chevet de 2014

Closing Time

La beauté se niche partout, et sans doute plus que nulle part ailleurs, dans notre quotidien le plus ordinaire : c'est cette beauté-là, saisie sur la magnifique photo (anonyme) de la pochette de "Closing Time" que Gawain Erland Cooper et Simon Tong ont décidé de célébrer, en abandonnant du coup toute la préciosité gothique et l'emphase de leur précédent - et déjà excellent - "Nightingale". Plus humain, plus touchant, plus près du coeur que "Closing Time", on aura du mal à trouver dans le rock anglais en 2014, et la combinaison imparable entre mélodies célestes - facilement mémorisables, en plus, ce qui ne gâche rien - et interprétation mesurée, juste lyrique comme on aime, fait que quiconque jettera une oreille sur cet album sera immédiatement séduit, et rapidement enivré par les hauteurs vertigineuses que Erland & The Carnival atteignent, sans pour autant jamais perdre de vue la modestie de leur propos. Disque de chevet de l'année.

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06 décembre 2014

"Magnum" de Katerine : "Surtout, surtout, ne soyez pas vous-même !"

Magnum

"Surtout, surtout, ne soyez pas vous-même !", l'avertissement en intro de ce "Magnum" ne saurait pas être plus clair : cet album est un disque où Katerine s'avance masqué, ou plutôt où il abandonne (enfin ! dirons certains...) toute profondeur, où il sacrifie cet aspect profondément bouleversant de ses meilleures oeuvres antérieures, lorsqu'il s'agissait encore de gratter ses propres névroses - jusqu'à la gêne, jusqu'au sang - sous couvert d'un humour potache provocateur. "Magnum" est ailleurs, dans la célébration assez innocente d'une époque au kitsch amusant, celle de la fin des années 70, donc dans une sorte de néant artistique total, au sein duquel Katerine flotte avec un indéniable plaisir. Oh, les textes restent intelligents, parfois même passionnants, et s'ils semblent moins immédiatement personnels, ils sont toujours parfaitement en phase avec notre temps, comme par exemple dans ces défis au "genre" que lance ici Katerine. Là où le bas blesse pour moi dans "Magnum", c'est dans la pauvreté de l'inspiration musicale, qui fait qu'on a vite l'impression que Katerine recycle une paire d'idées ad libidum, une pauvreté exacerbée par la production brillante mais monolithique, répétitive, de SebastiAn, qui n'arrive pas non plus à transcender le concept original (les citations d'une époque révolue, transformée en coquille vide) pour faire naître une vraie musique.

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