Le journal de Pok

26 août 2016

"Girls - Saison 4" de Lena Dunham : "Girls" marque le pas...

girls-saison-4 jaquette

Après la réussite absolue qu'avaient constituée les saisons 2 et 3 de notre très chère série "Girls", force est de constater que la création de Lena Dunham marque le pas : sans doute consciente du risque de tourner en rond dans son microcosme new-yorkais, Lena emmène Hannah dans l'Iowa... pour se rendre compte (rapidement) que la formule magique de "Girls" fonctionne bien mal hors de son univers urbain et loin de la dynamique du petit groupe que nous avons appris à aimer. Autre erreur flagrante d'écriture, "la trahison" d'Adam, bien peu crédible par rapport à son personnage, et que Driver peine d'ailleurs à représenter (à moins qu'Adam - l'acteur à succès - ne soit désormais en décalage par rapport à l'univers de "Girls"). Mais heureusement, la dernière ligne droite de la saison permet à Lena de retomber sur ses pieds, et de retrouver cet équilibre magique entre réalisme un peu crasse et théâtralité joyeuse qui est la plus belle qualité de "Girls". Cette saison mitigée se clôt par un épisode hilarant qui voit néanmoins nos héroïnes prendre (enfin ?) le chemin d'une certaine (mais indéniable) émancipation. Notre niveau d'attente reste très haut vis à vis de la cinquième saison...

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25 août 2016

"Demi-Sang" de Hubert et Gatignol : le jeu des trônes

Demi Sang

"Demi-sang" (second tome de la série des "Ogres-Dieux" que j'ai lu avant le premier, précisons-le) est l'un des livres les plus formellement impressionnants que j'aie vus depuis longtemps : l'incroyable élégance du dessin, réalisant une synthèse idéale entre les codes du manga et ceux de la ligne claire franco-belge, la beauté graphique de l'utilisation du noir et du gris pour composer des pages à la profondeur, à la complexité et à la lisibilité uniques, la perfection formelle de "l'objet livre" en général, tout cela fait de la lecture de "Demi-Sang" un grand (et rare) moment d'émotion esthétique. Mais bien sûr, ce ne serait rien sans la construction d'un univers aussi original que cohérent (disons une sorte de modernisation des contes de Perrault via "Game of Thrones"), rehaussé par de délicieux intermèdes "historiques", et l'histoire redoutablement machavélique mais éternelle des ravages de l'ambition politique et de la soif de reconnaissance. Bref, une BD quasiment parfaite, à laquelle ne manque peut-être qu'un soupçon de folie pour atteindre la plus haute marche du podium.

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24 août 2016

Iggy "Post Pop Depression" au Royal Abert Hall le 13 mai 2016

Iggy Royal Albert Hall

Frustré que j'étais de n'avoir pas pu assister au concert de Iggy + Josh Homme au Grand Rex pour cause de ma lenteur à réagir alors que les billets ont évidemment filé très vite, la mise en ligne chez Arte du set du Royal Albert Hall a constitué pour moi une excellente alternative, ou plutôt une solution "mieux que rien", vu que la petite bande est désomais dissoute. Et, contre toute attente, ces 80 minutes (concert complet ou seulement partiel, ce n'est pas clair...) se sont avérées bien moins excitantes qu'espéré, ce qui m'a un peu consolé de mon absence au Grand Rex. On sait que Iggy, en parallèle à sa carrière solo "traditionnelle", voyant sans doute l'âge de la retraite s'avancer, multiplie les projets parallèles, typiquement beaucoup moins sauvages que son "coeur de carrière" : son alliance avec Josh Homme, pour un album absolument splendide qui reprend les choses là où sa collaboration avec Bowie les avait laissées, se matérialise donc sur scène par un set "plus adulte", composé d'un choix pertinent de morceau phares extraits de "The Idiot", "Lust for Life" et "PPD". Les musiciens - 3 de chez QOTSA + le batteur de Arctic Monkeys + un bassiste - sont habillés par Saint Laurent, et les orchestrations et le son sont assez fidèles aux albus originaux, permettant quand même à Homme de nous offrir sur la seconde partie du set quelques solos de guitare assez magnifiques : pour le spectateur, le tout résulte en une impression de nostalgie qui prime sur l'excitation, un peu comme quand les groupes vieillissant nous rejouent leurs albums classiques. Si Homme et sa bande ont l'air de s'amuser comme des petits fous à interpréter les titres de Bowie-Pop qui ont certainement bercé leur jeunesse, je n'ai pas eu l'impression que l'Iguane, peut-être fatigué, arrivait à lancer ces moments extatiques de folie furieuse qui illuminaient ses meilleurs concerts (même lorsqu'il était entouré de musiciens médiocres, et c'est un comble). Il donne pourtant de sa personne, rapidement torse nu, au contact permanent avec la foule, allant jusqu'à s'écorcher le visage comme à sa grande période destroy (Open Up and Bleed, qu'il disait), mais on est plus dans un concert hommage (à Bowie en particulier) que dans une tuerie punk. Le set a d'ailleurs particulièrement du mal à décoller, ce qui est dommage pour "Lust for Life" et "American Wallalah", joués en entrée sans grand impact, et ce n'est que la seconde partie qui nous enchantera enfin : à souligner en particulier une superbe version de "Nightclubbing" et un beau final à 3 guitares hullulantes de "China Girl". Voilà, depuis, Iggy et Josh sont passés à autre chose, laissant derrière eux un bel album, ce qui n'est pas rien. On verra à Rock en Seine là où se trouve vraiment Iggy aujourd'hui.

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23 août 2016

"Dernier Train pour Busan" de Yeon Sang-Ho : What you See is What you Get !

Dernier Train pour Busan affiche

"Dernier Train pour Busan" est bien un film typique du cinéma coréen contemporain (et populaire) : un film de genre qui sait nourrir les figures de style imposées à l'aide d'injections bien dosées d'autres genres (humour, mélodrame, critique politique viennent ici aérer et nourrir la tension d'une fuite éperdue devant les hordes de zombies), une vraie maîtrise des "trucs" du cinéma hollywoodien utilisés à bon escient, avec mesure, et régulièrement transcendés par une audace formelle et une brutalité émotionnelle que le cinéma américain se refuse. Oui, "Dernier Train pour Busan" remplit parfaitement son contrat de film d'entertainment, haletant, efficace, puissant parfois, sans compromis (très, très peu de happy end, dieu merci, juste assez pour ne pas sombrer complètement dans le désespoir qui a conféré toute son énergie au film), et s'inscrit au panthéon des meilleurs "films de zombies" à date, en en renouvelant intelligemment les mécanismes grâce à quelques idées simples : un espace clos limitant les solutions pour les survivants, aucune arme disponible (on n'est pas chez Trump avec des armes qui pullulent et sont partout à disposition de nos "héros"), pas de solution rassurante consistant à détruire le cerveau du zombie, mais une désorientation du zombie dans l'obscurité qui offre les meilleures scènes du film... La plus belle trouvaille de Yeon Sang-Ho, c'est de reprendre de manière réaliste et non digitalisée cette espèce de flot humain terrifiant que "World War Z" avait inventé et mal exploité. Ce qui empêche malheureusement "Dernier Train pour Busan" d'être "un grand film coréen", c'est un indéniable simplisme dans les stéréotypes qu'il utilise, et l'absence de complexité qui en découle : aucune ambiguïté dans les situations ni dans les personnages, aucun recul de la mise en scène, aucune perspective pour le spectateur. "What you see is what you get", soit une excellente recette pour un simple film distrayant. Et tant pis pour les cinéphiles !

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22 août 2016

Relisons les classiques de la BD franco-belge : "XIII - Tome 8 : Treiz Contre Un" (1991) de Vance et Van Hamme

Treize contre Un

"Treize Contre Un" (joli jeu de mots) voit Van Hamme clôturer sa saga XIII : l'identité du super-méchant, numéro I est enfin révélée, et la surprise est totale... même si l'on a le droit de trouver tout cela parfaitement invraisemblable (le twist de trop ?). L'album en lui-même est un peu fastidieux, avec beaucoup de trop de dialogues explicatifs, et des scènes d'action un peu convenues, du style "James Bond de toute la vie"... Notre côté fleur bleue appréciera quand même que XIII et le Major finissent quand même par se déclarer franchement leur amour. Par contre, la scène finale à la Maison Blanche est totalement invraisemblable et ridicule, Sheridan laissant sortir XIII sans faire la moindre tentative pour l'en empêcher (les Services Secrets sont à la porte du bureau ovale, mais visiblement Sheridan préfère proférer des menaces que faire quoi que ce soit...), et clôt "Treize contre Un" de la pire manière qui soit. Et évidemment, et malheureusement, Van Hamme et Vance n'ont pas su résister à l'attrait du succès et de l'argent, et ont ensuite continué leur saga, s'enlisant dans la redondance et la vacuité. Mais c'est déjà une autre histoire... 

 

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21 août 2016

"Le Bureau des Légendes - Saison 2" de Eric Rochant : la meilleure série d'espionnage jamais réalisée...

Le Bureau des legendes saison 2 jaquette

Après un démarrage qui ne m'avait séduit qu'à moitié, voici qu'Eric Rochant frappe un grand coup avec une seconde saison impeccable de son "Bureau des Légendes". Sans rien sacrifier de l'intelligence et de la subtilité de ses constructions scénaristiques paranoïaques et pourtant effroyablement réalistes, Rochant rectifie les deux principales faiblesses de sa série (le jeu ampoulé de Kassovitz et l'invraisemblance de sa trahison "par amour") et cela de manière magistrale : il en fait tout simplement le sujet de cette deuxième saison, où Malotru est dépeint comme une sorte de grand malade, tragiquement perdu, oscilllant entre un manipulateur abject et un "maître espion" digne de Le Carré (plus ou moins explicitement cité à travers la référence à la Guerre Froide). Cette impensable déloyauté qui laisse Dufflot incrédule et abattu prend alors des accents de tragédie absolue, et ajoute une profondeur, une douleur inédites aux jeux d'espions qui se complexifient pour notre plus grand bonheur : un peu comme chez Le Carré également, le résultat final de toute cette "intelligence" et toute cette énergie dépensée est absurdement proche de zéro, ce qui confère à cette saison du "Bureau des Légendes" une grandeur nihiliste inespérée. Ajoutons à ces éloges la pertinence géo-politique de ses sujets (le nucléaire iranien, l'EI), regrettons marginalement le recours à des invraisemblances occasionnelles pour sauver ses personnages d'une mort certaine (le pire étant le tremblement de terre lors de l'évasion de Phénomène...), et célébrons la meilleure série d'espionnage jamais réalisée, toutes nationalités confondues !

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20 août 2016

"l'Aile Brisée" de Kim et Antonio Altarriba : l'aveuglement

L Aile Brisee

En dépit de sa renommée, "l'Art de Voler" ne m'avait finalement qu'à moitié convaincu, principalement à cause du dessin trop appliqué et comme "contraint" deKim. Je réalise, en refermant cette "Aile Brisée" à la lecture un peu fastidieuse, que c'est surtout la forme de la narration choisie par Altarriba, ce flux continu, uniforme, de scènes, d'informations et même d'émotions, qui coule sans rupture, sans même un véritable remous - alors que certaines situations sont quand même excessivement brutales, voire impressionnantes - qui empêche une véritable adhésion du lecteur à cette chronique complexe de la vie d'une femme du peuple dans l'horreur fasciste, machiste, de l'Espagne de Franco. Le refus - car je ne pense pas qu'il s'agisse d'incapacité, "Moi, assassin" prouvant que Altarriba sait conter des histoires complexes et profondes - de jouer l'émotion, au bénéfice d'une sorte de neutralité cotonneuse, d'une rapidité du passage d'un drame à l'autre, d'une époque à l'autre, déréalise complètement les situations et bride tout véritable attachement à des personnages qui pourtant ne sont pas que symboliques - même s'ils le sont, d'une certaine manière. "L'Aile Brisée" manque de la plus élémentaire respiration, et du coup, il manque aussi de souffle, alors que s'y joue clairement le destin d'une femme et d'une nation, toutes deux asphyxiées par la chape de plomb d'une culture ignoble (car, sans racisme aucun, on ne dit pas assez combien la "culture traditionnelle espagnole" est rétrograde, profondément primitive et brutale) et d'un fascisme abject. Le meilleur du livre tient d'ailleurs dans ces hypothèses, atroces, sur le nettoyage politique effectué par les franquistes dans leurs propres rangs après (longtemps après) leur victoire, le récit possible d'événements que l'histoire officielle de l'Espagne fait toujours mine d'ignorer. Par contre, s'il y a un échec vraiment cuisant dans cette "Aile Brisée", c'est bien le fait que Altarriba n'arrive jamais à traiter ce qui devrait être le "trou noir" le plus vertigineux de l'histoire de sa mère, l'aveuglement de ses proches par rapport au handicap de celle-ci : il y avait là le plus beau sujet qui soit, mais l'auteur n'a visiblement pas su comment l'approcher, se contentant d'en faire un élément un peu anecdotique en début et fin du livre, alors que le plus grand mystère résidait sans doute là.

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19 août 2016

"Les Enquêtes du département V : Délivrance" de Hans Petter Moland : une bouteille à la mer de P.

Délivrance affiche

Au troisième volet de la "série" de films tirés des romans de Jussi Adler-Olsen, il était temps de modifier légèrement la formule qui avait déjà donné deux jolies réussites dans le genre très à la mode du polar scandinave cérébral et sépulcral. On change donc ici de réalisateur (bienvenue à Hans Petter Moland, inconnu de nos services), mais également de concept : finies les enquêtes en catimini de nos deux héros déprimés et décalés, qui se plongent dans un passé glauque que nul ne veut revoir surgir, et place à un suspense plus habituel, la traque par tout l'appareil policier danois d'un serial killer particulièrement retors. Plus classique donc, "Délivrance" explore un thème qui fait un peu peur, celui de la foi et de ses dérives lorsque la part sombre de l'humanité y fait son nid : on craint la leçon "à l'américaine", et de fait, le final peut laisser croire malheureusement que le nihilisme désespéré de Carl est entamé par sa rencontre avec "le fils de Satan", et par le spectacle du réconfort apporté par le rituel religieux (je préfère personnellement plutôt me souvenir des échanges hilarants sur la croyance entre Assad et Carl…). Ce léger bémol à part, "Délivrance" s'avère une réussite totale, avec une mise en scène plus ample, un rythme plus lent encore, une sorte de retour paradoxal à la lumière… et surtout un personnage absolument magnifique de "méchant", qui tire vraiment le film vers le vertigineux, vers l'insoutenable à plusieurs reprises, et marquera durablement nos mémoires. Avec son soupçon d'humour en plus, avec plus d'humanité aussi, tout en donnant paradoxalement un nouveau tour de vis dans l'horreur, "Délivrance" est enfin le chef d'œuvre du thriller scandinave qu'on attendait au cinéma. Le fait qu'il soit sorti dans nos contrées en DTV n'en est que plus incompréhensible…

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18 août 2016

Godspeed You! Black Emperor au Trianon le mercredi 17 août

2016 08 17 GYBE Trianon (7)

20h30, cela fait quelques instants que, insensiblement un “drone” (je parle de la musique, pas de l’appareil, bien sûr…) s’est élevé au-dessus du public, et que les lumières baissent lentement, très lentement. Au cas où je me faisais encore quelques illusions sur la possibilité de prendre des photos correctes, il est clair que c’est râpé encore une fois ; je pense que c’est même encore pire que d’habitude, les huit musiciens de Goodspeed You! Black Emperor vont jouer ce soir dans une quasi pénombre… Une entrée en matière un peu différente cette fois, plus traditionnelle, puisque Sophie Trudeau au violon et Thierry Amar à la contrebasse attaquent tous deux le riff de Hope Drone (qui ouvrira donc le set, comme la dernière fois, si je m’abuse…), pendant que les autres musiciens entrent petit à petit, s’installent et prenant leurs marques tout doucement. Les images projetées derrière les musiciens sont d’abord floues et incohérentes, jusqu’au moment magique où tout est en place et où le mot « HOPE », scratché à même ma pellicule, s’inscrit sur l’écran. Le son est fort et compact comme on l’aime, même si, comme toujours, quelques décibels en plus rendraient les choses encore plus magistrales. On sent qu’on est partis pour une belle soirée, l’un de ces voyages sensoriels et émotionnels que seul GY!BE nous offre encore à une époque où la musique est largement devenue un produit de consommation fonctionnel et clairement étiqueté.

Voilà 20 minutes que le set a commencé, et GY!BE est déjà en pleine possession de ses moyens : c’est le terrassant Mladic, qui, comme la fois précédente, avec son ascension et son accélération irrésistible, cristallise parfaitement la puissance dantesque de la musique des Canadiens : alors que sur l’écran se succèdent à vive allure images et textes militants – on sait le contenu “altermondialiste”, ou en tous cas “anti-capitaliste” des morceaux de GY!BE -, Mladic est un assaut furieux, strident parfois contre nos sens, un martellement sans pitié, qui paradoxalement porte les handbangers jusqu’à l’extase. Grand, toit simplement !

Le set change alors de tonalité, puisque GY!BE nous offre l’intégralité de son dernier album, “Asunder, Sweet and Other Distress”, qui sera joué, bien évidemment, dans l’ordre. Et, très rapidement, ce qui saute aux oreilles de quelqu’un comme moi qui ne connaît pas l’album, c’est bien le plus grand… classicisme de la musique : plus de lisibilité, plus de construction “normale” des morceaux, plus d’évidence dans les émotions véhiculées… des riffs de guitare qu’on est en droit de juger triviaux (indignes d’un tel groupe diront certains…), des effets grandiloquents qui évoquent… noooooon… Pink Floyd (une sorte d’horreur absolue pour moi, on le sait…). Bref, l’extase de Mladic ne se reproduira plus, et il y a une sorte de désillusion qui flotte : d’ailleurs à la sortie, j’entendrai ci et là nombre de fans se plaignant que ce n’est plus le même groupe, qu’ils manquent de conviction, d’engagement…

2016 08 17 GYBE Trianon (12)

Heureusement, ce ventre mou de la soirée, de près de trois quart d’heure quand même, sera ensuite oublié avec l’ascension verticale de Buildings, logiquement illustrée par des travellings verticaux sur des immeubles en construction, et surtout par un BBF3 accueilli par des cris de joie dans le public, et qui se révélera absolument flamboyant (d’ailleurs les images projetées deviennent colorées…) : une conclusion magnifique, qui n’en sera pas une, car ce soir, nous allons tirer du groupe un rappel…

… un quart d’heure à rappeler les musiciens après qu’ils aient quitté la scène, alors que les roadies sont en train d’éteindre les amplis… ils reviennent, semblant pour une fois heureux de l’accueil reçu ce soir. Pour un dernier morceau, d’une dizaine de minutes, Moya, interprété avec beaucoup de passion, alors que la moitié du public avait dû déjà quitter le Trianon. Un beau cadeau pour tous ceux qui ont eu la patience de rester, ou bien la foi en notre passion pour ce groupe si différent.

Bien, j’admets que, m’étant passionné tardivement pour Godspeed You! Black Emperor, j’ai certainement manqué les grandes années du groupe, alors que ses concerts étaient paraît-il des événements capables de “changer une vie”… Même si on dit que, aujourd’hui, le groupe n’est plus que l’ombre de ce qu’il était, il me semble impossible quand même de nier qu’il nous offre encore une expérience sans pareille. 

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17 août 2016

"Les Cafards" de Jo Nesbø : Bangkok pour les nuls...

les cafards

Second livre de Nesbø pour moi, second volume de la saga Harry Høle, et déjà une petite déception par rapport à "l'Homme Chauve-Souris" : si l'on retrouve avec grand plaisir l'écriture vigoureuse de Nesbø, l'humour sec et le profil atypique (... enfin, pas tant que ça, le flic déglingué et obsessionnel est quand même devenu un must du polar scandinave, me semble-t-il...) de l'Inspecteur Harry (ha ha ha), ainsi que la découverte des bas fonds d'un autre pays exotique - la Thaïlande après l'Australie, pourquoi pas ? La pédophilie avérée des Scandinaves mêlée à la corruption endémique des Thaïs est un bon contexte pour un polar... -, il n'y a plus ici le sentiment de fraîcheur, de nouveauté qui illuminait le premier roman de la série. On est même au contraire en plein mécanisme ultra-classique du polar contemporain (ou éternel?), entre intrigue trompeuse, personnages malsains, tueur sadique nous offrant notre portion congrue de violence brutale, et dissémination subtile des indices révélateurs au long du livre jusqu'à une révélation finale qui n'en est pas complètement une heureusement (le fait que l'on puisse avoir deviné l'identité du coupable me semble plutôt un gage de vraisemblance, on évite ainsi le coup du "twist final" qui commence à être vraiment usé...). On notera que le peu d'originalité des "Cafards" se niche plutôt dans la complexité des montages "financiers" au cœur de l'intrigue - sans doute une conséquence de l'éducation de Nesbø - plutôt que d'une quelconque tentative de dépasser les clichés habituels sur Bangkok (le sexe, la chaleur, les codes de comportement), ce qui est un peu dommage, Nesbø passant à côté de l'occasion de nous faire une autre visite en profondeur de l'histoire du pays, comme il l'avait fait avec l'Australie. On ne niera pas par contre que la lecture des "Cafards" est très addictive, et donc que, sur ce point au moins, le contrat avec le lecteur est parfaitement rempli.

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