Le journal de Pok

25 novembre 2014

Séance de rattrapage : "Flight" de Robert Zemeckis

Flight affiche

Ecrire sur "Flight" est presque aussi pénible que le regarder, car tout y est si évident, qualités comme défauts, si plat - sans profondeur, sans sous-texte, sans "inconscient" pourrait-on dire - que l'exercice critique paraît terriblement vain. Tout le monde a facilement pointé la réussite des 30 premières minutes, présentant à la fois des comportements non politiquement corrects, et l'un des "crash" aériens les plus crédibles jamais filmés. Tout le monde s'est sombrement ennuyé pendant l'heure et demi suivante qui décrit minutieusement - et sans doute assez exactement - le comportement d'un alcoolique, plutôt bien incarné par Denzel Washington. Et tout le monde s'est énervé devant la conclusion assez immonde que Zemeckis nous offre, dans une soumission insupportable à toute la morale américaine la plus rétrograde. "Flight" est donc une purge, et Zemeckis nous prouve pour le coup que, outre un cinéaste très irrégulier, il est aussi un âne.

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24 novembre 2014

"Tales of Us" de Goldfrapp : images et histoires...

goldfrapp-tales-of-us

La musique peut aussi servir de lanterne magique, et faire naître dans nos esprits des images inédites, qui nous seront propres tout en étant l'écho des songes de l'artiste. Quelques fois, plus rarement sans doute, la musique peut même nous raconter de véritables histoires, pour peu que quelques mots évocateurs - mais pas envahissants - l'accompagne. C'est le défi que s'est lancé le duo de Goldfrapp, dans ce "Tales of Us" qui est leur album le plus ambitieux à date : chaque morceau est un portrait, esquissant un drame personnel, et l'illustrant par des constructions sonores délicates, parfois "cinématographiques", mais laissant à la voix magnifique d'Alison la charge de porter l'émotion au coeur de ces évocations rêveuses d'autres vies que les nôtres. Une indicible magie imprègne fortement tout l'album, et pourvu qu'on accepte de se laisser entraîner les yeux grands fermés dans cette promenade nocturne largement somnambulique, on sera prêt à pardonner à Goldfrapp la baisse d'inspiration mélodique qui ralentit le coeur de "Tales of Us" et l'empêche d'atteindre le statut de chef d'oeuvre, qu'on aurait tant aimé lui concéder !

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19 novembre 2014

"Hypnotic Eye" de Tom Petty & The Heartbreakers : réévaluer Petty !

Tom_Petty_Hypnotic_Eye

Personne n'a jamais inclus, je crois, Tom Petty, dans sa liste personnelle des artistes "rock" préférés, ou plus importants, et on serait bien en peine de trouver l'un de ses albums dans le Top 100 des meilleurs disques de quelque critique que ce soit. Et pourtant, depuis que "American Girl" nous a entraînés sur les highways nocturnes d'une Amérique mythique, aussi éternelle qu'illusoire (on était en 1977, et Petty était alors catalogué "punk", sans doute pour la brièveté de ses morceaux et pour son sourire en biais, un peu inquiétant), il nous a bien moins déçu que la majorité de ses contemporains, non ? Et cet "Hypnotic Eye" d'excellente facture pourrait bien amener sa réévaluation au panthéon des rockers qui comptent : excellentes chansons classiques, dans la ligne de "American Girl", justement, guitares qui font le taff comme au premier jour, et donc efficacité à tous les étages, et sur l'autoradio de la voiture encore plus, bien entendu ! Il n'y a guère que la voix qui ait un peu vieilli, chevrotant plus que nécessaire, et tire quelques chansons un peu vers le bas. Mais Petty n'a jamais été un grand chanteur de toute façon, non ? Allez, on glisse "Hypnotic Eye" dans la fente du lecteur de CD, on met le contact, et on repart se tirer une bourre sur les autoroutes d'un rêve qui n'a jamais sonné aussi bien qu'en 2014 !

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17 novembre 2014

The Hives au Cine Joia (São Paulo) le dimanche 16 novembre

2014 11 The Hives Cine Joia SP (21)

20h10, avec un peu de retard, et après la traditionnelle agitation des roadies vêtus comme des ninjas (l’une des fantaisies bien connues des Hives), retentit la musique menaçante de Jaws, alors qu’est projetée en arrière-plan l’image d’un savant fou au regard diabolique : bienvenue dans l’univers tordu, baroque et hilarant du groupe suédois le plus délirant et le plus énergique depuis une vingtaine d’années ! Les Hives sont vêtus d’un smoking blanc ce soir, et sans hauts-de-forme, mais ils sont, comme toujours les plus « classe » des punks de la planète. Sans surprise, on attaque avec l’hystérique Come On !, et la voix de Pelle paraît déjà au bout du rouleau – mais bien sûr, il va hurler de plus en plus fort quand même dans l’heure et demi qui va suivre... Mauvaise nouvelle pour nous, placés juste devant la sono, le son est infect ce soir... mais heureusement très, très fort, ce qui excuse (presque) tout. Le public du Cine Joia saute dans tous les sens, et on sent que ça va être une grande soirée : je m’attendais à ce que ce soit seulement le centre de la fosse qui s’agite, mais non, le pogo est général dans la salle, et mon dieu, que c’est beau à voir ! Rock’n’Roll, Funckin’ Rock’n’Roll !

Le cirque est maintenant lancé, et même si la setlist sera largement dédiée aux chansons du dernier album en date, « Lex Hives », pas forcément les meilleures du groupe, l’énergie folle des musiciens, le délire permanent de Pelle et de Nicholaus qui font le show même en dehors des morceaux, l’imagination permanente dont fait preuve Pelle dans ses interactions avec le public font que chaque minute du set sera une minute de plaisir. On sait que la « philosophie » des Hives, pas si basique que ça, consiste en un certain nombre de règles qui les distinguent clairement du tout venant du Rock : 1) communiquer avec le public est essentiel – 2) les Hives sont un gang, indestructible et irréductible – 3) le rock’n’roll est fait pour être joué fort et vite – 4) les Hives sont, sinon le meilleur groupe du monde, tout au moins VOTRE groupe préféré – 5) Fun ! Fun ! Fun !.. Et la démonstration en sera faite encore une fois, sans aucune faiblesse, ce soir : stage divings, ascension des amplis, exhortations permanentes pour faire chanter / hurler / applaudir le public, auto-célébration ironique et joyeuse des Hives comme le show ultime de rock’n’roll, implication des spectateurs dans l’annonce des chansons (la pochette du « Black and White Album » utilisée par le public, les banderolles TICK, TICK, TICK, BOOM égrenées pendant la chanson...), distribution régulière de mediators et baguettes, et bien sûr, grand sit-in général organisé avant l’explosion finale... tout y passe, tout est là, il n’y a aucun répit entre les riffs qui tuent, les hurlements sur-saturés de Pelle et les scènes de comédie.

2014 11 The Hives Cine Joia SP (27)

Meilleures chansons de la soirée : Walk Idiot Walk, l’efficace et simpliste The Bomb (une nouveauté), le merveilleux Won’t Be Long qui reste la mélodie la plus irrésistible des Hives à date, un excellent Patrolling Days en forme de spirale ascendante envoûtante, avec chants en choeur ad lib, et, inévitablement, le parfait Hate to Say I Told You So, judicieusement placé en toute fin de rappel, conclusion sonique et hystérique parfaite d’une tournée sud-américaine qui se termine en beauté ce soir à São Paulo.

Le batteur fait son stage diving, Nicholaus et Pelle – ruisselant de sueur – distribuent d’interminables poignées de mains (Julio et moi y avons droit !), le groupe salue plusieurs fois, clairement les musiciens n’ont pas envie de quitter leur public. La joie, le bonheur et l’émotion sont tangibles, les yeux brillent derrière la transpiration sur les visages des spectateurs comme des musiciens. Une fois de plus, le Rock’n’Roll a été merveilleusement incarné par The Hives, un groupe exceptionnel que l’on a bien tort de considérer comme « anecdotique » en notre époque de pop stars éphémères. Depuis 25 ans environ, le gang suédois n’a jamais démérité, et est un élément indestructible de notre foi en le Rock’n’Roll !

PS : Blague de la soirée : après une heure de musique, Pelle annonce que les Hives ont désormais joué toutes les chansons pour les quelles le public a payé (eh, oui, The Hives sont un groupe CHER !), et que maintenant, ils vont continuer gratuitement. La suite, c‘est comme les 30% gratuits annoncés sur les produits de supermarché ! »

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16 novembre 2014

Jay Jay Johanson au SESC Pompéia (São Paulo) le vendredi 14 novembre

2014 11 Jay Jay Johanson SESC Pompeia SP (7)

« Jeudi soir, un mail de Christophe : Jay Jay Johanson joue demain au SESC Pompéia, sorte de centre culturel branché mais très, très sympa, se consacrant normalement à la diffusion de musiques locales, mais accueillant occasionnellement des artistes "internationaux". Et nous voilà donc le vendredi soir avec nos billets à R$20 (6 euros) à attendre l'heure du set du Suédois magnifiquement "pop dépressif". Sympa : nous tombons sur lui à la caisse où nous achetons nos bières et barquettes de frites... Petite conversation amicale - je lui signale que ses compatriotes, les Hives, sont également en ville - et Inés me prend en photo avec le "grand homme" (par la taille au moins, mais par le talent aussi !).

21h30 : Nathalie, Inés et Christophe sont en train de festoyer au restau inclus dans la salle de la Choperia, et moi, je suis, bien évidemment, avec moins de dix pelés et tondus devant la scène : on ne se refait pas ! Ce n’est que lorsque Jay Jay Johanson et son pianiste Eric (il me sera présenté par Jay Jay lorsque nous nous retrouverons à la fin du set pour la traditionnelle séance d’autographes) pénètrent sur scène que le public, très « bo-bo » du SESC daignera s’avancer vers la scène... pour onduler mollement et applaudir poliment pendant l’heure et demie du set. Mais bon, peu importe : fermement planté devant son micro, dont il ne décollera que très peu, Jay Jay, très concentré, entame un magnifique The Girl I Love Is Gone, accompagné du seul piano et avec, derrière lui, le visage d’une jeune femme, muette, filmée en gros plan et en noir et blanc. L’impression est saisissante, voici un début de concert qui prend à la gorge : la voix haute et presque féminine de Jay Jay, la délicatesse de la mélodie, l’ambiance sobre et élégante, nous sommes à un très haut niveau !

2014 11 Jay Jay Johanson SESC Pompeia SP (16)

Malheureusement, la suite du set ne confirmera pas complètement cette excellente introduction : Eric lance sur son ordinateur les basses et les beats préenregistrés des morceaux suivants, à un niveau sonore un peu excessif, couvrant régulièrement la voix de Jay Jay (... même si, au premier rang, où le suis, à moins de deux mètres de Jay Jay, la gêne est moindre...). Et puis, il faut bien avouer que bon nombre de morceaux ne sont pas furieusement inspirés, et que les jours glorieux de « Whiskey » et de « Tatoo » - dix-sept ans déjà ! – sont loin : Dilemma, l’un des seuls mini-hits de Jay Jay satisfera les fans, Milan Madrid Chicago Paris ravira mes envies d’être loin de São Paulo, Believe In Us, accrocheur, réhabilitera dans ma mémoire l’album « hitchcockien » de Jay Jay, « Poison », mais globalement, le set manquera de magie.

S’il y a une chose agréable, c’est l’évidente complicité qui unit Jay Jay et Eric, et le plaisir que tous les deux prennent à cet exercice un peu ingrat devant un public aussi peu concerné, un public de dilettantes branchés, qui constitue en général la pire crainte d’un artiste. Jay Jay et Eric s’en tiennent à leur « ligne claire », cette sensibilité à fleur de peau, cette peinture fragile d’humeurs dépressives, s’appuyant sur des constructions rythmiques qui rappellent un peu les grandes heures du trip hop, à peine illuminées par des moments de virtuosité aux claviers qui peuvent incommoder (Christophe parlera même de Richard Clayderman !), mais à mon avis, ajoutent un peu d’éclat bien venu... Le final avant le rappel (On the Other Side), ainsi que le dernier morceau verront enfin Jay Jay se lâcher un peu, et permettront de sortir du concert sur une bonne impression, même s’il est clair que Jay Jay gagnerait à varier un peu plus les ambiances et les postures durant son set pour éviter une certaine monotonie.

2014 11 Jay Jay Johanson SESC Pompeia SP (33)

Inés rampe sur scène pour aller récupérer la setlist, et nous passons au stand de merchandising pour acheter « Cockroach », l’album le plus récent de Jay Jay, avant d’aller le faire autographier par l’artiste, décidément très disponible et délicieusement aimable. Jay Jay et Eric nous parlent de leurs enfants respectifs, nous comparons nos âges, devisons sur la France, Paris et Arles, toutes choses bien agréables ma foi. Ce qui fait que nous sortons ravis de cette soirée un peu différente...

Dans deux jours, autre soirée suédoise, donc, mais à l’autre extrémité du spectre musical, avec le rock garage et audience-friendly des Hives ! Nuits nordiques à São Paulo ! ».

 

La setlist du concert de Jay Jay Johanson :

The Girl I Love Is Gone (Whiskey – 1997)

It Hurts Me So (Whiskey – 1997)

Mr Fredrikson (Cockroach – 2013)

Dilemma (Spellbound – 2011)

Paris

She's Mine but I'm Not Hers (Tatoo – 1998)

I Miss You Most Of All (Cockroach – 2013)

Milan Madrid Chicago Paris (Tatoo – 1998)

Tomorrow (Antenna – 2002)

Far Away (Poison – 2000)

So Tell the Girls That I Am Back in Town (Whiskey – 1997)

She Doesn't Live Here Anymore (The Long Term Physical Effects Are Not Yet Known – 2007)

On the Radio (Antenna – 2002)

Monologue (Spellbound – 2011)

Hawkeye (Cockroach – 2013)

Believe in Us (Poison – 2000)

I'm Older Now (Whiskey – 1997)

On The Other Side (Spellbound – 2011)

Encore:

I Fantasize Of You (Whiskey – 1997)

Rocks in Pockets (The Long Term Physical Effects Are Not Yet Known – 2007)

Prequiem (The Long Term Physical Effects Are Not Yet Known – 2007)

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14 novembre 2014

Morcheeba au Citibank Hall (São Paulo) le mercredi 12 novembre

2014 11 Morcheeba CityBank Hall SP (21)

« Nous sommes tellement peu nombreux à 21h30 dans la grande salle du Citibank Hall de São Paulo (ex-CrediCard Hall) que Morcheeba décident visiblement de retarder le début du concert d’une quinzaine de minutes. Curieux, ce manque d’engouement des Paulistanos pour un groupe pourtant réputé, alors qu’on voit typiquement d’illustres inconnus remplir facilement les salles ? Non, pas vraiment, si l’on pense aux prix prohibitifs des billets ici au Brésil, et si l'on se souvient que ce mois de Novembre est certainement le plus riche en concerts de rock jamais vu à São Paulo : en période de crise économique comme nous vivons cette année, s’il faut choisir entre le soft rock « lounge » de Morcheeba, la nostalgie Beatlesienne avec McCa, la fièvre polaire des Arctic Monkeys, l’esprit roots de Jake Bugg, la pop enchantée et bancale de Metronomy, etc. etc., eh bien ce n’est pas Morcheeba qui a la préférence ! Dans cette ambiance froide, avec un public clairsemé perdu au milieu des rangées de chaises peu confortables installées sur la piste – eh oui, le concert est ASSIS ! -, les deux premières chansons, acoustiques et lentes au demeurant, du set sont presque catastrophiques : les musiciens semble perdus, loin au fond d’une scène bien trop grande pour eux, et la musique pourtant chaude de Morcheeba lutte en vain contre les rigueurs de l’air conditionné et le vide glacial de la salle. Et puis Skye attaque World Looking In, Ross a pris sa Telecaster et commence à faire du bruit, quelques spectateurs se lèvent, vite contrôlés par le service d’ordre qui tente de faire respecter les règles de la maison, qui sont en fait celles du pays tout entier (chacun à sa place, et qui a payé le plus cher doit être devant...)... Skye saisit l’opportunité au bond, et invite toute le monde à se lever : c’est la bousculade générale, j’enjambe une rangée de chaises avec Inés, et nous nous retrouvons au premier rang, plein centre, juste devant Skye, alors que le public enthousiaste est désormais massé devant la scène : Part of the Process a mis tout le monde en joie, et nous sommes, enfin, à un concert de rock !

2014 11 Morcheeba CityBank Hall SP (37)

A partir de là, peu importe que nous soyons si peu, puisque nous sommes un véritable public, au contact avec un véritable groupe, qui manifeste une véritable envie de jouer pour nous. Et, si je compare cette soirée à celle de quatre ans et demi plus tôt, à Madrid, nous sommes dans une configuration bien meilleure : une acoustique impeccable, un groupe qui communique (enfin, Skye...), une setlist certes discutable (grosse priorité aux classiques de la période « Big Calm » / «  Fragments of Freedom ») mais constituée de crowd pleasers impeccables. Skye, une fois passée l’épreuve de ce début de soirée difficile, est radieuse, dans une robe blanche décorée de petits chats que, comme d’habitude, elle s’est confectionnée elle-même (elle nous avoue être une « cat lover » absolue, nous aussi, Skye, nous aussi !). Skye, soit Shirley Klaris Yonavieve Edwards pour ceux qui ne connaissent pas l’origine de son surnom, ne paraît guère ses 42 ans, et est particulièrement en voix et en forme ce soir : lla voir évoluer sur la grande scène du Citibak Hall, radieuse, à quelques mètres de nous, est un plaisir qui surpasse parfois celui de la musique de Morcheeba, une musique certainement légèrement inférieure sur scène, ainsi jouée en format traditionnel « rock », à ce qu’elle est sur les albums, où les incursions hip hop, dub step, trip hop, et les invités vocaux apportent une richesse supplémentaire. A droite, Ross (et non pas Paul, comme le criera toute la soirée un joyeux drille qui ariverra même à lui tirer un sourire, et un médiator !) Godfrey, est concentré sur son jeu de guitare régulièrement noisy. A gauche et derrière, un groupe anonyme qui assure correctement mais sans génie – le bassiste, de mémoire, était déjà là à Madrid il y a 4 ans et demi, mais je ne suis pas sûr pour les autres.

2014 11 Morcheeba CityBank Hall SP (51)

Otherwise, extrait de l’excellent et Brésil-friendly « Charango », est le premier moment de magie de la soirée, mais c’est sans doute l’interprétation  de Blood Like Lemonade qui emporte le morceau, quelques minutes plus tard, juste avant un Slow Down magnifique, qui est une sorte de mètre-étalon du « charme Morcheeba ». Le public réclame São Paulo, morceau-phare de « Charango », ce qui serait en effet bien vu, mais nous n’avons droit ce soir qu’à une set list standard, a priori exactement la même que pour les autres concerts de la tournée. Et le set se termine un peu abruptement, en tout cas, beaucoup plus tôt que l’on le souhaiterait, par l’inévitable et imparable Rome. Une heure seulement, c’est quand même vraiment peu pour un groupe qui a un tel catalogue d’excellentes chansons... sans parler du fait que Morcheeba a curieusement fait l’impasse quasi totale sur son dernier album, « Head Up High »,  pourtant très réussi !

Joli rappel de trois titres, entamé en duo (Skye et Ross tous seuls) avec un superbe Over and Over accompagné par le public tout entier, et terminé en configuration « rock » par un Let Me See impeccable, qui nous laisse définitivement avec un goût de trop peu dans la bouche, après moins d’une heure et quart de set. Au final, une soirée calme, détendue (des qualicatifs qui viennent naturellement à la bouche quand on parle de Morcheeba, non ?), mais complètement réussie, même si une salle plus remplie aurait sans doute permis au groupe de monter encore plus en puissance. »

 

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10 novembre 2014

"Interstellar" de Christopher Nolan : plantage complet !

Interstellar AfficheA force d'encenser le cinéma de Christopher Nolan, souvent bien au-delà de ses véritables qualités (c'était déjà flagrant avec "Dark Knight Returns"), on devait logiquement en arriver au plantage complet de "Interstellar" : la mégalomanie fait toujours mauvais ménage avec le talent limité... Et Nolan n'est, malgré ses ambitions délirantes, ni Kubrick ni Tarkovski, deux "grands" abondamment cités dans le fond comme dans la forme de cette étouffante et laborieuse pièce montée qu'est "Interstellar" ! Le pire est qu'il n'est même pas Cuaron, et que le vertige physique absolu de "Gravity" semble perpétuellement inatteignable ici, tant Nolan ne patauge pas seulement dans ses idées (toutes petites, ses idées, on est loin de la métaphysique quand on passe son temps à opposer le fait de vouloir sauver sa famille au destin de l'humanité toute entière : niveau dissertation de 3ème, peut-être ?), mais aussi dans sa réalisation, qui n'arrive quasiment jamais à transcender un scénario bavard, trop complexe, inutilement chargé de "twists" comme un vulgaire blockbuster US standard. Alors, oui, quand même, il y a quelques scènes (sur trois heures de film, quand même) à sauver, en particulier lors de la belle ouverture du film, et également lors du moment clé dans le tesseract du trou noir. Oui, comme il faut remercier le cinéma US pour ses tout petits miracles, on est heureux de ne voir pas débarquer à la fin cette explication "divine" qui menaçait depuis un moment, ou encore du fait que Nolan abandonne en route ses âneries sur l'Amour comme "nième dimension". C'est bien, mais c'est terriblement peu au milieu de trois heures d'ennui.

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06 novembre 2014

Revoyons les classiques du cinéma : "Sympathy for Mister Vengeance" de Park Chan-Wook (2002)

mister vengeance

Depuis 2003, année de sortie sur les écrans français de "Sympathy for Mister Vengeance", on a vu bien des films coréens, avec leur édifiante brutalité et leur frontalité dans la description de l'horreur du monde. On a aussi vu "Old Boy", où PARK Chan-Wook accédait à un nouveau stade dans l'abominable, par rapport à ce premier essai, qui nous paraîtra donc aujourd'hui moins révulsant. Si l'on peut se désoler de ce que notre sensibilité s'émousse, on doit se réjouir de pouvoir se concentrer sur les grandes qualités du film : une attention de tous les instants aux infimes mouvements de l'âme de ses personnages, paradoxalement équilibrée par un sens du burlesque qui tire le film vers la farce caricaturale dans certains moments bien venus (libérer la tension, tout un art...). Et bien sûr cette remarquable approche formelle qui fait de PARK Chan-Wook un réalisateur admiré, aussi bien dans l'ambitieuse - et déroutante - narration (ces incroyables ellipses qui désorientent, qui font appel à toute notre intelligence et notre attention, mais finissent par construire une histoire en creux), que dans la composition superbe de nombreuses scènes.

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05 novembre 2014

"24 - Live Another Day" : le retour de Jack Bauer !

24_Live_Another_Day poster

Sans qu'on ait rien demandé, voici le retour de "24" et de l'insubmersible Jack Bauer, et on est, inévitablement, partagés entre le plaisir de retrouver les automatismes pavloviens que cette série archétypale déclenche en nous - certains pas très honorables, comme cette jubilation mauvaise qui nous envahit quand Bauer brise toutes les règles de la morale -, et l'ennui de constater que, non il n'y a rien de nouveau dans le monde paranoïaque et frénétique de "24". Histoire de nous faire croire qu'ils avaient "fait bouger" quelque chose, les scénaristes ont cette fois transposé l'action à Londres, et ont raccourci de moitié la saison, qui devrait donc désormais s'appeler "12", mais ce n'est guère suffisant ! La plus grande faiblesse désormais de "24", qui reste au demeurant très divertissante, c'est qu'elle n'est plus aussi synchrone avec les préoccupations (géo)politiques du moment, ce qui constituait son plus grand intérêt pendant les années Bush : en injectant dans l'intrigue une organisation de hackers dédiée à la divulgation de documents confidentiels et à la déstabilisation des gouvernements, les scénaristes essaient certes de recoller à leur époque, mais cette partie de "Live Another Day" est malheureusement la moins crédible. Sans doute aurait-il mieux valu laisser Jack Bauer perdu dans les limbes et ne pas risquer de toucher à nos excellents souvenirs des débuts de "24".

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04 novembre 2014

Polanski et l'aliénation : "Frantic" (1988)

Frantic

Si "Frantic" fait clairement partie de cette interminable liste de films de Polanski qui ne sont "ni faits, ni à faire", ici à cause d'une dernière demi-heure qui nous montre un Polanski abandonnant complètement les principes qui avait fait de "Frantic" un agréable polar jusque là, il est impossible de nier qu'on tire pas mal de plaisir de ce thriller de "l'aliénation" (thème polanskien s'il en est) : une approche hitchockienne remarquable de la disparition d'une femme, et de l'angoisse asphyxiante qui s'en suit (la première partie du film est tout simplement une magnifique leçon de mise en scène), un regard amusé mais sans indulgence sur Paris et les parisiens, leur arrogance, leur froideur vis à vis des étrangers, une "petite femme fatale" filmée avec beaucoup de désir par son futur mari - transcendant du coup les clichés de la parisienne délurée et sexy -, un Harrison Ford bien dirigé parfaitement crédible en touriste perdu, bref beaucoup de bons points qui compensent l'incohérence de la partie "espionnage" du scénario, et distinguent clairement "Frantic" du divertissement calibré que l'on pouvait redouter.

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