Le journal de Pok

01 septembre 2014

"Sun Structures" de Temple : pour les amnésiques et tous ceux nés de la dernière pluie...

sun structures

Les amnésiques et tous ceux nés de la dernière pluie, sans parler des autres qui n'ont jamais fait l'effort d'explorer les arcanes de la pop music (eh oui, on disait comme ça, à l'époque) des années 60, devraient tenir avec "Sun Structures" l'un de leurs disques de l'année 2014 : mélodies efficaces, inventivité sonore redoutable, quelques accélérations et montées en puissance qui mettent le coeur en joie, c'est toute l'intelligence éternelle de la musique anglaise qui se déploie, et il est difficile de faire la fine bouche devant ce mini-festin musical. Pourtant, pourtant, tous ceux qui connaissent les Beatles circa 1967, le Pink Floyd de Syd Barrett, les Byrds des débuts, sentiront un vague - mais indiscutable - malaise devant cette re-création très, très lourde des codes du psychédélisme "classique". Du coup, ils se sentiront beaucoup moins indulgents : Temples a tout de la nouvelle "grande arnaque du rock'n'roll" dont les journalistes musicaux anglais raffolent : look impayable des musicos qui semblent sortir d'une machine à voyager dans le temps, pochette mi pipeau moyen-âgeux, mi Hypgnosis, et ces vieux flashbacks d'acide qui ont - malheureusement - tout du premier degré carnassier. Moi, personnellement, je préfère cent fois le petit jeu ironique auquel s'étaient livrés les Dukes of Stratosfear (XTC) : au moins on rigolait bien !

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31 août 2014

"Kaïken" de Jean-Christophe Grangé : renaissance ?

Kaiken

Fidèle lecteur de Grangé depuis ses débuts (le choc des "Rivières Pourpres"), j'ai toujours été assez critique par rapport à ce genre de littérature, pleine de ficelles, et flattant facilement les "bas instincts" de lecteur, à coup de scènes gore et de conspirations diaboliques un peu faciles. "Kaiken" m'a vraiment surpris, alors que je n'attendais plus une "renaissance" de la part d'un auteur qui vend de toute manière des wagons de bouquins. Ici, tout est à nouveau frais, avec une construction intéressante et originale du thriller avec deux histoires (l'une qui est déjà en phase finale lorsque le livre commence, l'autre qui ne démarre qu'à mi course) qui ne sont - et heureusement - aucunement liées, si ce n'est par leur thématique ; l'impact d'une génétique sexuelle "anormale" sur le comportement, et les dérives "monstrueuses" qui peuvent en résulter, principalement sous la pression sociale. Avec surtout, et c'est là le thème central du livre, celui qui m'a vraiment passionné en tant que fan, moi-même, d'une certaine tradition culturelle nippone, une passionnante analyse des illusions que le Japon distille auprès d'occidentaux pris entre fascination et incompréhension. Si l'on ajoute une peinture plutôt juste des tensions qui naissent au sein d'un couple et qui peuvent conduire à la séparation, en dépit des sentiments, on a là un thriller atypique de Grangé, et tout simplement l'un de ses meilleurs livres.

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30 août 2014

Réécoutons les classiques du Rock : "McCartney" de Paul McCartney (1970)

McCartney

Album inaugural d'un long parcours solo avec des hauts (rares, mais notables) et des bas (fréquents, mais jamais vraiment honteux, quoi qu'on en ait pu dire à l'époque), "McCartney" n'est guère reconnu à sa juste valeur... alors qu'il suffit de le réécouter aujourd'hui pour réaliser -avec un indéniable plaisir - combien il reste "frais", vif, combinant, non sans une petite dose de magie purement "beatlesienne", des chansons un peu bâclées mais aux mélodies encore classiques ("That would be something", "Junk", "Teddy Boy", "Maybe I m Amazed") et une ambiance laid back, presque lofi. Dans ce contexte joueur, même les dérives McCartneyiennes typiques (vers la lourdeur ou la niaiserie...) s'intègrent avec bonheur au sein de ce projet "homemade" et bucolique, qu'il est tentant de considérer comme un grand bol d'air frais après le stress des ultimes années Beatles. McCartney a clairement désiré un premier album sans enjeu, comme un pied de nez à la célébrité et aux attentes énormes des fans, et le miracle est que, 45 ans plus tard, cet album s'avère l'une de ces mini-réussites quasi intemporelles qui constituent une sorte d'histoire parallèle - plus intime - de la musique. Bon, rappelons quand même que l'album suivant, "Ram", construit avec plus d'ambition sur des bases similaires, allait s'avérer l'un des tous meilleurs de la discographie des Beatles, ensemble et séparément. 

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29 août 2014

"Le Chef Rouge", toujours une bonne adresse...

le chef rouge

Pas vraiment un "gastro" au sens noble du terme, mais quand même pas si mal pour São Paulo où l'appellation de cuisine française est régulièrement usurpée,  "le Chef Rouge" de la Bela Cintra reste après toutes ces années une jolie adresse où déjeuner ou dîner en amoureux, surtout en terrasse sous les beaux arbres intégrés dans le restaurant. Les prix sont certainement un peu abusifs par rapport aux standards internationaux de qualité (comptez R$200 par personne), mais l'expérience est globalement positive, entre des plats traditionnels du répertoire "français" (les moules à la provençale, succès du moment, le confit de canard ou la crème brûlée) globalement bien exécutés, des vins au verre qui tiennent la route, un service un peu brouillon mais sympathique, et surtout, répétons-le, ce cadre des plus agréables. Le Chef Rouge reste donc une bonne adresse classique, pourvu que le niveau d'attente du gourmet "français" ne soit pas trop élevé !

Rua Bela Cintra, 2238 - Jardim Paulista, São Paulo - SP, 01415-000

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28 août 2014

"Turn Blue" des Black Keys : que du bien...

turn-blue

A une époque où tous les albums importants évoquent systématiquement des musiques déjà entendues, prouvant que l'ère du grand recyclage est définitivement arrivée, "Turn Blue" presente l'avantage non négligeable de ne guère sonner que comme un disque des Black Keys - détournés vers le Middle of the Road, certes - et de nous procurer un plaisir franc, celui de ne pas avoir à chercher des références à cette musique légère, ludique, gentiment séduisante. Des chansons blues/soul bien trempées dans la soupe pop, avec des mélodies accrocheuses, rapidement mémorisables, illuminées ça et là de solos de guitare flamboyants mais pertinents, et, partout, une délicieuse impression de plaisir pris par les musiciens autant que dispensé à l'auditeur : voilà aujourd'hui comment on peut résumer un album des "Black Keys". Les fans des premières heures du groupe pourront bien pester et rager, le reste de l'humanité ni verra probablement que du bien... si ce n'est que, indéniablement, "Turn Blue" est un disque qui descend en pente douce, depuis l'ouverture parfaite de "Weight Of Love", certainement l'un des grands morceaux de l'année, jusqu'à une conclusion assez minable ("Gotta Get Away") en rock stonien léthargique.

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27 août 2014

"Luther - Saison 3" : débâcle !

Luther 3 jaquette

Cela arrive malheureusement avec toutes les séries, c'est juste tragique que, avec "Luther", la débâcle frappe aussi tôt, après seulement une dizaine d'épisodes. Déjà, il y a dans cette troisième - et espérons-le ultime - saison deux sujets qui ne sont pas tout-à-fait au niveau des précédents, même si le thème du vigilante relayé par les réseaux sociaux pouvait sembler prometteur, avant de s'enliser dans l'incohérence complète du dernier épisode. Ensuite, il y a cette "intrigue parallèle" (déjà LA faiblesse de la seconde saison), avec une enquête de la police des police, qui s'avère complètement grotesque, invraisemblable du début à la fin, torpillant totalement la crédibilité déjà bien mise à mal de la série. Enfin, il y a une sorte de dilution des "principes" de la série, qui nous semblaient forts, soit la marginalité du "copper" travaillé par ses démons (on le voit ici en pleine contradiction adopter la vision politiquement correcte de la justice, ce qui est certes louable, mais incohérent par rapport au parcours de John Luther), ainsi que cette noirceur choquante de l'univers dans lequel pataugent littéralement les enquêteurs, désormais bien affaiblie. On sera bien entendu ravis de la réapparition en "deus ex machina" de la fascinante Ruth Wilson, mais cela ne suffira définitivement pas à sauver cette triste conclusion d'une série qu'on a finalement grandement surestimée.

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26 août 2014

"Planes 2" des Studios Disney : Pixar - Disney la suite...

Planes 2 affiche

La franchise "Planes" représente l'illustration parfaite des conséquences de la fusion Pixar - Disney, dont on sait aujourd'hui qu'elles ont été largement néfastes à Pixar qui a perdu son leadership artistique dans le domaine de l'animation moderne, sans être pour autant clairement bénéfiques à la créativité de la branche animation de Disney. On se doute a priori que "Planes 2" n'aura rien de désagréable, puisqu'il s'agit du nième recyclage des valeurs Disney dans un univers plus inventif créé à partir de celui de "Cars". Et de fait, quelques scènes joliment spectaculaires, plusieurs personnages doucement sympathiques nous aident à passer le temps sans trop nous ennuyer, mais on est quand même loin de ce qui se fait de mieux dans l'animation, tant techniquement - "Planes" n'est clairement pas à la pointe, il n'est d'ailleurs pas voulu comme tel - que du point de vue audace du concept ou virulence des thèmes (intéressant de voir par exemple comment la corruption déclarée des autorités du parc ne génère aucune fiction, ni même aucune réelle conséquence). "Dans la moyenne", "anodin", "gentil", sont les mots qui viennent à l'esprit devant ce spectacle - enfantin - divertissant, mais sans saveur particulière. Que le nom de John Lasseter apparaisse au générique en tant que producteur est plutôt triste, du coup... et on espère que ce dernier a bien mis fin, comme annoncé à l'époque, aux projets Disney d'adaptation de "Toy Story", ce qui s'avérerait sans doute bien plus douloureux.

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25 août 2014

"Luther - Saison 2" : la création de psychopathes...

Luther 2 jaquette

Il y a dans la (courte) seconde saison de "Luther" dix minutes qui justifient pleinement l'intérêt que l'on porte à cette série britannique atypique, et ce malgré ses nombreuses faiblesses (interprétation pas très convaincante en général, Idriss Elba en tête ; personnages pas très bien écrits, oscillant entre stéréotypes et originalité forcée ; grande faiblesse ici de la sous-intrigue franchement débile autour du personnage de Jenny Jones), c'est la très longue et très éprouvante scène d'ouverture de la seconde "histoire" - donc de l'épisode 3 -, qui synthétise tout ce qui nous fascine ici : la création de "psychopathes" tranchant radicalement sur les codes hollywoodiens et de ce fait de situations crédibles et réellement effrayantes, une mise en scène, une photographie et un montage cinématographiques, à la fois baroques et puissants, et au final, une formidable inscription de la série dans la réalité du Londres d'aujourd'hui (... un peu à l'image du travail effectué également dans "Sherlock" !). Pour des moments de ce niveau-là, et il y en a d'autres au cours des 4 épisodes de cette saison, on est vraiment prêts à avaler pas mal de couleuvres, comme par exemple un final assez faible des deux intrigues, et - un peu mois acceptable néanmoins - l'effacement du formidable personnage d'Alice Morgan, qu'on espère voir revenir dans la troisième saison.

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24 août 2014

"Billy Bat - Tome 11": on se recentre... et ça repart !

Billy Bat 11

Ce onzième tome de la saga "Billy Bat" se dévore encore plus vite que les précédents, Urasawa et Nagasaki ayant décidé, dans leur grande bonté, d'offrir à leurs fidèles lecteurs - quand même un peu déboussolés par les dérapages temporels et la multiplication infinie des personnages et des situations qui a caractérisé le manga jusqu'à présent - un recentrage sur le coeur du "mystère de la chauve souris" : nous allons enfin découvrir ici le secret du fameux rouleau que tout le monde recherche, voir ressurgir Billy des planches dessinées par Kevin (merveilleux moments où l'on voit "vivre" le travail de création du maga-kan), et surtout voir s'esquisser un semblant de structure dans l'écheveau de toutes les possibilités égrenées jusque là. Ouf !! Ceci dit, pas le temps de respirer, ça repart de plus belle, cette fois avec l'impressionnante apparition d'un mystérieux personnage entouré de chauves-souris (le syndrome "Ami", ou "Monster", qui est quand même l'une des choses que l'on adore chez Urasawa, non ?), et la promesse d'un voyage au Pays Basque, qui enchantera forcément les lecteurs français. Est-il utile de répéter, pour la nième fois, que l'art graphique et la narration d'Urasawa sont fantastiques, combinant lisibilité absolue, élégance divine, et dynamisme "cinématographique" ? Encore un tome excellent !

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23 août 2014

Revoyons les classiques de la série TV : "The Sopranos - Saison 4"

Sopranos 4 jaquette

Après deux saisons consacrées - brillamment, comme toujours - principalement à la vie quotidienne de la "troupe" des Sopranos, que cela soit la famille de Tony ou ses acolytes, les "Sopranos" reviennent "with a vengeance" avec cette  quatrième saison plus que noire... Une saison qui voit la dégradation, voire la destruction, d'une bonne partie des relations entre les personnages centraux de ce "soap" hors du commun. Dépendance aux drogues dures, trahisons - minables, forcément -, combines mesquines, meurtres sordides (on a adoré haïr l'ignoble Ralph, fabuleusement incarné par Joe Pantaliano), sentiments inavouables, dépression post-911... l'Amérique du temps de Bush n'avait jamais été aussi peu reluisante, et la mythologie mafieuse établie par Coppola prend vraiment l'eau de toutes parts. Bien sûr, on rit toujours beaucoup, mais la souffrance domine désormais : le sentiment de s'approcher de la fin, la vraie, envahit peu à peu le spectateur. Lorsqu'au dernier épisode, sans doute le plus beau de la série, Carmela et Tony s'affrontent verbalement et physiquement sur les décombres de leur vie commune (au cours de plusieurs scènes où James Gandolfini et Edie Falco transcendent encore leur habituel niveau d'interprétation), le téléspectateur ne peut que se sentir happé dans le tourbillon mortifère de ces existences tragiques.

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