Le journal de Pok

01 novembre 2014

Jam : l'un des meilleurs restaurants de Sushis / Sashimis de São Paulo ?

Jam

La cuisine japonaise à São Paulo est une évidence, de par l'importance de l'immigration nippone dans l'état de SP, mais c'est aussi, malheureusement, une porte ouverte à une "gastronomie" de plus en plus dégradée, dont la qualité est de plus en plus douteuse : remplacement du saumon par une "truite saumonée" immangeable, disparition du thon, poisson blanc aussi informe qu'insipide, manger de bons sushis et sashimis à São Paulo est devenu un défi. Le "Jam" est une véritable résurrection pour tout fanatique du genre : dans une ambiance accueillante, à la fois moderne et rustique, voici tout simplement le meilleur repas japonais que j'aie fait à São Paulo. Du poisson de qualité réellement supérieure, coupé et préparé selon les règles, et agrémenté de manière fine et intelligente de saveurs "tropicales" pour rappeler qu'on est au Brésil, et pas à Tokyo... Tout simplement parfait. Un point en plus pour la musique live, jamais intrusive. mais un point un moins pour le service brouillon (boisson oubliée, par exemple). Évidemment les prix sont un peu élevés (comptez R$130 par personne), mais totalement justifiés par la qualité des ingrédients.

R. Lopes Neto, 308 - Itaim Bibi, São Paulo - SP, 04533-030
Tel: (11) 3473-3273

Posté par Excessif à 08:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


31 octobre 2014

"Lazaretto" de jack White : de tout notre coeur...

Jack_White_-_Lazaretto

On avait aimé "Blunderbuss" presque par dépit après la fin des merveilleux White Stripes, cette fois on va aimer de nouveau Jack White de tout notre coeur : car "Lazaretto", curieusement critiqué ci et là par les fans de naguère, est un fantastique pas en avant vers un inconnu excitant... même si quelques morceaux par trop "traditionnels" ci et là prouvent maladroitement que notre homme White a - logiquement - du mal à arracher ses racines country-blues. Pour le reste, une bonne moitié des titres de "Lazaretto", on est dans un drôle de "hard progressif" joué au piano (si, si) qui nous pilonne la tête tout en nous remplissant le coeur d'allégresse, à moins que ça soit juste le contraire. Ces pics d'excitation intense qui nous saisissent, sur le solo virulent de "Three Women", sur les décrochages baroques de "Lazaretto" ou sur les rythmes enivrants de "High Ball Stepper" ou "Black Bat Liquorice", ça n'a pas de prix non ? Mais surtout, ce que Jack White réussit à nouveau sur ce "Lazaretto", c'est à créer cette sensation d'enchantement qui planait sur quasi tous les albums des White Stripes, et qui nous reconnecte directement avec le coeur de "notre" musique, lorsqu'il battait encore puissamment, comme dans les années 60 et 70. Rien de passéiste ici, pourtant, juste la preuve que Jack White peut encore créer de nouvelles merveilles à partir de son formidable héritage.

Posté par Excessif à 08:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

30 octobre 2014

Le P. F. Chang's : à éviter à tout prix !

PFChang

Les ignobles statues de chevaux devant le restaurant ne laissaient bien sûr rien présager de bon, mais cette première visite au P F Chang's de la Kubitschek s'est avérée une déroute complète : accueil sans un seul sourire (quand même rare au Brésil !), service confus et nourriture à peine digne d'un "restau chinois" moyen comme on en trouve à chaque coin de rue dans les capitales européennes... : la palme revient au riz sec et collé en paquets accompagnant des beignets de poulet au miel tout à fait ordinaires, mais le dessert - un cheese cake pâteux et trop sucré - ne valait pas mieux que ce que l'on trouve dans les pires boulangeries de quartier ! Le summum a été atteint quand une partie du plafond s'est décollé et est tombée sur l'épaule d'un ami qui déjeunait en face de moi : aucune excuse formulée par les serveurs dépassés, ni par la direction du restaurant qui est venue prendre des photos du plafond en nous informant qu'ils allaient appeler le constructeur pour réparer (ce qui nous fait une belle jambe...). Bon, on nous a quand même offert le dessert, mais après une expérience aussi pitoyable, je ne remettrai plus les pieds au P. F. Chang's !

Posté par Excessif à 08:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

29 octobre 2014

"Magic In the Moonlight" de Woody Allen : un film faible sur un sujet fort

Magic-in-the-Moonlight-Affiche

A plus de 40 films au compteur, on sait que la filmo de Woody Allen, malgré tout l'un des plus grands metteurs en scène vivants, est faite de hauts et de bas, ces derniers souvent dûs à la négligence plutôt sympathique avec laquelle Woody traite désormais ses propres créations. "Magic In The Moonlight" est un film moyen, qui ne marquera guère les esprits, on peut en prendre le pari, mais il a la particularité d'être un film anodin sur un sujet "grave", un thème "philosophique" dont on sait qu'il tourmente particulièrement Woody : l'absence de "mystère" - ici au sens religieux du terme - ou tout au moins de transcendance, et l'horrible vide dans lequel la certitude de notre finitude comme de notre insignifiance nous plonge. Pas une raison pour se mettre pour autant à croire en Dieu - Woody est clair et laisse ça aux esprits faibles -, et du coup il ne reste guère que l'Amour comme raison, sinon d'être heureux, du moins de survivre encore un peu. "Magic In The Moonlight" pèche beaucoup de par la récurrence facile des sujets de prédilection d'un Woody qui ne se fatigue pas beaucoup : la magie - donc le cinéma - comme enchantement futile mais vital, la douceur de vivre qui va avec l'aisance matérielle des nantis (où est la critique sociale de "Match Point" ?), la nostalgie d'une époque révolue (nimbée de teintes sépia vraiment convenues). Si l'on ajoute des personnages archétypés et souvent rigides, des dialogues qui perdent peu à peu leur virtuosité quand le film avance vers sa conclusion lénifiante, une vraie faiblesse de l'intrigue qui était pourtant basée sur une belle idée - mettre à l'épreuve le rationalisme désespéré de son personnage principal, en le confrontant à l'amour -, et si l'on admet que Emma Stone n'est guère convaincante, le bilan de "Magic In the Moonlight" n'est guère positif. Reste à mon avis à souligner la performance impeccable de Colin Firth, dans un rôle complexe qu'il tient sans jamais tomber dans les excès dont il est coutumier. Il sauve nombre de scènes, et permet au final à "Magic In the Moonlight" de ne pas sombrer dans l'insignifiance.

Posté par Excessif à 08:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

28 octobre 2014

"Blood Red Shoes" par Blood Red Shoes : éponyme

Blood_Red_Shoes_Self-Titled_Album_Cover

Il faut toujours se méfier des albums éponymes qui apparaissent en "milieu de carrière". Plutôt qu'un manque d'imagination, ils traduisent en général une déclaration d'intention, du genre (ici) : "Blood Red Shoes", en fait, c'est ÇA !". Et c'est une bonne nouvelle pour tous ceux qui, comme moi, avaient été sévèrement déçus par le pâlichon troisième album de notre duo chéri de Brighton ! Parce que Laura-Mary et Steven, ce coup-ci, sont bien énervés. En colère, même. Exit (ou presque) les vocaux néo-Feargal Sharkey de Steven, et les banales ambiances dream pop qui parasitaient le précédent opus. Dès l'intro, on sent que ça va saigner ! Et de fait, Blood Red Shoes, cultivant ici une sorte d'héritage Pixies-Nirvana, semble désormais le plus américain des groupes bruitistes anglais : si les mélodies restent bien troussées, elles sont désormais propulsées par un son agressif, impressionnant, et par des vocaux moins sucrés. Du coup, Blood Red Shoes perd un peu en singularité, mais gagne en vigueur. Et ce d'autant que le style martial du groupe continue à avoir un effet euphorique sur l'auditeur, qui se surprendra vite à brailler certains des refrains de bel album, en choeur avec Steven et Laura-Mary. Une franche réussite, donc.

Posté par Excessif à 08:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,



27 octobre 2014

De Palma, mon beau souci : "Femme fatale" (2002)

Femme Fatale

Le film le plus démentiel de De Palma (avec "l'Esprit de Cain", quand même) gagne clairement à être revu, et plusieurs fois : lorsqu'on connaît la diabolique construction de la narration, on prend un plaisir plus grand encore à identifier dans chaque scène les éléments que de Palma avait laissé pour nous orienter, et également bien sûr à se délecter de son travail constamment inspiré sur l'image et la mise en scène, livrant un commentaire continu sur l'histoire elle-même. Oui, "Femme Fatale" est bien une expérience à part, même pour les grands fans de De Palma que nous sommes : un mélange ahurissant de virtuosité gratuite mais époustouflante, même par rapport aux standards habituels de notre homme, d'ambition thématique (la poursuite un cran plus loin des grandes théories sur le regard - ici, la lumière -, l'image, la schizophrénie - portée au coeur du récit) et de ridicule assumé (comme dans "Dressed to Kill", comme dans "Body Double", la représentation fantasmée et honteuse de la sexualité féminine, qui est l'une des grandes "blessures" de De Palma, mais le rend aussi tellement synchrone avec son époque). Oui, "Femme Fatale" est une sorte d'objet conceptuel ultime, qui voit De Palma ne se préoccuper que de la logique - imparable - de son propre cinéma, et soumettant notre croyance de spectateur à rude épreuve... Finalement, De Palma ne pouvait tourner ce chef d'oeuvre malade (très malade, oui, je l'avoue) qu'en France, loin de la logique hollywoodienne !

Posté par Excessif à 12:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

23 octobre 2014

"Alias" par The Magic Numbers : tout ce que je déteste...

the

J'ai commencé par haïr franchement cet album acheté un peu par hasard : j'y ai trouvé un peu tout ce que je déteste, un melting pot trop poli de rock indie et de classic rock / middle of the road - avec même deux chansons qui louchaient de manière horrible vers la variété-pop la plus offensante (à mes oreilles) -, et surtout, à chaque morceau, l'impression d'entendre un copié-collé sans inspiration de choses inventées par d'autres, et souvent mieux réalisées ailleurs. Et puis, je me suis laissé séduire, à l'usure, par trois ou quatre mélodies bien troussées qui arrivent à survivre derrière l'orchestration putassière et la production trop proprette (et oui, il faut être fort pour combiner les deux... les Magic Numbers l'ont fait !). Ce qui fait que "Alias" n'ira pas tout droit à la poubelle, mais restera seulement dans ma mémoire comme l'un des albums les plus faibles, les moins convaincants, voire les moins "agréables" que j'aie écoutés depuis un bon moment.

Posté par Excessif à 08:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

22 octobre 2014

Jalons de l'histoire du cinéma fantastique : "Le Village" de M. Night Shyamalan (2009)

Village

"Le Village", film généralement incompris et parfois méprisé (trop lent, trop construit, trop cérébral... Comme si tout cela était un défaut à l'époque d'un cinéma de divertissement majoritairement creux et agité !), est un vrai film politique habillé en petit film fantastique, traduisant par des images simples et d'une beauté souvent saisissante des commentaires essentiels sur notre époque : l'angoisse devant un monde perçu comme sombrant dans la barbarie, le mensonge comme outil de gouvernement, la tentation du repli sur les valeurs du passé... Oui, le "Village" peut être vu comme une parabole ambiguë sur la société US, à la fois prisonnière et structurée par ses peurs : la peur de l'autre, qui lui fait préférer l'autarcie et l'enfermement, mais aussi la peur enfantine, irrationnelle, des créatures de contes de fée, codifiée avec des couleurs primaires. Oui, là où même un fan comme moi doit admettre que le bât blesse, c'est que Shyamalan passait pour la première fois, avec ce quatrième film, de la croyance à la crédulité, ce qui était nettement plus terre à terre, et que son impressionnante maîtrise de la mise en scène en devenait du coup assez dérisoire. On sait qu'à partir de là, tout a été de mal en pis pour Shyamalan...

Posté par Excessif à 08:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

21 octobre 2014

De Palma, mon beau souci : "Phantom of the Paradise" de Brian De Palma (1975)

Phantom_of_the_Paradise

Avouons-le, "Phantom of the Paradise" est "LE" Film de mon adolescence : cette relecture défiant sans vergogne les limites du kitsch en les appliquant aux mythes (usés) de Faust et du Fantôme de l'Opéra, sans oublier bien entendu Dorian Gray, a été un jalon de ma cinéphilie naissante. Comment ne pas continuer à l'aimer malgré ses "défauts" ? Une pop music grandiloquente mais curieusement touchante - entre pastiche humoristique et émotion sincère, voici un grand écart étonnant ! - coule à flôt pendant l'intégralité du film, et la vraie star du Paradise est le "vrai" compositeur (mise en abyme ironique, pour le moins, à travers le sublime "échange de voix" entre Swan et Leach), l'incroyable Paul Williams, vieux bébé hideux perruqué de platine, quelque part entre Howard Hughes et Andy Warhol, fascinant et terrifiant condensé de tous les producteurs démiurges de l'histoire du spectacle. En outre, en stylisant l'action et les personnages, De Palma, qui suit une logique ici plus Kubrickienne que Hitchockienne, lance les premiers jalons de son oeuvre future, à travers les thèmes ici encore seulement effleurés du voyeurisme et de la domination et la manipulation par l'image. Mais au final, au delà des considérations nostalgiques ou intellectuelles, il restera toujours pour notre plus grand bonheur une petite poignée de scènes parfaites, comme celle du Phantom composant dans sa cellule technologique, ou encore comme le monstrueux final du film, vision dionysiaque sous acide d'une orgie rock'n'rollienne.

Posté par Excessif à 08:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

20 octobre 2014

"Oh...", certainement pas l'un des meilleurs livres de Philippe Djian !

Oh

Derrière son titre à l'originalité un peu "marketing" - à moins qu'il ne s' agisse d'une forme d'humour décalé de la part de Djian, ce "Oh..." - qui est le dernier mot du livre - étant en outre assez ambigu - "Oh..." semble avant tout un défi que l'auteur s'est lancé : suis-je capable de revisiter mes habituelles fictions de traumatismes familiaux et de violence burlesque d'un point de vue féminin ? "Je" peut-il être une femme ? Défi simple mais pas trivial pour autant, puisque autant la forme (de la pensée, de l'expression du personnage principal) que le fond (une perspective sur le monde et les autres) se doivent de refléter ce changement de genre : au final, il y a peu d'écrivains qui ont réussi à être crédible en prêtant leur voix à l'autre sexe... Verdict ? Eh bien, le jury est divisé ! Si l'on apprécie la manière dont Djian a littéralement adouci son style habituel, abandonnant son bagout bien masculin (mais plutôt amusant, on le sait...) pour un flux continu de pensées et de préoccupations qui peuvent caractériser (caricature ?) un mode de fonctionnement plus féminin, on a plus de mal avec le "fond" du livre : cette femme qui se laisse entraîner à des jeux sexuels extrêmes avec son violeur paraît plus relever du fantasme malsain que d'autre chose, et le livre se trouve vite plombé par la difficulté qu'on a de croire au personnage, sans même parler d'empathie, évidemment. Bref, si l'on ajoute que, en plus, le "style" de Djian est nettement moins excitant, nettement plus "piéton" que d'habitude, on ne classera certainement pas "Oh..." parmi nos livres préférés de l'auteur !

Posté par Excessif à 08:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,



Fin »