Le journal de Pok

01 août 2015

Lire ou relire Le Carré, immense écrivain de notre temps : "L'Espion qui venait du Froid" (1963)

L Espion qui venait du FroidPremier livre du tout jeune (alors) John Le Carré, qui venait de lâcher l'IS, horrifié par ce qu'il avait vu, et décidait de mettre son talent d'écrivain naissant au service d'une peinture brutale de la dégénérescence éthique et morale dont il avait été témoin (avec le plein accord de ses anciens employeurs, comme le précise une passionnante préface rajoutée récemment), "l'Espion qui venait du Froid" eu un impact immense, et plaça Le Carré sur la carte des écrivains qui comptent. Le lire ou le relire en 2015 permet de constater à la fois combien l'écrivain débutant maîtrise déjà la construction d'un suspense cérébral diaboliquement complexe, qui n'oublie pourtant jamais d'être un commentaire pertinent sur le monde : grand thriller aussi passionnant qu'éprouvant pour son lecteur, - qui frémit et se passionne jusqu'à la dernière page et ce final grandiose et d'une noirceur terrible qu'il n'est pas près d'oublier -, "l'Espion qui venait du Froid" est aussi une chronique cruelle de l'après-guerre, avec sa population encore terriblement misérable, et ses jeux politiques abscons entre les puissances victorieuses, déjà passées à une autre guerre, froide celle-là. Du coup, malgré un style qui n'avait pas encore atteint, logiquement, la magnifique efficacité dont les romans ultérieurs de Le Carré témoigneront (les diatribes politiques "lyriques" et les colères des personnages sonnent curieusement faux, soit par un défaut de traduction, soit parce que ces excès d'émotion sont par trop étrangers à la personnalité de Le Carré...), on comprend combien ce livre est important, et la force avec laquelle il balaya l'imagerie puérile du roman d'espionnage type 007 (quoi qu'on pense d'ailleurs de livres de Ian Flemming...). Et ce n'était là que le début d'une carrière incroyable d'un écrivain qui ne nous décevra jamais par la suite.

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31 juillet 2015

"Le Petit Prince" de Mark Osborne : The Little Prince Revisited !

Le Petit Prince AfficheQu'on l'aime ou pas, il est indéniable que le célèbrissime livre de St. Exupéry est un délire poétique impressionnant, une oeuvre irréductible à la raison comme aux sentiments, une sorte de monument d'autant plus imposant qu'il avance sous couvert d'une oeuvre enfantine. Le contresens absolu du film de Mark Osborne est donc d'utiliser le récit initial comme prétexte pour réaliser l'un de ces "films à message" dont est friand le grand public américain : que ce message (une sorte d'ode à l'enfant en nous que nous avons oublié...) soit sympathique ne change rien à la lourdeur avec laquelle il nous est asséné, et avec l'habituel chantage à l'émotion qui est son corollaire. Heureusement, les séquences en animation traditionnelle qui reprennent les éléments du livre de St Ex sont très réussies, et tirent le film vers le haut, compensant une narration maladroite et des changements de ton mal maîtrisés (qu'il est triste par exemple de voir combien les séquences d'envol vers les astéroïdes manquent de souffle, d'élévation... justement !). Pour finir, notons le culot d'un scénario offrant à St Ex la chance de finir sa vie en vieil orginal banlieusard au lieu de disparaître corps et bien au large de Marseille... En fait, je ne sais pas si on doit remercier le film pour cela ou bien le maudire !

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30 juillet 2015

L'enfer des compilations : "Nothing Has Changed. 2CD version" - la perte de l'inspiration ou l'usure du temps...

Nothing_Has_Changed_2CDConstruite par ordre chronologique (à la différence de sa version "jumelle" en 3 CDs), cette nième compilation des titres les plus "commerciaux" de Bowie prouve - paradoxalement ou au contraire logiquement - que, entre 1968 et 2015, tout a changé ! Comme on démarre avec des chansons absolument sublimes ("Space Oddity", "The Man who sold the World", "Changes", ce genre de - jolies - choses...) et on termine dans la banalité la plus complète, voire l'horreur totale (le dernier single, "Sue", est une purge jazzy inécoutable et prétentieuse), l'écoute en une fois et dans l'ordre de "Norhing Has Changed" se révèle hautement déprimante... A moins bien sûr que l'on ne soit tentė de rėdiger une thèse sur la perte d'inspiration et l'usure du temps ! Sinon, pour empirer les choses, nombre de versions des chansons choisies ici sont loin d'être les meilleures (je pense par exemple à l'atroce saxo sur "All the Young Dudes", ou à la frustration engendrée par la version courte de "Heroes"...), que les remasterisations sont elles mêmes parfois un peu vulgaires, et nous voici donc face à une compilation totalement dispensable. De toute manière, n'importe quelle personne intéressée par le Rock se doit d'avoir dans sa discothèque l'intégrale des albums originaux de Bowie de "David Bowie" à "Scary Monsters", alors…

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29 juillet 2015

"Les Petits Rien - Tome 7 : Un Arbre en Furie"de Lewis Trondheim : plus rien du tout...

Un arbre en furieSeptième tome des "Petits Riens"de Trondheim, et malgré notre enthousiasme vis à vis de cette compilation sympathique de commentaires pince-sans-rire et de mini-chroniques sur sa vie quotidienne, Lewis Trondheim semble ici arriver au bout de son rouleau : moins pertinent, moins amusant, pour tout dire moins intéressant que ces prédécesseurs, cet "Arbre en Furie" est une vraie déception. Sans doute Trondheim nous a-t-il déjà que trop familiarisés avec ses petites manies, ses peurs plus ou moins fondées, ses interrogations fondamentales sur la vie et sa perplexité "d'honnête homme" devant les rites et les machines de notre XXIème siècle, pour pouvoir encore nous surprendre ou même nous amuser. Du coup, le plus intéressant de ce septième tome réside dans les dessins précis de lieux ou de bâtiments effectués au cours des voyages de Trondheim, et c'est quand même un peu juste. Allons, Lewis, il est temps de passer à autre chose !

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28 juillet 2015

L'enfer des compilations : "The Definitive Simon and Garfunkel" - la soupe est servie !

The_Definitive_Simon_and_Garfunkel_CompilationMalgré l'inexplicable bonne réputation dont jouissent encore Simon and Garfunkel en 2015, il importe que quelques voix s'élèvent pour rétablir la stricte vérité (et moi, en plus, j'y étais ! Parole de vieux rocker donc...). La musique de Simon and Garfunkel ne fut guère qu'une version délavée et aseptisée de l'explosion créative des sixties (des Beatles au flower pop en passant par le folk dylanien, tout fut ainsi recyclé) à l'intention de l'Amérique profonde, largement conservatrice, qui eut du coup l'impression d'être "dans le coup" en dégustant cette soupe tiède. Bien sûr, grâce en particulier aux vocaux "type performance lyrique" de l'insupportable Garfunkel et à la production lénifiante, le hold up sur les portefeuilles de la classe moyenne réussit parfaitement, car c'est bien là la morale du Show Biz. Maintenant, je suis le premier à reconnaître que Paul Simon - dont la carrière solo s'avérera bien plus intéressante - eut plusieurs éclairs de pur génie ("Sounds of Silence", "Mrs Robinson", "The Boxer" et quelques autres, forcément tous présents sur cette compilation dont l'hétérogénéité traduit bien l'approche "ratissage tout azimut" du duo), qui méritent qu'on se penche néanmoins sur ce disque. En sautant sans complexes nombre de plages parfaitement insignifiantes, bien entendu !

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27 juillet 2015

"Ant-Man" de Peyton Reed : the incredible shrinking man

Ant Man affichePour moi qui en suis désormais au stade de haïr tout ce qui est film de super-héros, tout au moins produit par les épuisants (et largement désespérants) Studios Marvel, la seule raison d'avoir envie de voir cet "Ant-Man" s'appelait Paul Rudd, acteur atypique au physique Ben-Affleckien "dégonflé" par la comédie. Et de fait, à son image, "Ant-Man" s'essaye à un genre relativement nouveau pour Marvel, l'auto-dérision permanente, noyant les quelques scènes d'action dans un déluge de dialogues plus ou moins décalés qui ont quelque chose de vraiment rafraîchissant, pour le coup. Inévitablement (?), "Ant-Man" retombe dans les travers du genre, avec une accumulation de violence et de destruction, mais, au moins, celles-ci s'exercent à l'échelle de jouets miniatures et d'une chambre d'enfant… ce qu'on n'ose quand même pas lire comme une mise en perspective par Marvel de l'aspect dérisoire de leur "mythologie" ! Non, s'il y a quelque chose de presque beau dans ce blockbuster estival au petit pied (que Marvel considère visiblement comme une simple préface à l'introduction d'un nouveau héros masqué au sein des Avengers, pauvre de nous !), c'est l'écho saisissant qu'il offre aux vertiges existentiels du fantastique "Homme qui rétrécit" de Jack Arnold : les effets spéciaux modernes et la 3D rajoutent quelques sensations fortes, mais c'est bien de la même angoisse devant la disparition (à la vue des autres, donc au monde) qu'il s'agit ici, jusqu'à la Chute sub-atomique. Sans retour chez Arnold, mais avec Happy End ici, les consommateurs de pop corn l'exigeant.

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26 juillet 2015

Retour au "Plessis" à Blanzy / Montceau les Mines

Le PlessisVoici déjà 4 ans, j'avais eu une première expérience moyenne, suivie d'une seconde, littéralement désastreuse, dans ce petit restaurant familial au bord du Lac du Plessis à Montceau, qui m'avait mis de très mauvaise humeur et m'avait fait écrire quelques lignes vraiment méchantes sur mon blog de l'époque. Que n'avais-je pas fait là ? Ce post m'a valu au cours des années qui ont suivi, et me vaut toujours occasionnellement, des torrents d'insultes de la part d'une horde de fanatiques aussi intransigeants qu'agressifs : apparemment, il ne faut pas toucher à la réputation de ce bijou de la gastronomie montcelienne. Bon, 4 ans plus tard, il fallait y retourner voir, et je suis soulagé, heureux et tout, de rapporter ici que l'expérience a été fort agréable, cette fois. La cuisine a été réouverte pour nous qui sommes arrivés un peu tard (enfin, tout est relatif, 13h30...) en ce dimanche de canicule, la patronne, très bavarde, a été charmante, la table à l'ombre de la tonnelle était accueillante, et, - c'est le plus important - le menu à moins de 30 Euros par personne s'est avéré parfaitement exécuté. Bons ingrédients, présentation des plats agréables, quantités plus que raisonnables - ce qui est important dans la région -, ne manque que le petit quelque chose (d'originalité, de personnalité - je pense par exemple à cette crème brûlée en dessert qui n'avit vaiment rien de différent de milliers d'autres, si ce n'est en termes de quantité...) qui pourrait permettre à ce généreux "petit restaurant du coin" de jouer au niveau supérieur. Ce que les patrons ne souhaitent sans doute pas faire, vu leur succès actuel dans une ville au pouvoir d'achat limité et même décroissant. Bref, même s'il faudra reconfirmer par une seconde visite, dans des conditions un peu moins stressantes (le temps que nous avions pour déjeuner, la chaleur étouffante qui ne favorise pas la dégustation), me voilà réconcilié avec "le Plessis". Tant mieux pour moi !

33 Route de Mâcon, 71450 Blanzy - Téléphone :03 85 57 46 08

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25 juillet 2015

"The Monsanto Years" de Neil Young + Promise of the Real : pertinent, colérique et même un peu rigolard

The Monsanto YearsCurieusement, j'ai lu ça et là des gens qui accusaient Neil Young d'enfoncer des portes ouvertes en attaquant Monsanto sur sa politique des semences et sur son impact dévastateur sur la planète, tant socialement qu'écologiquement ! Pour n'être pas d'une originalité folle, la rage (comme toujours tangible, malgré la fatigue des années) du Loner me paraît pourtant bien nécessaire, Monsanto étant bien loin d'avoir perdu la partie alors que j'écris ces lignes... Mais intéressons-nous plutôt à la musique, puisque les tentatives précédentes de Neil Young pour créer de la polémique ou seulement de la réflexion, ont été assez irrégulières de ce point de vue : d'un côté il y a les albums, moyens, que sont "Old Ways", "Living with War", "Fork in the Road", mais d'un autre il y a des "Ohio", "Southern Man", "Rockin in the Free World", et bien d'autres chansons qui sont passées à la postérité. "Monsanto Years" voit Neil Young recrutant la fratrie Nelson pour les transformer en un clone à peine plus jeune de feu-Crazy Horse, et cette lourdeur obsédante, cette danse monotone sur place de musiciens dévoués à la "cause" de leur leader et à ses déchirures électriques, ce retour à l'essentiel dirait-on sont évidemment la première bonne nouvelle de l'album. La seconde est que Neil a pris le temps d'écrire des chansons, qui s'avèrent moins bâclées qu'à l'habitude, voire même parfois accrocheuses (sans compromission, on s'en doute), comme si Neil avait réalisé que pour que son message passe, il fallait quand même caresser son public dans le sens du poil, pour une fois. Pas de vraie merveille malheureusement dans "The Monsanto Years", mais du Neil Young de bon niveau, ce qui nous change de toutes ces dernières années. Bien sûr, il y a le chant, cabossé et basculant souvent vers le faux (mais de "Time fades Away" à "Tonight's the Night", on a pris l'habitude, non ?), qui est à la fois une sorte de preuve de l'urgence de "l'opération anti-Monsanto", mais aussi la limite d'un album qui peinera forcément à recruter parmi les "non-croyants". En tous cas, réjouissons-nous de cet album pertinent, colérique mais aussi rigolard, heureusement, qui tranche salement sur le reste de la production musicale de 2015 !

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24 juillet 2015

Relisons les classiques de la BD franco-belge : "Les Passagers du Vent - Tome 5 : Le Bois d'Ebène" (1984) de Bourgeon

Le Bois d'EbèneConclusion parfaitement logique d'une saga que je peux désormais juger (après l'avoir enfin lue) terriblement surestimée (comme quoi avoir des préjugés peut s'avérer de temps en temps justifié !), "le Bois d'Ebène" semble concentrer toutes les qualités (indiscutables) et les défauts (criants) de l’œuvre de Bourgeon. Le foisonnement d'intrigues et de morts violentes atteint un véritable paroxysme au cours de ce long huis clos sur un navire soumis à une terrible tempête et à une non moins terrible mutinerie, mais le lecteur reste bien souvent en rade, tant la narration de Bourgeon est impuissante à traduire l'action, et trahit complètement le souffle feuilletonesque dont rêve l'auteur : incapables de comprendre ce qui se passe au fil de cases souvent mal composées, on en devient assez vite indifférents quant à qui se fait tuer et qui survit. Fatigués par l'abondance de dialogues et de caisses de textes explicatifs visant à pallier la confusion créée par l'image (preuve s'il en est que Bourgeon se sait un piètre "metteur en scène"), on a rapidement envie que "le Bois d'Ebène" se termine... On peut aussi malheureusement déplorer que Bourgeon ait clairement une tendance à bâcler ses mini-fictions, abandonnant ses personnages secondaires à leur destin et passant négligemment à autre chose : cela pourrait être un style, j'ai l'impression qu'il s'agit plutôt de maladresse. Bref, au rsique de faire hurler les fans que je sais enragés, j'ai envie de dire que les meilleures pages des "Passagers du Vent" sont les toutes dernières, les seules où Bourgeon semble prendre son temps, laisser à ses superbes aquarelles le temps de nous dire quelque chose de profond sur son personnage principal, oui, autorisant enfin à son récit une respiration. Une vie, qui a terriblement manqué au cours de tout ce qui a précédé.

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23 juillet 2015

Revoyons les classiques du cinéma : "The Life Aquatic with Steve Zissou" de Wes Anderson (2004)

Life AquaticToujours à date le film le plus bouleversant de l'un des réalisateurs les plus singuliers produits par les Etats-Unis depuis belle lurette, "la Vie Aquatique" est à la fois une miniature colorée et parfaite, réalisée avec un savoir-faire "artisanal" qui recycle le merveilleux Fellinien (mais on peut aussi penser à Méliès lors de la scène magique du requin-jaguar, ce qui expliquerait d'ailleurs l'admiration que Scorsese professe vis à vis de Wes Anderson), autant que la grâce triste d'un Jacques Tati, et un éblouissant traité de désespoir, porté par des acteurs parfaits dans la tristesse nonchalante : ce sont ici certainement les meilleurs rôles de Bill Murray - dans son registre habituel, digne et hilarant -, d'Owen Wilson (révélant ici pour la première fois une fracture qui le désigne en victime du récit, fracture que sa vie personnelle dévoilera plus tard, malheureusement), et surtout de Willem Dafoe, à mille lieues de son habituelle intensité, inoubliable en psycho-rigide balbutiant de tendresse ! On peut comprendre que le ressassement obsessionnel d'Anderson, de film en film, sur l'impossibilité de la maturité (encore la faute des pères !) en laisse certains froids, mais qu'est-ce qu'on les plaint de ne pas arriver à pleurer à chaudes larmes avec nous sur le générique de fin... Je trouve "la Vie Aquatique" absolument bouleversant, parce qu'il nous parle si bien de nous-mêmes, de notre génération, de nos échecs, à travers la description façon "Ligne Claire" d'une bande d'énergumènes attachés à une idée fixe mais incapables de la suivre jusqu'à son terme : c'est qu'il est si facile de se laisser emporter par la distraction, les belles femmes, les vents contraires, le Campari et l'incohérence échevelée de nos projets ! Je veux aussi souligner l'excellence de la bande son (ah, "Search and Destroy" pour accompagner la scène avec les pirates !), et la jolie idée de faire jouer par Seu Jorge les chansons de Bowie en bossa nova, comme un commentaire décalé sur la fiction délirante...

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