Le journal de Pok

04 juillet 2015

Revoyons les classiques de la série TV : "24 Heures Chrono - Saison 2"

24-Heures-Chrono-s2-jaquettePar rapport au choc qu'avait constitué la découverte de "24 Heures Chrono" avec sa spectaculaire première saison, cette suite avait réussi à l'époque à dépasser nos attentes : si le principe restait rigoureusement le même (la répétition étant par ailleurs l'essence même de la série TV), le propos se radicalisait largement... Jack Bauer avait clairement basculé dans la folie, et le monde entier avec lui. L'Amérique est ici un chaos urbain (tout se passe dans des hangars déserts et des bâtiments en ruine), où l'homme n'est qu'un animal particulièrement retors, et où la confiance en l'autre ne peut plus exister. En administrant à Bush et consorts une leçon de conscience morale et de courage politique (le Président Palmer devenant LE modèle de Président prêt à mettre sa propre position en danger pour ne pas entrer en guerre sans disposer de preuves indéniables de la culpabilité de ses ennemis), "24 Heures Chrono" nous semblait infiniment nécessaire car totalement en phase avec son époque (beaucoup plus que ce que le cinéma hollywoodien nous offrait en 2003 !). Malheureusement, cette seconde saison palpitante commençait à manifester certaines déviances qui lui coûteraient peu à peu sa crédibilité politique et artistique : le recours systématique à la torture s'y voit justifié par les résultats obtenus, tandis que Jack Bauer acquiert l'invincibilité des super-héros, mourant et ressuscitant ici sans vergogne, sans même parler de l'invraisemblance de l'intrigue tournant autour de son insupportable fille. Le clivage s'amorçait ici !

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03 juillet 2015

"Un Moment d'Egarement" de Jean-François Richet : Pour Vincent seulement...

Un Moment AfficheClaude Berri, honnête homme mais piètre réalisateur, avait pondu en 1977 le "Un Moment d'Egarement" original, tout petit film qui ne tenait guère que par la faconde d'un Marielle impérial. Puis les Américains avaient commis (en 84) un remake, "Blame It On Rio", qui malgré le Brésil, Stanley Donen et Michael Caine (excusez du peu) démontrait clairement la limite du sujet. Il ne s'imposait pas en 2015 de revenir à la charge, d'autant que la (très faible) teneur initial en matériel provocateur s'est clairement diluée avec le passage des années. Ici, avec Richet et Langmann aux commandes, on oscille entre caricature facile (les gamines et leur portable et leur langage - même si l'une semble lire "Voyage au Bout de la Nuit" !), incohérence psychologique totale (que Cluzet, que l'on a sans doute jamais vu aussi mauvais, tente de cacher en surjouant de manière pénible), et même quelques notes assez honteuses : les Corses qui sont évidemment autonomistes et rétrogrades, le DJ qu'on tabasse puis épargne parce qu'il est "pédé", et j'en passe. Mais le pire, c'est sans aucun doute l'insignifiance totale de cet objet filmique d'une ringardise affligeante, qui se regarde donc avec un mélange d'incrédulité et d'ironie. Reste la présence de Vincent Cassel, surprenant de justesse, régulièrement touchant : lui qu'on trouve souvent si mauvais dans de bons films, le voilà excellent dans un mauvais film ! Pas sûr que cela justifie néanmoins le prix du ticket…

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02 juillet 2015

"Chez Frédéric Doucet (l'Hôtel de la Poste)" : la gastronomie au coeur du Charolais

doucet-restaurantJ'étais allé chez Doucet à Charolles voici plus de 5 ans, et je n'avais pas été particulièrement convaincu à l'époque par un repas qui donnait avec une certaine logique une importance démesurée à la viande et aux recettes traditionnelles de la région. Aujourd'hui, il s'agit de quelque chose de bien différent, d'une vraie tentative de trouver dans ces riches racines régionales les bases d'une gastronomie légère, moderne, voire amusante dans son originalité bien contrôlée. Amuse-bouches délicieux, combinaison de saveurs précises, élégance des présentations, juste taille des portions, et quand même l'opportunité pour les gastronomes plus traditionnels de déguster les incontournables escargots de Bourgogne ou une entrecôte de Charolais parfaitement grillée. A noter une magnifique carte des vins de Bourgogne,  proposant de très belles bouteilles même dans les niveaux de prix les plus raisonnables. Le service est aimable même s'il n'est pas d'une efficacité toujours parfaite. En été, on peut dîner dans un patio intérieur des plus agréables. Du coup, Doucet est certainement l'une des meilleures tables d'une région qui n'est pas vraiment gâtée en la matière. Recommandé.

2, avenue de la Liberation | Hotel de la Poste, 71120 Charolles. Tel: 03-85-24-11-32

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01 juillet 2015

"Billy Bat - Tome 15" de Naoki Urasawa et Takashi Nagasaki : frustrant et destabilisant !

Billy Bat 15Ce quinzième volume de "Billy Bat", que je n'attendais pas forcément après la magnifique conclusion du quatorzième, m'a d'abord frustré, et même déstabilisé : Urasawa m'a donné le sentiment qu'il me tordait le bras pour me faire revenir sur des fils narratifs de sa saga démentielle qu'il n'avait pas encore poursuivi (en gros : qu'est devenu Duvivier après sa chute ? Où est le rouleau, qui en est désormais le détenteur et pour en faire quoi ? Qui était l'étrange apparition entourée de chauve-souris ? Jusqu'où va le talent psychique du jeune Kevin Goodman ?)... mais qui m'allaient plutôt bien comme ça ! Pire encore, avoir évité la catastrophe ultime grâce à  un moment de sidération de son principal "méchant" semble désormais un simple argument pour relancer une nouvelle intrigue sur la prochaine "fin du monde potentielle", intrigue centrée cette fois sur la prédiction du "9-11". A ce petit jeu là, "Billy Bat" peut encore durer une bonne dizaine de tomes, et sombrer définitivement dans le grand n'importe quoi que nombre de ses détracteurs l'accuse déjà d'être... Bon, mettons un frein à notre mauvaise humeure pour admettre que, bien sûr, Urasawa sait comment faire pour nous intriguer et nous émouvoir : à ce titre, le passage sur "la vraie vie de Kiyoshi", uchronie idéalisant une vie de mangakan célèbre comme alternative à celle de criminel, est magnifique, en ce qu'il relativise et enrichit à la fois l'histoire que nous venons de lire. De même, retrouver l'attachant Agent Smith (en maison de retraite !) et le répugnant Finney en 1990 est loin d'être inintéressant... Attendons néanmoins le prochain volume pour savoir si "Billy Bat" se relèvera de l'effet-tiroir abusif caractérisant ce quinzième tome, et s'il faut abandonner tout espoir quant à la capacité d'Urasawa de le transformer en sommet de sa longue carrière.

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30 juin 2015

"Mad Max : Fury Road" : chapeau, George !

Mad Max Fury Road afficheLongtemps, je n'ai pas voulu revoir Max. Sans doute parce que j'avais trop aimé le Road Warrior, qui m'avait même, un beau soir, donné envie de fracasser les tôles de ma petite voiture (NDLR: True Story). J'ai attendu longtemps, et puis j'ai craqué : j'y suis allé. Et je n'ai pas retrouvé Max (parce que Tom Hardy, désolé, mais cela ne le fait pas !), ce qui n'est pas plus mal. Par contre, j'ai retrouvé l'ami George qui montre bien aux p'tits jeunes ce que c'est que mettre en scène un VRAI film d'action sur un scénario séminal (je pense à la géniale idée de l'aller et retour, soit une trajectoire parfaite autant qu'une déclaration politique) : chapeau, George, c'est du beau boulot ! Et il y a même eu une quinzaine de minutes où j'ai retrouvé mon âme de jeune adulte, et j'ai joui de tant de folle barbarie à l'écran, de tant de goudron poussiéreux qui défile sous les roues de véhicules lancés à toute allure vers une collision terminale. Cela n'a duré qu'une quinzaine de minutes, mais cela justifiait pleinement le prix de l'entrée, et aussi le mal de tête après deux heures de chaos et de musique pénible (ça, c'est toujours le - seul - mauvais côté de George, ça n'a pas changé non plus...). Et j'ai aussi trouvé en Furiosa une héroïne mythique capable enfin de remplacer une Ripley mise à la retraite depuis un bail: même que je n'aurais jamais cru apprécier un jour un personnage interprété par Charlize Theron, c'est dire combien George assure, avec ses acteurs, et ses personnages aussi. Sinon, vous pouvez croire tout le bien que les fans hystériques ont dit de "Mad Max : Fury Road", mais vous aurez tout aussi raison de conspuer le film avec ses détracteurs : les uns comme les autres ont parfaitement cerné la splendide grandeur du film et son incommensurable laideur, qui, au fond, ne sont que les deux faces d'une même pièce de monnaie. Faites-vous surtout votre propre avis : féministe ou au contraire hypocritement macho ? Jusqu'au boutiste, ou bien adouci par des concessions faites aux producteurs pour rester "grand public" ? Superbement réaliste ou gâché par des abus de CGI inutiles ? etc. etc. Dans tous les cas, "Mad Max : Fury Road" a le mérite - miraculeux - d'exister au sein d'une production cinématographique misérable (je parle des blockbusters), de se dresser comme un doigt d'honneur à tous les principes actuels qui régissent et musellent le cinéma commercial. Oui, détestez-le ou adorez-le, mais allez le voir.

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28 juin 2015

"Les 39 Marches" de John Buchan : Revoir Hichcock plutôt...

39 Marches... plutôt  que relire John Buchan, que j'avais découvert quand j'avais 15 ans, dans la foulée de la découverte du classique de Hitch, et de son remake bien troussé des années 70... Car, aujourd'hui, on a bien du mal à  accrocher à  ce livre curieusement construit, occupé pour les deux tiers par une course poursuite abracadabrante dans les landes écossaises, où l'accumulation de coïncidences peu plausibles met à l'épreuve la crédulité du lecteur moderne, habitué à des thrillers mieux ficelés. Finalement, l'intérêt réside plus dans la description bien troussée (car Buchan écrit bien, décrit bien, surtout) de paysages et surtout de personnages qui n'existent plus (bergers, casseurs de pierres, lords arrogants...). Tout un monde disparu s'anime pour notre plus grand plaisir... pourvu donc qu'on ne prenne pas trop l'aspect thriller des "39 marches" au sérieux. D'autant que le livre est finalement plombé par un final assez aberrant, à la fois hautement invraisemblable et absolument frustrant. Pourtant, "les 39 marches" n'en est pas pour autant un livre négligeable, car il illustre intelligemment une sorte d'archetype du héros anglais, pugnace, courageux, allant jusqu'au bout à la fois par conviction (vaincre les forces du Mal, c'est ce que tout gentleman est né pour faire, non ?), et par goût du "sport" (car la vie serait bien ennuyeuse, sinon !).

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27 juin 2015

FFS au Bataclan (Paris) le vendredi 27 juin

2015 06 FFS Bataclan (22)21 h : FFS sont là, et attaquent avec Johnny Delusional, une chanson dont j’ai mis un certain temps à percevoir la « grandeur », je l’avoue, et que je trouve ce soir totalement dévastatrice. L’impact émotionnel est immédiat, le frisson du grand concert me parcourt l’échine, c’est parti : le public est déjà aux anges, les voix de Russell et d’Alex sont impeccablement mêlées, ce qui permet de cacher en plus l’habituelle imprécision de ce dernier, le son est très fort mais clair, la soirée promet d’être parfaite. The Man Without A Tan, véritable pilule de bonne humeur, fait monter l’ambiance d’un cran, ça pogote déjà pas mal au centre, là où Virginie est allée s’aventurer. Russell, Alex et Nick sont un véritable « power trio », ils semblent tous les trois s’amuser comme des fous, et attirent tous les regards. Ron est évidemment égal à lui-même, imperturbable et pourtant impérial aux claviers qu’il assure tout seul contrairement au disque, puisque Nick sera quasiment toujours le seul guitariste, Alex se concentrant sur le chant : cette distribution des rôles change clairement le son de Franz Ferdinand sur scène, et contribue à l’illusion FFS, le sentiment d’avoir à faire à un groupe différent, et non pas simplement FF jouant avec Sparks, comme on pouvait le craindre. Néanmoins, je trouve Bob et Paul particulièrement renfermés, surtout par rapport à la jubilation de Russell et d’Alex, et je me demande si cette aventure musicale est tellement à leur goût !

2015 06 FFS Bataclan (34)Do You Want To, assénée sans trop de subtilité (ce sera la seule exception ce soir à un projet qui raffine clairement le spectre musical de Franz Ferdinand), fait exploser de joie toutes les ados et post ados qui sont là, il faut l’admettre, en espérant un set de Franz Ferdinand, un point c’est tout, et qui sortiront donc, je pense, un tantinet déçues une heure et quart plus tard. Russell se délecte visiblement de pouvoir participer à ce genre de grande effusion populaire, après tant d’années à officier devant un public passionné mais réduit. Little Guy From the Suburbs continue à être pour moins une énigme, puisqu’on n’y retrouve ni la grâce baroque de Sparks, ni la tension nerveuse de FF, et ne peut donc qu’être qualifiée de « chanson d’Alex » tant ce dernier paraît mettre du cœur dans ce récit inspiré paraît-il des souvenirs de Mesrine. Dictator’s Son est par contre un pur joyau aux éclats bizarres, et la version live tape vraiment fort : deuxième moment de plaisir intense pour une grande partie du public !

Things I won’t Get permet à Nick de pousser sa rengaine, ce n’est comme toujours pas très brillant (de méchantes gens autour de Clément, près de la console, se mettront apparemment à huer Nick à ce moment-là), mais Russell fournit l’aide technique et émotionnelle pour que tout se passe bien. So Desu Ne, hilarante chanson paradoxale (“Nothing but a Kenzo kimono on / Carrying a Hello Kitty Uzi”, ce genre…) est traitée loin du dance floor (Clément en sera déçu) comme une comptine pop aux claviers (tout le monde aux claviers, oui ! ce qui me permet une belle photo de groupe autour des keyboards de Ron). The Number One Song in Heaven est impeccable, avec cette fois un Alex qui semble ravi comme un gamin dans une boutique de friandises de pouvoir mêler sa voix à celle de Russell sur ce classique disco absolu. A la fin, les musiciens de lancent dans un passage aux percussions, de manière à nous offrir notre « Ron Moment » de la soirée, cet intervalle trop bref d’une danse surréaliste de Ron, grimaçant comme un dément, que les fans de Sparks connaissent bien et attendent toujours avec excitation.

2015 06 FFS Bataclan (77)On entre alors dans la dernière ligne droite du set, celle de haute intensité… Jugez-en : une version magnifique de Michael, où les claviers de Ron et la voix de Russell portent cette grande chanson de Franz Ferdinand encore plus haut. Nick en profite pour aller surfer avec sa guitare sur la foule, l’hystérie est tangible dans le Bataclan où la température atteint le niveau insoutenable coutumier. This Town Ain’t Big Enough est évidemment imparable avec l’énergie de Franz Ferdinand mise au service d’une telle chanson : sans doute LA version live parfaite de cet immense, cet impérissable morceau ! Police Encouters est un nouveau shot de joie simple, et Take Me Out provoque le raz de marée attendu dans la salle, avec Ron qui rajoute du clavecin par là-dessus. Piss Off est un au revoir parfait, à la fois drôle et saignant. Une heure seulement… Mais il nous reste heureusement le rappel.

Un rappel qui démarre dans la beauté et l’harmonie (vocale) avec un When Do I get to Sing My Way roboratif, suivi d’une excellente version de Call Girl, bien supérieure à celle de l’album du fait de la guitare funky de Nick, rendant le titre plus rêche, moins lisse. On se quitte avec une théâtralisation complice et hilarante de Collaborations Don’t Work, un morceau baroque qui prend tout son sens avec les luttes de pouvoir illustrées sur scène par les musiciens, un dernier grand moment. Et c’est fini.

Grande joie donc que cette soirée, à la fois originale – oui, le projet FFS aura bien été à date la chose musicale la plus excitante de 2015 – et parfaitement satisfaisante, tant techniquement (quel groupe cela fait !) qu’intellectuellement (quel étalage d’intelligence dans la construction des chansons, des textes, et dans leur interprétation !). Du coup, j’ai hâte de les revoir, et ça sera dans deux mois à Rock en Seine.

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23 juin 2015

"Born Under Saturn" par Django Django : le difficile second album

Born Under SaturnDjango Django avait dynamité pas mal de nos préjugés avec son premier album joueur et polymorphe, et on les avait aimé pour ça. "Born Under Saturn" est un tout autre animal : excessivement cohérent - au risque de la répétition et de la lassitude, d'autant qu'il est très long (trop long ?) - là où son prédécesseur était joyeusement dispersé, c'est plutôt un disque qui impressionne l'auditeur. Grâce à son inventivité musicale infatigable, ses rythmes trépidants, et à quelques mélodies vraiment charmeuses, "Born Under Saturn" tranche plaisamment sur le tout venant de la production de 2015. Tranche... mais n'atteint pas le statut de "disque important", de "pierre blanche" dans l'évolution du rock auquel le talent des musiciens de Django Django devrait leur permettre de prétendre, et que l'on se préparait à leur attribuer. "Born Under Saturn" est un beau disque d'electro-pop, gorgé d'influences nobles (avec les Beach Boys en premier plan, bien entendu...), un album d'une inventivité sonore accrocheuse... mais, à cause de trop de répétition, trop de lourdeurs même par instants, ce n'est pas encore le chef d’œuvre attendu. Espérons que ça sera pour le prochain, car sinon, Django Django risque bien de louper le coche, quand on pense à la vitesse à laquelle les groupes disparaissent aujourd'hui...

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19 juin 2015

"L'Arabe du Futur - 2. Une Jeunesse au Moyen Orient (1984-1985) : Tintin et le crabe

L Arabe du Futur 2Je l'avoue avec beaucoup d'allégresse (car j'aime en général le travail de Riad Sattouf), les réticences que j'avais eues à la lecture du premier tome de "l'Arabe du Futur" se sont vues partiellement dissipées par ce second volume du "journal" de l'enfance de Sattouf. Peut-être parce que je me suis peu à peu habitué à la noirceur univoque de son récit auto-biographique. Plus certainement parce que cette seconde "tranche de vie" est narrée de manière plus fine que la première : centré sur la Syrie (un seul passage en fin de livre en France, pour offrir un contrepoint assez saisissant), le livre est à la fois plus "politique", au point que j'y ai retrouvé un peu des échos des livres de Guy Delisle, dans sa description de l'absurdité du régime syrien, mais aussi de la barbarie de la société (ces "crimes d'honneur", dont l'impunité conclut le livre de manière accablante), mais est aussi plus "humain". La bêtise aveugle du père de Riad, qui condamne sa famille à une vie sans joie, l'absence de rébellion de la part de son épouse, la méchanceté systématique des enseignants, des voisins, des parents en Syrie, se voient contrebalancées par quelques moments de légèreté, de bonheur presque (la découverte de Tintin, le crabe...) qui permettent d'admettre enfin que tout dans la vie n'est pas un cauchemar. Et ce rai de lumière qui perce par ci, par là, change beaucoup de chose au plaisir du lecteur. Il faut aussi souligner que le dessin de Sattouf acquiert dans ce livre une vraie élégance, qualificatif qu'on avait en général du mal à lui attribuer : comme il l'annonce lui-même dans de récents interviews, son admiration pour la "ligne claire" commence à se traduire dans son style, et c'est vraiment un point positif de plus. Au final, même si la lecture de "l'Arabe du Futur" reste un exercice assez déprimant, la richesse des informations qu'il apporte sur un pays et une époque méconnus, et le début de sympathie qu'on se surprend à ressentir pour certains personnages emportent cette fois le morceau.

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18 juin 2015

"FFS" par FFS : For Fuck"s Sake !!!

ffsFFS n'est pas un "supergroupe", comme on en a tant vu - le plus notable dernièrement ayant été Them Crooked Vultures -, c'est bien mieux / pire, c'est l'assemblage de deux entités au complet, le quatuor de Franz Ferdinand et le duo de Sparks : c'est donc plutôt une "collaboration" (... qui ne saurait marcher, si l'on en croit les coupables eux-mêmes), mais une collaboration qui se veut pérenne, et non occasionnelle. On verra bien, la question étant évidemment le succès commercial de l'aventure, qui devrait être au mieux la conjonction du public des deux groupes, au pire leur intersection (genre moi et mes trois copains...). Du point de vue artistique, autant le dire tout de suite, la réussite est totale, et est "FFS" entre immédiatement dans le Top 100 des grands albums "pop" (au sens classique du terme) de l'Histoire. Comme prévu / espéré, FFS, c'est l'énergie de FF insufflée aux chansons des Frères Mael, ou bien / et aussi le génie mélodique de Ron Mael appliqué à la pétulance moderne de Franz Ferdinand. Avec les paroles hilarantes en plus, en cerise sur le gâteau bien crémeux. Peut-être bien d'ailleurs que c'est là le seul échec du projet, qui rêvait d'engendrer quelque chose de nouveau, de différent, de plus grande que la somme de la musique des deux groupes : c'est raté, malgré l'assemblage très réussi des voix d'Alex Kapranos et de Russell Mael, ou des claviers parodiques de Ron avec les guitares furibardes de FF, l'auditeur retrouvera rapidement son chemin entre mélodies 100% Sparksiennes et accélérations irrésistibles typiques de Kapranos & Co. Mais, finalement, peu importe, pourvu que le bonheur, voire l'extase, soit là. Et le bonheur, avec FFS, ça ne manque pas. Allez, maintenant, "Piss Off" et allez écouter cet album incontournable.

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