2019 07 05 The Stroppies Supersonic (23)22h30 : le quatuor de Melbourne entame donc ce qu'ils nous déclareront être leur premier set européen : on est flattés qu'ils aient choisi Paris, et eux ne savent pas comment nous remercier, mais Gus - affable et drôle - ne se privera pas de nous le répéter. Le son est impeccable où je suis placé au premier rang, entre Gus et Claudia, mais les lumières impossibles. Bon, dès Nothing At All, pas vraiment de surprise, on retrouve ces rythmes speedés ("Crazy Rythms", comme disaient les Feelies...) avec ces guitares carillonnantes. On pourrait vraiment se croire à un concert des Bats en 1990, ce qui n'est pas, vous en conviendrez aisément, la pire référence qui existe. Le chant de Claudia est parfait, juste dans ce ton inventé par Moe Tucker chez le Velvet, entre timidité enfantine et belle ténacité. En revanche, même si l’on s'y attendait un peu, et même si cela fait partie intégrante de ce style musical-là, Gus chante quand même très, très faux : là, on se souviendrait plutôt de Galaxie 500, et ça n'est pas non plus pour nous une référence honteuse, en fait ! 

Ce qui est bien, et on l'espérait très fort, c'est que la musique des Stroppies, sur scène, toute modeste qu’elle soit, gagne en dureté et en force. Après un très beau My Style, My Substance (« On my way home / I built a language / It’s wind in your ears… »), tout en finesse et en mélancolie, le sommet du set sera une superbe version, très électrique, de The Spy, et j'avoue qu'à la fin, j'ai très envie de continuer à chanter avec eux « I’m just that fly on the wall ». On remarque quand même que chaque fois que Gus abandonne sa Telecaster pour jouer des claviers, un Casio au son bien aigrelet et cheap comme il faut, il a l’air de s’amuser comme un fou, et c’est vrai que la combinaison avec la guitare d’Adam fonctionne particulièrement bien.

2019 07 05 The Stroppies Supersonic (12)Ce set qui fait beaucoup de bien à l’âme se terminera malheureusement beaucoup trop vite (on n’atteindra pas la barre des 45 minutes !) par l’enchaînement parfait de Better than Before et du single, Cellophane Car. Un peu frustrant quand même vu tous les morceaux de l’album qui n’ont pas été joués ce soir (… « et alors, Entropy ??? ») ! Mais bon, au stand de merchandising, pendant qu’il dessine une voiture pour me dédicacer mon vinyle de "Whoosh!", Gus me promet qu’ils repasseront en septembre. Pour jouer où ? Mystère...

A une époque où les artistes se poussent généralement du coude pour glaner leurs dix minutes de célébrité dans le grand cirque médiatique, la modestie, l’esprit artisanal et la simplicité des Stroppies fait infiniment de bien. Mais le revers de la médaille, c’est que ces nouveaux "enfants du Velvet" peineront logiquement à fédérer un public conséquent. En attendant, nous allons essayer de porter la bonne parole autour de nous, et de les aider à continuer à faire de la bonne et belle musique !