Borgen S1 jaquetteOn aborde forcément "Borgen" avec un niveau d'attente stratosphérique : entre notre passion pour "Forbrydelsen" et pour "The West Wing", il y a logiquement la place pour une nouvelle série favorite... La déception provoquée par les premiers épisodes s'avère du coup particulièrement sévère : il y a en effet quelque chose de furieusement simpliste dans le récit de l'accession au pouvoir d'un premier ministre femme , centriste, au Danemark, et la crédibilité de ces jeux de pouvoir en souffre. Au point qu'on a plutôt le sentiment d'assister à un téléfilm français de bas niveau qu'à la série scandinave inspirée par le modèle (indépassable certes) "sorkinien". Et puis, d'épisode en épisode, les scénaristes trouvent le ton juste, complexifient (légèrement) les dilemmes qui se posent à Birgitte Nyborg (Sidse Babett Knudsen, très jolie mais pas toujours très convaincante), et finissent par nous intéresser. Certes, ces histoires pas très originales de négociations entre partis alliés dans une fragile coalition, de services rendus et de bras de fer entre politiques et journalistes, et surtout - la grande faiblesse de cette première saison - d'impact sur la vie privée des protagonistes de leur travail et de sa médiatisation ne brillent ni par leur originalité ni par leur intelligence, mais "Borgen" nous embarque dans sa routine formatée d'une autre époque (un episode, une intrigue qui se résout à la fin...). Finalement, s'il y a un vrai problème de fond dans "Borgen", c'est que la série conforte la vision contemporaine de la Politique, dénuée de toute idéologie, de toute aspiration "supérieure", et réduite à la gestion technocratique des affaires courantes et surtout à des jeux machiavéliques (au sens premier du terme) indispensables à l'exercice du pouvoir.