Voyage_a_travers_le_cinema_francais afficheJ'avoue bien volontiers ne pas avoir beaucoup de sympathie pour Bertrand Tavernier, dont les films au mieux m'indiffèrent et au pire me fatiguent depuis longtemps, ni pour sa conception du cinéma qui me semble dépassée et plus très pertinente. Son "Voyage à travers le cinéma français" ne fera rien pour me réconcilier avec Tavernier, tant les trois heures qu'il a duré m'ont semblé interminables, quasiment dénuées du moindre intérêt historique, sans même parler de la moindre stimulation intellectuelle. On y apprend que Renoir était un pur salopard, que Carné ne comprenait rien aux acteurs, que Melville écrivait mal, etc. mais - cela nous rassure - qu'ils sont des génies quand même. Tavernier égrène ses souvenirs personnels, qui servent de fil conducteur à une visite guidée totalement superficielle de l’œuvre de quelques réalisateurs, musiciens et acteurs (en fait, Gabin et c'est tout), illustrée d'extraits de films mal traités, souvent couverts par les commentaires de Tavernier, et surtout ne construisant aucun discours cohérent sur leurs auteurs - et encore moins sur le Cinéma Français. Le tout est donc, hormis si l'on a envie de se payer une petite balade nostalgique au fil des images d'une France disparue, d'une vacuité théorique et émotionnelle absurde, et ne peut donc que provoquer un ennui abyssal : en trois heures, nous n'aurons rien appris, rien ressenti, nous n'aurons même pas entendu un début de réflexion structurée à même de stimuler notre pauvre intelligence. Ce "documentaire" consternant d'auto-complaisance et de conformisme frileux n'aura eu pour moi qu'un seul effet positif : celui de me rappeler qu'il est grand-temps que je revoie les géniales "Histoire(s) du Cinéma" de Godard.