Valerian_et_la_Cite_des_Mille_Planetes afficheD'un côté, "Valérian", bande dessinée fondatrice esthétiquement, pionnière par son féminisme combatif et son contexte politico-écologique apporté par le brillant Christin. De l'autre, l'un des pires réalisateurs en activité, dont le dernier film seulement regardable remonte à... deux décennies. Fallait-il boycotter ce qui s'annonçait comme un massacre inévitable (après le redoutable "Adèle Blanc-Sec"...) ? Mais me voilà dans la salle, comble : nerveux, prêt à dégainer mes insultes. Sauf que, à ma grande stupéfaction, quelque chose "prend", très vite, à l'écran, malgré les acteurs limités (oui, je suis gentil !), et un peu décalés - bien trop jeunes, au moins en apparence - par rapport aux personnages de Mézières : la folie poétique des mondes de la BD est bien là, devant nos yeux éblouis. C'est frais, c'est naïf, un peu kitsch - nettement moins adulte que la BD - et on... marche ! De l'imagination à l'écran, des univers passionnants, des personnages bien croqués, un sujet bien venu avec, justement, un contexte politico-écologique respectueux de l'esprit de la BD. Pas trop de baston à l'américaine, pas trop de bruit, juste des mouvements de caméras inutiles, mais on ne peut pas tout avoir. Et, malgré une narration erratique, on passe deux heures presque constamment rejouissantes, avec le sentiment bien plaisant de retomber en enfance (la signature Besson finalement, cette naïveté, non ?). Bon, la mauvaise idée de Luc, c'est de parasiter la réjouissante rivalité entre les sexes qui fait le sel de la relation entre Laureline et Valérian en y ajoutant une demande en mariage bien lourdaude : mais sans un peu de bêtise, on ne serait pas dans un film de Luc Besson, non ? Voilà, je suis sorti de là plutôt ravi. Et soulagé. Et espérant aussi qu'il n'y aurait pas de suite : les miracles, ça n'arrive qu'une fois...