Ozar S3 Poster

Bon, ça devait arriver : après deux saisons impeccables, notre chère "Ozark" pique du nez. D'une part parce que son atmosphère uniformément dépressive et ses teintes monochromes finissent par lasser, au bout de trois ans : on aimerait des explosions de joie, de couleurs, de violence (bon, il y en a un peu, je l'admets...), quelque chose qui tire tout ça de sa semi-léthargie. En suite parce que, en mettant le couple Byrde en interaction quasi directe avec le narco-trafiquant mexicain dont ils blanchissent l'argent (déjà, un processus assez peu crédible, en fait), la série perd de son abstraction et surtout de sa vraisemblance. Et en enfin, parce que prendre comme principal moteur de l'intrigue durant la première partie de la saison les désaccord conjugaux entre Wendy et Marty ne s'avère pas vraiment passionnant.

Heureusement, la tension monte peu à peu avec les ennuis qui s'accumulent, et l'historie du frère déséquilibré finit par bien fonctionner, rattrapant la sauce dans la seconde partie de la saison. Reste que le coup de théâtre de l'épisode final ressemble plus à un cliché qu'à quoi que ce soit d'autre, c'est-à-dire un défaut que les scénaristes d'"Ozark" avaient évité jusque là.

Ce qui, par contre, reste un point fort de la série, c'est sa détermination à placer ses personnages féminins au centre de l'échiquier, et à montrer la force de caractère, la détermination - frôlant parfois l'inhumanité dans le cas de Helen, l'avocate du Cartel - de ces femmes face à des hommes lâches, arrogants, stupides, ou au mieux transparents comme l'insaisissable Marty. Et ça, ce n'est pas rien.