Miss_Sloane affiche"Miss Sloane" est une énigme, un thriller moderne anti-NRA avec twist final pas piqué des hannetons et avec Jessica Chastain - soit quand même du lourd en matière d'actrice américaine contemporaine - que personne n'est allé voir, et que la plupart des gens dignes de foi que je connais ont trouvé médiocre. Je me suis dit qu'il me fallait le regarder pour comprendre ce qui avait bien pu foirer à ce point.

En fait, la réponse était contenue dans la première image, avant même le début du film : "une production Europacorp" ! A partir de là, tout est joué, on aura droit à une femme forte qui tape dur (d'ailleurs elle est rousse), un scénario écrit par un Français en mode "je ramasse et je recopie tout ce que les Américains savent faire sur ce genre de sujet" (il a beaucoup regardé Sorkin, mais c'est quand même dur à copier, ça !), des personnages creux et caricaturaux, des clichés à la pelle, et un réalisateur-mercenaire pas cher et médiocre qui sait débiter les derniers trucs de mise en scène à la mode au km. J'ai donc sans surprise comme résultat la version "high brow" de "Taken", soit un divertissement artificiel mais parfois plaisant... jusqu'à ce que l'on réalise avec un peu de honte combien tout cela est grotesque.

Finalement, la seule leçon que l'on tire de "Miss Sloane", c'est que même un grand acteur / une grande actrice a besoin d'être dirigé(e) : il y a ici trois ou quatre moments extrêmement gênants pour le spectateur où Chastain - et pas son personnage, attention ! - part en vrille et dans des rires ou des larmes impayables, qui traduisent en fait sa propre incrédulité de s'être laissée convaincre par les sbires du gros Luc de tourner dans ce film bien pourri.

Pour une critique bien vue du lobbying ou du "second amendement", j'ai vite compris qu'il me faudrait attendre une autre fois, mais quand le film - assez interminable - s'est enfin terminé, j'avais très envie de filer chez WalMart acheter une arme semi-automatique et nettoyer la planète des politiciens corrompus et des cafards robotisés. Puis je me suis rappelé que j'habitais la banlieue parisienne.