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Une surprise, et pas une bonne, que la découverte de cet "Ernest et Célestine" à la si bonne réputation parmi les cinéphiles : pas une déception totale, certes, mais quand même… Je m'étais préparé à une belle après-midi de tendresse devant le film avec ma fille de 7 ans et demi, et nous avons eu droit à ce que l'on ne peut, très généreusement, que qualifier de demi-échec : principalement à cause d'un scénario terriblement maladroit de Daniel Pennac, sans doute trop obnubilé par sa volonté de passer un message "adulte" de tolérance entre les classes sociales (ceux qui vivent à la surface - les ours - et ceux qui doivent se terrer "underground" - les souris) pour essayer de raconter une véritable histoire qui fonctionne, le film tombe trop rapidement en panne...

Le fil conducteur se perd en effet en plein milieu du film, il n'y a plus rien à raconter, le passage du temps lui même est saboté avec un saut temporel ridicule entre rigueurs de l'hiver et été torride et orageux. Pennac nous inflige alors une dernière partie réellement catastrophique, avec le double procès et le double incendie, simple prétexte à caricaturer les systèmes policiers et judiciaires humains, et à permettre de dérouler un discours bien pensant qui manque vraiment de subtilité : en voulant sans doute offrir à nos enfants un vrai sujet "politique" et éducatif, on essaie une fois de plus - comme chez Disney finalement - de leur faire rentrer de force dans le crâne des idées toutes faites (… et le fait que, au moins, on ne soit pas dans les habituels sujets réactionnaires de Disney ne rattrape rien, à mon sens).

Reste, heureusement, un très beau graphisme "traditionnel", et quelques scènes - trop rares - tendres et intimes entre les deux protagonistes, malheureusement déséquilibrées par le doublage assez inadéquat de Lambert Wilson, clairement le mauvais choix pour interpréter l'ours Ernest. Bref, relisons avec nos enfants les beaux livres de Gabrielle Vincent, qui ne méritaient pas cette semi-trahison militante et bancale.