better-call-saul-S3-key-art-logo-400x600Avec sa narration enchaînant directement sur le final de la saison précédente et ses deux premiers épisodes minutieux qui demandent au spectateur de retrouver rapidement ses marques dans le dédale de ses deux récits "parallèles", la troisième saison de notre bien aimée "Better Call Saul" démarre de manière un peu moins grandiose que les deux précédentes. La mise en scène - surtout quand Peter Gould est aux manettes - reste brillante d'intelligence, et Odenkirk incarne toujours avec une douceur confondante et une tristesse infinie l'un des plus beaux anti-héros de la Série TV contemporaine. "Chicanery", avec sa scène classique de procès est certainement l'un des sommets de toute la série à date, et le final qui règle les comptes de manière tragique de la relation entre Jimmy et Chuck est un véritable crève-coeur... Mais dans son ensemble cette troisième saison, dont le grand sujet semble être avant tout la mélancolie que provoque en nous la découverte que nos propres manipulations fonctionnent si bien, et que le monde est bien décevant, s'avère un peu moins impressionnante (peut-être à cause de la relative faiblesse cette fois de la partie "policière" tournant autour de Mike et surtout de Nacho). Le périple introductif à "Breaking Bad" étant d'ailleurs à peu près bouclé, on peut même se demander à quoi servira une quatrième saison, à part prendre le risque inutile de gâcher l'enchantement paradoxal qu'a provoqué en nous "Better Call Saul" jusqu'à présent.