Living with WarNous en sommes 2006. Bush et sa cohorte de Neo-Cons ont déclenché une nouvelle guerre en Irak, une guerre difficilement justifiable, et dont les conséquences désastreuses changeront le siècle, ou tout au moins les décennies qui suivront. Neil Young est l'un des nombreux artistes américains qui s'indigne, même si l'on connaît ses opinions politiques, plus "républicain éclairé" que "démocrate" : la différence avec beaucoup d'autres, c'est que son engagement se traduit par un nouveau disque des plus militants, "Living with War", puis par une tournée; assez polémique, avec ses copains CS&N. En 2006, le Loner n'est plus depuis quelques années aussi créatif, et ses albums sont désormais reçus avec une sorte d'indifférence polie, voire amusée. Et cette fois, c'est bien dommage, parce que "Living With War" regorge d'excellentes chansons (écoutez le redoutable "Shock and Awe", voici bien encore un grand morceau électrique sauvage et inspiré comme on les aime !), certes alourdies par une production discutable des "Volume Dealers, Bolas & Young", qui ont inutilement surchargé les habituelles cavalcades électriques de cuivres et surtout d'un chœur de 100 personnes, certainement sensé matérialiser ici la voix des Américains en colère. Mais il s'agit là d'une réserve mineure par rapport au plaisir qu'on prend devant une telle conviction, qui soulève régulièrement l'auditeur. Bush et ses crimes seront malheureusement trop vite oubliés, sans doute ridiculisés par les monstruosités de Trump une décennie plus tard, mais ce disque de Neil Young mériterait bien, lui, une seconde chance pour ne pas tomber dans l'oubli.