In another Country afficheDans un pays qui doit s'appeler "le Cinéma" (zoom), on peut raconter ce qui nous passe par la tête, et construire toutes les histoires du monde avec une plage glaciale sous la pluie, une étrangère anglophone, volubile mais perdue et une galerie de personnages qui échangeront régulièrement identités et personnalités. Sauf bien sûr la pierre angulaire de la fiction, le maître nageur sexy (Alerte à Mohang Beach !) qui ne sait pas où est le phare, ni même ce que c'est, qui chante formidablement bien, et avec lequel on a envie de faire l'amour. Comme on est au cinéma (zoom), l'étrangère aura la chance quelques minutes avant la fin du film de consommer le maître nageur, pour découvrir rapidement qu'il ronfle après l'amour. Elle aura aussi appris que les hommes coréens sont libidineux. Et ont une tendance alcoolique prononcée. Et que même les moines facétieux comme des psychanalystes parisiens aiment écrire avec un Mont Blanc. Et que bêler avec les chèvres ne les attire pas particulièrement. Et que prendre à droite ou à gauche à une intersection ne change pas forcément toute votre vie, votre destin, comme le cinéma (zoom) aime souvent à vous le faire croire. A la fin, comme dans les plus beaux films de cinéma (zoom), l'étrangère s'en va sur la route en balançant sa petite ombrelle, et le spectateur ne peut s'empêcher de penser au petit homme qui s'appelait Charlot. C'est dire où va se nicher la magie dans ce pays-là, qui n'est pas le nôtre.