Que souffle la tempêtePlutôt que la tempête, c'est plutôt le chaud et le froid que font souffler Dillon et Ennis au fil des fascicules 20, 21 et 22 de "Preacher"… rattrapant quand même un peu la désastreuse impression laissé par le passage à vide qui a précédé. Si "l'histoire" de "Preacher" est à nouveau intéressante, c'est qu'Ennis met au centre de son récit les jeux de pouvoir au sein de l'organisation du Graal, renversant ainsi l'opinion que nous pouvions nous faire de Herr Stark, et redistribuant donc les cartes entre les personnages. De plus, en reliant le Graal à l'arbre généalogique de Custer, en faisant écho au terrible personnage de "grand-mère", Ennis rassemblent joliment les fils de sa saga.Tout ceci constituerait un bon motif de renouveler notre confiance en "Preacher", s'il n'y avait toujours ces "scories" : la redoutable naïveté fleur bleue des relations entre Custer et Tulip (des pages à mourir d'ennui…), les excès plus très drôles à la longue de sadisme (la torture au fusil à pompe de Cass), et le vieux fond "pro-américain" (curieux quand même de la part d'auteurs venant de Grande-Bretagne) allié ici à des piques anti-françaises assez peu inspirées.