Broadchurch 1 JaquetteIl me semble avoir lu quelque part que "Broadchurch" était né du désir de reproduire dans un microcosme anglais les principes qui avaient engendré le succès "artistique" de "The Killing". Si ce n'est pas le cas, ça y ressemble bien : flic obsessionnel, voire dysfonctionnel, importance démesurée de l'ambiance géographique / climatique, description minutieuse de l'impact du crime et de l'enquête sur la vie quotidienne d'une famille, ramification de l'intrigue en fausse pistes épuisantes, tout y est. Ne manque donc ici que l'aspect politique de la série "mère" danoise, remplacé par une critique des média anglais pertinente mais pas toujours fine fine... Et la recette fonctionne, grâce au savoir faire anglais que l'on connaît bien, et la saison 1 de "Broadchurch" rejoindrait le club restreint des grandes réussites du genre... si ce n'était quelques faiblesses qui refroidissent notre enthousiasme : le ressassement un peu "démagogique "de l'obsession pédophile de nos sociétés, un certain nombre de passages à vide où ni le scénario ni l'application à construire "l'atmosphère" ne suffisent à nourrir l'intérêt, et surtout le manque d'empathie que l'on ressent vis à vis de l'inspecteur Alec Hardy (ce n'est pas tous les jours que naît un personnage de la densité de Sara Lund !), chargé par l'interprétation discutable de David Tennant. Si deviner le coupable est ici un exercice assez aisé (c'est, évidemment, le personnage que l'on soupçonnerait a priori le moins !), le dernier épisode, consacré à la description de l'impact de la "résolution" de l'énigme sur les proches - de la victime, du criminel - est une franche réussite qui balaie pas mal de nos réserves. Reste à savoir si une seconde saison était nécessaire...