White Light White Heat Deluxe Edition

Disque 1 : "White Light White Heat":

"White Light White Heat" est le sommet indiscutable du Velvet, sans doute parce qu'il s'agit aussi de leur pire descente aux enfers : en vrille… Un concassage impitoyable - mais fascinant - de notre confort musical, des mots littéralement visqueux à la fascination perverse, de brusques échappées mélodiques avant de s'abandonner à nouveau dans de noirs tourbillons, un bruit continu mais "sec" comme une jouissance jamais atteinte, et surtout ces voix mystérieuses et cruelles, qui allaient mettre en scène pour longtemps nos fantasmes artistiques. "White Light White Heat" est depuis 45 ans (!) une expérience à répéter, sans modération, jusqu'à l'usure des nerfs. Cette nouvelle édition - "Deluxe" - commet néanmoins la faute absolue de ne pas laisser l'album original "intact", et de vouloir enchaîner les perles pop de l'époque, déjà exhumées sur le fameux "V.U.", après le fracas ultime de "Sister Ray" : le résultat est traumatisant, mais pas dans le bon sens du terme, cette fois... Et notre plaisir, un peu gâché. Preuve s'il en faut que "White Light White Heat" est incompatible avec les codes et les règles habituelles de la musique !

Disque 2 : "Live In New York City 1967":

D'abord, il faut admettre que le son de ce "Live In New York City 1967", même s'il fera - logiquement - fuir les amoureux de, au hasard, "The Dark Side of the Moon", est certainement l'un des meilleurs à date de tous les enregistrements live du Velvet... malgré quelques chutes occasionnelles de niveau sonore assez curieuses et dérangeantes... Ensuite, il y a assez peu de traces du Velvet AVEC John Cale pour vénérer cet enregistrement assez miraculeusement publié aujourd'hui. Maintenant, il faut bien reconnaître que, hormis les fans absolus (dont je suis...), peu de gens considéreront ce live comme indispensable : entre les trois morceaux anecdotiques (désolé !) qui ouvrent l'album, une interprétation de "Sister Ray" sans l'orgue délirant et grandiose qui fera la gloire inextinguible de la version studio , et une version purement instrumentale (déception !) de The Gift, les GRANDS moments sont malheureusement rares ici : "Waiting for the Man" et "Run Run Run" sont sans doute les seuls morceaux à tutoyer les sommets légendaires du groupe. Reste que la voix de punk agressif de Lou Reed est un délice, et pourra pour certains (dont je suis...) justifier l'écoute entière de ce live.