Yves Saint Laurent Affiche

Est-on autorisé à avouer qu'on en a plus que marre des "biopics" où le "héros", artiste maudit ou au contraire célébré, sombre dans la drogue, la boisson, le sexe, les excès... avant - ou non - une sorte de rédemption finale ? "Yves Saint Laurent", le film de Jalil Lespert, n'évite pas cet écueil, évidemment justifié par la vie chaotique de Saint Laurent, et du coup, sa seconde partie, malgré une re-création maligne des années 60, psychédéliques et colorées, nous ennuie un peu, surtout après la réussite du début du film, évocation à la fois élégante et tendue des débuts du couturier super-star. S'il n'évite donc pas tous les poncifs du genre, Lespert arrive régulièrement à la transcender grâce à un vrai style dans sa mise en scène, et à l'énergie de ses deux interprètes principaux, Pierre Niney à la limite du cabotinage et surtout Guillaume Gallienne, impressionnant. C'est d'ailleurs la force du personnage de Pierre Bergé - finalement plus intéressant dans son dévouement et sa fidélité que l'Artiste torturé - qui déséquilibre un peu le film, faisant de l'amitié / amour unissant Saint Laurent à Bergé le centre de "Yves Saint Laurent", au détriment de la Haute Couture, qu'on aurait aimé voir explorée avec un peu plus de profondeur.