Insaisissables“Now You See Me” est d’abord un film formidablement excitant pour quiconque a encore des yeux d’enfants devant les tours de passe passe des magiciens, qu’ils soient bateleurs dans la rue ou David Copperfield. Ne serait-ce que pour cela, comme ce fut naguère le cas avec le magnifique « Prestige » de Nolan, il serait dommage de ne pas se faire plaisir. Bien sûr, les critiques formulables (et formulées en général) contre le film sont nombreuses : d’abord une complexité inutile de l’intrigue, sans doute pour dissimuler les incohérences nombreuses et les points faibles de la logique à l’oeuvre derrière le merveilleux, qui crèe un effet de saturation et de fatigue réduisant la fin du film, avec sa révélation à la fois évidente et improbable, à un twist gratuit ; ensuite, et c’est généralement le cas dans tous les films de Leterrier, un excès d’ostentation dans la mise en scène qui désamorce régulièrement l’intelligence des scènes (n’est pas Nolan qui veut !) et une direction d’acteurs très faible, qui annule l’impact d’un casting pourtant ultra-riche. Mais au final, la plus grande faiblesse du film, n’est-ce pas qu’il se livre à la même entreprise de démystification de l’illusion que le personnage qu’il dénonce, interprété par Morgan Freeman : à force de révéler les trucs techniques derrière le spectacle, « Now You See Me » se retrouve au bout de la route responsable de la trivialisation même de son sujet : « alors, il ne s’agissait finalement que de... ça ? ». Un film impossible ?