Pour Une Poignée de Dollars Affiche

Ressorti dans les salles françaises au début des années 70, dans le sillage du succès énorme (bon, j'exagère, mais on parle là du film qui m'a le plus marqué dans mon enfance...) du génial "Il était une fois dans l'Ouest", "Pour une poignée de Dollars", le second film de Leone que je voyais, avait été pour moi - je n'avais pas encore quatorze ans - une sévère déception !

Depuis 1964, le film a beaucoup vieilli, et on note avec le recul pas mal d'incohérences et de facilités dans le scénario, recopié, on le sait, sur le "Yojimbo" de Kurosawa, lui même inspiré du formidable polar de Hammett, "la Moisson Rouge". Pourtant, paradoxalement, on appréciera mieux aujourd'hui cette première ébauche d'un genre qui va redéfinir non seulement le western, mais un bon pan du cinéma. Le génie de Sergio Leone est déjà visible ici (et ce lui de Morricone, officiant sous un pseudonyme, déjà audible...), juste pas encore dégrossi, caché derrière quelques effets un peu lourds: au-delà des frissons - de pur plaisir - qui ne peuvent que nous parcourir, par exemple quand "l'homme sans nom" confronte des tueurs en leur demandant d'aller s'excuser auprès de son mulet, "Pour une Poignée de Dollars" reste de toute manière captivant de par son importance historique, et de par ce qu'on y voit déjà en train de germer, et qui va exploser progressivement dans l'une des œuvres les plus colossales de l'histoire du Cinéma.

Et bien sûr, quelles que soient les petites réserves formulées plus haut, les larmes nous viennent régulièrement aux yeux en assistant ici à la création - paradoxale - d'un acteur / personnage qui deviendra essentiel pendant le demi-siècle qui suivra : Clint Eastwood ! Ne serait-ce que pour cela, "Pour une Poignée de Dollars" est un MONUMENT.