Foothills Cover

Enregistré il y a déjà deux ans, dans un cadre champêtre idyllique qui a dû influencer grandement sa conception, "Foothills" est certainement l’un des tous meilleurs albums des Néo-zélandais de The Bats, même si c’est l’un de ceux qui nous serrera le plus le cœur : on n’entend pas tous les jours une merveille comme cet "Another Door", qui nous bouleversera en toute simplicité. Mais le fait que les Bats enchaînent immédiatement avec une perle pop comme "Red Car" – l’une des plus belles chansons, mais aussi des plus simples que Robert Scott ait jamais écrites – nous souffle littéralement, et nous donne envie de resigner avec notre sang notre contrat de fidélité à ces magiciens des Antipodes pour une autre trentaine d’années.

Il y a néanmoins dans ce "Foothills" plus de variété musicale qu’il ne semble au premier abord : des claviers - discrets - sur l’électrique de "Electric Sea View", des guitares saturées sur "Field of Vision", une jolie énergie gaie sur "Warwick", qui aurait sans doute fait une introduction plus accueillante pour les néophytes qu’un "Trade In Silence" splendidement désemparé (« We murmur something, but no one can hear / We trade in silence, but no one need fear. / Lost in translation, I can't make it out / what you have to say, I'm still in doubt… » - Nous murmurons quelque chose, mais personne n'entend / Nous échangeons en silence, mais personne n'a besoin de peur / Perdu dans la traduction, je n’arrive pas à comprendre / ce que vous avez à dire, je doute encore…).

Si "Gone to Ground", est d’une superbe tristesse délicate (« I could be floating away, / I may not be here today / I give the impression that I'm here, / I don’t know if I'm far or if I'm near… » -  Je pourrais être en train de dériver en flottant, / Je ne suis peut-être pas là aujourd'hui / Je donne l'impression que je suis là, / Je ne sais pas si je suis loin ou si je suis proche…), soulignons plutôt que "As You Were" nous élève l’âme et nous réconforte aussi efficacement que le faisaient les chansons des merveilleux albums "The Law of Things" (1988) et "Fear of God" (1991) : « Holding out for a better time when everything became so clear / and we dance around, holding hands with those who've gone before » (Se raccrocher à un meilleur moment, quand tout est devenu si clair / et nous dansons, en tenant la main de ceux qui sont partis avant…)

Car, avec les Bats, il y a des choses qui, heureusement, ne changent pas. Et ce n’est ni l’entropie, ni l’état du monde, ni l’âge qui auront raison de leur inspiration, de leur talent.