2020 01 11 Villejuif Underground Maroquinerie (1)

22h20 : plus d’une demi-heure de retard pour Nathan Roche et son Villejuif Underground, on s’inquiète forcément un peu, craignant un set raccourci. Le public est désormais constitué en grande partie de fans hardcore du groupe, qui sont clairement ici ce soir pour s’amuser. On s’accroche à nos retours au premier rang, en se préparant pour une soirée agitée : gonzo ou gonzaï, comme promis !

Nathan n’a pas l’air trop en forme, entre son écharpe bien chaude qui lui entoure la tête et son explication quant au fait qu’il s’est bousillé le dos et qu’il ne pourra pas danser comme d’habitude (ordre de son ostéopathe !). Il nous explique bien vite qu’ils n’ont eu que le temps de répéter ce nouveau set une seule fois… avant-hier ! Et en plus, on remarquera que Nathan ne connaît pas les textes de ses chansons, puisqu’il doit avoir recours à des anti-sèches pour pouvoir chanter. Bref, la soirée ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices, et de fait, le démarrage avec John Forbes et Back Packers est assez poussif, on va dire sympa au plus. Heureusement, le final de Haunted Chateau s’enflamme, et on peut comprendre un peu de quoi il s’agit en fait, avec ce Villejuif Underground paradoxal : un jeune artiste australien, dont le style peut évoquer un Lou Reed laid-back, a été pris en otage par une bande de banlieusards fous furieux qui ont sans doute un fond de nostalgie pour le bordel des années 90, quand entre la Mano Negra, les Wampas ou les Bérus, on savait s’amuser dans la capitale !

Sur scène, c’est un bordel sans nom avec le matériel disposé de manière précaire, avec pour chaque chanson quelques courtes discussions sur ce qu’il convient de faire, et de brefs moments d’improvisation générale, qui voient néanmoins le groupe retomber toujours brillamment sur ses pieds. On prend son mal en patience pendant ce démarrage de set un peu chaotique en admirant Thomas, le fantastique bassiste – malheureusement dans le noir, les éclairages ce soir étant en dessous de ce qu’on attend à la Maroquinerie – dont le jeu de scène spectaculaire n’empêche pas une redoutable efficacité mélodique.

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Et puis arrive le morceau emblématique, le Villejuif Underground, et la Maro explose littéralement de bonheur : chaos complet dans la salle, le pastis a dû allumer la mèche, même si c’est une douche de bière qui retombe sur nos têtes aux premiers rangs. Au milieu de la furie joyeuse qui a transformé le parterre de la Maro en salle de récréation d’asile d’aliénés, nous reviennent les souvenirs de semblables moments de bonheur rock’n’rollien : difficile de croire que le Rock serait une musique de vieux, alors que nous sommes entourés de jeunes filles déchainées qui passent visiblement une très bonne soirée en sautant dans tous les sens et en hurlant de plaisir. Soit le genre de chose que tout le hip hop du monde ne pourra jamais leur (nous…) offrir !

A partir de là, pas de repos pour les braves :  Wuhan Girl, Can You Vote for Me? et Post Master Failure sont avant tout d’excellentes raisons de faire n’importe quoi, de bousculer tout le monde. Sur scène, le Ricard coule à flot, d’ailleurs les musiciens de Bryan’s Magic Tears viennent prendre part à la fête, un verre à la main. Nathan paraît régulièrement dépassé par l’énergie et le positivisme de ses compères, visiblement très confiants dans leurs propres capacités à s’en sortir dans n’importe quelle situation !

On approche des 23h30 fatidiques, I Like Pernety serait presque la conclusion idéale, mais on rajoute un dernier morceau pour la route… Devant, nous nous sentons un peu fatigués pour le coup, avec des douleurs un peu partout du fait des coups pris durant la mêlée générale. L’aftershow commence dans la foulée, mais nous décidons de battre en retraite, après une soirée aussi riche en sensations fortes… D’autant qu’il faut songer à rentrer chez soi, sans métro…

Bref, nous Parisiens, aimons souvent considérer que la vie commence en deçà du périphérique, mais une chose est désormais certaine : Villejuif is burning !